l’hypocrisie Albert Hadida

Le voile de l’hypocrisie
Par Albert Hadida

Maman, maman, le Monsieur a une canne blanche, c’est un aveugle.
Non mon petit, on dit que c’est un non-voyant.
Maman, maman, j’ai parlé au voisin, il ne m’a pas répondu, il doit être sourd.
Non mon petit, on dit que c’est un mal-entendant.
Maman, maman, il paraît que le concierge est mort.
Non mon petit, on dit qu’il est parti, qu’il a disparu ou qu’il nous a quittés.

L’hypocrisie désigne le caractère, le vice d’une personne qui dissimule sa véritable personnalité et qui consiste à affecter des opinions, des vertus ou des sentiments qui ne sont pas les siens.
Cela forme une sorte d’immense voile jeté depuis la tête jusques aux pieds du sujet, voile masquant à autrui la véritable personne sous lequel elle se cache.

1. Historique

L’hypocrisie mérite quelques mots d’histoire. En voici quelques uns :
De son temps, Jésus déjà haranguait les Pharisiens qu’il traitait d’avares, d’orgueilleux et de lâches.

Plus près de nous, citons le personnage de Tartuffe qui est un hypocrite doublé d’un imposteur.
Citons aussi La Rochefoucauld pour qui l’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu.
Quelque part dans les Maximes, l’auteur parle de ces femmes endeuillées se prétendant inconsolables.
Ailleurs, le même La Rochefoucauld prétend que nous nous pleurons nous-mêmes sous prétexte de pleurer un être cher.
Et l’auteur de conclure superbement : On pleure afin de passer pour un tendre, on pleure pour être plaint, on pleure pour être pleuré, on pleure enfin pour éviter la honte de ne pleurer pas. »

N’allons pas oublier dans cette affaire Machiavel, sorte d’étalon universel, champion toutes catégories de l’hypocrisie. Ecoutons le.

Selon lui, l’intérêt du prince est de satisfaire le Apeuple qui ne demande qu’à vivre sous la loi si on lui garantit ses biens et son honneur.

C’est ainsi que le prince doit éviter à tout prix le mépris et la haine de ses sujets. Il ajoute : « si le peuple le hait, le prince doit se méfier de tout et de tout le monde.

Mais il y a plus. Il est nécessaire pour un prince d’être l’ami du peuple tout en évitant sa colère.
Dès lors, pris entre le piège des circonstances et la nécessité de plaire, le prince se voit réduit à l’hypocrisie. Au demeurant, il n’est pas nécessaire pour un prince de posséder toutes les qualités, mais il est tout à fait nécessaire de paraître les détenir, faute de quoi il finira par succomber.

Ainsi parlait Machiavel. Qu’en est-il aujourd’hui ?

2. Etat actuel des choses

A. L’HYPOCRISIE DANS LA VIE PRIVEE

L’on peut distinguer ce qui se passe chez deux êtres unis dans une relation amoureuse et ce qui se passe au sein d’une famille.

1. Relation amoureuse
Entre deux êtres, un véritable amour profond et durable est fondé sur la passion, mais également sur l’estime et la franchise.

Mais il peut aussi en être tout autrement. La littérature fourmille d’exemples célèbres, comme Les Liaisons dangereuses ou bien encore Le rouge et le noir où Julien Sorel, se garde bien de déclarer
sa flamme à la belle Mathilde.

2. Au sein d’une famille
Au sein de la famille, la relation mensongère parentale a des effets divers.
Il est des cas heureux, comme celui de cette fée du logis qui, dans un joli film, faisait croire à ses enfants que « cette semaine encore, elle n’aurait pas besoin d’aller à la banque » alors que de compte en banque, il n’y avait point…

A l’inverse, il est des aspects moins heureux. Ce sont par exemple les secrets de famille relatifs à une naissance illégitime, une adoption, un adultère, un suicide.

Tout autre est l’hypocrisie de l’enfant qui, ayant appris à mentir, mentira toute sa vie.

Mais ce dont l’enfant raffole, c’est  » l’autorisation de proférer des injures sous couvert de plaisanterie « .
Mais Maman, c’était pour rire. Tiens tiens, petit hypocrite.

3. Le mensonge à soi même

Le mensonge à soi même n’est autre que signe de lâcheté.
Mais que dit La Rochefoucauld :

« Il ne faut pas s’offenser de ce que les autres nous cachent la vérité, puisque nous nous la cachons si souvent à nous-mêmes. »

Dès lors, quittons l’intimité de cette vie privée pour aborder le grand monde à l’atmosphère tout autre.

B. L’HYPOCRISIE DANS LA VIE PUBLIQUE

Les exemples d’hypocrisie dans la vie publique sont innombrables. Nous allons en citer quelques-uns en passant en revue un peu tous les ministères d’un gouvernement.
1. Le travail
L’emploi
Les demandes d’emploi pullulent, et pourtant, bien des patrons ont du mal à embaucher.

Les retraites
Selon Laurent Wauquiez, les préretraites sont censées abaisser le nombre de chômeurs, améliorer la pyramide des âges, et éviter les licenciements.

2. L’hypocrisie socioculturelle

Les inégalités
Il y a deux grands types d’inégalités : les inégalités de revenus et les inégalités d’éducation.

Les sans papiers
Ils payent des impôts, cotisent à la sécurité sociale, leurs enfants vont à l’école. Et pourtant, l’expulsion les menace.
Les banlieues
Face à la violence des banlieues, le gouvernement a promis l’égalité des chances. Des paroles restées lettre morte.

Que disait Lénine ?

« Avant de changer les structures, il faut changer les mentalités ».

4. La diplomatie et la politique étrangère

L’on sait depuis toujours que tout bon diplomate se doit de dissimuler ses intentions. J’aime à dire que lorsqu’une nouvelle est officiellement démentie, cela ne fait que prouver sa véracité.
L’arme nucléaire
L’Irak
L’invasion de l’Irak fut entreprise par G. W. Bush pour éliminer les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Or, d’armes lourdes, point.
Aux dernières News, Obama adopterait une politique similaire en faisant du mensonge sa règle de conduite.
L’Iran
Ce pays est cerné de toutes parts de puissances nucléaires.
Certes, Téhéran a signé un document. Pur chiffon de papier peut-être.

L’Organisation des Nations unies

Colosse aux pieds d’argile, l’ONU est un énorme machin sans réel pouvoir même pas humanitaire.

L’Union Européenne

Du point de vue de l’UE, il est deux sortes de pays :

- Ceux qui sans être ennemis ne sont pas pour l’union. Exemple : la Suisse ou la Norvège.
- Ceux qui sont pour l’union. Parmi ces derniers, il est deux sous-groupes : ceux qui prennent l’Europe en bloc et ceux qui déjeunent à la carte. Exemple : la Suède ou le Royaume Uni qui rejettent l’euro.
Parmi ceux qui prennent l’Europe en bloc, il est encore deux sous sous groupes : ceux qui sont pour et ceux qui font semblant de l’être. Parmi ces derniers : tous les autres. C’est-à-dire tous.
- Citons à ce propos la question des Migrants où l’on voit presque tous les pays de l’Union Européenne se décharger du fardeau sur leurs voisins. C’est sans doute là que l’hypocrisie atteint son summum.

5. Information Communication

Vous voulez être élu : soyez hypocrite
En politique, il faut d’abord être élu, ensuite tenir ses promesses, si possible.

Les sondages pervers ou perfides

Ils sont légion. On établit même des sondages sur les sondages. Là, c’est le fin du fin.

Alors, ces sondages intéressent-ils l’opinion ? Il faut croire que oui puisque ces derniers sont commandés par des médias et d’ailleurs présentés comme des informations. Ces résultats influent sur l’opinion qui est elle-même influencée par ses propres réponses.

Quant à la fiabilité des sondages, les faits ont prouvé qu’elle est discutable. En 1969, de Gaulle est prédit réélu au premier tour, il est mis en ballottage. La même année, Alain Poher est favori et Pompidou est élu. En 1974, Chaban-Delmas part favori et Giscard d’Estaing est élu. En 1981, Giscard d’Estaing est favori et Mitterrand est élu. En 1988, Barre est favori et Mitterrand est élu. En 1995, Balladur est favori et Chirac est élu. Enfin en 2002 on annonce le duel Chirac Jospin. On a droit à Chirac Le Pen.

6. La finance

A l’époque heureuse de l’inflation, ne jurait-on pas la veille d’une dévaluation que celle-ci n’aurait pas lieu ?
Aujourd’hui, la finance internationale n’est-elle pas truffée de quelques scandales bancaires de très haut vol, si j’ose dire ?
Que penser du tout dernier scandale qui dépasse hautement toutes les moyennes saisonnières connues en la matière ?

7. L’environnement

Nous prendrons un seul exemple : les OGM. Certains politiques ont fait voter une loi en faveur des cultures OGM, mais ils les bannissent à l’école.

Si les cultures de maïs et de soja OGM sont interdites, leurs importations ne le sont pas.
Que dire des oranges Thompson, superbes OGM, sans dommage sur les marchés français depuis plus d’un demi-siècle.

A hypocrite, hypocrite et demi, notamment les grands groupes agro-alimentaires favorables à l’introduction d’OGM dans l’alimentation à condition que cette notion ne soit pas étiquetée.

8. La santé

Problèmes divers

Martin Hirsch écrivait non sans humour que pour la santé, la franchise, c’est de l’hypocrisie.
Par ailleurs, Claude Even ne prétend-il pas que plus de la moitié des spécialités devraient être retirées du marché parce qu’inutiles ou dangereuses.
Et que penser du flou enrobant les génériques ou le tristement célèbre Médiator ainsi que tous les organismes de contrôle trop souvent défaillants ?

Le problème de l’IVG

La loi Simone Veil date de 1975. Aujourd’hui encore, tout est bon pour empêcher son application.

Rôle du médecin lors de la fin de vie du patient

Le médecin peut être confronté à ce genre de situation dans trois circonstances : un coma dépassé, un Alzheimer ou un cancer avancés.
Trois aspects méritent d’être considérés : les soins palliatifs, la phase terminale et l’euthanasie.

Les soins palliatifs

Les soins palliatifs se définissent d’eux-mêmes : ils soulagent sans guérir. L’essentiel est le recours aux antalgiques que je me refuse de nommer des anti-douleur.
Pourquoi alors ne pas parler d’anti-tumeur pour des antimitotiques, d’anti-chaleur pour des antipyrétiques, d’anti-rougeur pour des anti-inflammatoires ?
Mais laissons cela et revenons aux antalgiques car l’expérience montre que le niveau optimal de sédation est loin d’être toujours atteint.

Rappelons à ce propos qu’Axel Kahn affirmait bien avant la loi Leonetti que tout médecin qui ne soulage pas le souffrant par tous les moyens est un salaud.
D’autant que la loi du 9 juin 1999 l’y autorise au risque même d’abréger les jours du patient. Seulement voilà, au pays de Montesquieu, on fait voter des lois sans toujours les appliquer.

Avant d’aborder le stade terminal, j’ajouterai que les médecins feraient mieux de garder leur hypocrisie en réserve afin de masquer, le moment venu, la vérité aux cancéreux, ce qui ne pourrait que leur faire du bien.
Au lieu de cela, on leur demande de supporter l’insupportable, tout en demandant le secours de cellules psychologiques qui n’auraient même pas lieu d’être.
Et j’en arrive au stade terminal.
Stade terminal

Si le patient est en réanimation, le médecin peut être conduit à prendre des décisions un peu particulières. Il s’agit de la mort médicalement assistée. 

L’interruption thérapeutique dans les services de réanimation est l’une des causes les plus fréquentes de décès.

Mais le risque persiste de réduire le malade à un être purement physique. Ce serait oublier l’identité du patient et sa dignité intrinsèque au sens métaphysique et non pas social du terme.
C’est dire qu’aucune déchéance ne saurait nous rendre indigne.
Mais,
Quand un être humain n’est plus personne, quand il n’a plus rien, ni raison, ni sentiment, ni sensation, ni conscience, quand il est totalement décérébré, quand il n’est plus qu’un végétal désensibilisé, un authentique déchet, la plus grande charité nous commande de le rendre à son destin de la façon la plus humaine qui soit.
Quand par obstination déraisonnable, on fait preuve d’acharnement thérapeutique devant un patient, ce n’est pas sa vie que l’on prolonge, c’est sa mort.

Rappelons le propos du philosophe américain Hugo Tristram Engelhardt :
Il nous faut accepter pour des raisons morales, ce que nous dénonçons pour des raisons morales.
La société d’aujourd’hui ne peut plus laisser les médecins assumer seuls cette question sans une reconnaissance partagée.
C’est pourquoi, c’est moi qui parle, je pense que le silence institutionnel est une vaste hypocrisie.
En tout état de cause, la responsabilité médicale conduit à prendre des décisions qui peuvent engager la vie du patient. Ce privilège n’est accordé par la société à aucune autre profession.
De ce point de vue, la collégialité est une condition impérative dans le processus décisionnel.

Nous voilà donc parvenu au terme de cet exposé à la question douloureuse de l‘euthanasie qui est une double hypocrisie.

Euthanasie, la double hypocrisie

En effet, celle-ci est non seulement juridique ou législative, mais également médicale.
Certes, la loi Leonetti a été votée en 2005. Elle demeure d’une grande hypocrisie. L’affaire du jeune Hervé Piéra qui a mis six jours à mourir dans d’atroces souffrances l’a prouvé.
Les affaires Vincent Humbert ou Vincent Lambert en sont d’autres exemples.

C’est pourquoi euthanasie rime avec hypocrisie.

Le droit à l’euthanasie est le droit d’une personne à décider de quitter sa propre vie alors qu’elle la juge insupportable. Eh bien, ce droit est refusé encore aujourd’hui en France.

Or, tous les médecins hospitaliers le savent, l’euthanasie est pratiquée quotidiennement dans les hôpitaux français.
Pourquoi cette même euthanasie ne serait-elle pas dès lors mise en application si elle est explicitement réclamée par la personne elle-même ?

L’euthanasie, même dans ce cas, est considérée comme un meurtre.
Pourquoi ? Parce que la mort elle-même est un sujet tabou et qu’elle est encore regardée comme un échec médical, alors que c’est l’inéluctable fin de toute vie.
L’euthanasie est l’interruption de la vie d’une personne à sa propre demande. Ce droit de mourir relève non seulement de la médecine mais aussi de l’éthique.

C’est pour cette raison qu’il faut une loi. Une loi qui donne un cadre juridique à l’IVV, l’interruption volontaire de vie.
Eh bien, que l’on se rassure, c’est désormais chose faite.
Je pense que le moment est venu de retracer les étapes et les rebondissements de cette affaire, ce qui ressemble étrangement à un roman feuilleton.
Et le mieux est de commencer par le commencement.

1ère étape : La loi 99-477 du 9 juin 1999

Tout commence avec elle. Celle-ci stipule que tout malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement permettant d’assurer à la personne une fin de vie dans la dignité.

2ème étape : La loi Leonetti 2005-370 du 22 avril 2005

Tous ces droits ont été réaffirmés par la loi Leonetti du 22 avril 2005 contenant trois grands aspects, à savoir : le droit aux soins palliatifs, le droit de lutte contre la douleur et le refus de l’acharnement thérapeutique.

3ème étape : La loi Leonetti du 17 mars 2015 :

Destinée à confirmer et renforcer la loi précédente en précisant les conditions requises pour la sédation.

Déposée à l’Assemblée nationale par MM. Alain Claeys et Jean Leonetti le 21 janvier 2015, la proposition de loi fut adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 17 mars 2015 et rejetée en première lecture au Sénat le 23 juin 2015.
En deuxième lecture, elle fut adoptée avec modifications par l’Assemblée nationale le 6 octobre 2015 et, avec modifications, par le Sénat le 29 octobre 2015.
On crut la partie gagnée. Le texte, porté par les députés Alain Claeys et Jean Leonetti n’autorise ni euthanasie ni suicide assisté, mais instaure un droit à une sédation « profonde et continue » provoquant une altération de la conscience pouvant aller jusqu’au décès pour les malades en phase terminale ».
Mais qu’est-ce donc que cela sinon une euthanasie ? C’est même la définition étymologique de Francis Bacon lui-même c’est-à-dire une bonne mort du grec euthanasia et qui date de 1605.

En résumé, bien que le terme « euthanasie » ne figure pas dans la proposition de loi de 2015, le contenu de la dite loi demeure sans équivoque pour qui sait lire.
En fait, comme il est fréquent, la dite loi fut ignorée jusqu’à la 4ème étape, l’année suivante avec la loi Leonetti 2016-87 du 27 janvier 2016.

Il fallut donc s’armer de patience jusqu’au 27 janvier 2016, et même jusqu’au 17 mars pour que cette fameuse loi fût définitivement adoptée, son texte étant un véritable copier-coller du texte précédent, lui-même inspiré des lois de 2005 et de 1999.

Que de temps perdu sommes nous tenté de dire.

Mais, quelle que soit la version considérée, il n’est toujours pas question d’euthanasie.

______

représentation (art. complété) Michel Thomas

La représentation politique en France : origine, étapes ,situation actuelle
de la démocratie représentative .

Bibliographie :
-Pierre Rosanvallon : – Le peuple introuvable Gallimard 1998
– La démocratie inachevée. Gallimard 2000
-J M Donegani et Marc Sadoun -La démocratie imparfaite Folio 1994
-Bernard Manin -Principes du gouvernement représentatif Flammarion 2012
Cynthia Fleury -Les pathologies de la démocratie livre de poche 2007
-La fin du courage livre de poche 2011
Perrineau pascal -L’état politique de la France et la crise de intervention à
La représentation politique Sciences Po 4/02/ 2004

Bernard fournier et Min Reuchamps de l’université de Liège Politique et sociétés
Représentation et participation politique vol 27 2008
Pierre Winock Claude Bartelone Rapport parlementaire 3100 septembre 2015
Fohlen Claude Les noirs aux Etats Unis Que sais- je ? PUF 1972
Duhamel Alain les pathologies politiques françaises. Plon sept 2016

Articles du monde :
Dates titre auteur(e)s
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07/06 2016 « les maires des banlieues rétifs aux initiatives citoyennes » Sylvia Zappi
12/13 06 « Le réferendum potion magique en 2017 ? » Raphaëlle Besse Desmoulières
Olivier Faye et Matthieu Goar
12/08/2016 « Sarkozy porte un nouveau coup au droit du sol » Patrick Roger
9/08 /2016« quand l’obésité des lois ralentit leurs décrets » Hélène Bekmezian
27/09 Vers un racisme (vraiment) français ? Gérard Noiriel

Article des Echos Olivier Tosseri
13-14/ 05 :2016 L’Italie à l’heure du grand toilettage institutionnel ( correspondant en Italie)

La représentation politique (en France ) : principes ,histoire évolution et
Problèmatique actuelle de la démocratie représentative
Introduction :
« Représentation et participation politique sont au cœur de la vie démocratique » a)
Ces deux notions ont été appliquées plusieurs fois à travers l’histoire sous des formes
différentes mais c’est à la fin du 18e siècle et durant les deux siècles suivants que
s’élabore et s’étend géographiquement le modèle de démocratie libérale
représentative qui prévaut actuellement dans le monde occidental . Après deux
siécles d’évolutions diverses , en particulier par l’arrivée et l’extension du suffrage
universel et après avoir surmonté plusieurs crises ce modèle bien établi et banal est
mis à l’épreuve depuis une trentaine d’années par une évolution du monde
environnant . En ce début du XXIe siècle on parle d’une crise de la représentation qui
se manifeste dans plusieurs pays.
Ce phénomène général interroge penseurs et politiques et suscite de multiples
Questions .Une philosophe française a parlé des « Pathologies de la démocratie » b)
Le titre parle de lui- même. Ce type de régime a plusieurs maux .Sont- ils passagers
ou durables ? Dans ce dernier cas quel avenir se dessine pour les démocraties
représentatives , sinon quelles solutions ou évolutions peut- on envisager ?
Même s’il est fait plusieurs fois références à des exemples étrangers nous aborderons
Essentiellement la problématique française.
Nous l’aborderons sous 3 Angles :
-La démocratie représentative, une création progressive durant deux siècles et demi
-Les trois types de démocratie représentative, selon Bernard Manin.
- La « crise actuelle » symptômes , formes et origines ? les propositions
- du rapport Winock , un remède ?
I) naissance et développement de la représentation démocratique.
Ce type de régime politique nait à la fin du 18e siècle il est issu de trois révolutions
modernes : l’ anglaise , l’ américaine et la française. Durant deux siècles ce modèle
va évoluer parfois à travers des crises et se généraliser . 4 principes fondateurs c)
– des gouvernements désignés par élection à intervalles réguliers
– ces gouvernements gardent une certaine indépendance dans leur décision par
Rapport à la volonté des électeurs (pas de mandat impératif)
-liberté d’expression des gouvernés non contrôlée par gouvernants
-les décisions politiques sont soumises à l’épreuve de la discussion.
En fait c’est une construction longue faite de conquêtes et d’avancées variables
Dans le temps et les formes selon les pays.
1) l’élection de représentants , la modalité retenue pour représenter le peuple :
Les révolutionnaires américains et français sont confrontés à un problème nouveau
Comment concrétiser ce concept théorique de peuple qui est une abstraction et
devient un principe ? Le mot reste très flou avec une connotation parfois péjorative.
«Nom collectif difficile à définir parce qu’on s’en forme des idées différentes dans les
Divers lieux , les divers temps et selon la nature des gouvernements » a)
En France on doit passer d’une société de 3 corps (noblesse, clergé, tiers état
socialement déterminés) à une société d’individus. Aux USA créer une représentation à
tous les niveaux (local, état , fédéral) Le choix de l’élection pour désigner des
représentants s’impose . Le tirage au sort n’est pas envisagé malgré un avis plutôt
favorable répandu dans l’esprit des lumières . En effet l’opinion dominante est :
« le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie le suffrage par choix est de celle
de l’aristocratie » b) en plus J J Rousseau considère que désigner des représentants
c’est trahir la volonté populaire , il penche pour le gouvernement direct du peuple.
Ce principe du tirage au sort n’a été maintenu que pour le choix des jurés d’assises en
France .c)
Pourquoi ce choix. ? différentes raisons
-Gvt direct du peuple difficile dans grand pays : oui , mais pas forcément au niveau local.
-Idéologie ancrée depuis longtemps : toute autorité légitime dérive du consentement
de ceux sur qui elle est exercée. Débat en 1647 au sein des troupes de Cromwell cf
- « L’ homme le plus misérable d’Angleterre n’est aucunement lié …par un
- Gouvernement sous lequel il n’a pas expressément accepté de se placer » d)
Déclaration de droits américains en 1776.
- « …tous les hommes sont créés égaux, ils sont dotés par leur créateur de certains
- droits inaliénables la liberté, la vie et la poursuite du bonheur. Les gouvernements
- sont institués parmi les hommes pour garantir ces droits et ils tirent leurs justes
- pouvoirs du consentement des gouvernés »
Redécouverte d’un principe romain repris depuis le 12e siècle par divers rois
« Quod omnes tangit , ab omnibus tractari et approbari debet » d)
En 1295 Edouard 1e convoquant le parlement , en 1302 Philippe le Bel les états
Généraux et Frédéric II les villes italiennes pour désigner des Nuntii , puis les papes
Honorius et Innocent III.
Concl : la mise en place d’institutions représentatives du peuple ou de la nation
S’imposa.
2) élire c’est choisir. Concrètement comment faire émerger la souveraineté du
peuple ou de la nation ? les rédacteurs des institutions ont 2 facteurs sur lesquels agir
– le nombre des citoyens appelés à désigner des représentants
– la qualité des élus : quelles doivent être leur capacités individuelles
ou leur représentativité sociale ? quelle autorité auront les gouvernements mis en
place ? les réponses seront différentes dans les pays selon leur histoire et le poids
des circonstances .
a) Aux USA il faut créer une république à partir d’une rupture avec monarchie anglaise
. Le pays neuf immense est à construire avec une aspiration forte à la liberté
individuelle , locale et au « self governement » . Les constituants vont débattre
fortement entre fédéralistes et antifédéralistes pour finalement mettre
en place le régime où l’unité de la nation est affirmée (par pouvoir fédéral ) en
maintenant une décentralisation forte.(état) Avec deux systèmes électoraux
une conception plus aristocratique a) -au niveau fédéral : électeurs fédéraux choisis état
par état (caucus) sont envoyés à Washington pour élire le président .(un seul rôle)
-.conception démocratique au niveau local.
(El directe) .Les critères définissant le droit de vote étant de la compétence des états :Les
électeurs sont propriétaires blancs. Aucune profession religieuse ne sera exigée (Art 6 de
La constitution de 1787) en 1825 le Maryland étend le droit de vote aux juifs, en 1856
La Caroline du nord est le dernier état à supprimer l’obligation de propriété.
b) En France durant la révolution le débat est marqué par le « spectre de l’aristocratie » b)
Il y a une radicalisation des positions qui sera accentuée par les circonstances. Après les
mois «euphoriques »(déclaration de Droits de l’homme, abolition de privilèges…)Il faut
mettre en place des institutions. Les constituants , issus de la bourgeoisie veulent
protéger leurs intérêts , faisant preuve d’un réalisme très éloigné des principes théoriques.
Les droits civils ne furent pas accordés à tous. C)
Droits politiques ( Loi du 22/12/1789)Le droit de vote est réservé à certains citoyens.
3 types de citoyens : + discrimination religieuse
types Conditions économiques déterminantes Rôle électoral Effectifs
passifs Pas de droit de vote car pas propriétaire 3M +ou-
actifs Contri. directe =1.5 livre (3 j de travail) Assemblée primaire
Elisent municipalités et électeurs + de 4M
Electeurs 1/100 actifs contri =10j de travail (1.5 à 3livres) Assemblées électorales (dpt) élisent
Députés, juges, adm départ 50.000
Députés Une propriété+contri.52 livres Gouverner
Le peuple souverain se limite à une catégorie sociale, les propriétaires. Les gouvernants
une minorité riche. Ce projet provoqua de violentes réactions au sein de l’assemblée
(abbé Grégoire, Robespierre) et dans l’opinion : les journalistes (Marat d) Camille
Desmoulin ,Loustalot .appellent à résister contre le décret au « marc d’argent »
L’ intervention armée du peuple parisien en août 1792 crée une nouvelle forme de
gouvernement direct (commune de Paris) en même temps qu’une assemblée est élue au
S U septembre 1792. (la Convention 1792-1795). Durant cette période la gouvernance
de la France prit des formes particulière : menace d’invasion, centralisation forte autour du e)
comité de salut public, débats féroces entre tendances politiques opposées ( ex : girondins
contre jacobins ) et au sein de clubs ( ex Cordeliers ) et de sociétés populaires avec
phénomène nouveau ,- intervention directe du peuple(massacres de septembre)
.pressions de groupes en armes de « sans culottes »menées par des gens du peuple.
.Les montagnards trouvent en Rousseau leur référent et s’orientent vers l’instauration
d’une « république sociale »Tout en essayant de canaliser l’agitation populaire.et ses
excés.a) Cette période culmine avec la terreur qui déboucha sur la réaction thermidorienne
et le retour à un mode de gouvernance très proche des principes de la première phase
de la révolution .La constitution de l’an trois, rétablit un droit de suffrage moins restreint.
Tout français âgé de 21 ans domicilié et payant une contribution quelconque est
Citoyen actif mais pour être électeur il faut plus de 25 ans et être propriétaire d’un bien
Rapportant un revenu de + de 200j de travail. « un pays gouverné par les propriétaires
Est dans l’ordre social , celui où les non propriétaires gouvernent est dans l’état de
nature ») « nous devons être gouvernés par les meilleurs. Les meilleurs sont les plus
instruits et les plus intéressés au maintien des lois » b)
Ce régime dut faire face aux oppositions multiples parfois violentes des royalistes,
des disciples des Montagnards ex « conspiration des égaux » de Babeuf ) Il fit
appel à Bonaparte pour rétablir l’ordre et la stabilité. C’est la première apparition
d’un « Césarisme » en France .Un peuple unifié face à un chef excluant toute autre
forme de légitimité. Il maintient le S U mais le vide de son sens .Les électeurs proposent
et le pouvoir choisit. Il a recours au plébiscite.
Conclusion :
La révolution a échoué à mettre en place une forme institutionnelle de démocratie
représentative . Mais elle va laisser un héritage idéologique qui va alimenter un débat
politique entre partisans et opposants des différents types de gouvernance. Durant le
½ siècle suivant l’évolution française vers la démocratie fut parfois violente. Les Courants
Politiques issus de a révolution vont continuer à se combattre. Ce sont :
a) « le libéralisme doctrinaire » C) veut continuer l’œuvre thermidorienne d’organiser le
retour à l’ordre .Théoricien : Guizot .La démocratie doit se cantonner à l’ordre civil et
dans les mœurs , pas en politique .Période de la restauration (1815 1830)et de la monarchie
de Juillet (1830 -1848 ) avec un régime censitaire .Une élite représente le peuple.
b) une culture politique de l’insurrection : incarnée sous la terreur par Hebert et d’autres.
Considérée comme condition nécessaire de l’émancipation des hommes .La dictature
Révolutionnaire est une valeur politique cardinale. Incarnation au 19e siècle entre autre
Blanqui , Raspail . Nombreux coups de main et émeutes armées , révolution s de
1830, 1848 et 1870. Elle réapparaitra entre 1892 et 1912 avec attentats anarchistes. c)
c) l’absolutisation et la généralisation du suffrage .principe défendu par les républicains .
considéré comme le nouvel élan pour établir la république. Victor Considérant ,Ledru
Rollin voient dans le suffrage universel la solution .Il est instauré en 1848( seconde
république) Il est masculin . La France est le premier pays à l’instituer.
d) « le césarisme » ou bonapartisme aura une résurgence en 1851 . le nouveau règne de
l’élection au S.U direct permettra l’arrivée au pouvoir de Louis Napoléon Bonaparte
président de la république puis empereur après le coup d’état .Il pratique le plébiscite
et la candidature officielle. Cet épisode laissera une trace profonde .La méfiance des
républicains envers l’élection au SU du président , argument toujours utilisé jusqu’au
référendum de 1962. a)
Ce n’est qu’en 1877 après l’échec de la restauration royaliste que la république
s’installe définitivement. Elle n’accordera le Droit de vote aux femmes qu’ en 1944. b)
3 ) la démocratie représentative se généralise en Europe et Etats- unis au 19e siècle et
Début du 20e siècle :
a) le Royaume Uni .considéré comme le berceau du parlementarisme va passer d’un
système aristocratique et très inégalitaire au suffrage universel masculin et féminin
adopté en 1918.
Rappel ;2 chambres – Chambre des Lords composée de nobles héréditaires ,de prélats
anglicans et membres désignés par le roi.
- – Parlement (communes) composé de députés élus locaux est
- l’organe essentiel (vote les lois et le budget) et détermine le 1er ministre.
Le système électoral présente de nombreuses inégalités et archaïsmes.
– vote censitaire dans comtés ou votent les propriétaires et bourgs où systèmes
Très différents
– découpage des zones datant du moyen âge. Les nouvelles villes industrielles sont
Sous représentées et certains bourgs abandonnés ont toujours des élus. L’aristocratie
Rurale domine.
-vote à haute voix influence très forte des notables r.
-exclusion religieuses /seules les églises établies peuvent participer à la vie politique.c)
Ces inégalités sont à l’origine d’aspirations et de revendications profondes.
Le Royaume va connaitre des mouvements parfois violents (agitation ouvrière,
révolte irlandaise …)
Trois grandes réformes électorales ;
– 1832 « Great reform act » arrivée au pouvoir des Whigs ; suppression des « bourgs
Pourris et de poche » et attribution des sièges aux villes. Le nb d’électeurs passe de
440.000 à 800.000.extension du suffrage à la bourgeoisie.
-1867 :Disraeli conservateur modifie les règles pour obtenir le droit de vote. d)
Apparition en milieu urbain de la « middle class »
-1884-85 Gladstone conservateur élu 1er ministre poursuit la réforme : la redistribution
des sièges de députés réduit la surreprésentation du sud agricole et profite aux ouvriers
L’extension du suffrage s’accompagne de plusieurs mesures . e)
1838 de la propriété pour être aux communes
1872 « secret Ballot « » Instaure le vote secret par l’isoloir.
1911 -création d’une indemnité parlementaire e accès des ouvriers
- – réduction considérable du rôle politique de la chambre des Lords.
Conclusion : une évolution lente et sans révolution .Une » modernisation » qui va
faire naître deux formations politiques :Whigs (libéraux) et Tory(conservateurs) qui
vont développer leurs programmes spécifiques et opposés (questions sociales).
b) USA :l’ extension du suffrage se fait dans la douleur et est inégale selon les états.
1790 « Naturalization act » nationalité offerte aux seuls « free white persons »
Mais conquête et création de nouveaux états apportent des évolutions différentes .
1818 Illinois : hommes >21ans habitants depuis un an
1822 New york. Même chose mais pour les noirs nécessité d’habiter depuis 3 ans
La question raciale noire provoqua la guerre de Sécession 1861-1865
1869 (26/ 02) 15é amendement « le droit de vote des citoyens des USA ne sera dénié ou
Limité par les USA et aucun état pour des raisons de race couleur ou de condition
antérieure de servitude ») ratifié par tous les états en 1870 (3 02).
Paradoxalement la situation des noirs va s’aggraver à la fin du 19e siècle (1890 -1914)
– 7 états du sud vont multiplier les obstacles à l’inscription des noirs Sur listes électorales
( être propriétaire, savoir lire la constitution , écrire , clause du grand père en Louisiane a)
Le retrait de la franchise été tardif. Les noirs ont exercé leur droit de vote
jusque vers 1890 puis « désaffranchissement » Mississipi 1890 Caroline du sud1895
1898 la clause du grand père en Louisiane fit baisser les électeurs de 130 000 à 5000.
ou à l’égalité des droits. Cassée par cour suprême en 1915.
-mise en place de la ségrégation. Légale « Lois Jim Crow » aboutissent à une séparation
(interdiction du mariage mixte, séparation dans les lieux publics, interdiction d’utilisation des
mêmes cimetières etc..)Cette séparation fut validée par le cour suprême (Arrêt « Plessy )
contre Ferguson » b) reconnait le principe « séparé mais égal ».la séparation est légale
pourvu que chaque communauté ait les mêmes commodités.
C’est pourquoi il fallut attendre les année 1950 après les 2 guerres mondiales pour
Voir renaître le mouvement de droits civiques de Martin Luther King.
1965 Voting Right act signé par Lyndon Jonhson – interdit toute pratique électorale
Discriminatoire .-Toute modification électorale doit avoir l’accord fédéral
-Le ministère de la justice reçoit compétence pour superviser les juridictions à problème
Et répondre aux demandes individuelles. Il y a donc transfert de compétences au niveau
fédéral
.Le cas des amérindiens .Ils ne sont pas citoyens américains.
-1887 Dawes Général Allotment act : nationalité accordée à ceux qui abandonne leur
Affiliation tribale.
-1890 à ceux qui en font la demande.
-1924 :indian Citizen Act : tous le amérindiens sont citoyens mais chaque état conserve ses
Prérogatives en matière de droit de vote . Conséquence , beaucoup seront privés du droit
de vote jusqu’en 1948.
Le vote de femmes : 1869 Le Wyoming est le premier état à l’accorder ;
1919 :19e amendement accorde le droit de vote Ratifié par les états en 1920.
Conclusion : En résumé après la 1ere guerre mondiale la représentation politique par le
SU est devenue une référence dans tous les états européens occidentaux et les états
d’Amérique du nord . Même si elle n’est encore qu’imparfaitement appliquée.(France)
. Elle apparait comme un aboutissement voire un idéal à réaliser .
« La croyance est que le gouvernement démocratique était devenu démocratie. »
Or ce système va continuer à évoluer jusqu’à nos jours et avec des formes qui
Permettent de distinguer 3 modèles successifs selon Bernard Manin dans le cas Français. a)
II Le parlementarisme ,la démocratie des partis ,la démocratie du public :
4 critères permanents retenus. Le représentant, la marge d’indépendance des
Gouvernements la liberté de l’opinion publique , l’épreuve de la discussion.
1) le passage du parlementarisme à la démocratie des partis. Le premier est un
régime où le député est un notable votant en fonction de sa seule conviction personnelle
Absence de discipline de groupe. L’ opinion publique se manifeste à l’extérieur du parlement
par associations , groupes de pression (catholiques, mouvements divers…)
Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette évolution à la fin du 19e
– ce modèle atteint ses propres limites internes en termes de représentation sociale.
– il doit s’adapter à de nouveaux besoins d’expression de la société liés aux
transformations du rôle des états , de l’économie et de la société et des évènements.
a) –le Suffrage Universel face à la représentation de monde ouvrier et de la diversité sociale
-l’élection par sa nature présente un double visage . b ) Cf
- principe de liberté de choix et d’égalité de voix : c’est pour cela qu’elle a été retenue
comme procédure pour désigner les gouvernements mais ces électeurs ne peuvent choisir
que des individus possédant- un trait distinctif , (notoriété, richesse, nom….)
– jugés favorablement ( choix subjectif en fonction de personnes ,
ou d’intérêt personnel ou selon circonstances…. )
-fournissant un critère de sélection politique.(classe politique,
choix idéologiques…Opportunité )
Donc des gens considérés comme supérieurs à leurs électeurs.(Côté aristocratique)
Ce sont les électeurs qui définissent leurs critères selon leur perception socialo culturelle
du moment. Dans une première étape, les élus sont des notables , (beaucoup d’avocats ,
Entre 1875 et 1920 25%des députés français) Certaines catégories sociales se sentent
exclues de la représentation nationale. En 1864 3 ouvriers imprimeurs lancent « le manifeste
des soixante » 2 arguments
-l’égalité devant le loi ne règle pas la question ouvrière.
-le SU ne suffit pas à assurer l’émancipation politique : un vote spécifique ouvrier est
proposé. La question d’une représentation directe prolétarienne au parlement sera à
l’ordre du jour des congrès ouvriers durant plusieurs décennies .
Cet évènement traduit bien la difficulté de la représentation sociétale par le SU.
Les candidatures ouvrières rencontrent l’opposition des (républicains et libéraux) car
contraire à la politique révolutionnaire d’unité du peuple cf J J Rousseau a)
b) la naissance des partis et le passage à une démocratie de groupes organisés
Petit à petit les individus électeurs vont se retrouver dans des structures où ils
peuvent s’identifier et se regrouper .L’usage du SU érode lentement les références
Individuelles précèdentes .
& le contexte : vers 1890 en France . Chute de jules Ferry , l’idéal républicain semble
en bout de course, Boulangisme regroupe les « dégoûtés » b),retour des idées
réactionnaires (ligue des patriotes) c), incertitude sur la forme du Gouvernement
(Ligue pour la révision constitutionnelle des radicaux) Il y a un débat politique intense
. Le vote républicain se conforte après l’affaire Dreyfus mais les républicains se divisent
Entre opportunistes et radicaux)
Certains intellectuels (Ferneuil , Durkheim ) vont souhaiter prendre en compte les intérêts
De groupe et pas seulement les individus. C’est une nouvelle approche politique
qui n’est pas propre à la France. 2 aspects
& Le principe d’une représentation à la proportionnelle est avancé. En 1883 le directeur
De Sciences Po met en place une société pour l’étude et la représentation
proportionnelle. En 1901 Yves Guyot fonde la ligue pour la » proportionnelle » elle
apparait comme un moyen de pacification sociale en représentant les minorités.
Ce sujet sera débattu jusqu’au vote de la loi de 1919 qui l’établira en France.
- D’autres pays européens menacés dans leur unité linguistique seront les premiers
à adopter cette représentation (Belgique, Suisse, Italie)
&L’apparition d’une démocratie des groupes organisés. les partis et les syndicats.
Parti :Le mot avait un sens négatif au 19e(ex parti de l’ordre) ,c’était un clan ,une faction d) ).
.Cette attitude Reste un phénomène récurrent en France.( cf De Gaulle ) en parlant
De la 4e république « le régime des partis »
La naissance d’un parti de classe : après plusieurs congrès ouvriers où seuls les ouvriers
Sont retenus pour les représenter un tournant se fit en faveur d’un élargissement
Dans le choix des représentants après l’échec de 1898.(6 Ouvriers guesdistes élus)
car le syndicat CGT reste hostile au parti. Le parti socialiste comportera moins d’ouvriers
mais l’affirmation doctrinale restera forte. La création du parti communiste en 1921
accentuera ce glissement vers la caractéristique ouvrière de ce dernier. (en 1928 le PCF
comprend 2/3 d’ouvriers)
L’apparition des partis de masse va avoir des conséquences à long terme.
-une modification des catégories sociales des représentants : on passera « de l’avocat
au camarade » c)
- L’importance accrue des programmes . Election de 1870 candidature avec qualités
personnelles ,en 1882 Profession de foi donc doctrine. les débats politiques suivent
Et les citoyens choisissent .
- Une modification du rôle des élus
1910 reconnaissance du rôle des groupes parlementaires dans le fonctionnement de
l’assemblée ( inscription comme porte- parole d’un parti a)
La répétition des débats et des élections entre partis va entrainer une formulation
d’ identités politiques stables.
Au royaume uni et en Allemagne le développement de parti représentant le monde
ouvrier va pacifier la lutte des classes . (parti social démocrate) .Aux Usa plus pragmatiques
le parti est une organisation de la diversité d’opinion .Le marxisme posera de façon la plus
radicale la prise en charge sociétale ce qui n’exclura pas les débats ni les conflits internes.
Le développement du syndicalisme joue un rôle particulier en France car il se veut
Indépendant du politique et refuse même parfois sa représentation. Il est différent (unité
autour d’une communauté d’intérêts, organisation autour de la production, égalité formelle
entres ses membres…) En 1884 le syndicat est légalisé .de nouvelles procédures se mettent
en place par la négociation.-ex : – 1902 Convention collectives
-1917 procèdure d’arbitrage et conciliation (Albert Thomas)
-1936 accords de Matignon délégués du personnel
Petit à petit de nouvelles formes de représentation plus catégorielles s’installent dans
Le paysage politique français. Cette évolution se retrouve dans d’autres pays.
c)-les formes nouvelles de représentation se développent suivant l’évolution
des rapports entre l’état et la société -« un état devenant consultatif » b)-
& ) Prise en compte du monde économique : instauration en 1891du conseil supérieur du
travail ( 50 mb ) (ouvriers 12, Patrons 15, parlementaires 13) Ce conseil sera suivi
d’autres (78 au total) dans nombreux domaines (beaux- arts, instruction publique,
, assistance publique…etc.)
L’évolution vers une « démocratie économique » c) s’est poursuivie jusqu’à nos jours .
Après la guerre 14 -18 instauration du conseil national économique devenu après la
seconde guerre le conseil économique et social sous la 4e et 5e république. C’est la
3e chambre de la république .En 1969 De Gaulle a proposé la fusion entre Cons.Eco et Soc
et Sénat .le refus par référendum entrainera son départ.
&)L’apparition d’outils statistiques ; en 1860 un saint simonien Michel Chevallier fonde
La société stastistique de Paris ; La 3 e république va dès lors donner un essor à celles-ci et
aux enquêtes sociales. L’apparition des sondages- puis leur développement permettent
une mesure de l’opinion publique et des évolutions sociales. C)
Le rôle de de l’état s’étend ( 1936 1eres nationalisation) son administration est de plus
en plus informée et fait appel à des experts . Après la seconde guerre mondiale
la mise en place du plan et de sa direction vont confirmer ce rôle de gestion de la société.
& Le poids de l’opinion publique croît et s’affirme .Les débats politiques et sociaux
deviennent publics avec la presse puis les médias .La diffusion de l’information modifie
la représentation politique.
– La démocratie des partis en résumé crée une nouvelle élite : celle des appareils de partis a)
– Entraîne une stabilité des comportements électoraux car vote devient affirmation d’une
« Identité de classe. » d’ appartenance et d’ identification .Le Vote=acte de confiance.
-Les partis reflétant les tendances de l’opinion il y a moins de discordances entre
l’opinion publique et l’expression électorale car décisions prises à l’extérieur (dans partis).
-Apparition d’autres institutions de concertation.(syndicats, organisations diverses..) d’où
Démocratie du compromis car négociations préalables à la prise de décision.
On est arrivé à une phase de « démocratie d’équilibre » b) France 1900 à 1970 environ.
2) le glissement de la démocratie des partis à celle du public. (fin du XXe siècle après 1970)
a)l’élection des gouvernants subit une évolution remarquable: c)
Jusqu’alors déterminé par leur catégorie sociale d’où une certaine stabilité, le vote
varie désormais d’une élection à l’autre. Différentes raisons à cette variabilité.
-vote de plus en plus pour une personne et moins pour un parti ou un programme ;
La personnalisation du pouvoir fait que le fonctionnement interne des partis
et leur rôle changent. Ils se mobilisent pour un leader.( d’où vient ce
phénomène ?
- Les techniques de communication sélectionnent un autre type de leader :l’expert
En communication.
- Les programmes précis ne sont plus adaptés pour apporter des réponses à un
monde environnant , Imprévisible et très large où nouvelles questions se posent
(par exemple : les problèmes environnementaux, l’écologie …)
- L’image offre une version simplifiée et schématique mais commode. Elle joue
- un grand rôle et s’impose. La communication prend le pas sur le fond.
b) l’offre électorale joue un rôle : le vote varie en fonction -du niveau de l’élection
( ex :importance de l’élection présidentielle en France où abstentions sont faibles)
– des termes du choix offert
. D’où le rôle des sondages et des tâtonnements en fonction de l’état de l’opinion
publique. C’est L’homme politique qui prend l’initiative de proposer le principe
des clivages. Cette offre politique construite en fonction du marché s’adapte à
l’auditoire , tentation de surenchère. Le parler vrai n’est pas la pratique actuelle. d)
c) la marge d’indépendance des gouvernements augmente paradoxalement. Elus sur
des images schématiques et simplifiée donc avec un contenu flou, ils ont une marge
de manœuvre plus grande.Mais elle peut entraîner la déception rapide de l’électorat a) .a)
d) l’opinion publique -est plus informée et de façon plus objective. Les médias plus
indépendants donnent aux citoyens la même masse d’informations identiques .
Les clivages se font sur les faits et moins sur les préférences partisanes. Ce qui
peut entrainer un découplage entre vote et opinion publique. Un des rôles
des partis à savoir ,apporter l’information , disparait.
-s’exprime en permanence . Les moyens traditionnels (pétitions, manifestations…)
demeurent mais sont amplififiés par les médias .Les Sondages se sont multipliés
dans tous les Domaines (consommation, sujets d’actualité.. ) et informent en temps
réel. Il y a une accélération du temps donc augmentation des réactions à chaud
et parfois nécessité de faire le plein avec le vide ( phénomène du buzz) .
Enfin les nouveaux champs d’expression sont apparus (réseaux sociaux, internet,)
Les opinions diverses circulent librement et les discussions politiques ont quitté
l’enceinte exclusive du Parlement .Des organisations spontanées se mettent en
place en dehors des partis . actions écologiques (Podemos en Espagne) « Le règne
de l’information a soumis la démocratie à une accélération sans précédent »b)
Conclusion : la démocratie du public en résumé par rapport à démocratie des partis
- Une nouvelle élite et déclin relatif de l’ancienne .
- Ex concrètement en France : -1978 ouvriers 6% des députés , en 2015 1%
- 4e répu.1ere législ.(1946- 58) ,nb d’ouvriers 133, d’agriculteurs 136 , avocats142
- En 2007 bac+2 =76% dont 55%issu du secteur public .
- Les citoyens s’identifient moins aux gouvernements . Cette démocratie s’est
étendue, certes , mais s’est-elle approfondie ? Ce modèle Est- il en crise ou en
phase de transformation ? certains auteurs osent le mot crise.
III la démocratie représentative subit depuis environ deux décennies une crise de la
représentation et une crise de la participation. ? b)
Depuis quelques années le système de représentation politique fait l’objet
de nombreuses études et interrogations en France
Phénomène passager ou durable ? solutions possibles ou envisagées ?
1) les symptômes d’une crise de la représentation : selon Perrineau en 2004
Une baisse de la participation électorale est constatée dans la plupart de pays
où le vote n’est pas obligatoire.
& – une croissance des votes blancs et nuls. Les abstentions obtiennent des records
Jamais atteints dans toutes les élections depuis les année 1990.. b)
Présidentielles (élection la plus mobilisante. 2002 28.4% législative 35.6% 44.6 en 2012
.
Ce phénomène n’est pas que Français EX Italie pour les référendums. a)
&une dégradation de l’image de la classe politique et des organisations politiques
-chute de l’engagement politique et syndical : juin 2002 2%de population dans partis, 8% dans syndicats :
en 2015 12%seulement des Français font confiance aux partis b)
Depuis 2007 le PS et les Républicains auraient perdu 50 %d’effectif.
a) -sentiment de coupure entre représentants et représentés : 64%pensent qu’ils
se préoccupent peu des gens « comme nous » (Sofres 2002)
b)-sentiment de corruption de la classe politique : 59% pour méfiance vis-à-vis de la politique avancée dans 53% des items associés à la politique (Sofres 2002)
. c)-par moment : crise de confiance dans la démocratie espace politique pour courants politiques hostiles à la démocratie pluraliste.(partis populistes)
d) éclatement du vote : -apparition de partis protestataires : (LO, CPNT, FN)
les partis type gouvernementaux –(PC ?PS ?RPR ?UDF)=46.3%des suffrages exprimés à la présidentielle de 2002 et 32% des inscrits.
Ces signes multiples d’une crise de la représentation ne sont pas nouveaux mais ce qui change c’est la durée , plus de 20ans.Comment expliquer ?
2) les causes sont profondes d’origines multiples : politiques, économiques sociales et culturelles.
a) au plan politique les référents séculaires de gauche et droite sont dépassés selon
une majorité de français pour les enjeux actuels.(même si une majorité se sent toujours d’un côté ou de l’autre.) Evolution accentuée par
& – rapprochement des programmes économiques et sociaux des deux gauches liés au 15ans de présidence de Mitterand puis cohabitation .C’est en 1978 que le parti Socialiste devance le PC aux législatives pour la 1ere fois.
La succession d’alternances politiques c) avec périodes de cohabitation a brouillé la donne politique. L’alternative politique, économique et sociale parait
moins évidente.
& -chute du communisme réel donc de ses références idéologiques et disparition de la bi- polarité internationale.
&Un vieillissement des structures politiques par rapport à de nouvelles attentes ;
– Les partis se sont professionnalisés dans les années 1980 .la crise économique a engendré une demande de compétences, d’où recrutement dans vivier des
hauts fonctionnaires. Moule de formation homogène (ex ENA)
accaparement des postes par des professionnels. d) ce
phénomène a été dénoncé par une députée PS du Sud ouest
– Elles sont partisanes et verticales de type militaire .Or .Nouvelles générations sont portées vers des organisations peu hiérarchiques, participatives , ponctuelles et porteuses d’un militantisme moral ex : Act UP, SOS racisme, organisations humanitaires. Nuits debout actuellement.
– Elles sont peu représentatives d’une nouvelle diversité sociale .Elles ont du mal à
Intégrer les nouvelles générations ( Jeunes éduqués, femmes actives ) plus diverses
activités tertiaires et non plus industrielles et les minorités. a)
« Elles sont restées très bourgeoises et petites bourgeoises. « Pascal Perrineau »
«forme de désenchantement » le politique ne fait plus rêver.
b) une crise économique et sociale multiforme qui appauvrit et fait craindre
pour l’avenir.
&- La bipolarité sociale caractéristique de la société industrielle a fait place au
développement d’une classe moyenne salariée plus diversifiée. b)Il y a une
forme d’érosion du vote de classe .Ouvriers à droite ou extrême droite et cadres
à gauche .Le chômage pousse une partie des ouvriers vers l’extrême droite.
&- la mondialisation et la crise économique ont réduit les marges de manoeuvre
des Gouvernants. Ils sont de plus en plus des accompagnants de processus qui leur
échappent . (Europe, G8, G 20 ) avec décisions au -dessus du pays d’où sentiment
d’impuissance et inquiétude devant l’avenir et mise en cause des gouvernants.
& une paupérisation visible. – chômage 1er tri 2015 10.3% popu ;
– nb de SDF +44% entre 2007 et 2012
Après les 30 glorieuses ,la confiance dans l’avenir et la foi dans le progrès chutent.
&-la société a évolué vers) une individualisation de plus en plus dominante qui entraine
une atomisation sociale. Les liens sociaux n’ont pas disparu mais ont été transformés.
Certaines institutions traditionnelles ont été délégitimées (ex :famille, mariage,
entreprises ) le lien social est affaibli. « Les intarissables moi /du charisme à l’incivilité » c)
Les pionniers de la démocratie avaient senti le danger :
« le principe d’émancipation personnelle finit par se transformer
en égocentrisme ravageur »Tocqueville avait bien vu qu’un des enjeux des
démocraties adultes serait de préserver la sensibilité civique .Le Paradoxe pour
les démocraties modernes est le suivant : œuvrer au développement personnel des
individus sans qu’ils deviennent pour autant incivils »
Le glissement de la citoyenneté à la revendication identitaire. La citoyenneté a
été longtemps la libre affirmation de son identité, mais l’individualisme a poussé à
l’épanouissement personnel parfois jusqu’à l’hédonisme.(satisfaire son plaisir =seul but
« ce qui compte dans la démocratie adulte c’est l’égalitarisme par le revendication de
La différence et de l’identitaire et non l’égalitarisme par effort de similitude et de
citoyenneté » d) Cette évolution va entrainer un changement de perspective des
Démocraties ; la majorité était le concept majeur dans les démocraties naissantes
Dans les démocraties actuelles (adulte a)ou , du public b) ) les minorités ne subissent plus.
Et au nom du droit à la différence contournent l’égalité des droits .il y a selon certains
Auteurs « tyrannie des minorités » a). Un exemple l’opposition bretonne à l’écotaxe.
(moyens violents ).Actions écologistes contre décisions des élus ( Sivens,aéroport deNantes
c) nouvelles références culturelles
– la crise des idéologies en particulier le réfèrent marxiste ; dès 1974 effet Soljenitsine
Puis 15 ans après chute de l’URSS. En France effondrement du PCF qui abandonne
certaines références (la rénovation ). a) d’où apparition à gauche de partis trotskystes
reprenant le discours révolutionnaire ( LO, ligue comm. révolutionnaire)
Glissement d’une partie de l’électorat ouvrier au FN.
-Une hausse du niveau culturel moyen d’un public informé qui a plus d’exigences vis à
Des dirigeants. Les citoyens sont plus exigeants et pas forcément pacifiés par la fin des
Conflits idéologiques.
- Le rapprochement des mondes lointains différents par les médias ne favorise
Pas forcément le rapprochement mais provoque des peurs et tendance au repli
Sur son monde (pays, nation, langue , religion.) le rapprochement géographique
Par le numérique ne favorise ni la communication ni la compréhension.
Conclusion
Ce malaise dans fonctionnement de la démocratie touche d’autres pays.
Est-ce l’émergence d’un nouveau type de démocratie ? Il y a un paradoxe souligné
Par une équipe de chercheurs anglais b)Les valeurs de la démocratie progressent à
L’échelle de la planète mais la confiance décline dans les institutions où on la pratique
. Il y a un Hiatus entre idéal démocratique et une réalité marquée par certaine forme de
cynisme , de désenchantement et de distance critique. Remèdes possibles oui ? non ?
3) La situation particulière de la France : « refaire la France » est le titre
d’un rapport rédigé par un historien Michel Winock spécialiste de
l’histoire politique française en collaboration avec Claude Bartelone président de la
chambre et plusieurs personnalités (élus, experts…).c) Postulat « notre régime politique
peut- être dit démocratique mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement » .
la 5e répu est ébranlée par les éléments cités précédemment .Les institutions politiques
sont vieilles et inadaptées. Il propose d’agir dans sur 3 domaines par des modification
institutionnelles pour rétablir la relation entre citoyens et dirigeants
. – l’excès de pouvoir du président de la république
– le défaut de représentativité des instances dirigeantes
– les carences de la démocratie représentative.
a)Excès de pouvoir du président. De gaulle a voulu un régime fort après la 4erépublique
dominée par le jeu des partis et dans une période de guerre. La pratique a accentué
la dérive vers pouvoir accru du psdt. Cf De Gaulle c). Le gvt est responsable devant
l’assemblée mais premier ministre plusieurs fois renvoyé par le seul psdt qui lui n’est pas
responsable. Seul représentant de la France au conseil Européen il ne rend pas compte.
quelques exemples – 2005 non au référendum sur constitution euro. Chirac reste au
pouvoir, son successeur fait voter les règles par le parlement déni de démocratie.
Il y a une quasi- irresponsabilité du président.
- D’où proposition : de rééquilibrage
& Psdt : 1 mandat de 7 ans non renouvelable avec Maintien d’un domaine réservé.
(aff .étrangères ,armée )
- investiture nécessaire du gouvernement par Assemblée .
- Organisation d’un débat à l’assemblé avec le Psdt avant chaque conseil européen.
& renforcer le rôle du parlement
– calendrier électoral (législative avant présidentielle)
-Diminution du nb d’élus (limité à 400 dép et 100 ou 200 sénat.) fusion sénat –
conseil éco et social , diminution du rôle législatif du sénat et modification du scrutin.
– Développer le renouvellement des élus – imposer le Non cumul des mandats
dans le temps (3maxi) a)
-introduire une dose de scrutin proportionnel à l’assemblée nationale.
(actuellement Scrutin majoritaire à 2 tours) b)
– Améliorer le fonctionnement du parlement : freiner la frénésie législative c)
b) restaurer le lien entre citoyens et représentants ;
-introduire le référendum d’initiative populaire (seuil moins de 10% de population )
- faut il établir le vote obligatoire ? (sondage HARRIS avril 2015 56% Pour 67 %SI vote
Blanc ) simplifier les inscription sur les listes électorales.
- Développer de nouvelles formes de participation : la démocratie participative
- . La participation directe a gagné en Légitimité (manifestation , pétitions, marches
- citoyennes…)Le bénévolat s’est développé de Façon considérable entre 2010et 2013
- +14% =20.9millions d)
- Il faut ouvrir les institutions (conseils de quartier, loi du 27/02/2002, conseils citoyens
- faire des référendums locaux :
Bref ce ne sont pas les idées qui manquent dans ce rapport qui n’est le premier sur ce
sujet mais c’est la première fois qu’il est initié par le parlement. Quel sera son devenir ?
il montre qu’au niveau des élus il y a prise de conscience des dysfonctionnements .
Conclusion : la représentation du peuple et de ses composantes a été une longue
Conquête et une construction continue , toujours en évolution . Celle de la France s’est
caractérisée par une succession de 3 républiques (3e 1870 1940 4e 1946 1958 5e depuis 58)
et 15 régimes depuis1789.plus que tout autre pays .C’est « L’inconstance française » e)
Chacun a pratiqué les principes de la représentation mais avec des formes d’organisation
nouvelles essayant de pallier les défauts ressentis auparavant .Face à la situation actuelle
la France saura- t- elle faire faire évoluer souplement son système politique à l’anglo
Saxonne ce qu’elle n’a jamais su faire. Déjà certains proposent une 6 e république.
(Jean Luc Mélenchon). La question est posée .Confrontée à une évolution similaire,
L’Italie de son côté a commencé. Matteo Renzi a fait adopter par les chambres plusieurs
mesures modifiant le fonctionnement des institutions politiques qui seront soumises
à un Référendum en octobre 2016.f) La question est ouverte. En France quelle place
dans le débat politique actuel ?
– 6/10 le pdt de la république fait l’éloge de la solidité des institutions.
-la plupart des candidats à la primaire de droite promettent des consultations populaires
Pour réformer le pays.
A suivre… !

Loi Leonetti Eliane Regouffre

Pourquoi la loi Léonetti est elle

Importante à connaître ?

La loi Léonetti intéresse les soins palliatifs, soins qui ont pour objectif d’aider à mieux vivre la fin de vie.
Or, la fin de vie concerne tout le monde, vous et moi dés notre naissance, nous sommes mortels.
En Europe, surtout dans les pays latins, la mort est un sujet tabou alors que c’est l’inéluctable fin de toute vie.

Les soins palliatifs, définition et genèse de la loi Léonetti

Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus, évolutifs, coordonnés et pratiqués en équipe pluridisciplinaire, en institution ou à domicile. Ils visent à :
• Soulager la douleur
• Apaiser les souffrances psychiques
• Sauvegarder la dignité de la personne
• Soutenir son entourage

J’aimerais vous donner une brève historique des SP.
Cette notion d’aide est apparue au milieu du 19ème siècle. En France, une dénommée Jeanne Garnier, veuve, ayant perdu ses deux enfants, dans une douleur extrême, décide après avoir beaucoup prié Dieu, de donner le reste de sa vie à accompagner les malheureux qui ont souffert et que la vie a broyé.
Elle réunit autour d’elle des veuves chrétiennes qui travaillent avec elle et fonde en 1842 à Lyon les « Dames du Calvaire ».C’est une œuvre de bienfaisance confessionnelle.

Un siècle plus tard, dans les années 1960, à Londres une infirmière, Cicely Sounders s’indigne des conditions dans lesquelles des patients terminent leur vie et entame à 34 ans des études de médecine. Elle fonde en 1967, à l’hôpital st Christopher le premier service de SP. Elle est à l’origine du « mouvement des hospices », mouvement depuis se développant au Canada et dans les pays anglo-saxons.

En France, en 1975, le P. Patrick Verspieren, part se former à St christopher.Il prend officiellement position en faveur du soulagement de la douleur et émet à son retour » que le traitement d’une douleur intolérable et réfractaire est possible en dehors d’une euthanasie »

Dès le début des années 80, Maurice Abiven, spécialiste en médecine interne s’intéresse à « l’accompagnement » des malades en fin de vie et s’inspire de ce qui se fait en Angleterre avec quelques rares médecins sensibilisés à la question pour tenter de mobiliser l’opinion et les pouvoirs publics français. Il crée en 1987 avec l’aide de l’ASP-fondatrice la 1ere unité française de SP à l’hôpital international de la cité universitaire à Paris.

A cette époque est apparu le SIDA (Atlanta 1981). En 84, déjà 300 malades en France sont répertoriés. A la fin des années 80, début 90, les hôpitaux se transforment en mouroir. C’est dans ce contexte en 92 que s’ouvre à Gardanne un établissement de SP, association 1901, reconnue d’utilité publique. Elle se définit ainsi : lieu pour accompagner et prendre des personnes aux pathologies graves quelque soit leur pathologie et leur origine.

En 91, réforme hospitalière créant un nouveau droit d’accès aux SP dans les hôpitaux.

En 98, plan d’action de Bernard Kouchner en quatre points :
-augmentation des USP
-création des équipes mobiles de SP
-congés d’accompagnement pour les proches
-nécessité de former des accompagnants bénévoles

En 99, loi garantissant la mise en place de réseaux de SP et d’accompagnants bénévoles pour participer en équipe, au confort psychologique et social du malade et de son entourage.

La loi du 4 Mars 2002, consacre le droit des malades à décider d’eux mêmes par un consentement libre et éclairé du patient aux traitements qui lui sont proposés.

Aujourd’hui, l’association les « dames du calvaire » existe toujours ; elle gère de vrais établissements médicalisés de SP dans plusieurs villes en France mais aussi à Bruxelles et New-York. A Paris, l’établissement le plus célèbre, ouvert en 1996, s’appelle « Jeanne Garnier » Leur éthique est d’accueillir chacun sans distinction d’origine et quelque soit leur conviction philosophique ou religieuse. Il s’agit de prendre soin de chaque personne comme si elle était unique et respectée pour elle même.
Cela reste souvent des organismes privés et la loi Léonetti est de promouvoir et de développer des USP publiques.

Comme le SIDA, l’affaire Vincent Humbert a eu des conséquences sur le développement des SP. En 2000, un jeune pompier de 19 ans après un accident de voiture se retrouve tétraplégique, muet et aveugle, mais il arrive par un langage codé à envoyer au président de la république un message « je vous demande le droit de mourir » droit refusé en 2003.
Sa mère l’aide à mourir, arrêtée, non lieu, très entourée à l’époque, est abandonnée aujourd’hui. Cette affaire est pour le Président Chirac l’occasion de demander au Dr Léonetti, cardiologue de travailler sur ce problème.
La loi Léonetti sur la fin de vie sort le 23 Avril 2005(548 pours, 0 contre, 3 abstentions).

Cette loi s’appuie sur cinq principes fondamentaux :

1. Bénéficier des soins palliatifs
2. Exercer son droit à recevoir des soins visant à soulager la douleur.
3. Ne pas avoir à subir un acharnement thérapeutique appelé aujourd’hui obstination déraisonnable
4. Recourir aux directives anticipées (révocables à tous moments)
5. Nommer une personne de confiance.

Plus récemment, c’est l’affaire Vincent Lambert avec cette famille qui se déchire. Accidenté en 2008, les uns pour l’arrêt des traitements, les autres pour maintenir une vie devenue végétative.

En 2012,le Président de la République, François Hollande poussé par sa gauche qui veut la légalisation de l’euthanasie, demande au professeur Sicard, médecin et président du comité national d’éthique, une étude sur ce qui se passe réellement.

Le rapport Sicard dénonce l’accès insuffisant aux SP. Il préconise avec beaucoup d’insistance l’intégration aux études de médecine d’un certificat d’algologie, permettant une réelle compétence en SP dans toute pratique clinique. En effet il critique très vivement les soignants marqués par une culture du tout curatif et leur surdité à la détresse psychique.
Sicard estime que les pratiques peuvent évoluer en appliquant réellement la loi Léonetti dans son esprit.
Par ailleurs, il préconise le développement de la sédation profonde et envisage sans le préconiser, dans certains cas, le suicide assisté. Par contre il s’oppose à l’euthanasie et à ses dérives.
Ce qui donnera en Février 2016 la nouvelle loi Léonetti-Claeys (votée par 436 pour, 34 contre et 83abstentions).

Peu de changements majeurs mais il est noté que cette loi est faite pour les gens condamnés, ceux qui vont mourir et non pour ceux qui veulent mourir.
Cette nouvelle loi vient renforcer les droits des patients en fin de vie en donnant un caractère incontournable aux directives anticipées et instaure la sédation profonde et continue dans des conditions très strictes.

Une question se pose :
Pourquoi les militants du droit à mourir(ADMD) s’opposent ils si fortement à la loi Claeys/ Léonetti ?
Et bien par ce que la loi est mal connue, mal appliquée, ignorée parfois de certains soignants. Fin 2015, seulement 2,5% des malades avaient fait une déclaration anticipée. Si Vincent Lambert en avait fait une, les décisions auraient été plus simples. Actuellement, on rentre dans un débat philosophique entre les « proeuthanasie » et les « provie ». L’euthanasie active reste un geste radical qui franchit la barrière d’un interdit « tu ne tueras point », la vie reste sacrée et les médecins ont été formés pour soigner. Pour les pro euthanasie, cela correspond aussi à une évolution culturelle et correspond à la hantise des Français de basculer dans une situation de fin de vie insupportable, de souffrir ou de voir souffrir leurs proches. La peur de la déchéance physique a supplanté la peur de mourir, pourtant aucune déchéance ne saurait nous rendre indigne.

L’objectif des SP, n’est pas de guérir mais de préserver la qualité de vie du patient et de leur famille face aux symptômes et conséquences d’une maladie grave et potentiellement mortelle.

On distingue dans les SP, trois phases :
• Phase initiale
L’autonomie du patient est présente, cette phase peut durer plusieurs années. Mitterrand a gouverné un certain temps dans cette situation.
• Phase dite terminale
C’est la phase la plus complexe en terme de décisions et d’anticipation. Nécessité de décisions collégiales. Dure entre 1 et 3 mois.
• Phase agonique
Quelques jours, moins d’une semaine.
Mort certaine et implacable, avec sédation si nécessaire.
La sédation est définie comme la recherche par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu’à une perte de conscience, dans le but de faire disparaître la perception d’une situation vécue comme insupportable par le patient, alors que tous les moyens disponibles et adaptés ont pu lui être proposés sans permettre d’obtenir le soulagement escompté. A ce titre la possibilité d’une précipitation du décès par un effet secondaire est possible mais c’est toujours une précipitation de quelques heures ou au plus de quelques jours.

L’obstination déraisonnable

Elle existe lorsque les traitements n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, sous réserve de la prise en compte de la volonté du patient et selon la procédure. La nutrition et l’hydratation sont considérées comme des traitements. Tout patient peut s’opposer à un traitement mais le soignant peut y déroger en cas d’urgence vitale et lorsque cela apparaît manifestement inapproprié.
Une question se pose : A quel moment, y a t’il acharnement ?
D’où l’importance de décisions collégiales et de directives anticipées par le patient.

Les directives anticipées. Décret d’application paru au journal officiel le 5 août 2016(texte 49)

Deux changements par rapport à la situation précédente : les déclarations anticipées ont une valeur contraignantes auprès de l’équipe médicale et des proches. Elles s’imposent à tous. Elles n’ont plus à être renouvelées tous les trois ans mais elles sont révisables et révocables à tous moments. Avant, elles n’avaient qu’une valeur consultative.

Deux décrets :
Le premier concerne les soignants pour définir les structures collégiales sur
• L’arrêt et la limitation des traitements
• Le recours à la sédation profonde
Le deuxième sur les directives anticipées
• Rédaction
• Révision
• Révocation
• Conservation

La personne de confiance

Tout patient peut désigner une personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant qui sera consultée au cas où le patient serait hors d’état d’exprimer sa volonté.
Cette désignation est faite par écrit. Elle est révocable à tout moment et doit être jointe aux directives anticipées.

A cela s’ajoute la publication d’un plan national par l’Etat,portant sur les années 2015/2018 pour le développement des soins palliatifs avec quatre axes principaux :
• Axe 1 Informer le patient, lui permettre d’être au centre des décisions qui le concernent.
• Axe 2 former les professionnels, soutenir la recherche et diffuser les connaissances sur les soins palliatifs.
• Axe 3 Développer les prises en charge en proximité. Favoriser les SP à domicile y compris pour les résidents en établissement sociaux et médicaux sociaux.
• Axe 4 Garantir l’accès aux SP pour tous en réduisant les inégalités d’accès.

En conclusion

Il n’y a que quarante ans, qu’en France, on se préoccupe officiellement de la fin de vie.
Ici et là, des hommes, des femmes, confrontés à la souffrance physique et psychique se sont efforcés de rendre notre société plus humaine, plus solidaire, plus protectrice autrement qu’en supprimant purement et simplement ceux qui en font la demande ou ceux pour lesquels la médecine curative ne peut plus rien.
Souhaitons que le cheminement pour le développement des SP, ne fasse que progresser et nous permettre d’être moins angoissés
par l’aboutissement de toute vie.

Les contre pouvoirs Albert Hadida

Les contre pouvoirs
Par Albert Hadida

Le contre-pouvoir est un pouvoir qui s’organise face à une autorité. Ce peut être une force politique, économique ou sociale et dont le rôle est de restreindre l’exercice du pouvoir.
L’expérience montre que tout pouvoir peut être source d’un abus de pouvoir lequel doit être contrôlé par des contre pouvoirs dont il existe deux grandes sortes :
• les contre pouvoirs d’ordre populaire
• les contre pouvoirs d’ordre étatique

1ère partie : les contre pouvoirs d’ordre populaire

I. Les médias

1. Rappel historique
Tout commence par cette satanée liberté de la presse qui permet à l’opinion publique de s’exprimer.

Selon Alexis de Tocqueville l’opinion publique en démocratie est, de facto, le premier pouvoir.
C’est dire que c’est le premier contre pouvoir.

Voyons ce qu’il en est aujourd’hui.

Je n’ajouterai pas foi aux idées de Pierre Bourdieu selon qui l’opinion publique n’existe pas. Elle existe bel et bien, même si on la trouve insaisissable, incohérente, versatile ou amnésique.

Alors, qu’en est-il au juste ?

Il faut admettre que le gouvernement des individus ne passe pas seulement par l’usage de la force ou le respect des lois ; il repose sur l’acceptation des dirigeants par le peuple.
Ce qui n’est pas contradictoire avec la théorie de Machiavel pour qui le prince doit s’efforcer d’afficher les vertus que l’on attend de lui.

Aujourd’hui, tout a changé avec l’apparition des sondages destinés à suivre l’évolution de l’opinion publique.

2. Les usages actuels de l’opinion publique

a) Elle est préfabriquée par les sondeurs

En France, la pratique des sondages d’opinion va se généraliser en 1962, date de l’élection du Président de la République au suffrage universel. Dès lors, chacun croira savoir ce que veut l’opinion publique, compte tenu de l’idée qu’il s’en fait.
Les sondeurs affirment que l’opinion publique est ce que mesurent leurs enquêtes d’opinion
Et de fait, les instituts de sondages sont parvenus à imposer leur définition de l’opinion publique qui se présente à la fois comme plus démocratique et plus scientifique.
Cela dit, en matière de politique, il est deux types de sondages : le sondage d’opinion et le sondage électoral.
Le sondage d’opinion permet de prendre le pouls de la population.
Le sondage électoral, lui, concerne les intentions de vote, faisant souvent figure de prédiction.
Les données fournies par ces enquêtes sont à la fois spectaculaires, car divinatoires et scientifiquement peu discutables, l’élection se chargeant de confirmer.

b) Valeur réelle d’un sondage
Aujourd’hui, l’opinion publique des sondeurs mobilise une armée d’enquêteurs recueillant des réponses baptisées opinions. Ils les additionnent et nomment opinion publique la distribution majoritaire des réponses ainsi obtenues.

c) L’opinion publique, nouvel enjeu
En résumé, la pratique des sondages d’opinion a profondément modifié le jeu politique : les hommes politiques doivent maintenant compter avec cette nouvelle notion qui est censée dire ce que veut et pense le peuple.

Il ne nous reste plus à présent qu’à décrire le pouvoir des médias ce quatrième pouvoir, sans oublier les dangers qu’il recèle en son sein.

3. Le 4eme pouvoir
L’expression quatrième pouvoir désigne la presse et les nouveaux médias. C’est d’ailleurs très tôt que la presse s’est imposée comme un nouveau pouvoir remettant en cause le modèle arrêté par Montesquieu.

a) La Presse : un quatrième pouvoir

Contrairement aux trois autres pouvoirs, à savoir, exécutif, législatif et judiciaire, la presse n’est pas une institution. Et pourtant, elle figure dans la constitution française elle aussi. Elle apparaît notamment dans l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qui dit : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »
Toutes ces informations incitent à poser la question : les journalistes sont-ils tout puissants ?

La réponse est oui. Comme le prouve le scandale du Watergate où les journalistes du Washington Post ont provoqué la démission du président Nixon.
L’on peut citer aussi le cas de Beate Klarsfeld qui par sa conduite provocatrice a contraint le chancellier Kiessinger à la démission.

b) La Presse : un contre-pouvoir obligé

Contre les abus de pouvoirs, les médias ont été fort longtemps un recours des citoyens. Exemple : l’affaire Dreyfus.

Dès lors, une question se pose :
Les médias peuvent-ils représenter un danger pour la démocratie ? La réponse est oui comme le prouvent les exemples suivants :

4. Le danger des Médias

Aujourd’hui, l’on assiste à de drôles de compétitions :
C’est la course au vedettariat. C’est aussi la course aux infos à scandale menacées d’être de fausses nouvelles.
Mais il y a plus. La TV et aujourd’hui Internet sont autant de propagandes destinées à convertir les foules. D’ailleurs, il y a bien pis avec les réseaux sociaux qui s’en sont mêlés et ne sont pas étrangers à la propagande du terrorisme.
Laissez-moi vous dire que cet aspect des choses ne laisse pas d’inquiéter.

II. L’opposition

On désigne par opposition les partis politiques ou les mouvements n’appartenant pas à la majorité. Dans les démocraties, l’opposition détient plusieurs fonctions.
Tout d’abord, l’opposition constitue un contre-pouvoir : elle permet d’éviter les abus de la majorité. En France, l’opposition dispose pour cela de différents moyens : les questions posées au gouvernement par le Parlement, la motion de censure déposée par l’Assemblée nationale ainsi que la saisine du Conseil constitutionnel.

Ensuite, l’opposition représente aussi la possibilité d’une alternance politique, participant ainsi à l’existence du pluralisme.

III. Les associations

Une association est le rapprochement de plusieurs personnes physiques ou morales.

En voici quelques exemples : Association à but non lucratif, Association syndicale, Association foncière, Association loi de 1901. Elles se comptent en France par milliers. Leur pouvoir n’est pas nul.

IV. Les syndicats
Un syndicat est un groupement de personnes physiques ou morales pour la défense ou la gestion d’intérêts communs tels que la liberté syndicale ou le droit de grève.

Historique
Les organisations ouvrières et les corporations de métier sont interdites en pleine Révolution par la Loi Le Chapelier promulguée en 1791. Les syndicats ouvriers ne seront légalisés qu’après la Loi Waldeck-Rousseau en 1884. Aujourd’hui, la création de syndicats de salariés en France est réglementée par le Code du travail, bible fleuve de 3700 pages où patrons et salariés perdent leur latin.

V. Les organisations non gouvernementales

Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d’intérêt public, qui ne relève ni de l’État, ni d’institutions internationales.
Une ONG se définit par :
• le but non lucratif de son action ;
• l’indépendance financière ;
• l’indépendance politique ;
• la notion d’intérêt public.

Les différentes ONG et leurs domaines d’intervention
Ces associations concernent les Droits de l’Homme tels que la lutte contre la faim avec Amnesty International, la protection des enfants avec Fondation Terre des hommes, la protection de la nature avec Greenpeace.
Les ONG ont différents domaines d’intervention, le domaine humanitaire étant dominant, ce dernier comprenant entre autres les ONG caritatives telles que Médecins du monde, ou bien le CICR, Comité International de la Croix Rouge, ou encore Médecins sans frontières, Enfance sans frontières, Douleur sans frontières, Aviation sans frontières. J’ai envie d’y adjoindre Schengen, c’est-à-dire Frontières sans frontières.
VI. L’altermondialisme

L’altermondialisme met en avant des valeurs comme la démocratie, la justice économique et sociale, la protection de l’environnement et les droits de l’homme. En théorie, on ne peut qu’approuver.
Pour mettre leurs idées en pratique, les altermondialistes proposent certaines réformes qui sont de taille.

• Annuler la dette des pays du Sud.
• Promouvoir le commerce équitable.
• Exclure des négociations de l’OMC certains domaines tels que l’éducation, la santé ou la culture.
Au total, la théorie est alléchante, la pratique l’est moins. Ex. : les OGM.
Pour clore cette première partie, nous dirons quelques mots de certains contre pouvoirs un peu spéciaux que j’ai rassemblés sous le terme de marginaux.

VII. Les contre pouvoirs marginaux

A. LES CONTRE POUVOIRS LEGAUX

Citons d’abord les contre pouvoirs des comsomateurs qui bien qu’individuels pourraient être plus efficients.
L’on peut en rapprocher l’abstention électorale, adversaire redouté de bien des candidats.
Mentionnons également le droit de manifester cher à bien des citoyens ainsi que le droit de grève considéré comme sacré et qui représente une arme formidable dans la lutte des classes.
Assimilé à ce droit de grève, citons le droit de retrait pour un salarié se sentant en insécurité, les enseignants en étant un exemple.

B. LES CONTRE POUVOIRS ILLEGAUX

A la limite du sujet puisque interdits par la loi par définition, certains demeurent pacifiques comme la fraude fiscale dont le plus bel exemple est l’évasion fiscale, pacifique certes, mais ô combien efficace.
Dans un tout autre ordre d’idées, mais non moins illégales, l’on pourrait citer certaines manifestations recourant à la violence et à la force lors de mutineries, rebellions ou insurrectiosns qui méritent d’être nommées par leur nom.
Faut-il rappeler à ce propos le mot fameux du Duc de Liancourt venu informer Louis XVI de la prise de la Bastille ; Celui-ci réplique : « Mais alors, c’est une révolte « . Et le Duc de répondre : « Non Sire, c’est une révolution ! »
2ème partie : les contre pouvoirs d’ordre étatique

I. Le Conseil d’État

Le Conseil d’État est une institution publique française créée en 1799 par Napoléon Bonaparte sur l’héritage d’anciennes institutions ayant porté ce nom sous la Monarchie. Il siège au Palais-Royal à Paris depuis 1875 et y exerce deus sortes de fonctions.

Son premier rôle est celui de conseiller le gouvernement pour les projets de lois.
Son second rôle est celui de la plus haute des juridictions de l’ordre administratif.
Il n’empêche que le Conseil d’État est soumis au Tribunal des conflits en cas de désaccord entre les diverses juridictions.

1. Historique

Sous l’Ancien régime, il existait un Conseil du Roi qui se nomma un jour Conseil d’État.
Sous la Révolution, les fonctions judiciaires demeureront séparées des fonctions administratives.
Mais c’est sous le Consulat qu’est mise en place une véritable justice administrative, si bien que durant toute la période révolutionnaire, l’administration était seule juge de ses propres actes. Très commode, ne trouvez-vous pas ?
2. Refondation sous le Consulat

Le Conseil d’État sous sa forme actuelle est institué par la Constitution du Consulat de 1799.
Sous la direction des consuls, un Conseil d’État est chargé de rédiger les projets de lois et les règlements d’administration publique, ainsi que de résoudre un éventuel contentieux administratif.
Ce sont des membres du Conseil d’État qui défendent les projets du gouvernement devant le Parlement. Face à la justice, ils bénéficient de la même immunité que les parlementaires.
3. Évolutions ultérieures

De la Restauration jusqu’à nos jours, le rôle du CE a pu se modifier peu ou prou.
Voici quelques faits saillants de son activité :
a) Durant le règne de l’Etat Français

Sous Vichy, le Conseil a été un instrument de la politique répressive du régime vis-à-vis des juifs et des communistes. Faisant manifestement du zèle, le Conseil d’État a pu instaurer une présomption de judéité, que la loi du 2 juin 1941 n’avait point exigé.
b) Durant la 4ème République

À partir de 1945, les conseillers d’État seront pour la plupart issus de l’École nationale d’administration, l’ENA nouvellement fondée.
c) Sous la Cinquième République
(1) Fonction administrative

Le Conseil d’État peut rendre trois sortes d’avis :
• Avis simple sans obligation aucune.
• Avis obligatoire. Le gouvernement est obligé de solliciter l’avis sans être obligé de le suivre.
• Avis conforme. Le gouvernement est obligé de solliciter l’avis et de le suivre.
(2) Fonction juridictionnelle

Le Conseil d’État est l’échelon suprême de la juridiction administrative, qui juge les recours dirigés contre les autorités publiques.
(3) Conflits entre les deux fonctions

Le Conseil peut être amené à examiner, en tant qu’organe juridictionnel, la conformité à la loi d’un décret pris en Conseil d’État.
Pour certains, ce cumul de fonctions peut faire douter de l’impartialité du juge. Mais la tradition d’indépendance et les règles internes sont un gage d’impartialité. La preuve en est la règle du déport faisant qu’un membre du Conseil d’État ne peut participer à un jugement examinant la légalité d’une décision s’il a contribué à un avis concernant cette même décision.
L’on ne peut qu’approuver de telles dispositions.
II. La Cour des comptes

La Cour des comptes a pour mission de s’assurer du bon emploi de l’argent public. Juridiction indépendante, la Cour des comptes se situe à équidistance du Parlement et du Gouvernement, qu’elle assiste l’un et l’autre. Au demeurant, la Cour rend publics tous ses travaux.
Elle est tenue de contrôler :
- la conformité aux règles en vigueur ;
- la proportionnalité entre moyens et résultats ;
- la correspondance entre ces derniers et les objectifs poursuivis.

Cela dit, loin de la routine, la Cour des comptes peut manquer d’efficacité, ce qui ne l’empêche pas de rendre publiques quelques affaires croustillantes.

III. La Haute Cour

En France, le Parlement réuni en Haute Cour représente la juridiction chargée de prononcer la destitution du Président de la République.
1. Historique

a) La période révolutionnaire
(1) Constitution de 1791
Celle-ci dispose qu’une haute cour nationale, formée des membres du Tribunal de cassation et de hauts-jurés, sera informée des délits des ministres et agents principaux du pouvoir exécutif, ainsi que des crimes qui menaceront la sûreté de l’État.
(2) Constitution de 1795
La Haute Cour de justice instituée par la Constitution de l’an III (1795) n’a siégé qu’une fois, à Vendôme, pour juger Gracchus Babeuf et ses complices de la Conjuration des Égaux, ce qui leur valut la peine capitale.
b) La période napoléonienne

Il m’a semblé que cette dernière méritait que l’on s’y attarde un instant.
La Constitution de l’an XII (1804) institue la Haute Cour impériale qui est compétente pour :

1) Des délits personnels commis par des membres de la famille impériale, par des titulaires des grandes dignités de l’empire, ainsi que par des ministres, de grands officiers, des sénateurs ou des conseillers d’État ;
2) Des crimes, attentats et complots contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État, la personne de l’empereur et celle de l’héritier présomptif de l’Empire ;
3) Des délits de responsabilité d’office commis par les ministres et les conseillers d’État chargés spécialement d’administration publique ;
4) Des prévarications et abus de pouvoir, commis, soit par des capitaines généraux des colonies, des préfets coloniaux et des commandants des établissements français hors du continent, soit par des administrateurs généraux employés extraordinairement, soit par des généraux de terre ou de mer ; sans préjudice, à l’égard de ceux-ci, des poursuites de la juridiction militaire, dans les cas déterminés par les lois ;
5) Des faits de désobéissance des généraux de terre ou de mer qui contreviennent à leurs instructions ;
6) Des concussions et dilapidations dont les préfets de l’intérieur se rendent coupables dans l’exercice de leurs fonctions ;
7) Des forfaitures ou prises à partie qui peuvent être encourues par une cour d’appel, ou par une cour de justice criminelle, ou par des membres de la Cour de cassation ;
8) Des dénonciations pour cause de détention arbitraire et de violation de la liberté de la presse. Sic.
Tout ce qui précède prouve qu’à l’époque impériale, rien n’était oublié dès qu’il était question de sureté de l’Etat, l’Empereur de l’époque ne laissant dans l’ombre aucun détail.
2. Périodes plus récentes

a) 3ème République

Sous l’empire de la Constitution de la IIIe République, le Sénat peut se constituer en Cour de justice.
b) Sous le régime de Vichy

L’État français décréta la suppression de cette compétence du Sénat, et la Haute Cour de justice fut transformée en Cour suprême de justice laquelle devait siéger à Riom où eut lieu le célèbre procès de Léon Blum et Édouard Daladier.
c) Gouvernement provisoire de la République

Le 18 novembre 1944, le Général de Gaulle recréa par ordonnance la Haute Cour de justice qui reçut pour mission de juger le chef de l’État, le chef du gouvernement et tous les hauts fonctionnaires.
d) Ve République

La Haute Cour de justice (1958-2007) a pour rôle de juger le Président de la République ainsi que les membres du Gouvernement en cas de « haute trahison ». Le Président ne peut être mis en accusation que par les deux assemblées.

La Cour de justice de la République (CJR) est une juridiction française compétente pour juger les infractions commises par les membres du Gouvernement pendant l’exercice de leurs fonctions. Elle a été créée en 1993 à la suite de l’affaire du sang contaminé.
Nous venons de voir que la Constitution confiait à une Haute Cour de justice le soin de juger le président de la République et les membres du gouvernement.

En 2007, une révision constitutionnelle prévoit que :
« Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs, situation manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour. » Celle-ci est présidée par le président de l’Assemblée nationale.
IV. Le Conseil économique, social et environnemental régional

Le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER), est l’une des deux assemblées régionales qui existe dans chaque région française.
Il n’y a pas un, mais des CESER, autant que de régions.
C’est l’une des institutions les plus décriées en France, pour ce que l’on pourrait appeler le rapport qualité-prix quelque peu décevant.
V. Le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel est une institution française créée par la Constitution de la Cinquième République du 4 octobre 1958. Il veille à la régularité des élections nationales et des référendums. Il se prononce sur la conformité des lois à la Constitution.
A. FONCTIONS

Le Conseil constitutionnel est un organe sans précédent dans l’histoire constitutionnelle française, étant le premier en date à pouvoir faire échec au Parlement.
B. MODES DE FONCTIONNEMENT

1. Composition

Le Conseil constitutionnel est composé de neuf membres nommés par le Président de la République et les présidents des chambres parlementaires. En sont membres de droit les anciens Présidents de la République.
2. Le veto Parlementaire

À la suite de la Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, les désignations des membres du Conseil constitutionnel peuvent faire l’objet d’un veto des commissions compétentes en la matière.
3. Procédure

La procédure est non seulement écrite et contradictoire, mais elle est totalement secrète.
a) Fonctionnement par saisine
Pour vérifier la constitutionnalité d’une loi ou d’un traité, le Conseil constitutionnel doit être saisi dans des délais précis.
b) Impartialité
Celle-ci intéresse les juges, ce qui s’impose, ces derniers étant nommés par les plus hautes autorités de l’Etat.

L’impartialité s’adresse aussi au rapporteur.
La loi prévoit qu’un membre du Conseil constitutionnel présente un rapport au Conseil sur son activité. Le rapporteur ayant la responsabilité de l’instruction, son avis est prépondérant. Il se doit donc d’être impartial.
Afin d’observer une neutralité dans les débats, les membres du Conseil constitutionnel sont tenus à une prestation de serment, excepté les membres de droit.
Au demeurant, une simple mise en congé du Conseil constitutionnel annule le dit serment. Ce fut le cas, le seul à ce jour, de Simone Veil à l’occasion du traité de la Constitution Europe.
4. Sécurité juridique

a) Autorité du Conseil
Elle s’impose à tous les pouvoirs, demeurant au dessus des lois. A lui d’éviter la tentation de l’abus de pouvoir !
b) Procédure
Celle-ci obéit à une loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, loi a posteriori sur la question prioritaire de constitutionnalité.
c) Gouvernement des juges

Le principe même d’une juridiction constitutionnelle est qu’elle puisse censurer le travail du pouvoir législatif en invoquant une contradiction par rapport à la Constitution. CQFD.
En conclusion de ce paragraphe, disons que le Président actuel envisage une réforme visant à donner aux membres un visage plus juridique et moins politique.
VI. La Cour européenne des droits de l’homme

La CEDH qui n’a d’européenne que le nom est une juridiction internationale instituée en 1959 par le Conseil de l’Europe auquel adhèrent aujourd’hui 47 nations ; il n’est donc européen qu’à demi. Sa mission est d’assurer le respect des engagements des États signataires de la convention des droits de l’homme.
La Convention garantit notamment :
• le droit à la vie,
• le droit à un procès équitable,
• le droit au respect de la vie privée et familiale,
• la liberté d’expression, de pensée, de conscience et de religion,
• le droit au respect de ses biens.
Elle interdit notamment :
• la peine de mort,
• la détention arbitraire et illégale,
• les discriminations dans la jouissance des droits et libertés,
• la torture et les peines ou traitements inhumains ou dégradants,
• l’esclavage et le travail forcé.
La compétence de la Cour s’étend à toutes les questions concernant la Convention. La Cour peut être saisie d’une requête par un État ou « par toute personne physique, toute organisation non gouvernementale ou tout groupe de particuliers qui s’estime victime d’une violation » de ses droits ou libertés, garantis par la Convention.
La CEDH fonctionne en permanence et siège à Strasbourg depuis le 1er novembre 1998.
Aujourd’hui, la CEDH est devenue un contre-pouvoir pour les requérants particuliers, comme pour les juges.

capitalisme contemporain. Georges Abern

Capitalisme dans le 21ième siècle

Introduction
La répartition des richesses est une des questions les plus vives dans notre société d’aujourd’hui. Alors il n’est pas étonnant qu’en 2013, quand Thomas Piketty, un économiste Français, a publié un livre sur ce sujet, qu’il a eu un grand succès. De quoi s’agit-il ? Piketty a fait une analyse de l’évolution du capital dans le monde et la répartition des richesses à l’intérieur d’un pays, c’est-à-dire la distribution de la richesse nationale parmi les citoyens. Comme il constate, le monde a changé. Dans les années soixante, les personnes riches étaient représentés par les millionnaires. Maintenant, nous sommes 50 années plus tard, pour être considéré comme un riche, il faut être milliardaire. Un milliard, c’est mille fois un million. Les capitaux se sont multipliés par 1000 en 50 ans. Est-ce que il y a des limites ? Où seront-nous à la fin du 21ième siècle ?

Pour les rémunérations du travail Piketty signale la même tendance. À l’époque on était bien payé avec un salaire égal à 10 ou 20 fois le SMIC. Maintenant on n’a pas honte de gagner 100 ou 200 fois le SMIC. Nous perdons nos repères, nous vivons dans un monde plus capitaliste que jamais.

Piketty et son équipe ont fait une profonde analyse. Pendant une dizaine d’années ils ont fait la recherche dans les données sur les revenus et les capitaux. Son travail était tellement original et complet qu’un journaliste a même écrit qu’il mérite le prix Nobel. Quoi que en soit, le sujet est tellement intéressant et d’actualité que je l’ai choisi pour mon exposé pendant cette soirée. Je me suis basé sur son livre en évitant les aspects techniques.

Piketty a eu des illustres prédécesseurs. Le premier était Ricardo, économiste Anglais, qui a publié un livre sur l’économie politique en 1817. L’Angleterre était encore un pays rural avec une population croissante. La terre cultivable avait une surface limitée. Il constate un problème. Si la population augmente et la terre cultivable n’augmente pas, la terre par rapport les habitants viendra de plus en plus rare. Par conséquence, c’est la loi de l’offre et la demande, les prix des terres et les rentes foncières vont augmenter. Les propriétaires des terres viendront de plus en plus riches et la population s’appauvrit. Une situation destructive pour l’ordre social.

Un demi-siècle plus tard, en 1867, c’est le tour à Marx pour publier ses théories. À cette époque l’essentielle de l’économie s’est déplacée de l’agriculture vers l’industrie. Les salaires, déjà misérables, n’avaient pas de tendance de monter. D’autre part les industriels font des grands profits. Les capitaux se cumulent. Les industriels comme les grande propriétaires terriens encaissent chaque année des revenus considérables, beaucoup plus qu’ils pouvaient dépenser. Le montant non dépensé s’ajoute à leur capital. Par conséquence une augmentation de leur capital. Une augmentation qui ne s’arrête jamais, plus le capital est grand, plus de revenus pour amplifier le capital. Une courbe progressive. Le capital va croitre à l’infinie.

Cela nous mène à la catastrophe. Soit les capitalistes vont se battre entre eux ; ils ont trop de capital, le rendement baisse, ils vont s’entre-déchirer pour obtenir les meilleures opportunités pour investir. Soit les travailleurs, de plus en plus pauvres, s’unissent et commencent à se révolter. Selon Marx un équilibre socio-économique, qui était stable, n’était pas possible.

Maintenant, nous sommes un siècle et demi après Marx. L’apocalypse ne s’est pas produite. Mais on voit un capitalisme en plein essor. Des inégalités sans précèdent. Est-ce que on va finalement vers la catastrophe ? Quelle politique socio-économique faut-il mener ? Piketty a cherché de trouver la réponse.

Voici, la structure de mon exposé :
L’évolution du capital et son revenu
Les inégalités
Retour vers une société plus égale

Evolution du capital et le revenu
Le capital est défini comme l’ensemble des actifs qui peuvent être possédés et peuvent être échangés sur le marché. Le capital comprend l’immobilier (bureaux, maisons), les actifs professionnels (usines, équipement, outils) et les actifs financiers (actions, titres de rentes, brevets). Il y a le capital privé, les actifs tenu par les résidents et le capital public, les actifs en possession de l’état. Il faut prendre la valeur nette du capital, c’est-à-dire déduire les dettes, par exemple la valeur d’une maison moins le prêt hypothécaire ou la valeur des biens publics moins la dette publique.

Au lieu du capital, Piketty parle souvent du patrimoine. Pour mon exposé, comme dans le livre, les 2 mots sont des synonymes.

Pour un pays il y a le concept du capital national. C’est tout simplement le total de la valeur de tous les actifs de tous les résidents d’un état y inclus les actifs de l’état lui-même. C’est le capital privé plus le capital public. Dans les pays occidentaux la valeur du capital public est autour de zéro. La valeur des actifs de l’état est annulée par la dette publique. Par conséquence la richesse nationale dans nos pays est tenue par le privé.

Le capital génère des revenus. On peut penser à des rentes foncières pour les terres agricultures, les loyers pour les maisons, les intérêts pour les prêts et les dividendes pour les actionnaires. Ce revenu est la récompense pour le propriétaire de mettre un actif à la disposition d’une autre personne. Là, il y a une caractéristique du capitalisme, il suffit d’être propriétaire pour encaisser des revenus sans faire aucun effort. Ceci, en contraste avec l’autre forme de revenu, le revenu du travail, le récompense pour l’effort de travailler.

Le revenu du capital pose 2 problèmes. Un problème moral. Est-ce que on a le droit moral de s’enrichir sans rien faire. Surtout quand on a hérité le capital qui est le cas pour la majorité des détenteurs du capital. Selon Piketty, en 2010, autour du 60%-70% du capital national vient de l’héritage. Et ses revenus sont considérables, autour du 20% du revenu national.

L’autre problème est de l’ordre économique. Selon Piketty, dans le long terme, le rendement du capital est de 4% et 5%. Avec ce rendement, la valeur du capital double tous les 15-20 ans. Le capital s’accumule de plus en plus vite. On finit avec une société avec quelques rentiers super riches et une masse de travailleurs tout démunie. Une situation catastrophique comme prévue par Marx.

Dans les 150 années après Marx, le capitalisme a connu quelques crises sévères mais pourtant pas d’apocalypse. Dans l’annexe 1, le dessus de la page, je montre l’évolution du capital en France et aux Etats-Unis. Prenez l’évolution en France. Au début, entre 1870 et 1910, le capital correspond avec 7 fois (700%) le revenu national. Ensuite le capital chute à cause de la 1ière guerre mondiale, la grande dépression et la 2ième guerre mondiale à un niveau de 3 fois le revenu national. Ensuite une croissance qui s’accélère un peu après 1990 vers 6 fois le revenu national maintenant. Par comparaison, dans le même graphique, j’ai montré l’évolution du capital aux Etats-Unis. L’évolution est plus stable à l’exception d’une rupture en 1930, la grande dépression.

Comment expliquer cette évolution. Selon la théorie du capitalisme, le capital doit s’accumuler. Mais il y a heureusement une force qui va dans l’autre sens. C’est la croissance. En Europe après la guerre nous avons connu une croissance exceptionnelle. Le revenu national a monté aussi vite que le capital. Le rapport capital/revenu national est resté au même niveau jusqu’aux années 1980-1990.
Les Etats-Unis ont connu également une croissance économique et démographique très forte. Le rapport capital/ revenu national est resté fixé autour de 500%. Mais, maintenant, avec les prévisions pour les années à venir avec un ralentissement de la croissance, l’accumulation du capital va s’accélérer et selon Piketty on peut venir à des niveaux historiquement hauts comme au début du 20ième siècle.

L’évolution du capital se reflète dans ses revenus. Voir annexe 1 en dessous de la page: le partage entre le revenu du capital et le revenu du travail en France. Selon ce graphique, en 1870, 40 % du revenu national était revenu du capital et 60% revenu du travail. La situation est devenue plus juste à notre époque avec une rémunération autour de 30% pour les détenteurs du capital et 70% pour les travailleurs. De ce point de vu il n’y a pas de problème. Mais il y a un autre problème d’actualité. C’est la répartition de la richesse.

Inégalités
Pour mesurer l’inégalité, Piketty a classé la population en 3 classes selon leur richesse.
En haut de l’échelle la classe riche, le 10% de la population avec les plus grandes richesses. Ensuite la classe moyenne, les 40% de la population entre la classe le plus riche et la classe le plus pauvre et pour terminer la classe pauvre, le 50% des gens le plus pauvres. Pour mesurer la inégalité il va mesurer combien chaque classe appartient du total. Exemple d’une égalité parfaite, la classe riche (10%) détient 10% des revenus, la classe moyenne (40%) détient 40% des revenus et la classe pauvres (50%) jouit de 50% des revenus. Egalité parfaite, tout le monde a le même revenu. Exemple d’inégalité modérée, la classe riche (10%) tient 20%, la classe moyenne (40%) tient 40% et la classe pauvre (50%) tient 40%. Exemple d’une inégalité extrême, une société où la classe riche (10%) tient 85% des revenus, la classe moyenne (40%) tient 10% et la classe pauvre (50%) doit se contenter avec 5%.

Inégalité du revenu du travail
Regardons maintenant la distribution des revenus du travail en Europe et aux Etats-Unis. Voir annexe 2. En haut un tableau avec les 3 classes et leur part dans le revenu salariale. Selon ce tableau, en Europe, la classe la plus riche (10% de la population) gagne 25% de tous les revenus du travail. La classe moyenne (40%) gagne 45% de la masse salariale et pour les 50% les plus pauvres reste que 30% de la masse salariale. Pour mieux illustrer les inégalités, on peut supposer que le salaire moyen en Europe sera 2000 Euros par mois. Dans ce cas les individus dans la classe le plus riche gagne 5000 Euro par mois, la classe moyenne 2250 par mois et les plus pauvres doivent se contenter avec 1200 Euros. Ça ressemble un peu la répartition dans notre société actuelle, pas une égalité parfaite mais pas trop injuste. Aux Etats-Unis l’inégalité des salaires est plus élevée. Voir tableau. La distribution avec un salaire moyen de 2000 dollars, donne 7000 Dollars aux plus riches, 2000 Dollars à la classe moyenne et il reste 1000 Dollars pour les plus pauvres.

Dessous le tableau se trouve un graphique représentant l’évolution d’inégalité des salaires en France comme aux Etats-Unis. Il parait que l’inégalité n’a pas beaucoup changé depuis le début du 20ième siècle. Pour la France la part de la classe supérieure dans le revenu oscille autour de 25%, pour les Etats-Unis la part est un peu plus élevée. On voit les effets des guerres et plus récemment la tendance vers le haut. Cette tendance est peut-être la conséquence du changement du climat économique-politique dans les années 1980 avec l’accent sur l’économie du marché et la dérégulation. Depuis cette époque, dans les pays Anglo-Saxon mais aussi en Europe, les salaires des patrons des entreprises et les hauts cadres ont monté en flèche. Surtout dans le monde de la finance. Egalement une hausse pour les indemnités pour les stars dans le monde du cinéma et du sport. Piketty n’a pas d’explication économique pour ce phénomène. Il constate une plus grande tolérance vers des rémunérations excessives et une oligarchie des plus riches qui défendent bien leur intérêt.

Les dirigeants des entreprises préfèrent une autre une explication. C’est la supposition que les résultats d’une entreprise sont le mérite de ses dirigeants. Alors un bon résultat mérite une bonne rémunération. Hélas, une étude aux Etats-Unis a montré que les résultats sont surtout influencés par des facteurs externes et pas tellement par les interventions des dirigeants. Les chercheurs parlent de rémunération par chance, comme une hausse de la conjoncture. Chance ou pas de chance, on peut constater dans le monde de l’entreprise que la tendance vers des salaires excessifs et donc vers plus d’inégalité est évidente.

Inégalité de la propriété du capital
Voir annexe 3. Dans le tableau sont représenté les 3 classes (10% les plus riches, 40% classe moyenne, 50% les plus pauvres) et leur part dans le capital national. Dans la première colonne les chiffres de l’Europe et à coté les chiffres des Etats-Unis. On peut constater que l’inégalité est très forte en Europe et encore plus forte aux Etats-Unis. En Europe 60% du patrimoine est dans les mains des 10% le plus riches, aux Etats-Unis même 70%. Et pour les 50% les plus pauvres, il ne reste que 5% du patrimoine national.

Pour mieux illustrer la répartition de la richesse, j’ai calculé la richesse par classe sur la base d’un patrimoine de 200.000 Euro par personne en moyen. Ce chiffre correspond grosso modo avec le patrimoine moyen actuel. Voilà le résultat : en Europe 1,2 Million pour les 10% le plus riche, 175.000 pour la classe moyenne et 20.000 pour les plus pauvres. Les riches ont 6 fois plus que le capital moyen, la classe moyenne a un capital qui correspond plus ou moins avec la moyenne du capital national et pour les plus pauvres, 50% de la population, ne reste presque rien. Mais c’est surtout l’évolution de cette inégalité qui nous intéresse. Cette évolution est montrée dans le graphique en dessous annexe 3 et représente le part des plus riches dans le patrimoine national. Le graphique s’étend sur la période 1810 jusqu’à 2010.

Il y d’abord la croissance entre 1810 et 1910 de la part des riches dans le patrimoine national. C’est l’évolution normale dans une société capitaliste. À part de circonstances exceptionnelles, le capital s’accumule et se concentre dans les mains des super riches. Comme nous avons vu, un rendement, qui se trouve entre 4% et 5% va faire doubler le capital tous les 15 ou 20 ans. L’écart parmi les propriétaires se creuse. Après 15 à 20 ans, le milliardaire possède 2 milliards, le millionnaire 2 millions et l’homme pauvre n’a toujours rien. Voilà explication pour l’écart grandissante.

Comme on voit dans le graphique, en 1910, la tendance se retourne et la part des riches dans la richesse nationale commence à diminuer. La rupture est due à des circonstances anormales. En gros, ce sont les facteurs suivants qui ont contribué à cette baisse ;

• Destruction du capital à cause des guerres et la grande dépression;
• Perte des actifs dans l’étranger, obligations Russes, décolonisation ;
• La consommation, les riches ont maintenu leur mode de vie malgré une manque de revenus ;
• La politique économique entre 1945 et 1948, inflation, nationalisation, taxation des profits de guerre ;
• La politique économique entre 1948 et 1970, taxation du capital, taxation des hautes revenus, droits de succession ;
• La croissance économique très forte et la naissance d’une nouvelle classe des riches avec un patrimoine moyen.

Après 1980, il y a de nouveau une tendance vers le haut pour la concentration du capital. Il y a moins de croissance de l’économie pour contrebalancer le processus de accumulation du capital. La politique économique est devenue plus libérale avec diminution des impôts pour les hauts revenus et abaissement des droits de succession. Avec la mondialisation, la compétition entre les états pour attirer les capitaux est devenue plus forte. Les paradis fiscaux proposent des facilités pour éviter la taxation. La fiscalité pour les hauts revenus est devenue dégressive. Dégressif, ça veut dire que les plus riches paient relativement moins d’impôt que la classe moyenne grâce à ce qu’on appelle optimalisation de la fiscalité.

En plus ce sont les propriétaires des grands capitaux, qui réalisent le meilleur rendement sur leurs investissements. Le citoyen lambda est déjà content avec un rendement de 3% à 4% sur son patrimoine. Pour les milliardaires c’est différent. Ils ont employé des spécialistes pour gérer leur fortune. Ils investissent dans les entreprises prometteuses, ils font des placements ultra sophistiqués et ils évitent les impôts en profitant des dérogations dans les paradis fiscaux. Piketty donne des exemples du rendement réalisé par les fonds de donation des universités aux Etats-Unis. En tête Harvard University. Avec un capital autour de 30 milliards de dollars ils ont obtenu un rendement de 10,2 % par an sur le période 1980-2010. Incroyable !!! Mais aussi les universités moins connus, avec des fonds de quelques centaines de millions de dollars, ont un rendement considérable. Avec 6,2%, ils sont bien au-dessus le rendement moyen.

Piketty donne un autre exemple de l’évolution de la fortune des milliardaires. Il a pris les chiffres du magazine Forbes qui publie chaque année depuis 1987 une liste des milliardaires sur notre planète. En 1987, il y avait 140 milliardaires, en 2013 il y avait 1400, 10 fois plus de milliardaires en 16 ans. Leur fortune montait encore plus vite. Presque 20 fois, passant de moins de 300 milliards en 1987 jusqu’à 5400 milliards en 2013. Une évolution explosive et si elle continu, Piketty a calculé qu’au bout de 30 ans, les milliardaires possèdent 60% du patrimoine de la planète. L’apocalypse de Marx, est-ce qu’il s’annonce pour le 21ième siècle ?

Retour vers une société plus égale

Trop de capitale tue le capital
Depuis les années 1980, le monde est devenu plus capitaliste et moins juste. Mais je pense que le modèle d’une accumulation du capital à l’infini est purement théorique. Il y a un automatisme qui freine la croissance du capital, un frein économique. S’il y a trop de capital le rendement va diminuer, l’accumulation ralenti. On voit cette tendance dans la société actuelle ou les taux d’intérêts pour des emprunts sont arrivés à un niveau historiquement bas. On voit aussi des bulles immobilières et boursières qui éclatent. Selon Piketty, trop de capital tue le capital, le rendement baisse à zéro, le capital ne s’accroît plus.

Opinion publique
Les inégalités parmi les citoyens, l’écart entre les super riches et le reste de la population va donner des tensions. L’opinion publique viendra moins tolérante pour la richesse extrême. Et les super riches qui cherchent une reconnaissance sociale, n’ont plus d’intérêt d’augmenter leur capital. Ils vont investir dans le social, acheter un club de foot mais peut-être aussi une musée, une université ou un hôpital. Ou soutenir le tiers monde comme Bill Gates. On peut s’attendre à une renaissance de la conscience publique vers plus de solidarité comme on a connu après la 2ième guerre mondiale en Europe et surtout aux Etats-Unis. L’opinion publique qui va se manifester comme contre-pouvoir versus un capitalisme excessif.

Droits de succession
L’homme n’a pas la vie éternelle. Quand il meurt à l’âge de 80 ans, ses enfants ont un âge autour de 50 ans. Ils vont hériter. 30 Ans plus tard, c’est le tour aux enfants de mourir. Les petits enfants vont hériter. Ça veut dire que tous les 30 ans, il y a une transmission du patrimoine d’une génération à l’autre. Alors avec des droits de succession assez élevés, l’état peut réduire considérablement l’héritage. C’est un instrument par excellence pour diminuer l’accumulation du capital.
Mais à quel titre et à quel niveau, l’état peut lever des impôts sur un héritage? Les bénéficiaires d’un héritage reçoivent un capital sans aucun effort de leur part. Alors l’état à tout à fait raison de prendre un partie de l’héritage. Mais pourquoi pas 100% de l’héritage au-dessus un certaine plafond, par exemple 1 million. Les Etats-Unis, dans les années 1940-1980 ont connu une telle tarification avec un tarif supérieur autour de 80%. La justification: éviter que les Etats-Unis viennent un état de rentiers comme la veille Europe, les Etats-Unis voulaient rester un état de pionniers.

Mais une tarification de 80% à 100% comporte aussi des inconvénients. Tout d’abord, l’état ne respecte pas le droit de propriété. Les propriétaires ont le droit de disposer de leur patrimoine et de le donner à leurs enfants, même quand ces enfants ne le méritent pas dans les yeux de l’état. Ensuite, un tarif extrême conduit à un comportement économiquement irrationnel. Si on ne peut plus disposer de son patrimoine, pourquoi pas le gaspiller ? Ou un comportement frauduleux pour évader l’imposition. En tout cas l’Etats-Unis ont abandonné ce système et appliquent comme les pays en Europe un tarif maximal autour de 40%.

Taxation des revenus
Taxation des revenus mène à plus d’égalité, surtout avec une taxation progressive. Là aussi les Etats-Unis ont donné l’exemple. Dans les années 1940-1980 ils ont appliqué un tarif supérieur de plus de 90%. On l’appelle un tarif confiscatoire. Au-dessus un certain plafond, presque tout le revenu est pour l’état. Ainsi les Etats-Unis ont respecté la liberté individuelle de négocier un très haut salaire et en même temps la tarification est tellement décourageant que tout un chacun renonce d’un tel salaire. L’objectif était atteint, éviter les rémunérations excessives. En plus, l’imposition touchait aussi aux revenus du capital comme les dividendes et les intérêts. Ces revenus sont considérés comme non-gagnés, c’est-à-dire pas le résultat du travail. Ce n’était donc pas grave si l’état s’approprie de ces revenus.

Dans les années 1980 avec l’arrivée de Ronald Reagan et la vague de dérégulation et libéralisme, les tarifs confiscatoire sont abandonnés et remplacés par un tarif maximal autour de 35%. Avec la conséquence que, aujourd’hui, les Etats-Unis sont venu le champion pour les rémunérations excessives.

En Europe, on constate une même évolution que aux Etats-Unis, mais moins extrême. Après la guerre, on a appliqué des tarifs jusqu’aux 70%. Après les années 1980 une réduction vers 50% pour les tarifs supérieurs. Mais en fait, les tarifs pour les hauts revenus sont plus bas. Evasion fiscale, émigration vers le Luxembourg ou la Suisse. Dans le monde d’aujourd’hui, il est difficile pour un état d’imposer lourdement ces citoyens. Les capitaux et parfois les citoyens eux-mêmes vont prendre la fuite. Voilà, pourquoi la proposition de François Hollande, de taxer les revenus extrêmes avec un tarif de 70% a échouée.

Résumé
Le monde vient de plus en plus capitaliste, plus inégalitaire. Pour éviter l’apocalypse, il y a des remèdes mais leur effectivité est limitée:
Un frein économique, le rendement baisse vers zéro ;
Un contre-pouvoir dans l’opinion publique ;
Une imposition élevée des héritages ;
Une taxation confiscatoire des revenus excessifs.

George Abeln
La Garde Freinet, avril 2016 

Fin de vie ou euthanasie Yves Lanos

Les médecins et l’euthanasie
Sont le plus souvent hostiles :
-j’ai appris à soigner, pas à tuer
-le malade habite au 5¨étage, il n’a qu’à se jeter par la fenêtre
En fait s’il est jaloux de son pouvoir (il est seul à estimer la situation ), il n’a aucune envie de prendre la responsabilité d’une décision dramatique qui dépasse de beaucoup le cadre de son domaine.
Si la loi changeait, son rôle pourrait se limiter à certifier la gravité de la maladie et son caractère incurable;on pourrait aussi admettre l’éxistence d’équipes spécialisées, et de toutes façons la clause de conscience serait toujours possible.
Le problème de l’euthanasie renvoie aussitôt aux questions soulevées lors de la loi sur l’avortement :
il s’agit d’une situation dramatique, qui amène à choisir la mort, où il n’éxiste pas de bonne solution, mais seulement une moins mauvaise
Etant donné l’énorme décalage entre la loi et l’opinion publique
Faute de loi adaptée celleci etait contournée en allant à l’étranger(classiques voyages en angleterre ou en suisse,),ou par une action clandestine, avec tous les risques et le stress que cela impliquait.
Chez les opposants on retrouve le rôle prépondérant ( même s’il n’est pas reconnu officiellement )d’une interprétation trop restrictive de la religion, et du conservatisme concernant surtout les décideurs , n’imaginant pas en particulier que la notion d’ avortement puisse être éventuellement envisagée
Et la encore il s’agissait d’un choix tres personnel, n’entrainant évidemment aucune obligation.et la clause de conscience était toujours possible.
Loi Leonetti et ses limites
directives anticipées et personne confiance 2 acquis qui ont le grand mérite de recentrer le problème sur le malade luimême (on sait qu’avec le même état de santé, chacun ne réagit pas de la même façon, certains voulant lutter jusqu’au bout, d’autres préférant abandonner quand tout est perdu
Directives anticipées signées, rédigées depuis moins de 3 ans insistant contre tout acharnement
Personne de confiance ami ou famille devient le partenaire prioritaire auprés du médecin si le malade ne peut s’exprimer
sedation profonde et continue, jusqu’à la mort naturelle quand le malade n’a plus que quelques jours à vivre, l’endormir jusqu’à ce que la mort naturelle survienne ; mais on n’a pas donner la mort…
Dans le cas d’un malade condamné à court terme, ou en proie à des souffrances intolérables, la loi Leonetti peut s’appliquer,
par contre aucune issue pour celui qui perd lentement toutes ses facultés et estime que sa vie ne vaut plus la peine d’être vécue et ne veut pas attendre d’autres dégradations sachant de plus qu’il risque de ne pas être écouté s’il dépend alors d’une aide extérieure ;( le secrétariat de l’ADMD reçoit parfois des témoignages de gens décidés à en finir, alors qu’ils continueraient de vivre s’ils étaient sûrs d’être aidés quand ils le voudraient )
Plusieurs affaires ont déclenché des reactions au niveau de l’opinion et des pouvoirs publiques : 
-Vincent Humbert
-Chantal Sebire
-Bonnemaison
-Mercier
-Lambert (qui dure toujours)

VINCENT HUMBERT
Jeune pompier qui à la suite d’un accident se retrouve quasi aveugle, paraplegique et muet, supplie sa mère de le faire mourir mais il n’avait rédigé aucun papier ; Marie Humbert finit par l’écouter, mais échoue et il se retrouve aux urgences ; le docteur Chaussoy commence par le réanimer, mais après étude du dossier et devant le consensus général arrête toute réanimation, et pratique une injection d’un produit mortel;il sera poursuivi et finalement acquitté, et depuis milite au sein de l’ADMD pour une modification des lois concernant l’euthanasie.

CHANTAL SEBIRE
Jeune femme atteinte d’une tumeur tres rare des sinus entrainant des douleurs aigues et menacée à tous moments d’une hémorragie foudroyante, elle demande une euthanasie qui lui est refusée et finit par se suicider isolée au lieu de mourir entourée de ses enfants.

BONNEMAISON
Medecin urgentiste ayant délibérement fait mourir des cas désespérés mais sans en avoir référé à personne;médecin très estimé de ses collaborateurs, dont les intentions humanitaires n’étaient pas discutées, mais qui s’est volontairement placé en dehors de la loi ; apres de nombreux débats fut condamné à 2 ans de prison avec sursis.

MERCIER
les époux s’étaient juré d’aider l’autre à partir s’il le demandait;le mari a tenu sa promesse ; il a été condamné à 6 mois avec sursis

Les faits
Le plus souvent, la fin de vie se passe dans le calme, grâce aux traitements modernes, avec ou sans passage par les soins palliatifs ou recours aux lois Leonetti.
Ou est le problème ;? malade incurable qui voit s es capacités décliner de façon dramatique, devient de plus en plus dépendant et sachant qu’il n’a aucune amélioration à espérer, demande à mourir mais peut vivre encore très longtemps si on ne fait rien
actuellement :
laisser faire le destin
:il a eu de la chance, le cœur a vite lâché, ou il a fait une complication infectieuse mortelle
ce fût tres dur, le cœur tenait bon…

or le citoyen est libre de gérer sa vie ;
activités dangereuses, excès en tous genres (alcool, tabac..)
prises de risques….?seule règle respecter la liberté des autres
mais pas sa mort
hypocritement le suicide est autorisé (pas de pénalité pour celui qui « rate » son suicide)mais l’aide au suicide est pénalisée
et faute de moyens on peut être amené à choisir entre une longue agonie, ou un suicide brutal ou clandestin dans l’isolement, au lieu d’une mort paisible entouré des siens
rguments
-limites du problème:pour un même état de santé, un voudra mourir, un autre préférera lutter au maximum au malade de décider
-Pas de loi…mais en fait il n’y a pas de vide juridique la loi actuellement est inflexible pour celui qui donne la mort : condamnation systématique qu’il s’agisse d’un crime crapuleux ou d’un geste de compassion…(en fait bien sûr toujours avec sursis)

• Autre argument:je n’ai pas à décider de la mort de quiconque..mais justement il ne s’agit pas de rien décider mais de respecter un choix.

Or les sondages sont convergents:80%des Français sont favorables à un changement de la loi,et pourtant nos hommes publics sont habituellement très sensibles aux désirs de leurs électeurs..et cependant la loi n’est toujours pas modifiée
Il y a 2 éléments qui expliquent ce paradoxe apparent
une conception intolérante de la religion
le poids du conservatisme en France
RELIGION mauvaise interprétation…Dieu m’a donné la vie elle lui appartient ; mais justement donner c’est donner….
CONSERVATISME tabou de la mort ;même en dehors de toute considération religieuse il paraît impensable pour certains qu’on puisse décider de sa mort…
Quelques définitions
EUTHANASIE littéralement belle mort : mais conotation sinistre rappelant la période nazie »abréger la vie d’un malade incurable pour mettre fin à ses souffrances « on distingue l’euthanasie active, où la mort est délibérément donnée, ou l’euthanasie passive qui consiste à laisser mourir sans avoir de geste qui puisse éviter la mort.on verra tout de suite que la distinction n’est pas forcément évidente:si on arrête alimentation et hydratation la mort sera inéluctable… par ailleurs on a parlé aussi d’euthanasie-liberté quand elle est demandée sans justification médicale
SUICIDE se donner la mort ;le suicide n’est pas interdit par la loi (celui qui rate son suicide n’est pas pénalisé) mais l’aide au suicide est interdite(assimilée sans doute à non assistance à personne en danger)en fait la seule différence avec une euthanasie demandée est due à l’état du malade, selon qu’il est physiquement capable de boire lui-même le poison ou pas…
Plusieurs notions tres importantes ont été amenées par la Loi Leonetti
PERSONNE DE CONFIANCE personne choisie par le malade en pleine lucidité(de la famille ou pas)qui sera l’interlocuteur privilégié auprés du médecin si le malade ne peut plus s’exprimer
DIRECTIVES ANTICIPEES rédigées par le malade en pleine lucidité,insistant surtout sur le refus de tout acharnement thérapeutique

OBSTINATION DERAISONNABLE ( remplace l’acharnement thérapeutique) savoir reconnaître quand les traitements proposés sont disproportionés par rapport à l’état du malade (en fait pas toujours évident)exemple fracture du col du fémur
L’ALIMENTATION ET L’HYDRATATION sont considérés soit comme des soins , soit comme des traitements , susceptibles donc d’ëtre arrëtés…

SEDATION PROFONDE ET CONTINUE si l’espérance de vie est tres limitée,en cas de souffrances rebelles, administrer un calmant qui endormira jusqu’à la mort naturelle…mais il n’y a pas eu d’administration de produit léthal. !!…de même il est autorisé d’augmenter les doses de sédatifs jusqu’à des doses considérées comme mortelles, mais le but recherché n’est pas la mort mais la lutte contre la douleur (double effet ) subtilité…

SOINTS PALLIATIFS ceux sont des équipes de professionnels et de volontaires dont on ne reconnaitra jamais suffisamment les mérites,qui entourent le malade : tant sur le plan psychologique que par des doses massives de sédatifs ; mais ils sont victimes de leur succés et le nombre de places est tres insuffisant ; par ailleurs ils n’admettent pas que certains malades ne souhaitent pas leur concours mais voudraient en finir tout de suite.

je réalise tout à fait ce que peut avoir d’inconscient de prétendre résumer en quelques mots les problèmes que pose la fin de vie; sujet sensible qui concerne évidemment chacun de nous et déclenche des réactions vite passionées
je tiens à dire tout de suite que si je vais essayer de présenter les faits et les arguments de chacun, de la façon le plus objective possible, je ne suis pas neutre, , c’est à dire que je souhaite une évolution de la loi dans le sens des lois Suisses ou belges….

Je voudrai d’abord donner quelques définitions pour éviter les malentendus
Je rappellerai ensuite quelques affaires célèbres qui ont déclenché des réactions au niveau des pouvoirs public,
Nous verrons ensuite comment les choses se présentent dans la réalité
Conclusion
Le climat médical a beucoup évolué ces dernières décennies :
– La lutte contre la souffrance est devenue une règle absolue alors qu’elle était trop souvent négligée par fatalisme:il paraissait inévitable qu’un mourant souffre de même qu’un opéré ; maintenant la lutte contre la souffrance est une nécessité professionnelle absolue.
– Le développement des soins intensifs permettent des survies prolongées (voir Ariel Sharon ) qui rendent floues les limites entre la vie et la mort.
– L’évolution des mentalités, plus au courant des réalités médicales, moins fatalistes, moins disciplinées,plus émancipées par rapport aux religions qui elles même ont évolué.Les lois Léonetti ont ouvert une brèche mais il est vraisemblable que la loi Française se rapprochera de celle de nos pays voisins.

institutions américaines Yves Lequerec

Historique de l’indépendance Américaine et de la Constitution
des Etats-Unis

Yves Le Quérec

« Les chiens ne m’ont jamais mordue .seuls les hommes l’ont fait »
Marilyn Monroe

Prologue

Le « MAYFLOWER » : 1620

C’est le nom du vaisseau marchand armé par les anglais qui partit de Plymouth en 1620

Il transporte des dissidents religieux britanniques, les « Pilgrim Fathers »ainsi que
d’autres pélerins européens à la recherche d’un nouveau monde et d’un lieu pour
pratiquer librement leur religion.
Le navire aborde les rivages de l’Amérique au Cap Cod.
Ces européens sont les premiers colons à s’établir durablement en Nouvelle Angleterre
ou ils décident de créer la ville de Plymouth dans le Massachussets ;
Initialement , ces colons, réfractaires sur le plan religieux, restent des affidés inconditionnels de la couronne britannique
de nombreuses personnalités descendent des passagers du « Mayflower » :

Marilyn Monroe, Orson Welles,Clint Eastwood, Humphrey Bogart, Richard Nixon,
Gerald Ford, Winston Churchill.

Très rapidement, ces colons s’installent sur la cöte est de l’Amérique.
Ils créent Boston, la « nouvelle Amsterdam »devient New York.

Progressivement s’instaure dans ces colonies un « self government »ou le pouvoir royal
londonien brille par son absence.

On assiste à une société fondée sur:- les marchands au nord
– les planteurs au sud.

Qu’est ce qu’un Américain : c’est un mélange d’anglais, d’écossais, d’irlandais,
de français, hollandais, allemands, suédois,…
bref, si les liens culturels avec l’Angleterre restent étroits, ces colonies prennent
rapidement conscience de leur originalité.

Le Processus d’Autonomie Américaine : les prémices de la Contestation

Durant près d’un siècle, les colons s’installent et prospèrent tant au nord qu’au sud
sur la cöte est de l’Amérique ;
la vie économique et les échanges commerciaux sont protégés, sur terre , par la présence des troupes britanniques, sur mer, par les vaisseaux de la « Royal Navy »

Toutefois, dès 1760, les colons américains vont manifester leur contestation vis à vis
de la couronne britannique.
En effet, le 5 avril 1764, le Parlement britannique vote le « Sugar Act »

il s’agit du paiement d’une taxe sur les mélasses étrangères importées dans les 13 colonies britanniques d’Amérique du nord.
C’est une façon de controler le commerce dans les colonies et d’accroitre les revenus
de la couronne britannique , notamment pour l’entretien de l’Armée restée stationnée
sur ces territoires.

Puis, en 1765 ,est promulgué le « Stamp Act »
les droits de timbre (3 pence) sont perçus en Angleterre.
Tous les actes de la vie des colons doivent être estampillés de ce timbre dont les revenus
vont à la couronne.

le « Stamp Act » est intolérable pour les Américains , et ce, d’autant plus qu’ils n’ont
aucun représentant aux « Communes »et qu ‘en conséquence ce parlement ne saurait prendre de décisions en leur nom.

D’autre part, le « Currency Act » de 1764 avait déjà renouvelé l’interdiction faite aux
colonies d’émettre du papier monnaie.

Finalement, les « Communes »décident d’abroger le « Stamp Act », tout en maintenant le principe de la soumission au roi et à la couronne de l’ensemble des colons d’Amérique.

De 1767 à 1773, les relations entre les colons et la couronne britannique continuent à se gâter.

En 1768, sont promulguées les « Townsend Duties »

il s’agit d’un droit de préemption de l’Empire sur les biens détenus par les colons,
autrement dit, de taxes de douane ,sur le verre, le plomb, la peinture, le papier, le thé ;
ce texte est proposé aux « Communes »par Charles Townsend.
L’objectif est de gagner 40.000 livres chaque année pour financer l’administration coloniale.

Dès octobre 1768, les marchandises britanniques sont boycottées à Boston ou
5 citoyens sont tués ;

Le « Boston Tea Party »

Il s’agit d’une révolte politique à Boston, capitale de la province du Massachussets
contre le parlement britannique en 1773
Le royaume britannique est alors confronté à de lourds problèmes de trésorerie
et le roi George III décide d’augmenter fortement les taxes commerciales à l’encontre
des colonies.
Le thé est devenu un point de discorde majeur
Hancock colon protestataire organise un boycott du thé de Chine vendu par la compagnie des Indes Orientales ;
la vente de ce thé dans les colonies américaines passe de 145.000kilos à 240 kilos

Le gouvernement britannique promulgue alors le « Tea Act »qui autorise la compagnie
à vendre du thé aux colonies sans payer de taxe.
Cette mesure ruine les marchands indépendants et entraine la colère des colons
d’Amérique.
Le 16 décembre 1773, les Bostoniens nommés « Fils de la Liberté »montent à bord de trois navires britanniques et jettent 340 caisses de thé par dessus bord.
Le gouvernement britannique décide alors de fermer le port de Boston.

Le « Boston Tea Party » va être à l’origine de la révolution américaine et annonce
la guerre d’indépendance américaine

La Guerre d’Indépendance Américaine

Oppose les 13 colonies d’Amérique du nord au royaume de grande Bretagne de1775 à1783.
Les colons révoltés se prénomment « insurgents » ou « patriots ».
Les « Loyalists »sont partisans du roi George III.
La guerre entraine à partir de 1777 d’autres puissances européennes parmi lesquelles
La France, par l’intermédiaire du marquis de Lafayette qui joue un rôle prépondérant dans
Le conflit notamment par la fourniture d’armes et de matériel.
Les « insurgents » sont victorieux à Yorktown sous le commandement de Rochambeau et George Washington après que la flotte de l’amiral de Grasse ait envahi la baie de
Chesapeake.

Ces évènements vont conduire le roi George III à céder et conclure le Traité de Paris
signé le 3 septembre 1783 ;
ce traité reconnait l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique
sa majesté britannique reconnait que les Etats-Unis, à savoir le New Hampshire,le Massachussetts, le Rhode Iland et les plantations de Providence, le Connecticut, le New Jersey, la Pensylvanie, le Delaware, le Maryland, la Virginie, la Caroline du nord, la Caroline du sud, la Géorgie, sont des Etats souverains et indépendants et, en tant que tels,
le roi renonce , pour lui-même, ses héritiers, et ses successeurs, à toute prétention sur le
gouvernement, les droits de propriété, ou les territoires des dits états.

Après la ratification du traité de Paris, les Etats-Unis entrent dans le concert des nations
A la suite de ce traité, plus de70 ;000 « loyalists » doivent quitter le pays.
La plupart partent au Canada et en Grande Bretagne ou dans les colonies britanniques des Caraibes.

Ebauche de la Constitution Américaine

Création de l’Union des Etats-Unis
Les pouvoirs exécutif et législatif de l’Etat devront être séparés et distincts du pouvoir judiciaire ;
En 1776, Thomas Jefferson propose la séparation de l’église et de l’etat en Viginie
La liberté religieuse ne devient complète que par la loi du 16 janvier 1786.
L’esclavage : les etats du nord l’abolissent entre 1780 et 1804
Mais les etats du sud le maintiennent longtemps et , en 1860, il ya encore 4 millions
d’esclaves noirs aux Etats-Unis ;
Il y a création d’une République Fédérale des Etats-Unis
La convention de Philadelphie en 1787 prévoit l’instauration :

 Du Sénat
 De la Chambre des représentants
 Du pouvoir éxécutif confié au président des Etats-Unis

Celui-ci aura le pouvoir, sur l’avis et avec le consentement du Sénat de conclure les traités
Il nomme , avec le consentement du Sénat les juges de la cour suprême
Le président informe le congrès ,une fois par an de l’etat de l’union
Il peut être démis de ses charges par le processus de « l’Impeachment »
Le pouvoir judiciaire est confié à la cour suprême des Etats-Unis

La constitution initiale des Etats-Unis est ratifiée par le consentement unanime des etats
de l’Union.le 17 septembre 1787 sous la présidence de George Washington

Constitution actuelle des Etats-Unis d’Amérique

Il s »agit d’un état fédéral c’est-à-dire Présidentiel

50 Etats , a ce jour

Toute personne, née ou naturalisée aux Etats-Unis, et soumise à leur juridiction est
Citoyen des Etats-Unis et de l’Etat dans lequel il réside.

Structure de la Constitution

-Séparation des pouvoirs

1- Les pouvoirs législatifs

Sont attribués au Congrès qui est composé :
- Du Sénat
- De la Chambre des représentants

2- Le Pouvoir éxécutif

Est confié au Président des Etats-Unis

3- Le Pouvoir judiciaire

Est confié à la Cour Suprême

4- Les Institutions locales

Exercice du Pouvoir

Pouvoir exécutif

Le Président est élu pour quatre ans, ainsi que le vice président

Ils sont élus en dernier ressort comme représentants des 2 partis :

 Le Parti Républicain
 Le Pari Démocrate
A la suite des « primaires » dans chaque Etat
Le vôte se fait au final au suffrage universel ;
Le Président élu peut effectuer un second mandat de 4 ans, s’il souhaite briguer à nouveau les suffrages de la nation

Pouvoirs du Président

-Commandant en chef des Armées
- sur avis conforme du Sénat( with the advise and content) conclure des traités à condition
d’avoir l’accord des 2/3 du Sénat
-informe le Congrès une fois par an de « l’Etat de lUnion »
- dirige la politique étrangère avec l’accord du Sénat
- en politique intérieure, n’a pas tout à fait « les coudées franches »du fait du contrôle
et de l’approbation des lois par la « Chambre des Représentants »et le »Sénat »
- Condamnation : « Impeachment », treason, bribery ( corruption)misdemeanors
Délits

Pouvoirs législatifs

Congrès

;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;

Sénat Chambre des Représentants

- Députes democrates -Députés democrates
- Députés républicains – Députés républicains
-
(majorité républicaine sous la présidence Obama) élus pour 2 ans
Doivent être agés de 30 ans
- Elus pour 6 ans avec renouvellement partiel tous les 2 ans

Une majorité à la chambre des représentants peut entrainer un refus de vôter les crédits
Par exemple – pour la Santé : plan « Healthcare »
— pour l’envoi de troupes en Afghanistan
— proposition de loi pour vôter un impöt.
Les Sénateurs sont au nombre de 2 par Etat

Les assemblées se réunissent séparément et pratiquent le système des commissions permanentes et spécialisées.
Le Sénat joue en réalité un rôle prépondérant, d’une part du fait de la plus grande qualité des hommes qui le composent, d’autre part du fait qu’il doit approuver les actes du président en matière de nomination de fonctionnaires et de politique étrangère ;
Par exemple, refus du Sénat de ratifier le traité de Versailles négocié par Wilson.

Les amendements à la constitution doivent être adoptés à la majorité des 2/3 par chaque chambre, puis ensuite par les ¾ des législatures des Etats membres de l4union.
Depuis une décision de la cour suprëme en 1937, le Congrès ne peut pas déléguer son
pouvoir législatif au président.

-le vice président des Etats-Unis est président du Sénat mais n’a pas le droit de vôte
à moins d’égal partage des voix.
-Le Sénat a le pouvoir exclusif de juger les personnes mises en accusation par la
Chambre des représentants : Impeachment.
-nul ne sera déclaré coupable sans accord des 2/3 de la chambre des représentants et du sénat
Si le président refuse une proposition de loi , une résolution ou un vöte, ceux-ci devront
etre soumis à décision par les 2/3 de la chambre des représentants et du Sénat .

Pouvoir Judiciaire

La Cour Suprëme des Etats-unis

est une cour d’appel ;

c’est la juridiction fédérale la plus élevée, dont le rôle est de controler la constitutionnalité
des lois des Etats et des lois fédérales par rapport à la constitution fédérale

Elle est composée d’un président ( Chief Justice) et de 8 juges nommés à vie par le président des Etats-Unis,
En accord avec le Sénat, elle juge, en première instance, des affaires dans lesquelles
un Etat, un ministre, un ambassadeur, sont partie et en appel des affaires des tribunaux ordinaires .
celles-ci doivent être jugées par un jury de l’Etat ou le délit a été commis ;
c’est ainsi que toute personne accusée un Etat , de trahison, félonie, ou autre crime,
qui fuira la justice et sera retrouvée dans un autre Etat, devra, sur la demande de l’autorité
exécutive de l’Etat ou elle a fui, être livrée pour être ramenée dans l’Etat ayant juridiction sur le crime.

- En cas de jugement du Président des Etats- Unis par la procédure « d’Impeachment », le président de la cour suprême(Chief Justice) présidera
mais la décision ne sera prise qu’avec l’accord des 2/3 des membres présents du Sénat

Institutions Locales

Chaque Etat membre de l’Union établit librement sa constitution.
Les gouverneurs élus le plus souvent au suffrage universel direct jouent un rôle équivalent
sur le plan local à celui du président sur le plan fédéral
dans presque tous les Etats, le pouvoir législatif est confié à 2 assemblées :
un Sénat, et une chambre des Représentants qui constituent, soit une législature, soit une
Assemblée Générale ou une Assemblée Législative.
Certains Etats pratiquent des procédures de référendum ou d’initiative populaire.
Quelques Etats pratiquent le « Recall » procédure de révocation par leurs électeurs de
Hauts fonctionnaires et de Représentants.
L’Institution des gouverneurs leur donne des pouvoirs locaux importants ;
Les Etats sont administrés en Comtés.
Selon les Etats,les lois ne sont les mêmes : certains appliquent la peine de mort, et ce
Indépendamment du pouvoir central fédéral sous contrôle du président de l’Union

Conclusion

L’Etat fédéral privilégie la centralisation du pouvoir.
Le président dirige effectivement la politique de l’Union
Il dispose à cet effet de son Cabinet, constitué par les secrétaires d’Etat , qu’il nomme
et révoque, et qui ont chacun la direction d’un Département ministériel et de
« l’ Executive Office of the Président »constitué par ses collaborateurs directs.
-Chargé de l’exécution des lois, le president dispose d’un large pouvoir règlementaire ;
-Chef de l’Administration Fédérale,il en nomme tous les fonctonnaires ;
Tout ceci, favorise une meilleure efficacité du pouvoir.

Toutefois, en politique intérieure, le Président des Etats-Unis n’a pas toujours les coudées franches :
Obama n’a pas réussi à promouvoir un texte de loi sur le contrôle et la réduction des armes à feu , a eu les pires difficultés à faire passer le « Health Care » , et se trouve encore en difficulté avec le Sénat sur le problème de la fermeture de la prison de
Guantanamo à Cuba.
-actuellement ilest dans l’impasse pour nommer le nouveau président de la cour suprême a la suite du décès brutal du titulaire de ce poste, en raison de l’opposition du sénat républicain
C’est un « pouvoir absolu » continuellement « sous tutelle » de la majorité des 2/3
du Sénat

contre pouvoirs Albert Hadida

Les contre pouvoirs
Par Albert Hadida

Le contre-pouvoir est un pouvoir qui s’organise face à une autorité. Ce peut être une force politique, écono-mique ou sociale dont le rôle est de restreindre l’exer-cice du pouvoir en place ainsi que de proposer une alternative aux décisions en question, le tout étant censé créer un certain équilibre.
Le pouvoir, quel qu’il soit est une des ressources dont dispose un système pour engendrer un changement a priori souhaitable.
L’expérience montre qu’un système qui n’est pas régu-lé peut être préjudiciable. De fait, tout système est contrôlable par deux types de cercles, vicieux ou vertueux.
Un genre particulier de cercle plus ou moins vicieux est celui des contre pouvoirs dont il existe deux grandes sortes :
• les contre pouvoirs d’ordre populaire
• les contre pouvoirs d’ordre étatique

1ère partie : les contre pouvoirs d’ordre populaire

I. Les médias

1. Rappel historique
Tout commence par cette satanée liberté de la presse qui permet à l’opinion publique de s’exprimer.

De ce point de vue, Alexis de Tocqueville fait figure de visionnaire. Selon lui, l’opinion publique en démo-cratie est, de facto, le premier pouvoir.
C’est dire que c’est le premier contre pouvoir.

Voyons ce qu’il en est aujourd’hui.

L’opinion publique est bien difficile à définir. Elle est en effet tour à tour : insaisissable, versatile, ambiguë, inconséquente, incohérente, voire amnésique.
Il n’empêche que la notion d’opinion publique, invo-quée sans cesse par les différents acteurs de la vie politique, a une réalité sociale indiscutable.

Or, dès le début des années 70, dans un article célèbre au titre volontairement provocateur, le sociologue Pierre Bourdieu déclare que l’opinion publique n’existe pas, du moins, précise-t-il, celle que les insti-tuts de sondage prétendent mesurer scientifiquement.
Alors, qu’en est-il au juste ?

Le gouvernement des individus ne passe pas seule-ment par l’usage de la force ou le respect des lois ; il repose sur l’acceptation des dirigeants par le peuple.
Ce qui n’est pas contradictoire avec la théorie de Machiavel pour qui le prince doit s’efforcer d’afficher les vertus que la majorité s’attend à lui voir posséder.
Aujourd’hui, se sont multipliés des sondages destinés à suivre l’évolution de l’opinion publique. Pour com-prendre le statut très particulier de cette notion poli-tique, sans doute faut-il en retracer la genèse.

2. Genèse de l’opinion publique
L’opinion publique ne commence à exister réellement qu’en 1848 avec l’adoption du suffrage universel qui fait entrer l’ensemble de la population masculine dans le jeu politique actif.

Durant la deuxième moitié du XIXe siècle, une nou-velle instance va incarner l’opinion publique : ce sont les journalistes qui s’expriment dans une presse au sein d’une lutte dont les femmes seront exclues en-core longtemps.

S’il en est ainsi, c’est que les journalistes pensent ex-primer l’opinion de lecteurs qui se mobilisent derrière leurs quotidiens, comme par exemple lors de l’affaire Dreyfus.

3. Les usages actuels de l’opinion publique

a) Elle est préfabriquée par les sondeurs

En France, la pratique des sondages d’opinion va se généraliser en 1962, date de l’élection du Président de la République au suffrage universel. Dès lors, chacun croira savoir ce que veut l’opinion publique, compte tenu de l’idée qu’il s’en fait.
Les sondeurs affirment que l’opinion publique est ce que mesurent leurs enquêtes d’opinion
Et de fait, les instituts de sondages sont parvenus à imposer leur définition de l’opinion publique qui se présente à la fois comme plus démocratique et plus scientifique.
Cela dit, en matière de politique, il est deux types de sondages : le sondage d’opinion et le sondage électo-ral.
Le sondage d’opinion permet de prédire les retom-bées d’une réforme.
Le sondage électoral, lui, concerne les intentions de vote, faisant souvent figure de prédiction.
Les données fournies par ces enquêtes sont à la fois spectaculaires, car divinatoires et scientifiquement peu discutables, l’élection se chargeant de confirmer.
C’est même la seule occasion où l’on peut tester la validité d’un sondage.

b) Valeur réelle d’un sondage
Aujourd’hui, l’opinion publique des sondeurs mobilise une armée d’enquêteurs recueillant des réponses bap-tisées opinions. Ils les additionnent et nomment opi-nion publique la distribution majoritaire des réponses ainsi obtenues.

c) L’opinion publique, nouvel enjeu
En résumé, la pratique des sondages d’opinion a pro-fondément modifié le jeu politique : les hommes politiques doivent maintenant compter avec cette nouvelle notion qui est censée dire ce que veut et pense le peuple.

Il ne nous reste plus à présent qu’à décrire le pouvoir des médias ce quatrième pouvoir, sans oublier les dangers qu’il recèle en son sein.

4. Le 4eme pouvoir
L’expression quatrième pouvoir désigne la presse et les nouveaux médias. C’est d’ailleurs très tôt que la presse s’est imposée comme un nouveau pouvoir remettant en cause le modèle arrêté par Montesquieu.

a) La Presse : un quatrième pouvoir

Contrairement aux trois autres pouvoirs, à savoir, exécutif, législatif et judiciaire, la presse n’est pas une institution. Et pourtant, elle figure dans la consti tution française elle aussi. Elle apparaît notamment dans l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qui dit : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déter-minés par la Loi. »
Toutes ces informations incitent à poser la question : les journalistes sont-ils tout puissants ?

La réponse est oui. Comme le prouve le scandale du Watergate où les journalistes du Washington Post ont provoqué la démission du président Nixon.
L’on peut citer aussi le cas de Beate Klarsfeld qui par son conduite provocatrice a contraint le chancellier Kiessinger à la démission.

b) La Presse : un contre-pouvoir obligé

Contre les abus de pouvoirs, les médias ont été fort longtemps un recours des citoyens. Dans ce contexte démocratique la presse a souvent dénoncé les viola-tions de droits comme lors de l’affaire Dreyfus.

Dès lors, une question se pose :
Les médias peuvent-ils représenter un danger pour la démocratie ? La réponse est oui comme le prouvent les exemples suivants :

5. Le danger des Médias

En effet, la TV et aujourd’hui Internet sont autant d’armes de propagande destinées à convertir les foules.
Par ailleurs, l’on assiste à de drôles de compétitions :
C’est la course au vedettariat lors d’émissions télévi-sées.
C’est aussi la course à la nouvelle fleurant le scandale qui risque pour un journaliste d’en faire un être mes-quin et un médisant. Gare à la publication d’une fausse nouvelle.

II. L’opposition

On désigne par opposition les partis politiques ou les mouvements n’appartenant pas à la majorité Parle-mentaire et donc s’y opposant. Dans les démocraties, l’opposition détient plusieurs fonctions.
Tout d’abord, l’opposition constitue un contre-pouvoir : elle permet d’éviter que la majorité, une fois parvenue au pouvoir, n’ait la tentation de porter atteinte aux droits ou aux libertés. En France, l’opposition dispose pour cela de différents moyens : la mise en cause de la responsabilité gouvernemen-tale devant l’Assemblée nationale par la motion de censure, la saisine du Conseil constitutionnel, les questions du Parlement posées au gouvernement.

L’opposition représente aussi l’éventualité d’une alternance politique : elle participe à l’existence du pluralisme politique.
Enfin, l’opposition permet aussi de renouveler le personnel politique : lorsque la majorité perd le pou-voir, une nouvelle génération d’hommes politiques prend le relais.

III. Les associations

Une association est le rapprochement de plusieurs personnes physiques ou morales.

En voici quelques exemples : Association à but non lucratif, Association syndicale, Association foncière, Association loi de 1901. Elles se comptent en France par milliers. Leur pouvoir n’est pas nul.

IV. Les syndicats

Un syndicat est un groupement de personnes phy-siques ou morales pour la défense ou la gestion d’inté-rêts communs.
Le terme a de nombreuses acceptions mais il désigne communément les organisations de défense de l’intérêt des salariés, organisations protégées par une législation particulière de toute première importance comportant la liberté syndicale et le droit de grève.

Historique
Les organisations ouvrières et les corporations de métier sont interdites en pleine Révolution par la Loi Le Chapelier promulguée en 1791. Les syndicats ouvriers ne seront légalisés en France qu’après la Loi Waldeck-Rousseau en 1884. Aujourd’hui, la création de syndicats de salariés en France est réglementée par le Code du travail, bible fleuve de 3600 pages où patrons et salariés perdent leur latin.
Il existe différents types de syndicats, les syndicats professionnels étant les plus importants.

V. Les organisations non gouvernementales

Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d’intérêt public, qui ne relève ni de l’État, ni d’institutions internationales.
L’habitude est de réserver ce terme aux personnes morales financées par des fonds privés. Grâce à l’ap-port de la sociologie des organisations, les principaux critères définissant une ONG sont les suivants :
• le but non lucratif de son action ;
• l’indépendance financière ;
• l’indépendance politique ;
• la notion d’intérêt public.
Une ONG est donc une personne morale qui, sans être un gouvernement, intervient dans le champ national ou international. On considère parfois le Comité in-ternational de la Croix-Rouge (CICR) comme l’an-cêtre des ONG, bien qu’ayant un statut hybride spéci-fique vis-à-vis des États.
Les différentes ONG et leurs domaines d’interven-tion
Ces associations concernent les Droits de l’Homme tels que la lutte contre la faim avec Amnesty Interna-tional, la protection des enfants avec Fondation Terre des hommes, la protection de la nature avec Green-peace.
Les ONG ont différents domaines d’intervention, le domaine humanitaire étant dominant, ce dernier comprenant entre autres les ONG caritatives telles que Médecins sans frontières, Médecins du monde, ou le CICR ou encore Enfance sans frontières, Dou-leur sans frontières, Aviation sans frontières.
VI. L’altermondialisme

Les mouvements altermondialistes regroupent divers acteurs qui, opposés au « mondialisme néolibéral », réclament la mise en place d’une autre mondialisa-tion.
L’altermondialisme met en avant des valeurs comme la démocratie, la justice économique et sociale, la protection de l’environnement et les droits de l’homme, c’est-à-dire une mondialisation réellement maîtrisée et solidaire.
1. Orientations

Les orientations politiques sont légions. On y trouve pêle-mêle :
• Les communistes et marxistes.
• Les antilibéraux
• Les souverainistes
• Les écologistes,
• Les objecteurs de croissance
• Les anarchistes
• Une fraction de l’extrême droite française

2. Critiques exprimées par l’altermondia-listme

a) Critique du marché mondial

Certains altermondialistes notent qu’entre 1990 et 2000, le PNB a doublé, mais les victimes de la faim se comptent encore par millions tous les ans.
Est également critiquée la libéralisation des flux fi-nanciers mondiaux, ce qui déstabilise les économies locales.
De même, la spéculation est condamnée par les al-termondialistes alors que les économistes la jugent nécessaire.
b) Critique du FMI

La politique menée par le FMI a contribué à des échecs économiques, sociaux et politiques tels que la crise asiatique de 1997.
3. Les réformes proposées

Face à tous ces problèmes, les altermondialistes pro-posent certaines réformes qui sont de taille.

a) Propositions d’ordre économique

• Annuler la dette des pays du Sud.
• Promouvoir le commerce équitable.
• Exclure des négociations de l’OMC certains do-maines tels que l’éducation, la santé ou la culture.
b) Propositions liées à la paix

• Mettre en place un Tribunal Pénal International digne de ce nom.
• Appliquer de façon effective la charte des Droits de l’homme.

4. Critiques adressées à l’altermondialisme

Certains politiciens reprochent au mouvement de viser des intérêts nationaux.
Au total, la théorie est alléchante, la pratique l’est moins. Ex. : les OGM.
Pour clore cette première partie, nous dirons quelques mots de certains contre pouvoirs un peu spéciaux que j’ai rassemblés sous le terme de contre pouvoirs mar-ginaux.

VII. Les contre pouvoirs marginaux

A. LES CONTRE POUVOIRS LEGAUX

Citons d’abord les contre pouvoirs des comsoma-teurs qui bien qu’individuels pourraient être plus effi-cients.
L’on peut en rapprocher l’abstention électorale, ad-versaire redouté de bien des candidats.
Mentionnons également le droit de manifester cher à bien des citoyens ainsi que le droit de grève considéré comme sacré et qui représente une arme formidable dans la lutte des classes.
Assimilé à ce droit de grève, citons le droit de retrait pour un salarié se sentant en insécurité, les ensei-gnants en étant un exemple.

B. LES CONTRE POUVOIRS ILLEGAUX

A la limite du sujet puisque interdits par la loi par définition, certains demeurent pacifiques comme la fraude fiscale dont le plus bel exemple est l’évasion fiscale, pacifique certes, mais ô combien efficace, à en croire tous les ministres des finances réunis.
Dans un tout autre ordre d’idées, mais non moins illégales, l’on pourrait citer certaines manifestations recourant à la violence et à la force lors de mutine-ries, rebellions ou insurrectiosns qui méritent d’être nommées par leur nom.
Faut-il rappeler à ce propos le mot fameux du Duc de Liancourt venu informer Louis XVI de la prise de la Bastille ; Celui-ci réplique : « Mais alors, c’est une révolte  » . Et Liancourt de répondre : « Non Sire, c’est une révolution ! »
2ème partie : les contre pouvoirs d’ordre étatique

I. Le Conseil d’État

Le Conseil d’État est une institution publique fran-çaise créée en 1799 par Napoléon Bonaparte sur l’héritage d’anciennes institutions ayant porté ce nom sous la Monarchie. Il siège au Palais-Royal à Paris depuis 1875 et y exerce deus sortes de fonctions.

Son premier rôle est celui de conseiller le gouverne-ment, notamment pour les projets de lois.
Son second rôle est celui de la plus haute des juridic-tions de l’ordre administratif.
Il n’empêche que le Conseil d’État est soumis au Tribunal des conflits en cas de désaccord entre les diverses juridictions.

1. Historique

Sous l’Ancien régime, il existait un Conseil du Roi qui se nomma un jour Conseil d’État.
Sous la Révolution, les fonctions judiciaires demeure-ront séparées des fonctions administratives.
Mais c’est sous le Consulat qu’est mise en place une véritable justice administrative, si bien que durant toute la période révolutionnaire, l’administration était seule juge de ses propres actes. Processus à vrai dire très commode.
2. Refondation sous le Consulat

Le Conseil d’État sous sa forme actuelle est institué par la Constitution du Consulat de 1799.
« Sous la direction des consuls, un Conseil d’État est chargé de rédiger les projets de lois et les règlements d’administration publique, ainsi que de résoudre un éventuel contentieux administratif.
Ce sont des membres du Conseil d’État qui défendent les projets du gouvernement devant le Parlement. Face à la justice, ils bénéficient de la même immunité que les parlementaires.
3. Évolutions ultérieures

De la Restauration jusqu’à nos jours, le rôle du CE a pu se modifier peu ou prou.
Voici quelques faits saillants de son activité :
a) Durant le règne de l’Etat Français

Sous Vichy, le Conseil a été un instrument de la poli-tique répressive du régime vis-à-vis des juifs et des communistes. Faisant manifestement du zèle, le Con-seil d’État a pu instaurer une présomption de judéité, que la loi du 2 juin 1941 n’avait point exigé.
b) Durant la 4ème République

À partir de 1945, les conseillers d’État seront pour la plupart issus de l’École nationale d’administration, l’ENA nouvellement fondée.
c) Sous la Cinquième République
(1) Fonction administrative

Le Conseil d’État peut rendre trois sortes d’avis :
• Avis simple. Le gouvernement n’est pas obli-gé de solliciter l’avis, ni de le suivre.
• Avis obligatoire. Le gouvernement est obligé de solliciter l’avis pour un projet de loi, d’ordonnance ou de décret, mais n’est pas obligé de le suivre.
• Avis conforme. Le gouvernement est obligé de solliciter l’avis et de le suivre.
(2) Fonction juridictionnelle

Le Conseil d’État est l’échelon suprême de la juridic-tion administrative, qui juge les recours dirigés contre les autorités publiques.
(3) Conflits entre les deux fonctions

Le Conseil peut être amené à examiner, en tant qu’organe juridictionnel, la conformité à la loi d’un décret pris en Conseil d’État.
Pour certains, ce cumul de fonctions peut faire douter de l’impartialité du juge. Du point de vue du Conseil d’État, la tradition d’indépendance et les règles in-ternes sont un gage d’impartialité. La preuve en est la règle du déport faisant qu’un membre du Conseil d’État ne peut participer à un jugement examinant la légalité d’une décision s’il a contribué à un avis con-cernant cette même décision.
L’on ne peut qu’approuver de telles dispositions.
II. La Cour des comptes

La Cour des comptes a pour mission de s’assurer du bon emploi de l’argent public et d’en informer les citoyens. Juridiction indépendante, la Cour des comptes se situe à équidistance du Parlement et du Gouvernement, qu’elle assiste l’un et l’autre. Au demeurant, la Cour rend publics tous ses travaux.
Elle est tenue de contrôler :
- la conformité aux règles en vigueur ;
- la proportionnalité entre moyens et résultats ;
- la correspondance entre ces derniers et les objectifs poursuivis.

Cela dit, loin de la routine, la Cour des comptes rend publiques quelques affaires croustillantes.

III. La Haute Cour

En France, le Parlement réuni en Haute Cour repré-sente la juridiction chargée de prononcer la destitu-tion du Président de la République.
Cette question mérite quelques mots d’histoire
1. Historique

En réalité, cette histoire commence sous la Révolu-tion, plus précisément en 1791.
a) La période révolutionnaire
(1) Constitution de 1791
L’article 23 de la Constitution de 1791 dispose qu’une haute cour nationale, formée des membres du Tribu-nal de cassation et de hauts-jurés, sera informée des délits des ministres et agents principaux du pouvoir exécutif, ainsi que des crimes qui menaceront la sûre-té de l’État.
(2) Constitution de 1795
La Haute Cour de justice instituée par la Constitution de l’an III (1795) n’a siégé qu’une fois, à Vendôme, pour juger Gracchus Babeuf et ses complices de la Conjuration des Égaux, ce qui leur valut la peine capitale
b) La période napoléonienne

La Constitution de l’an XII (1804) institue la Haute Cour impériale qui est compétente pour :

1) Des délits personnels commis par des membres de la famille impériale, par des titulaires des grandes dignités de l’empire, ainsi que par des ministres, de grands officiers, des sénateurs ou des conseillers d’État ;
2) Des crimes, attentats et complots contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État, la personne de l’empereur et celle de l’héritier présomptif de l’Empire ;
3) Des délits de responsabilité d’office commis par les ministres et les conseil-lers d’État chargés spécialement d’ad-ministration publique ;
4) Des prévarications et abus de pouvoir, commis, soit par des capitaines géné-raux des colonies, des préfets coloniaux et des commandants des établisse-ments français hors du continent, soit par des administrateurs généraux em-ployés extraordinairement, soit par des généraux de terre ou de mer ; sans pré-judice, à l’égard de ceux-ci, des pour-suites de la juridiction militaire, dans les cas déterminés par les lois ;
5) Du fait de désobéissance des généraux de terre ou de mer qui contreviennent à leurs instructions ;
6) Des concussions et dilapidations dont les préfets de l’intérieur se rendent cou-pables dans l’exercice de leurs fonc-tions ;
7) Des forfaitures ou prises à partie qui peuvent être encourues par une cour d’appel, ou par une cour de justice cri-minelle, ou par des membres de la Cour de cassation ;
8) Des dénonciations pour cause de déten-tion arbitraire et de violation de la liber-té de la presse. Sic.
Tout ce qui précède prouve qu’à l’époque impériale, rien n’était oublié dès qu’il était question de sureté de l’Etat, l’Empereur de l’époque ne laissant dans l’ombre aucun détail.
2. Périodes plus récentes

a) 3ème République

Sous l’empire de la Constitution de la IIIe République, le Sénat peut se constituer en Cour de justice.
b) Sous le régime de Vichy

L’État français décréta la suppression de cette compé-tence du Sénat, et la Haute Cour de justice fut trans-formée en Cour suprême de justice. Le 8 août 1940, il fut décidé que cette cour allait siéger à Riom où eut lieu le célèbre procès de Léon Blum et Édouard Da-ladier. Relisez l’Histire jugera du même Léon Blum.
c) Gouvernement provisoire de la République

Le 18 novembre 1944, le Général de Gaulle recréa par ordonnance la Haute Cour de justice qui reçut pour mission de juger le chef de l’État, le chef du gouvernement et tous les hauts fonctionnaires.
d) Ve République

La Haute Cour de justice (1958-2007) a pour rôle de juger le Président de la République ainsi que les membres du Gouvernement en cas de « haute trahi-son ». Le Président ne peut être mis en accusation que par les deux assemblées.

La Cour de justice de la République (CJR) est une juridiction française compétente pour juger les infrac-tions commises par les membres du Gouvernement pendant l’exercice de leurs fonctions. Elle a été créée par une loi de révision constitutionnelle le 27 juillet 1993 à la suite de l’affaire du sang contaminé et face à la multiplication des affaires politico-financières à la fin du second mandat de François Mitterrand.
Nous venons de voir (vide supra) que la Constitution confiait à une Haute Cour de justice le soin de juger le président de la République et les membres du gou-vernement.

En 2007, une révision constitutionnelle prévoit que :
« Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs, situation manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parle-ment constitué en Haute Cour. » Celle-ci est présidée par le président de l’Assemblée nationale.
La loi organique, promulguée en 2014, prévoit que la mise en accusation est initiée par une résolution des deux assemblées.
IV. Le Conseil économique, social et environnemental régional

Le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER), est l’une des deux assemblées ré-gionales qui existe dans chaque région française.
Il n’y a pas un, mais des CESER, autant que de ré-gions.
C’est l’une des institutions les plus décriées en France, pour ce que l’on pourrait appeler le rapport qualité-prix quelque peu décevant.
Le CESER est composé de membres nommés pour 6 ans et non pas élus.
Le CESER est obligatoirement consulté par le Conseil régional pour avis purement consultatif sur les rap-ports concernant les contrats de projets État région.
V. Le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel est une institution fran-çaise créée par la Constitution de la Cinquième Ré-publique du 4 octobre 1958. Il veille à la régularité des élections nationales et des référendums. Il se prononce sur la conformité des lois à la Constitution.
A. FONCTIONS

Le Conseil constitutionnel est un organe sans précé-dent dans l’histoire constitutionnelle française ; en effet, aucune république n’avait avant lui jamais accepté de pouvoir faire échec au Parlement.
B. MODES DE FONCTIONNEMENT

1. Composition

Le Conseil constitutionnel est composé de neuf membres nommés par le Président de la République et les présidents des chambres parlementaires. En sont également membres de droit les anciens Prési-dents de la République.
2. Le veto Parlementaire

À la suite de la Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, les désignations des membres du Conseil cons-titutionnel peuvent faire l’objet d’un veto des com-missions compétentes en la matière.
3. Procédure

La procédure est non seulement écrite et contradic-toire, mais elle est totalement secrète.
a) Fonctionnement par saisine
Pour vérifier la constitutionnalité d’une loi ou d’un traité, le Conseil constitutionnel doit être saisi dans des délais précis.
b) Impartialité
Celle-ci intéresse les juges, ce qui s’impose, ces der-niers étant nommés par les plus hautes autorités de l’Etat.

Elle s’adresse aussi au rapporteur.
La loi prévoit qu’un membre du Conseil constitution-nel présente un rapport au Conseil sur son activité. Le rapporteur ayant la responsabilité de l’instruction, son avis est prépondérant. Il se doit donc d’être impartial.
Afin d’observer une neutralité dans les débats, les membres du Conseil constitutionnel sont tenus à une prestation de serment, excepté les membres de droit.
Au demeurant, une simple mise en congé du Conseil constitutionnel annule le dit serment. Ce fut le cas, le seul à ce jour, de Simone Veil à l’occasion du traité de la Constitution Europe.
4. Sécurité juridique

a) Autorité du Conseil
Elle s’impose à tous les pouvoirs, demeurant au des-sus des lois.
b) Procédure
Celle-ci obéit à une loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, loi a posteriori sur la question prioritaire de constitutionnalité.
c) Gouvernement des juges

Le principe même d’une juridiction constitutionnelle est qu’elle puisse censurer le travail du pouvoir législa-tif en invoquant une contradiction par rapport à la Constitution. CQFD.
VI. La Cour européenne des droits de l’homme

La CEDH est une juridiction internationale instituée en 1959 par le Conseil de l’Europe auquel adhèrent aujourd’hui 47 nations. Sa mission est d’assurer le respect des engagements des États signataires de la convention des droits de l’homme.
La Convention garantit notamment :
• le droit à la vie,
• le droit à un procès équitable,
• le droit au respect de la vie privée et familiale,
• la liberté d’expression, de pensée, de conscience et de religion,
• le droit au respect de ses biens.
Elle interdit notamment :
• la peine de mort,
• la détention arbitraire et illégale,
• les discriminations dans la jouissance des droits et libertés.
• la torture et les peines ou traitements inhu-mains ou dégradants
• l’esclavage et le travail forcé.
La compétence de la Cour s’étend à toutes les ques-tions concernant la Convention. La Cour peut être saisie d’une requête par un État ou « par toute per-sonne physique, toute organisation non gouverne-mentale ou tout groupe de particuliers qui s’estime victime d’une violation » de ses droits ou libertés, garantis par la Convention.
La CEDH fonctionne en permanence et siège à Strasbourg depuis le 1er novembre 1998.
Aujourd’hui, la CEDH est devenue un contre-pouvoir pour les requérants particuliers, comme pour les juges.

economie nouvelle Hubert Follic

Le nouveau visage de l’économie dans le monde : Défis à relever et perspectives d’évolution

15 septembre 2008, personne n’a oublié la faillite de la banque Lehman Brothers.

Sept ans après, même si la situation des Etats-Unis s’est notablement améliorée, la situation reste fragile. Pour la France le chômage a continué de croître, de même que l’endettement. Même si le déficit a baissé, il n’atteindra pas l’objectif de 3 % fin 2017.

Sommes nous à la fin d’un modèle, tant il connait de difficultés ou tout simplement dans un modèle qui se transforme très radicalement ?
En tous cas le chômage, l’endettement, le réchauffement climatique sans parler des risques de guerre, sont des défis majeurs aujourd’hui à relever.
Même si de nombreux auteurs proposent des solutions, j’ai tout particulièrement retenu la réflexion novatrice de Jérémy Rifkin, un célèbre économiste américain qui propose une vision à long terme.

Sans préjuger des chances de réussite d’un tel plan, J’ai trouvé sa réflexion intéressante et j’ai eu envie de vous la faire partager.

Je vous parlerai d’abord de la situation de la France aujourd’hui et comment elle se situe dans le monde.

Je vous montrerai ensuite comment fonctionne l’économie dans le monde aujourd’hui dans son environnement et les défis qu’elle doit relever.

Je vous proposerai enfin un scénario d’évolution souhaitable pour faire face aux défis actuels, préconisée par Rufkin qui propose une thèse novatrice.

Comment diminuer le chômage alors que le numérique supprime massivement des emplois.
Et dans le même temps orienter l’économie pour qu’elle rejette dans l’atmosphère moins de CO2.
Voilà l’enjeu, ce qui suppose des investissements importants.
Alors que l’endettement est maximal, au bord de l’implosion.

Et nous ne pouvons pas passer sous silence l’événement tragique du 13 novembre.
Une France ensanglantée par la sauvage agression dont Paris a été l’objet.Je ne m’étendrai pas sur cet événement tragique qui ne peut inspirer que compassion mais aussi révolte. Et il est évident que cet événement aura un impact sur l’économie de notre pays.

1. Notions d’économie à connaître.

Pour évaluer l’Etat actuel de la France, il est nécessaire de connaître quelques fondamentaux qui entrent dans le calcul de cette évaluation.

Nous nous attacherons dans un premier temps à défininir les éléments objectifs que sont
Le PIB, le taux de croissance, l’endettement, le déficit public, le taux de chômage.

1.1 Le PIB est le produit intérieur brut et représente l’ensemble des richesses d’un pays.
Soit le total des valeurs ajoutées des entreprises. La valeur ajoutée est la différence entre le chiffre d’affaire et les produits qui entrent dans la fabrication du produit.
Prenons l’exemple du boulanger.
Supposons que la vente de pain soit l’unique objet de commercialisation du boulanger.
La valeur ajoutée est la différence entre le prix d’achat de tous les ingrédients qu’il achète pour fabriquer son pain et le prix de vente de son pain.

Avec cette différence, le boulanger aura des charges :
Ex :
Louer son bail, les charges de son local,
Payer les emprunts qu’il aura contacte,
Payer son ou ses salariés.
Payer ses impôts …

Le reste sera son bénéfice.

On peut aussi le calculer par la somme des salaires.

Voilà en ce qui concerne le PIB.

1.2 La différence entre les PIB lors de deux années successives, exprimé en pourcentage, est le taux de croissance.

1.3 L’endettement : c’est la somme cumulée des dettes d’un pays : capital + intérêts.

1.4 Le déficit public est la différence entre les dépenses et les recettes pour une annéee donnée.

Tous ces quatre paramètres PIB, taux de croissance, Endettement et Déficit public sont corrélés.

Quelques chiffres pour situer la France.
Par rapport au PIB. D’après les sources du FMI, La France qui a perdu sa place de 5e rang depuis 2014, derriere le Royaume Uni et ce déclin se poursuivra : Elle est prévue pour prendre la 7eme place derriere l’Inde à l’horizon 2019, et la 8ème place derrière le Brésil en 2021.
Par rapport au PIB par habitant. On constate le même déclin. En 2015, la France ne figurent plus dans les 20 premières places, et parmi figurent seulement 10 pays de l’Union Européenne à savoir :
le Luxembourg (1er),
le Dannemark (6e),
la Suède (7e),
les Pays-bas (11e),
l’Autriche (12e),
l’Irlande (14e),
la Finlande (14e),
l’Allemagne (16e),
la Belgique (17e),
le Royaune-Uni (18e)

Voici la liste des 20 pays les plus riches par PIB en 2014 avec entre parenthèse leur rang par PIB par habitant pour les pays extérieurs à l’Union européenne (pour PIB par habitant je n’ai que des chiffres pour l’année 2013).

1. Les Etats-Unis (9e),
2. la Chine (81e),
3. le Japon (24e),
4. l’Allemagne (18e),
5. le Royaume-Uni (23e),
6. La France (20e)
7. Le Brésil (59e),
8. l’Inde (144e), l
9. l’Italie (26e),
10. la Russie (51e),
11. le Canada (10e),
12. la Corée du Sud (29e), l
13. l’Australie (5e),
14. l’Espagne (27e),
15. le Mexique (63e),
16. l’Indonésie (114e),
17. les Pays-Bas (11e),
18. la Turquie (61e),
19. l’Arabie Saoudite (30e),
20. la Suisse (4e).

Au niveau du PIB par habitant nous avons dans l’ordre (pour l’année 2013)
1. le Luxembourg,
2. la Norvège,
3. le Quatar,
4. la Suisse,
5. l’Australie,
6. le Dannemark,
7. la Suède,
8. Singapour,
9. Etat-Unis,
10. Islande,
11. Pays-Bas,
12. l’Autriche,
13. le Canada,
14. l’Irlande,
15. l’Allemagne,
16. la Belgique,
17. le Royaume-Uni,
18. la Nouvelle-Zélande
19. les Emirats Arabes Unis.
20. La France.

Gestion de la dette.
Au niveau Endettement, la France a atteint 2000 milliards en septembre 2014, 2037,8 milliards fin 2014, 2105 milliards à la fin du 2eme Trimestre 2015. Soit 97,2 % du PIB.

Son PIB fin 2014 s’élèvait à 2134 milliards (avec une population de 66,3 millions d’habitants).

Si l’on considère le PIB par habitant il est de 29380 (en 20 ème position mais passerait en 25ème position fin 2015).

Les intérêts de la dette publique représentent 45 milliards d’euros en 2014 et grève une partie substantielle de l’impots sur le revenu qui s’est élevé à 75,4 milliards.
Ces intérêts s’élèvent à 1.700 € d’intérêts par famille.
Si l’on devait rembourser le capital aujourdhui cela reviendrait à plus de h30 000 euros par personne
(2105 000 000 000 divisé par 66 300 000 donne 31 750 euros !).

Calcul du Déficit public.
En 2014, l’état a dépensé : 1226,5 Mds
Elle a perçu : 1141,6 Mds
Le déficit public s’élève à 84,8 Mds soit 4% du PIB (2134 milliards)
Calcul : (84,8 : 2134) x 100 = 3,97

Le chomage.
Pour le taux de chômage, il s’exprime par rapport à la population active.
10,2 % en Fin novembre 2015. 3 589 800 millions de chômeurs sans aucun emploi.

Le chômage frappe désormais 10,2% de la population active. C’est le plus haut niveau enregistré en France depuis 18 ans, selon l’Insee, l’Institut national de la statistique.
L’Allemagne, elle, enregistre un taux de chômage de 6% en novembre 2015, son plus bas niveau depuis 24 ans.

La France a un endettement record, pratiquement le montant du PIB le montant de sa richesse nationale.
L’enjeu majeur est de diminuer le chômage mais comme il faut au moins 1,2 % de PIB pour faire diminuer le chômage, et que nous ne les avons pas, le chômage continue d’augmenter.

Selon les chiffres de l’OIT, le chômage, au niveau mondial, a presque atteint les 202 millions de personnes en 2013, soit une hausse de près de cinq millions de chômeurs par rapport à l’année précédente. Et les perspectives ne sont pas bonnes : de 206 millions en 2014, le nombre de sans emploi pourrait bondir à plus de 215 millions en 2018.
839 millions de travailleurs gagnent moins de deux dollars par jour », indiquent les auteurs du rapport. Soit plus d’un quart de la population active qui s’élève à 3,2 milliards – Soit 26,7 %.

2. Le nouveau visage de l’économie.

Avant d’aborder le nouveau visage de l’économie, je vais d’abord m’attarder sur à la transformation en profondeur de la société suite à l’arrivée d’internet.

2.1 – l’arrivée et la généralisation du smartphone dans le monde impacte et bouleverse la société en profondeur et impacte l’économie.

J’ai commencé bien sûr à consulter internet avec un ordinateur de bureau, puis sur un ordinateur portable. Mais avec l’arrivée du smartphone, en fait récente, ce fut une véritable révolution. Ce que j’appelle internet dans la poche a bouleversé nos modes de vie, impactant plus particulièrement les jeunes mais pas seulement. Facebook a réellement exercé un pouvoir de fascination, on peut même dire d’addiction pour beaucoup, touchant particulièrement les jeunes mais se propageant à tous les ages.

2014 a connu une explosion des ventes de smartphone dans le monde

Selon l’institut américain GFK, Une étude publiée le 26 février 2015 fait état de 1,2 milliard de smartphones vendus dans le monde en 2014, dont 519 millions pour la Chine et devrait atteindre 2 milliards fin 2015;

Taux d’équipements prévisibles :
Sur la période 2013-2018, la France doublerait quant à elle son parc de smartphones, passant ainsi de 21 à 43,7 millions d’appareils.
En 2018 ordre prévisionnel
la Chine, l’Inde, les USA (+ 200 millions), la Russie dès 2015, le Japon, l’Indonésie

Au niveau économiques apparaissent des géants de l’économie.
La croissance de ces géants s’est envolée avec le rythme d’équipement des smartphones.

Nous allons évoquer quatre d’entre eux qui dominent le monde.

Apple, créé en 1976 est la société la plus riche du monde. Capitalisation boursière au 7 novembre 2015 674 Milliards, Emploie fin 2014 92 600 personnes chiffre d’affaire 2014 182,8 Milliards, Bénéfice 39,51 Milliards.

Google (alphabet) : crée en 1998, capitalisation octobre 2015 : ‘484 Milliards de dollars, emploie 57000 personnes, chiffre d’affaire 2014 66 Milliards, a généré un bénéfice de 14,4 milliards.

Comprend en plus de son moteur de recherches, google
youtube, pour stocker des vidéos,
android, son système d’exploitation présent sur plus de 1 milliard de smartphones dans le monde,
gmail, son système de messagerie ; environ 1 milliard de personnes ont une adresse gmail.
google maps et google earth pour sa cartographie,
google drive pour son stockage de documents

Facebook : créé en 2004, capitalisation en bourse en 2015 : 300 Milliards de dollars en nov 2015 alors qu’il était de 150 Milliards en janvier 2014. Emploie 10082 personnes. chiffre d’affaires 2eme trimestre 2015 ; 4 Milliards, bénéfice 719 Millions. En juin 2015, la société compte 1,450 Millions. Le 24 aout 2015 le chiffre de 1 milliards de personnes connectées dans le monde a été enregistré.

Amazon : société créée par Jeff Bezos en juillet 1994, avec une capitulisation boursière de 173 Milliards et emploient 132 000 personnes. Chiffre d’affaires généré en 2014
89 Milliards de dollars. Mais a connu des pertes importantes.

Une concurrence disproportionnée apparait et affecte les économies des pays moins développés dont la France.
Ces sociétés se caractérisent par leur gigantisme, En plus ils se débrouillent pour payer leurs impots dans des pays qui ont choisi une politique fiscale aggressive comme l’Irlande.

A coté des ces géants, apparaissent une multitude de sites qui grandissent très vite.
Prenons quelques exemples.
Booking.com permet de réserver des hôtels
Se loger.com permet d’acheter et de vendre des villas et appartements.
Voyages-sncf.com permettant d’acheter des billets de train, d’avion et des hébergements.

Ce ne sont que quelques exemples mais le numérique affecte tous les domaines marchands et une quantité d’autres applications qui n’existent pas encore.

2.2 Le nouveau visage de l’économie.

2.2.1 L’arrivée d’internet impose de s’adapter.
Ces sociétés sont le modèle de demain et il faudra très vite s’adapter ou l’on verra s’accélérer les pertes d’emplois. Il est urgent de créer des start up pour les métiers de demain, innover et faire preuve d’imagination. C’est une première facette du nouveau visage de l’économie.

Aujourd’hui, il n’est plus envisageable pour un distributeur de vendre un produit uniquement dans un point de vente physique. L’arrivée du smartphone et des nouvelles technologies a changé la donne. Un nouveau consommateur, connecté et surinformé, a émergé. Les distributeurs doivent dès lors s’adapter et faire converger leur distribution physique et digitale. Les acteurs de la distribution doivent s’adapter au monde digitalisé.

L’état a bien conscience du problème, du défi que cela comporte. Mais il existe beaucoup de freins et de blocages dans la société. Il faudra être innovant, performant, imaginatif. Les Etats-Unis ont déjà bien pris ce virage car c’est une économie très libérale. Il y aura beaucoup de laissez pour compte au bord de la route. L’économie va perdre beaucoup d’emplois dans un premier temps avant d’en gagner si elle ne s’adapte pas. Donc le challenge sera s’adapter ou rester sur la route. Nous avons un ministre qui a l’étoffe pour amorcer ce virage mais aura t-il les mains libres pour le faire.
En France nous avons des talents mais ce ne sera pas facile.

2.2.1 Un modèle de l’économie collaborative émerge.
Parallèlement à internet qui envahit tous les circuits économiques, une deuxième facette de l’économie remodèle son visage, c’est l’écononomie collaborative. De quoi s’agit-il ?

Le smartphone une fois encore a permis la croissance puis l’envolée de ces pratiques.

L’idée est simple. Suite à la crise de 2008, beaucoup de gens ont cherché à dépenser moins et du coup une multitude de possibilité ont vu le jour.
Louer son appartement pendant son absence, voire acheter un bien pour une location courte durée. Des sociétés comme AirBnB aux USA et Abritel permettent de louer des appartements, souvent des studios. Et ce phénomène a pris une grande ampleur.

Faire profiter de sa voiture les personnes utilisant le même trajet. Ainsi est né Bla Bla Car, success story celle la, est en train d’acquérir une stature mondiale.

Vendre ses produits fermiers à des consommateurs dans le cadre d’intérêts qui rendent service aux agriculteurs qui peuvent vendre sans intermédiaire leur produits plus cher mais aussi au consommateurs qui recherchent des produits frais dont ils connaissent la provenance. Et en même temps, ils ont la satisfaction de faire une bonne action vis a vis d’une population qui ne peut plus vivre de son travail sans subventions extérieures. Un exemple connu est “la Ruche qui dit oui”. Un panier de fruits et légumes de saison est proposé aux consommateurs avec un engagement réciproque d’acheter et de vendre un certain montant.

Ces trois exemples montrent un nouveau visage de l’économie qui s’écarte de l’économie tradtionnelle. La motivation a été avant tout pour les consommateurs de faire des économies. Elle a été rendue possible qu’avec l’apparition d’internet mais a pris son essor avec l’arrivée du smartphone.
Ils dénotent pour les deux premiers exemples aussi un changement de mentalité qui est d’accorder plus d’importance à l’usage d’un bien que sa possession. Enfin ces trois exemples mettent directement en rapport producteur et consommateurs, via des plateformes informatisées qui se rénumèrent en prenant une commission.

Mais certaines sociétés peuvent entrer en concurrence frontale avec un corps de métiers comme les sociétés de taxi.

Je voudrais citer le cas de la société UBER, de taille mondiale, qui permettait à toute personne possédant une voiture de devenir Taxi sans license.
C’est sans doute une tendance qui ne cessera de s’accentuer. Vouloir faire de la résistance et mener des combats de retardement pour les taxis sera une position difficile à tenir à long terme contre les nouveaux entrants et sans doute contre productive.
Il serait préférable que les taxis s’adaptent et modernisent leurs méthodes.
Je comprends néanmoins que ces concurrences déloyales sont déstabilisantes pour les sociétés de taxi qui ont acheté très chères leurs licenses.
La justice a d’ailleurs tranché en leurs faveurs.

Quelle est la position de l’Etat :
L’industrie du numérique est très perturbante et les lois actuelles sont souvent peu adaptées pour percevoir les taxes sur ces nouveaux business.
Beaucoup de ces activités qui génèrent des revenus ne paient pas d’impôt, ce qui crée d’une part un manque à gagner pour les recettes de l’état et d’autre part une concurence avec les sociétés qui paient des taxes (exemple loueur de studio pour une courte période et hotels).
En conclusion sur cette deuxième partie, nous avons pu voir que l’arrivéee de l’internet, puis du smartphone a modifié la société en profondeur ainsi que l’économie

Deux nouvelles technologies a fort impact pour l’avenir : l’imprimante 3D et le drone, et l’agriculture urbaine arrivent en force.

Des bouleversements sont apparus et ce n’est qu’un début. Notre économie se transforme dans tous les domaines. Ainsi de nouvelles techniques comme l’imprimante 3D qui permet de construire n’importe quel objet : une voiture, une maison, un immeuble, les plans sont en service libre. C’est impressionnant.

Par ailleurs le drone est promis aussi à un bel avenir, même s’il présente des dangers (ex : vol sans autorisation au-dessus des centrales nucléaires…)

Dans le domaine de l’agriculture, j’ai été impressionné à Singapour de voir des tours d’immeubles entiers consacrés à l’agriculture. Il n’y a pas de terre mais seulement de l’eau avec des sels minéraux. Une perspective surprenante mais très intéressante qui permet d’alimenter les villes en fruits et légumes.

Donc le progrès est continu et le visage de l’économie n’a pas fini de se transformer.

Si l’on fait une projection dans le futur de nouveaux dangers se profilent et représentent des menaces :
- un risque possible de guerre de conflit planétaire auquel l’Europe semblait jusqu’ici épargnée. L’arrivée de Daech qui a émergé suite à la chute de Sadam Hussein, provoque actuellement un regain de tension géostrategique. Il est évident que si le confflit s’intensifiait, il y aurait une impact majeur économique et provoquerait en dehors des pertes humaines, une explosiion de la dette déjà énorme.
L’arrivée de flux migratoires est une deuxième source de déstabilisation de l’économie avec l’émergence probable de partis extrémiste et totalitaires au pouvoir.
- le risque certain du réchauffement climatique.
Le réchauffement climatique apporte des bouleversements de plus en plus importants qui vont impacter l’économie. Les dérèglements observés concernent
– des chutes de pluie en plus grande intensité créant des inondations,
– des typhons et des tempêtes à chaque fois plus violents.
Les dégats sont à chaque fois plus lourds. Et le phénomène va s’intensifier.
– La montée des eaux qui provoquera des flux migratoires d’origine climatique.
– Une intensification des zones désertiques également génératrices de mouvements de populations.
L’origine de ce réchauffement est le rejet du CO2 dans l’atmosphère. La diminution de ces volumes de rejet est en discussion actuelle à Paris avec la COP21
Dans ce contexte l’économie devrait amorcer le virage vers une économie décarbonée source du réchauffement climatique. Ce qui par ailleurs serait source d’emplois dans le batiment dans le cas d’isolation des habitats?

3. La troisième révolution industrielle.
Ce sera ma troisième partie et je vais vous présenter le projet de RIFKIN tiré de son ouvrage “la troisième révolution industrielle.”

Nous allons partir de son constat pour partir vers son projet qui concerne plus particulièrement l’énergie.

3.1 Le constat.
La crise de 2008 que personne n’a prévu est né de la conjonction de deux facteurs :
– le prix du pétrole en juillet 2008 à 150 dollars le barril a créé une asphyxie de l’économie.
– Un parc immobilier américain qui ne se vendait plus et donc les prix se sont effondrés et les propriétaires à qui on avait accordé des crédit sans vérifier s’il était solvables, se sont trouvés à la rue et les banques qui ont accordé les crédits ont fait faillite, entrainant dans sa chute tout le système monétaire mondiale.
Il est vrai qu’avec la récession, et l’exploitation aux USA du pétrole de shiste a entrainé à nouveau un effondrement des prix du pétrole que l’on connait toujours aujourd’hui. Depuis L’économie américaine a rebondi. Mais pour Rifkin une troisième révolution industrielle va naître car toutes les révolutions industrielles sont la conjonction de l’apparition d’une nouvelle technologie et d’une nouvelle énergie.

3.2 Les cinq piliers du modèle préconisé
il s’apppuie sur 5 PlILIERS
– Passer aux énergies renouvelables.
– Transformer les bâtiments sur chaque continent en mini-centres énergétiques, créant de nombreux emplois.
– Permettre à chaque bâtiment d’être autonome en énergie, et de pouvoir stocker l’énergie non consommée.
– Utiliser la technologie internet pour créer un réseau similaire d’énergie. Chaque bâtiment ayant de l’énergie en trop pouvant la vendre sur ce réseau.
– Créer des réseaux électriques continentaux dans lesquels les véhicules électriques puissent vendre leurs surplus d’énergie en se branchant à une prise, tout en étant garés.

3.3 La philosophie du projet.

Le défi est triple : La crise énergétique, le changement climatique, le développement durable.
Ces défis seront relevés par un changement de la mondialisation à la «continentalisation ». C’est-à-dire la fin d’une énergie divisée, pour une énergie distribuée.
L’auteur prétend que des prises pour les véhicules peuvent être mises en place partout à l’horizon 2020. Si seulement 25% des véhicules vendent en étant garés (et si le prix est haut), cela remplacerait l’actuel système centralisé de l’énergie.
Cela dit, la transformation de l’économie va bien plus loin qu’un changement des régimes d’énergies et des technologies de communication. C’est un transfert de l’énergie à chaque niveau de la société, à des millions de petits producteurs, générant leurs propres énergies renouvelables et échangeant les surplus à travers des continents entiers. Cette
« démocratisation de l’énergie » à des implications profondes sur l’organisation de la société, de la politique et de l’économie. Ce qu’on peut appeler un «capitalisme distribué ».
Des exemples existent déjà. Les énergies solaires et autres éoliennes dans le désert du Sahara pourrait ainsi combler 15% des besoins de l’UE d’ici 2050. L’Espagne et le Maroc étudient un projet de tunnel entre les deux continents. Les USA et la Russie font de même pour joindre la Sibérie et l’Alaska, afin d’échanger de l’énergie, et pour le commerce et le
tourisme. Les gens commencent à se voir comme une partie d’un organisme planétaire indivisible.
L’ère continentale va aussi transformer l’approche géopolitique des relations internationales à l’approche de la biosphère-politique.
Les scientifiques commencent à voir la planète comme une créature vivante, une entité autorégulatrice qui se maintient dans un état permettant la continuation de la vie. Selon cette nouvelle façon de penser, l’adaptation et l’évolution des êtres vivants fait partie d’un processus plus large : l’adaptation et l’évolution de la planète elle-même.
De nombreuses guerres ont éclatées dans la poursuite de la sécurité énergétique. Cela sera moins le cas avec ces nouvelles énergies abondantes et disponibles partout. La biosphère-politique est basée sur un sens de la responsabilité collective pour sauvegarder les écosystèmes.
Selon RIFKIN
La Troisième Révolution Industrielle est un changement radical spatio-temporel. Elle va créer des citoyens globaux, dans une biosphère partagée, et nous reconnecter avec la planète. Nous avons peu de choix si nous voulons espérer restaurer la santé de la biosphère et préserver la planète pour les générations futures.
Ce projet est ambitieux peut être utopique. Je l’ai trouvé néanmoins intéressant.
Et je vais vous lire une interview réalisée de Jérémy Rifkin dans le Pas de Calais.

L’économiste vedette, qui conseille Angela Merkel et le gouvernement chinois pour mettre en oeuvre la troisième révolution industrielle, appelle le chef de l’Etat à voir les progrès que fait cette région. Interview juin 2015.

L’économiste Jeremy Rifkin. (Sipa)

L’essayiste américain Jeremy Rifkin était à Paris, jeudi 4 juin au matin, pour faire la promotion du Nord-Pas-de-Calais. L’auteur de « La Troisième révolution industrielle » fait office de consultant pour la région, qui tente de mettre en oeuvre simultanément une transition énergétique et une transformation des systèmes de transport afin d’accompagner la génération internet vers le plein emploi.
Jeremy Rifkin, qui est aussi conseiller de la chancelière allemande Angela Merkel et du gouvernement chinois, invite désormais François Hollande à emboîter le pas à l’Allemagne. Interview.
La 3e révolution industrielle va-t-elle se produire ?
- Il n’y a aucune alternative. Les gouvernements et les milieux d’affaires du monde entier l’ont compris. Le problème est le suivant : la croissance ralentit dans toutes les régions du monde, le chômage augmente et la productivité s’affaiblit.
Mettre en œuvre de l’austérité, des réformes structurelles ou budgétaires, c’est très bien mais… Nous vivons avec des infrastructures datant de la seconde révolution industrielle, avec des énergies fossile et nucléaire et des transports reposant sur le moteur à combustion et le rail. Or nous savons maintenant que nous ne pouvons plus tirer aucune productivité de ce système.
Que pouvons-nous espérer ?
- Ce que nous commençons à entrevoir, c’est que nous sommes à l’aube d’un nouveau modèle économique. Il faut comprendre une chose cruciale : chaque changement de modèle économique s’est produit grâce à la combinaison de trois innovations techniques régissant nos vies :
• de nouveaux moyens de communication (qui permettent de gérer l’activité économique plus efficacement) ;
• de nouvelles sources d’énergie (qui modifient la manière d’alimenter l’économie) ;
• de nouveaux modes de transport (qui permettent de répartir l’activité économique plus efficacement).
Nous sommes à l’orée d’une troisième révolution industrielle. L’Allemagne a pris un train d’avance. Le Danemark aussi. Nous travaillons avec les dirigeants chinois et ils avancent rapidement.

En quoi cette transition peut-elle créer de la croissance et des emplois ?

- L’idée est de combiner le réseau de communication (internet), un réseau de production d’énergie renouvelable (à partir de bâtiments à énergie positive), et un réseau de transports (où chaque individu est guidé par un GPS).
En créant un réseau unique où toutes les personnes et les objets sont connectés, nous pourrons tous avoir des activités économiques entre individus, augmenter notre productivité et ainsi améliorer notre niveau de vie.
D’où viendront les emplois?
- Nous avons à mettre en œuvre les infrastructures nécessaires à ce grand réseau. En France, par exemple, nous devons isoler chaque immeuble, chaque logement, chaque bureau, chaque commerce, chaque usine, pour les rendre efficaces énergétiquement parlant, et ensuite on pourra les transformer en centrales à énergie solaire, éolienne et géothermique. Vous produirez de l’énergie là où vous travaillez et là où vous habitez.
J’ai travaillé avec le gouvernement allemand depuis que la Chancelière est arrivée il y a dix ans. En Allemagne, il y a 39 millions de bâtiments. Neuf millions ont déjà été isolés et des millions ont été transformés en bâtiments à énergie positive. Cela représente des centaines de milliers d’emplois.
On peut remettre au travail l’ensemble du secteur du bâtiment en France, des milliers d’ingénieurs, d’architectes, d’ouvriers qualifiés. Ensuite, on pourra s’attaquer aux réseaux électriques : pour que chacun puisse l’alimenter, il faut qu’il soit digital. Qui va poser les compteurs numériques dans chacun de ces millions de bâtiments ? Des travailleurs français. Qui va s’occuper des câbles enterrés ? Des travailleurs français. Etc.
Combien d’emplois cela va-t-il créer ?
- Personne ne peut le savoir. Mais il y en aura. Nous allons transformer les moyens de transports en passant à l’électrique. Cela signifie poser des bornes de recharge sur chaque place de stationnement. Qui va les fabriquer ? Qui va les poser ? Il faut se souvenir de la seconde révolution industrielle : on a construit des métros, des autoroutes, des banlieues. Cela a occupé tout le monde pendant quarante ans.
En Allemagne, cette troisième révolution industrielle a déjà créé des tonnes d’emplois, et dans tous les secteurs liés aux nouvelles technologies : les télécoms, les technologies de l’information, l’électronique, le transport, l’industrie manufacturière, la grande consommation. On pourra ainsi donner du travail à tout le monde dans les 30 prochaines années.
Et une fois que le système mis en œuvre, que se passera-t-il pour l’emploi ?
- Il y aura une migration des emplois vers l’économie sociale et solidaire : la santé, la garde d’enfant, l’environnement, la culture… Il y a une vrai demande dans ces secteurs où l’on travaille avec des personnes et où les machines ne peuvent rien faire. Et ce sont des emplois de grande qualité.
Avez-vous l’impression que la France a déjà pris la bonne direction ?
- J’avais rencontré François Hollande durant la campagne présidentielle. Il a dit il y a un an : « Nous ne raterons pas le train de la troisième révolution industrielle, je vous le garantis la France sera présente. » Je ne l’ai pas vu depuis la campagne, mais j’ai rencontré récemment Ségolène Royal [la ministre de l’Environnement, NDLR]. Ce que doit faire la France, c’est se joindre à l’Allemagne. La France a des entreprises de taille mondiale, notamment dans l’énergie, les transports, la logistique, les télécoms. Si ces deux pays fonctionnent ensemble, l’Europe avancera.
Après la Seconde Guerre mondiale, la France s’est rapprochée de l’Allemagne à travers l’énergie, le charbon, via les régions Nord-Pas-de-Calais et Rhénanie-du-Nord-Westphalie, puis à travers Euratom, l’énergie nucléaire. Désormais l’Allemagne avance dans cette révolution.
Et en France ?
- Nous avons une région qui la met en œuvre : le Nord-Pas-de-Calais. Je vous en prie, venez dans le Nord-Pas-de-Calais et vous verrez la France du futur ! C’est désormais l’une des régions les plus actives en Europe. Nous en sommes à notre troisième année, et la région toute entière est mobilisée. Tout le monde, dans tous les partis, dans tous les secteurs. Ils utilisent l’effet de levier des fonds européens pour faire venir les banques privées. 3.000 entreprises ont suivi un séminaire avec la chambre de commerce pour comprendre comment opérer cette transition.
Cette année, 12.500 bâtiments ont été isolés, 100.000 sont prévus ces six prochaines années. Ils ont remis le secteur du BTP au travail. Ils vont transformer 200 écoles en bâtiments à énergie positive. C’est en cours. Sept universités se sont regroupées pour développer les nouvelles technologies correspondantes dans leurs centres de recherche. La mobilisation a lieu dans les entreprises, dans la société civile, dans le secteur public, quelle que soient les sensibilités.
Que demandez vous à François Hollande ?

- Une région entière est en train de mettre en pratique une démocratie transpartisane. La France peut faire cela. Dès demain. La transition va prendre 30 ans. Bouygues, ERDF, GDF SUEF, les entreprises ont bien compris que l’on ne peut pas être en dehors du coup, et que la transition peut se faire en douceur. Le milieu des affaires est prêt.La France a l’expertise. Les régions peuvent le faire.
Ce dont on a besoin, c’est d’un signal du gouvernement français. Il a un rôle à jouer pour élaborer la réglementation, les normes et pour lever les freins, afin que nous puissions expérimenter plus vite, et créer de l’emploi. Qu’il mette en place une feuille de route, que l’on passe des discours aux actes, que les élus, à tous les échelons administratifs, dessinent un plan, comme l’a fait le Danemark.
C’est la France qui a déclenché toutes les révolutions, c’est elle qui a mené les autres à la démocratie, les jeunes Français sont allés dans la rue en 1968 et ils nous ont donné une nouvelle vision de la vie, maintenant les jeunes de la génération internet créent une nouvelle France. J’espère que le gouvernement et tous les partis politiques sauront s’y retrouver. Car s’y opposer n’aurait aucun sens. Aucun parti d’opposition ne s’est opposé à la première et à la seconde révolution industrielle.

Propos recueillis par Donald Hebert

Que penser du projet de Rifkin.
Réaliste, utopique, souhaitable ?
Souhaitable probablement s’il tient ses promesses en terme d’offres d’emploi et de contribution au ralentissement du réchauffement climatique.
Réaliste ou utopique, difficile de répondre, car on est encore au stade embryonnaire et cela dépendra du mode de production de l’hydrogène.
Son empreinte carbone (taux de rejet de CO2), dépend de la molécule à partir de laquelle l’hydrogène est isolé. Et bien sur de la nature de l’électricité avec laquelle il est produit.
Plusieurs procédés existent et la solution par électrolyse de l’eau et une source d’électricité issues des énergie renouvelables avec une empreinte carbone très faible, constituerait donc la solution à privilégier.
Un véhicule existe déjà: le modèle Mira de la marque Toyota.et sera utilisé dans une petite flotte de taxi à paris. Son extension en tous cas si cette solution est retenue prendra du temps et ne se généralisera que sur un horizon de 20 à 30 ans.
Il est probable aussi que vont coexister longtemps plusieurs sources d’énergie à l’avenir et petit à petit et en fonction des découvertes, une technologie émergera.
Depuis la présentation de mon exposé je suis tombé sur un article intéressant sur l’hydrogène en France et son stade d’avancé dans le monde, j’ai été surpris par l’existence de nombreuses réalisations. Pour ceux que cela intéressent, je vous donne le lien internet de l’article écrit par l’AFHYPAC (association française pour l’hydrogène et les piles à combustibles) et qui regroupent tous les acteurs concernés par cette technologie.
Je vous donne le lien internet.

http://www.afhypac.org/documents/divers/AFHYPAC_Hydrogene-en-France-en-2015.pdf

En conclusion
Nos économies dans le monde sont confrontées à de grands défis,
– un endettement au bord de l’implosion : Pourtant la France emprunte sur les marchés à un taux incroyablement bas de l’ordre de 1% et arrive à contenir le montant des intérêts de la dette qui pourtant continue de croître mécaniquement.
– Un taux de chômage qui continue de croître. Et on continue à perdre des emplois avec l’arrivée d’internet. Et la croissance est timide et pas suffisante pour créer des emplois.
– Le projet de Jérémy Rifkin a le mérite de proposer une vision et de faire réfléchir.
– Ce qui est sûr c’est que dans la nouvelle donne économique, notre pays qui a des atouts devra s’adapter rapidement et rechercher des sources d’innovations, s’il ne veut pas continuer à décroître dans le monde.