La Laïcité Albert Haddida

La laïcité en France

I. Introduction

Mon exposé sur la laïcité se divise en deux parties :
• L’historique, base fondamentale du sujet,
• La laïcité en France aujourd’hui.

Et d’abord, quelques notions d’ordre général.

La laïcité est un concept moderne. Mais avant même d’en donner une définition, il y a lieu d’en rappeler l’étymologie.
En grec ancien, le mot laos désigne le peuple et le mot laikos signifie du peuple. En latin, laicus distingue au sein de l’église chrétienne ceux qui n’étaient pas prêtres, c’est-à-dire les profanes.
Dès lors, les mots laïque et plus tard laïcité se trouvent à la jonction de deux significations très différentes : c’est tout à la fois celui qui appartient au peuple et celui qui n’exerce pas de fonction sacerdotale au sein de l’Eglise. D’où la persistance de malentendus.

A. DEFINITION

La laïcité repose sur trois principes :
• le respect de la double liberté de conscience et de culte,
• la séparation du pouvoir politique de l’Etat
vis-à-vis du pouvoir religieux de l’Eglise,
• l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances religieuses ou leurs convictions.
Ainsi définie, la laïcité exprimée nue, c’est-à-dire sans la moindre épithète, garantit aux croyants et aux non croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs opinions ou de leur foi.

B. GENERALITES

Enoncés de la sorte, ces 3 principes à eux seuls ont force de loi tout en symbolisant un véritable idéal.
D’ailleurs, la laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres, mais bel et bien la liberté d’en avoir une.

Le terme lui-même de laïcité a mis un certain temps à trouver sa place dans la langue de Molière. Certains font débuter l’histoire de la laïcité lors de la Révolution Française. Certes, le jalon est de taille. Nous allons y venir, mais agir ainsi serait faire table rase de ce que j’appellerai les prémices de la laïcité. Erreur à ne pas commettre.

II. Historique

A. DES ORIGINES A LA REVOLUTION FRANÇAISE

Nous ne ferons que citer les notions fondamentales en traversant le temps prérévolutionnaire à grandes enjambées.
Pour mémoire, rappelons le gallicanisme qui se développe en France au XIVème siècle et donne au roi un pouvoir sur l’Eglise, pouvoir consacrant l’autonomie de celle-ci par rapport au Pape et dont ne disposait aucun autre souverain.
Deux mots à présent sur l’Edit de Nantes qui fait partie des textes les plus célèbres de toute l’histoire de France.
L’édit de Nantes est un édit de tolérance promulgué en 1598 par Henri IV. Cet édit accordait notamment des droits de culte ainsi que des droits civils et politiques aux protestants dans certaines parties du royaume et leur concédait nombre de lieux de refuge ainsi qu’une indemnité annuelle versée par les finances royales.
En le promulguant, Henri IV mit fin aux guerres de religion en rappelant que la seule foi chrétienne reconnue reste le catholicisme tout en espérant que l’ensemble de ses sujets finiront bien un jour par y adhérer pleinement.
Néanmoins, contrairement à la réalité, l’Edit de Nantes demeure dans l’imaginaire populaire un symbole de la tolérance étatique .

Je vous avais promis de grandes enjambées. Eh bien nous voilà parvenu en 1789.

B. DE 1789 A 1905

1. Déclaration des droits de l’homme et du citoyen

Au préalable, retenez que le principe de laïcité, avant la lettre, avons–nous dit, prit corps pour la première fois pendant la Révolution française, plus précisément le 26 août 1789 avec la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen . Celle-ci consacra l’abolition de l’Ancien Régime traduite par la fin des privilèges ecclésiastiques et l’affirmation des principes universels, tels la liberté de conscience et l’égalité des droits.
Relisons l’article 10 ainsi rédigé :
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi
L’article 11 ajoute à cette liberté celle de l’expression écrite qui visait à la fois la presse et l’imprimerie, liberté la plus précieuse s’il en est, car elle est à elle seule la garantie de toutes les autres.
L’on peut considérer qu’ainsi exprimée, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen n’est rien d’autre que l’acte de naissance de la laïcité, même s’il faudra attendre la fin du XIXème pour que le mot fasse officiellement son apparition dans la langue.
En pratique, on assista à une déchristianisation : les prêtres sont déportés ou assassinés, les religieux sont contraints d’abjurer leurs vœux, les croix et les images pieuses sont détruites, les fêtes religieuses proscrites, les agendas supprimés, les célébrations du culte interdites.
C’est le moment de relire Mirabeau :
« Vous n’arriverez à rien si vous ne déchristianisez pas la Révolution. »
C’est aussi le moment de se souvenir de Georges Bernanos et du Dialogue de Carmélites, pièce aussi poignante que cruelle, considérée comme le testament spirituel de l’auteur.
2. Evolution

a) Les suites immédiates
(1) Constitution civile du Clergé

C’est le serment civique des prêtres, serment visant à intégrer l’Eglise catholique dans le projet révolutionnaire.
Votée par l’Assemblée nationale constituante, la Constitution civile du Clergé réorganise en France l’Église catholique qui est composé de deux sortes de clergé.
• Le clergé régulier qui comprend les moines et les nonnes. Celui-ci est supprimé.
• Le clergé séculier qui comprend les évêques et les curés élus par le peuple.
Les évêques relèvent de l’archevêque et non plus du pape.
Les prêtres sont payés par l’État. En 1791, le pape Pie VI condamne la Constitution civile du clergé et les principes révolutionnaires. Le clergé catholique et les fidèles se divisent.
D’un côté les patriotes, acceptant la Constitution civile du clergé et de l’autre, les réfractaires qui obéissent au pape. La guerre religieuse va commencer et ensanglanter la France jusqu’au Concordat.
(2) Nationalisation des biens du Clergé

Le décret des biens du clergé mis à la disposition de la Nation est un décret pris par l’Assemblée constituante. Adopté sur la proposition de Talleyrand, il stipulait que les biens du clergé de l’Église catholique devaient être mis à la disposition de la Nation.
En contrepartie, celui-ci prenait à sa charge les frais de culte et pourvoyait à l’entretien des hôpitaux.
(3) Liberté du culte et séparation de l’Eglise et de l’Etat

Sous la Convention, est formulée pour la première fois la séparation de l’Eglise et de l’Etat comme en fait foi le Décret du 21 février 1795.

Cette notion sera confirmé sous le Directoire, tout en restant lettre morte pendant plus d’un siècle !
Mais un certain Bonaparte voyait le problème d’un tout autre œil.
(4) Le Concordat

Le Concordat est un compromis dans lequel le Premier Consul abandonne le régime de séparation de l’Eglise et de l’Etat afin de contrôler les cultes et attirer les royalistes ainsi que l’ancien clergé réfractaire.

Le Concordat fait du catholicisme, non pas la religion d’Etat, mais celle de la grande majorité des Français, d’où l’existence des minorités religieuses, Juifs et Protestants.
Parallèlement, le Code Civil participe à la laïcisation du pays en supplantant le droit canon catholique sur de nombreux points.
Le Concordat restera en vigueur du 15 juillet 1801 jusqu’à ce qu’il soit abrogé de facto en décembre 1905 avec l’adoption de la séparation des Églises et de l’État, sauf en Alsace-Moselle où il est resté en vigueur jusqu’à nos jours.

b) Suites lointaines

(1) La loi Guizot

En juin 1833, la loi Guizot réorganise l’enseignement primaire en créant une école primaire par commune et une école normale par département.
La loi introduit une timide notion de laïcité puisque l’instruction catholique n’est plus obligatoire dans les écoles, celle-ci étant simplement laissée à la responsabilité des parents.
(2) La loi Falloux

La loi Falloux est surtout connue par ses dispositions sur la liberté d’enseignement laissant une large place à l’enseignement confessionnel.
Le 15 mars 1850, après deux mois de débats houleux, les députés de la Seconde République votent une loi permettant aux congrégations catholiques d’ouvrir un établissement secondaire avec les enseignants de leur choix. Qui plus est, elle soumet les établissements publics et les instituteurs au contrôle des autorités administratives et religieuses.
Avec cette loi, l’enseignement primaire et secondaire se trouve désormais partagé entre d’une part, l’enseignement public géré par les communes, les départements et l’État, et d’autre part, l’enseignement privé, dit « libre », dont les établissements sont gérés par des particuliers, des associations ou des congrégations.
Cette loi, due au comte Alfred de Falloux, ministre de l’Instruction publique, supprime de fait le monopole de l’État dans l’enseignement établi par Napoléon 1er.
(3) Les lois Jules Ferry

Sous la Troisième République, dans les années 1880, une série de lois vient abroger ou réformer, une bonne part de la loi Falloux.

La loi du 16 juin 1881 institue la gratuité de l’enseignement primaire public.
La loi du 28 mars 1882 instaure le caractère obligatoire de l’enseignement primaire et supprime des programmes scolaires l’enseignement religieux.
Les textes précisent qu’il s’agit d ‘une obligation d’instruction et non de scolarisation.
De ce fait, l’école elle-même n’a donc jamais été obligatoire ni dépendante.
(4) Le contexte politique : L’affaire Dreyfus

A la fin du XIXème et au début du XXème siècle, la France connaît un fort climat de haine à l’égard des minorités, en particulier les Juifs et les Protestants.
En 1894, l’affaire Dreyfus éclate, divisant la Nation en deux blocs inconciliables.
Paradoxalement, l’affaire renforce le pouvoir laïque en un front uni républicain.

C’est alors que l’on assiste à la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Vatican en 1904, ce qui rend caduc le Concordat mentionné plus haut.
Parallèlement, comme nous venons de le voir, la Troisième République a réorganisé l’enseignement public, par la séparation de l’Église et de l’État que nous allons détailler à présent.

C. DE 1905 A 1958

1. La loi de 1905

C’est donc la loi du 9 décembre 1905 qui codifie les principes de la laïcité en France.
Que dit la loi ?
La loi concernant la séparation des Églises et de l’État oppose deux conceptions sur la place des Églises en France pendant vingt-cinq ans.
Elle remplace le régime du Concordat de 1801, qui est toujours en vigueur en Alsace-Moselle pour des raisons historiques.
Le contenu de la loi en 1905
La nouvelle loi brise unilatéralement les engagements français relatifs au Concordat napoléonien qui régissait les rapports entre le gouvernement français et l’Église catholique. Elle invente la laïcité à la française de la manière suivante :
Article 1er : « La République assure la liberté de conscience, déjà formulée en 1789 ».
La loi confirme également le décret du 21 février 1795 sur la liberté du culte et la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte . »
La République n’ignore aucun culte, elle les connaît tous, mais n’en reconnaît aucun.

Il est dit aussi que les établissements publics du culte sont supprimés.
Ainsi donc, la date du 9 décembre 1905 est un nouveau jalon dans l’histoire de la laïcité, une renaissance en quelque sorte.
La dite Laïcité trouve spontanément sa place aux côtés de la triple devise républicaine connue dans le monde entier : Liberté, Egalité, Fraternité, auxquelles viendrait s’adjoindre tout naturellement la laïcité. Pourquoi pas ? N’est-elle pas un point d’équilibre fondamental pour notre République ?
Cette pratique concrétiserait l’aspect libéral du régime dont le principe est d’empêcher l’influence des religions dans l’exercice du pouvoir.
2. Evolution

a) Le Front populaire

Peu avant la Deuxième Guerre mondiale, le principe de laïcité est renforcé par le gouvernement du Front populaire.

b) La guerre de 40 : le régime de Vichy

Mais trois ans plus tard, le régime de Vichy remet largement en cause la laïcité, non seulement en favorisant l’enseignement privé catholique, mais aussi, ce qui est d’une tout autre gravité, en imposant aux Juifs un statut de famine, statut discriminatoire par toute une série de mesures : confiscation de leurs biens, interdiction de fréquenter les lieux publics, interdiction d’exercer faite aux professions libérales et aux enseignants, interdiction faite aux élèves ainsi qu’aux étudiants de suivre les cours, et enfin port de l’étoile jaune, haïssable ségrégation dont la pratique remonte à Saint Louis .

c) La Libération

A la Libération, l’affirmation de la France comme République laïque séparée des cultes, est officialisée par la Constitution de 1946 reprise elle-même par celle de 1958.
Alors, que disent les textes ?
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »
Cette notion est réaffirmée dans le domaine du travail de la manière suivante :
Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.
Ce qui précède voulait balayer l’affreux souvenir de la persécution des Juifs lors de la Shoah. Mais nul n’a oublié le voyage dont les étapes maudites se nomment Vel d’hiv, Drancy, Auschwitz, autant de pages d’histoire d’un crime contre l’humanité.
Eh bien, en voilà terminé avec un historique qui n’en finissait plus, pourriez-vous me dire.
III. La laïcité en France aujourd’hui de 1958 à nos jours

A. CONCEPTION DE LA NOUVELLE LAÏCITE FACE A L’ISLAM

Si l’on considère l’avènement de la Vème République avec Charles de Gaulle comme un tournant dans l’histoire de la laïcité, force est de constater que celle-ci poursuivit son petit bonhomme de chemin durant un certain temps.
Tant et si bien que la Vème République connut deux périodes successives, la première sans fait bien marquant et la seconde fort différente.

En effet, depuis la fin des années 1980, nombre d’événements portèrent atteinte à la laïcité.
L’on a assisté à un accroissement numérique des adeptes de l’Islam, désormais première religion du Monde et seconde religion de France.
N’allons pas oublier dans cette affaire quelques vérités premières ou soi-disant telles :
• Même si tous les Musulmans ne sont pas islamistes, la quasi totalité des attentats sont le fait de Musulmans.
• Non seulement l’islamisme est issu de l’Islam, mais ce dernier est fait de sous groupes et de sous sous groupes, les salafistes par exemple, dont l’agressivité varie selon le mode de lecture du Coran.

De fait, les choses se compliquent si l’on veut bien admettre que l’Islam n’est pas une religion, mais bel et bien depuis toujours un système politico-religieux qui utilise le divin pour justifier son idéologie totalitaire.

Mais l’on doit à la vérité de dire que ce point de vue n’emporte pas l’unanimité, nous allons y revenir.

En l’occurrence, dans la majorité des circonstances,
il se trouve que laïcité & Islam sont incompatibles.
Dès lors, que faut–il en conclure ?
Que la manifestation de l’Islam trouble l’ordre public et menace les citoyens non musulmans.
Exemple : le port du voile.
Le voile islamique trouble l’ordre public parce que pour les Musulmans, porter le voile islamique est un signe de respectabilité, et cela implique que les femmes non voilées ne sont pas respectables. Les femmes non musulmanes et les musulmanes non voilées, sont harcelées, insultées, agressées, violées.
Aujourd’hui la majorité des citoyens français peuvent mesurer ce qui sépare le Coran des textes fondateurs de leur patrie. Ce sont les musulmans qui n’ont pas compris le principe de la Laïcité.
En résumé, la laïcité est un principe fondamental de la République Française. La France est laïque ; c’est donc une erreur de dire que la laïcité s’oppose aux Musulmans. Ce sont les Musulmans qui s’opposent à la laïcité, et qui donc s’opposent à la France.
Nous ajouterons que les mouvements terroristes ainsi que leurs divers adeptes sont sans cesse plus nombreux et plus menaçants.
A ce sujet, nous partageons sans réserve l’opinion d’Elie Barnavi pour qui les conflits actuels sur la planète ne sont autres que des guerres de religion.

Avant d’aborder les champs d’application de la laïcité, il y a lieu de rappeler la position de Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux qui se présente étonnamment comme un défenseur ardent de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. A en croire ses écrits, la culture laïque refuse toute immixtion théologique dans le débat politique, et vice versa.
C’est dire que la religion doit rester apolitique. Le même Tareq Oubrou ajoute que la laïcité n’est pas une autre religion qui viendrait imposer ses dogmes.
Et surtout, Tareq Oubrou souhaite que le terrorisme ne soit pas un alibi pour convertir la laïcité en machine de guerre contre de pacifiques Musulmans.
Au total, le recteur en question se montre partisan de la laïcité. Cette position ne laisse pas de surprendre.
Mais en dernière analyse, cette orientation est en parfaite contradiction avec l’opinion de l’immense majorité des Musulmans ainsi d’ailleurs qu’avec les précédents écrits de l’auteur.
Dès lors, l’on peut se demander quelle foi faut-il ajouter à ces propos.

Et venons-en à l’étude de la mise en application pratique de cette satanée laïcité.

B. CHAMPS D’APPLICATION DE LA LAÏCITE

1) La femme et la laïcité

Avant toute chose, retenons que la situation des femmes vis-à-vis de la laïcité est la véritable pierre de touche de leur niveau d’émancipation.
• Droits des femmes vis-à-vis de la laïcité

Grâce à la laïcité, les femmes vont disposer librement d’elles-mêmes en maîtrisant leur descendance, ce qui offre la meilleure garantie d’égalité entre les sexes.
• Mariage

En 1804, le Code civil ne s’intéresse guère qu’aux droits des maris ainsi qu’aux devoirs des épouses.
Au fil du temps, plusieurs réformes seront votées.
Mais il faudra attendre 1965 pour que les femmes n’aient plus besoin de l’autorisation de leur mari pour choisir une profession, ouvrir un compte bancaire et avoir la pleine jouissance de leurs biens propres.
Certains aménagements verront le jour.
Aujourd’hui, en France, le viol entre époux est un crime ; c’est d’ailleurs devenu une circonstance aggravante depuis la loi de 2006.
• Droits politiques

Le 21 avril 1944, les femmes accèdent au droit de vote.
En 1999, la Constitution intègre le principe de parité entre sexes dans l’accès aux fonctions politiques. La réalité est tout autre.
• Libertés individuelles

Selon le rapport Stasi en 2003, des menaces importantes pèsent sur les libertés individuelles des femmes dans certains quartiers où elles sont vite stigmatisées comme femmes de mauvaise vie.
• Contraception et IVG

En France, toute femme a le droit de recourir à la contraception et d’interrompre ou non sa grossesse. Elle prend seule sa décision.
En 1968, l’ensemble des méthodes empêchant la fécondation ou l’interrompant sont exclues dans l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI.
En 1975, la loi Veil qui légalise l’avortement est adoptée après des débats d’une violence inouïe, certains députés n’ayant pas hésité à se déshonorer en traitant Simone Veil de nazie, elle, rescapée de Bergen-Belsen.
Cette loi fut un bond en avant. Mais aujourd’hui encore, tout est fait pour entraver son application.

• Choix du sexe du praticien

Certaines femmes, pour des raisons religieuses ou peut-être même par pudeur, préfèrent les soins d’un praticien de leur sexe.
Respecter cette coutume même en urgence peut mettre les jours de la patiente en danger. Affligeant.
2) Laïcité et enseignement

Condorcet, Victor Hugo, Jules Ferry, notamment, œuvrèrent à la création d’une école laïque qui accueille tous les enfants, sans distinction d’origine, de sexe ou d’option spirituelle de leurs parents.
La création d’une école publique et laïque au XIXème siècle fut une étape essentielle de la laïcité en France.
Depuis Jules Ferry, celle-ci passe par le monopole public des diplômes universitaires fondés sur des critères non religieux.
De nos jours, l’école met la laïcité à l’épreuve en révélant les tensions et les victoires de l’idéal républicain.
a) Enseignement public

L’école publique gratuite et laïque est un service que l’État français met à disposition de ses citoyens, quelles que soient leurs convictions ou leurs croyances ; ce principe garantit le droit d’accès à l’éducation pour tout un chacun.
L’alinéa 13 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, repris dans la Constitution de la Cinquième République, dispose que :
« La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la culture et à la formation professionnelle. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïc à tous les degrés est un devoir de l’État. »
Quelques problèmes pratiques
• Port de signes religieux par les élèves

La laïcité au sein de l’école vise à garantir la liberté de conscience des élèves ainsi qu’un climat serein pour la formation des futurs citoyens à l’abri des pressions de toutes natures.
Sous diverses appellations (affaire du voile, du voile Islamique, du foulard), un débat portant sur la question du port du voile islamique dans les écoles est né en France au milieu des années 1980.
Ce débat s’est finalement conclu par le vote d’une loi du 15 mars 2004 qui interdit les signes « manifestant ostensiblement une appartenance religieuse », dans les établissements d’enseignement primaire et secondaire. Cette loi ne s’applique qu’aux établissements publics.
• Port de signes religieux par les enseignants et les parents
En vertu du principe de neutralité du service public de l’enseignement, le personnel de l’enseignement public n’a pas le droit de manifester ostensiblement ses croyances religieuses.
Les parents d’élèves sont libres de leur habillement sauf s’ils encadrent une activité périscolaire.
• Aumôneries et établissements publics

Par la loi de 1905, la laïcité prévoit l’existence d’aumôneries et la prise en charge par l’État des crédits nécessaires pour assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.
• Cantines scolaires

A ce jour, il est navrant de constater que la bataille pour l’hallal au nom d’Allah fait encore rage.
Je trouve que ce genre de choses est une offense à la mémoire des victimes tuées froidement au nom du même Allah.
b) Enseignement privé

Le statut de l’enseignement privé catholique et notamment son financement par l’impôt, reste un sujet délicat. Jusqu’à une époque récente, ce sujet a été l’objet de vifs débats entre les tenants du monopole de l’enseignement public et les défenseurs de l’école libre, qui considèrent la liberté d’enseignement comme une conséquence naturelle des libertés de conscience, d’expression et d’association.
En 1959, la loi Debré stipule : « L’Etat proclame la liberté de l’enseignement et en garantit l’exercice aux établissements privés. Il y a deux types d’établissements scolaires privés : ceux sous contrat avec l’Etat et ceux hors contrat.
Ces derniers ne reçoivent qu’une aide publique très limitée pour le seul secondaire.
Quant aux établissements sous contrat, ils sont nés de la loi Debré qui propose plusieurs formules où peuvent varier les aides accordées ainsi que le degré d’indépendance.
En 1984, le ministre de l’Éducation nationale Savary propose un projet de Grand service public unifié et laïque de l’Éducation nationale.
La France tout entière est dans la rue. Après les manifestations monstres des défenseurs de l’école privée, le ministre renonce et démissionne.
c) Territoires faisant exception

Nous nous en tiendrons au cas de l’Alsace-Moselle.
Sous tutelle allemande depuis la fin de la guerre franco-allemande en 1871, l’Alsace-Moselle est toujours sous régime concordataire lorsqu’elle redevient française en 1918.
Aujourd’hui, la religion est enseignée dans les trois départements, de façon obligatoire à l’école primaire et au collège.
3) La laïcité dans l’espace public

Le débat public actuel revient régulièrement sur le comportement à adopter en la matière. La première difficulté surgit quand à la définition même de l’expression « espace public » qui n’emporte pas l’unanimité.
Deux principes gouvernent les décisions choisies :
• La neutralité absolue des agents publics et l’égalité de traitement des usagers.
• Le second principe peut faire l’objet d’aménagements particuliers.
C’est bien là que le bât blesse. En effet, comment concilier un Etat qui défend la liberté et l’égalité de tous avec une société qui veut exprimer les convictions de chacun.
Car la question est bien là : Si l’Etat est neutre en matière de croyances, la société ne l’est pas.
Voyons à présent ce qui se passe concrètement sur le terrain.
a) Port de signes religieux
• Dans les locaux d’un service public

Contrairement aux fonctionnaires, qui sont tenus de respecter le principe du service public, les usagers ne sont pas soumis à la même obligation. Ils ont le droit d’exprimer leurs convictions religieuses à condition de ne pas troubler l’ordre public.
• Dans les lieux privés accueillant du public

Le port de signes religieux dans des espaces privés accueillant du public provoque l’opposition des partisans de la laïcité.
De plus, si un signe religieux est une marque de discrimination, il faut réclamer son interdiction dans tous les lieux de la société civile accessibles au public, non pas au motif qu’il choque nos convictions, mais qu’il est contraire à l’égalité républicaine.
b) Divers interdits vestimentaires

L’actualité regorge de heurts plus ou moins violents concernant le voile et ses divers aspects anatomiques tels que la burka, le burkini sources d’interdits, non pas en fonction de la laïcité, mais au nom de la sécurité, de la courtoisie ou de l’ordre public.
Ajoutons que de ce point de vue, les avis peuvent être partagés au sein d’un même camp, ce qui ne fait qu’accentuer l’ambiguité du problème.
4) Liberté d’expression et laïcité.

En France, la liberté d’expression n’a de limites légales que celles basées sur la protection des libertés fondamentales et des personnes.
Dans le cadre laïque de la loi, l’expression religieuse et l’expression antireligieuse sont admissibles de la même façon ; il n’existe ni délit de prosélytisme, ni délit de blasphème sauf en Alsace-Moselle.

IV. Conclusion

Désormais, la laïcité doit rester la clé de la citoyenneté qui ne reconnaît que des droits et des devoirs.

Mais n’allons pas non plus la transformer en une série de nouveaux interdits risquant d’aboutir à l’extrémisme.
Néanmoins, à l’heure qu’il est, on ne peut faire abstraction du terrorisme générateur d’attentats aussi abjects et cruels que sauvages et barbares.
Face au terrorisme, la guerre est perdue d’avance et la laïcité demeure totalement désarmée par ses demandes de paix et de pardon.

Sauf à se comporter comme les kamikazes et appliquer cette antique loi du talion. Or, il se trouve que ses adeptes sont morts depuis longtemps.

En attendant leur résurrection, ne nous berçons donc point de douces paroles inutiles, inefficaces et purement dérisoires.
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Sur l’art. Jean yves fortin

EXPOS É AVEC R É SUM É SUR L ‘ART :
I. D É FINITION :
_ Les peintures rupestres sont les 1ere manières de s’exprimer par les formes et les couleurs, dans
cet art paléolithique (13 000 ans av. JC pour Lascaux), on y trouve des scènes de chasse, il est
probable que ces peintures et gravures soient réalisées pour accompagner les morts dans l’au delà.
Des gravures rupestres découvertes en Australie pourraient avoir la même signification.
_ Vers 3 000 av. JC, les bâtisseurs de pyramides apposent des hiéroglyphes sur les parois des
édifices religieux, funéraires et des colonnes, c’est un langage basé sur la réalisation de signes qui
ont aussi un aspect artistique, la calligraphie moderne est bien l’art de tracer les caractères de
l’écriture harmonieusement.
_ Les Mayas utilisent des éléments picturaux, les glyphes, d’un principe proche des hiéroglyphes.
_ Les Chinois, les Japonais, les Coréens, utilisent des idéogrammes qui représentent une idée de
façon très stylisée.
_ Citons aussi Jacques Prévert et Guillaume Apollinaire, écrivant des poèmes en disposant ses
phrases de telle manière que celle-ci forment un dessin, le calligramme.
_ Tous ces exemples sont là pour rappeler que le lien entre l’art pictural et le langage est étroit, la
peinture, le dessin et l’art visuel sont des moyens d’expression au même titre que l’écriture.
_ Je me dois aussi d’évoquer la sémiologie, qui utilise des images pour communiquer, et l’on
pourrait relever une citation de Daniel Bougnoux, qui affirme : « L’Homme descend davantage du
signe que du singe : il tient son humanité d’un certain régime symbolique ou signifiant. Nous vivons
moins parmi les choses que parmi une  » forêt de symboles » et comme dit Charles Baudelaire dans
le célèbre sonnet des  » Correspondances  » (…) L’empire des signes double ainsi notre monde
naturel . (…) Par tout un réseau de représentations codées et de signes qui sont autant de parechocs
opposés à la dureté du monde, nous enveloppons, nous filtrons et du même coup nous
maîtrisons le réel extérieur.
_ Définir l’art n’est pas chose aisée, mais l’on sait que l’art s’adresse aux sens, aux émotions, aux
intuitions et à l’intellect pour produire chez l’humain un état de sensibilité et d’éveil plus ou moins
lié au plaisir esthétique.
Nous verrons en conclusion que cette notion a été bousculée par de nouveaux domaines colonisés
par l’art.
_ Du XVe au XIXe siècle triomphent la  » mimesis  » (imitation du visible), et l’ordre classique avec
ses règles académiques, imprègnent la vision de l’art par l’idéologie du  » beau » tel que les ouvrages
de Léonard de Vinci et de Rubens, comme base de référence de l’activité artistique, permettant
d’inclure ou d’exclure ce qui appartient à l’art…Mais l’art a continuellement repoussé les frontières
de ce qui le défini.
_ L’art est donc une forme de langage qui peu à peu s’est émancipé, en s’affranchissant de l’espace,
du temps, des contraintes historiques, religieuses, idéologiques, sociologiques, sociétales, etc…Mais
ce qui est certain, c’est que l’art est une forme de langage qui nécessite de s’y initier.
Les critiques d’art qui essaient de nous initier semblent s’égarer eux-même, enfermant la créativité
artistique dans la  »prison » des mots par exemple, réduire les pratiques de Monet et Degas à
 »l’impressionnisme » ; ou bien voir dans le cubisme des sous périodes (Césarienne, analytique,
synthétique) pour découper un tout en phrases, ne doit pas nous faire oublier que l’œuvre de
l’artiste est un tout qui se déroule en phase où l’auteur évolue, voit le monde évoluer, certes, mais où
l’artiste évolue lui aussi.
Il faut aussi se méfier de certaines visions qui manquent d’objectivité, ce qui fut le cas pour Fra
Angelico qui fut catalogué de  »gothique attardé » ; sans parler du révolutionnaire Kasimir
Malevitch qui est en peinture un  » suprématiste  », alors que la peinture de ce dernier évolua vers
un art plus traditionnel (probablement poussé par la pression idéologique de son pays ?).
II. CLASSIFICATIONS :
La classification des arts varie suivant les évolutions de l’humanité :
II.1. DANS L’ANTIQUITE :
Les Grecs classent ces activités en neuf , dont chacune est parrainée par une Muse.
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1 / La poésie épique avec Calliope
2 / L’Histoire avec Clio
3 / La poésie érotique et lyrique avec Erato
4 / La musique avec Euterpe
5 / La tragédie avec Melpomène
6 / La pantomime, la rhétorique et les chants religieux avec Polymnie
7 / La danse et le chant choral avec Terpsichore
8 / La comédie avec Thalie
9 / L’astronomie et la géométrie avec Uranie
II.2. AU MOYEN-ÂGE :
Depuis le VIIIe siècle, les arts et les sciences se classifient ainsi :
II.2.1. Sept arts libéraux :
A / Le trivium (la science du langage) comprenant la rhétorique, la grammaire et la dialectique,
actuellement nous parlerions de philosophie.
B / Le quadrivium (la science des nombres) comprenant l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie,
la musique.
Les sept arts libéraux sont réalisés par des hommes libres, les nobles, les Maîtres.
II.2.2. Les arts mécaniques :
Ce sont des activités manuelles, réalisées par des  » artéfices » (en effet, au Moyen-Âge, artiste
signifie artisan) et leur activité regroupe les Beaux-Arts ( architecture, sculpture, peinture,
orfèvrerie) ; et les six corps marchands, qui consiste à fabriquer et à vendre, ce sont les
apothicaires : la mercerie, la draperie, l’épicerie, la sidérurgie, la verrerie, la coutellerie.
Au XIIe siècle, Hugues de Saint Victor énumère les sept sciences mécaniques : filage, architecture,
navigation, agriculture, chasse, médecine, théâtre.
Les arts mécaniques sont assignés aux domestiques, esclaves…
II.2.3. Les arts nobles :
Désignés ainsi car pratiqués par la noblesse, et comprenant :
_ Le maniement des armes, les arts martiaux, l’équitation, la chasse, la danse, le cérémonial, la
stratégie, les jeux d’échec, le jeu de paume et autre jeux nobles, la quintaine (c’est un mannequin en
bois sur poteau,  »taquiné » à la lance par chevalier).
II.3. A LA RENAISSANCE :
Le mot italien  » arte » désigne les Beaux-Arts. Le 7 juin 1652, l’Académie royale de peinture et de
sculpture est dotée du monopole de l’enseignement jusqu’alors monopole des Maîtres détenteurs de
boutiques.
II.4. AU XVIIIe SIECLE :
Emmanuel Kant en 1790 propose de sérier en trois catégories :
1 / Les arts de l’expression des idées dans l’intuition des sens, qui sont l’architecture, la peinture, la
sculpture.
2 / Les arts de la parole qui englobent la poésie et l’éloquence ( dans le code de la propriété
intellectuelle, les plaidoiries sont considérées comme le fruit du travail intellectuel dont l’auteur
conserve ses droits d’auteur, au même titre qu’un écrivain).
3 / L’art du beau jeu des sensations comprenant la musique, et l’art des couleurs.
II.5. AU XIXe SIÈCLE :
En 1818, Hegel distingue 5 arts classés depuis l’art le moins expressif mais le plus matériel, à l’art le
plus expressif mais le moins matériel, et qui s’égrainent de cette façon :
1 / L’architecture
2 / La sculpture
3 / La peinture
4 / La musique
5 / La poésie
II.6. AU XXe SIÈCLE :
La liste est portée à 9, voire à dix ; qui donne :
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er art, l’architecture
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2ème art, la sculpture
3ème art, les arts visuels tel que peinture, dessin, gravure, lithographie.
4ème art, les arts de la scène, comprenant le théâtre, le mime, le cirque
5ème art, la danse
6ème art, la musique
7ème art, le cinéma (long, moyen, court métrage), mais aussi les séries télévisées et les téléfilms dès
lors qu’ils ont une mise en scène et un scénario proche de celui du cinéma.
8ème art, les arts médiatiques, qui sont la radio, la télévision, la photographie
9ème art, la bande dessinée
10ème art, les arts multimédias, au nombre de 16, définition contestée par certain. Le 10e
art
regroupe les arts numériques, le jeu de rôle, le jeu vidéo, le modélisme, le maquettisme, l’art
culinaire, l’art de la table, la gastronomie, le graphisme, la calligraphie, la parfumerie, l’origami,
l’humour, l’aménagement de parcs et jardins, la prestidigitation, le tatouage.
II.7. Dans ces classifications, on ne retrouve pas les arts appliqués, dont l’activité est exercée par des
designers ; on devrait dire  »art appliqué à l’industrie » que l’on peut rapprocher de  »l’art déco » où
les éléments en staff (plâtre moulé) contribuent à la décoration de l’art baroque.
Les arts appliqués comprennent aussi les métiers d’art ; artisanat concernant la bijouterie,
coutellerie, joaillerie, orfèvrerie, céramique, mosaïque, ciselure, sculpture sur bois, ébénisterie,
dorure, encadrement, menuisier en sièges, dinanderie (travail des feuilles de cuivre et d’étain par
martelage pour créer des objets) , fonderie, forge, gravure, typographie, maréchalerie, horlogerie,
miroiterie, verrerie, vitrail, zinguerie, laque (peint, gravé, sculpté), conservation et restauration du
patrimoine, reliure, architecture d’intérieur et décoration, graphisme, illustration, photographie, la
mode et le design textile, facture instrumentale, etc.
II.8. Les arts plastiques sont assez imprécis suivant les pays, ils sont réalisés par des plasticiens, de
façon amateur, artisanale ou commerciale ; ils se distinguent de la musique et des spectacles du
vivant (théâtre, danse, cirque) de la littérature et de l’architecture parfois.
II.9. Les Beaux-Arts regroupent en occident la peinture, la sculpture, l’architecture, la musique, la
poésie, le théâtre, la danse, la gravure, le chant, mais comme la définition reste floue, on peut se dire
que les Beaux-Arts sont toutes les disciplines enseignées à l’école Nationale supérieure des BeauxArts
de Paris, à savoir : l’architecture, la peinture, les fresques, le dessin, la sculpture, la gravure, la
lithographie, la gravure de médailles, l’art monumentale et le vitrail.
III. 1er
ART L’ARCHITECTURE :
_ C’est l’art de construire des édifices selon des proportions et de règles déterminées, pour
permettre une activité donnée.
Les civilisations méditerranéennes construisent avec de la pierre, le Nord de l’Europe avec du bois
essentiellement. L’usage de l’acier modifie les techniques de construction, puis le béton armé,
offrant de nouvelles perspectives.
_ XIXe, avec la révolution industrielle, de nouveaux matériaux sont utilisés : 1889, exposition universelle de Londres et de
Paris. Les bâtiments sont édifiés avec de l’acier et du verre ; c’est le Crystal Palace de Londres en 1855, à Paris, seule la
tour Eiffel a subsisté au vandalisme, à Chicago, les architectes construisent les 1er gratte-ciel et créent les murs-rideau, et
en réaction anti-moderne se créé des Arts and Crafts par Philippe Webb, usant de matériaux anciens et populaires.
_ XXe siècle, c’est le modernisme, en 1910, l’invention du béton armé révolutionne l’architecture. _ Le béton armé (B.A.
pour les initiés), est un mariage heureux entre le béton et l’acier, le béton résiste à la compression mais pas à la traction,
l’acier résiste à la traction mais pas à la compression, ils ont tous deux le même coefficient de dilatation, de sorte qu’ils ne
se détruisent pas l’un et l’autre, et enfin, lorsque le béton est coulé, une réaction chimique qui transforme le béton passive
les aciers, protégeant les aciers contre la rouille.
_ En 1917, au Pays-Bas, le mouvement Stijl (style) est créé par les peintres Theo Van Doesburg et Piet Mondrian. Ce
dernier pense que la peinture doit imposer la suprématie sur l’architecture qui reste contrainte par le matériaux et la
fonction. Van Doesburg, lui, veut abolir l’architecture par la peinture, en utilisant l’oblique, opposé aux horizontales, et par
la couleur, qui camoufle les portes et les fenêtres.
Le Corbusier (Charles Édouard Jeanneret) utilise la lumière pour arriver à rythmer l’espace. Le Corbusier applique le
 »nombre d’or » à ses constructions, une proportion entre les 2 côtés d’un rectangle est appelé la  »divine proportion »,
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ce nombre correspond à φ = 1,618,,, = ½ (1+√5) que le Corbusier nommera le modulor ; il servira d’abaque pour les
proportions dans les constructions qu’il réalisera. Les Grecs ont utilisé le nombre d’or pour la construction du Parthénon.
Complément hors exposé, histoire, évolution, tendances.
Le 1er architecte est Dédale, qui dans la mythologie grecque construit un labyrinthe réputé parfait, celui qui y entre ne peut
plus en sortir, le Minotaure y habitait jusqu’à ce que Thésée le tue, Dédale et son fils Icare y furent enfermés sur ordre du roi
de Crète, Minos, ils s’enfuient en réalisant des ailes avec des plumes d’oiseaux, du fil issue de la toge de Dédale et de la cire.
_ Le traité de Vitruve est le seul ouvrage connu de l’Antiquité sous le titre  »De l’architecture ». Dans L’Antiquité, l’architecture
concerne surtout les monuments funéraires ou religieux, ainsi que les résidences des puissants :
- Par exemple la pyramide de Giseh en 2300 av. JC ~.
- Les temples, de Thèbes vers 2150 av. JC, temple de Karnak (ex Thèbe) de Deir-el-Bahari en Egypte vers 1520 av. JC, temple
d’Abou-Simbel vers 1250 av. JC pour le pharaon, temple doriques puis ioniques vers 600 av. JC.
- Temples mayas de forme pyramidale du IVe siècle avant Jésus Christ jusqu’en 1697,
- Les civilisations mycénienne, romaines, où l’on construit des édifices massifs, ornés de sculptures.
- Ankor, édifice massif au Cambodge, la cité interdite en Chine, etc…
_ Le Haut-Moyen-Âge voit une évolution religieuse des monuments, découlant de la décision de l’empereur Constantin en 313,
autorisant la liberté des cultes, le christianisme s’impose, les communautés bâtissent des basiliques : St Jean de Latrau à
Rome en 313, Sainte-Marie-Majeure en 432, St-Vital à Ravenne en 565, monastères en Europe centrale vers 600, grande
mosquée de Cordoue en 785, Saint-Michel de Cuxa en Catalogne en 987. Ces monuments sont massifs, l’acoustique y est assez
médiocre. L’architecture carolingienne ne fait qu’embellir le style précédent. Saint Benoît au VIe siècle élabore la règle
bénédictine, la vie de la communauté les contraignent à vivre dans un claustrum, clôture qui protège de l’extérieur, pour se
concentrer sur une vie monastique, dans laquelle les espaces abbatials et les bâtiments de vie sont disposés autour d’un cloître
à galerie, comme en témoigne le plan de l’abbaye de Reichenau pour l’abbé de Saint-Gall, vers 820/830 .
_ De 1000 à 1130, c’est l’art roman : abbaye du Mont Saint Michel en 1024, 1063 à 1098 reconstruction de la basilique StMarc
de Venise, mais aussi Pise, San Isidro, San Miniato en Espagne, Saint Jacques de Compostelle en 1075, cathédrale de
Winchester en 1079, etc.
_ de 1130 à 1190, 1er art gothique : cathédrales de Tournai, St Denis, Chartres, Sens ? Laon, Notre-Dame de Paris en 1163.
_ A compter de 1190, c’est le gothique classique : cathédrales de Chartres en 1194, Rouen en 1202, Amiens en 1220, Beauvais
en 1225, Léon en 1250, Mont Saint Michel partie gothique vers 1225, Tolède, Toulouse. Une petite anecdote : le clergé
demande que la cathédrale de Beauvais soit construite à une hauteur de 144 pieds, comme celle d’Amiens, mais elle fut
légèrement plus haute, car les bâtisseurs utilisèrent le  »pied du Rey » pour Beauvais, au lieu du pied romain, le pied du Rey est
légèrement plus long que le pied romain, les bâtisseurs de Beauvais pouvaient ainsi d’avoir une cathédrale plus haute que
celle d’Amiens tout en ayant respecté les directives des autorités religieuses.
_ A compter de 1230, c’est le gothique rayonnant : cathédrale de Strasbourg en 1235, abbaye de Westminster en 1245,
Cologne en 1248, Sainte Chapelle consacrée en 1248, Pise, Albi, Sienne, Florence, avec Santa Maria dei Fiori, sauf le Dôme.
_ Les vitraux délivrent un message coloré et symbolique, interprété comme le reflet de la lumière céleste.
_ L’Europe du Moyen-Âge est marqué par une architecture civile et militaire défensive, par des Châteaux-Forts seigneuriaux,
des palais de Bourgeois ostentatoires, des Hôtels de Ville symbole de l’autorité.
_ XVe siècle : en 1420, en Toscane, Florence, le concours d’architecture aura pour lauréat Filippo Brunelleschi et Ghiberti
pour réaliser la coupole avec le contremaître Battista d’Antonio. En 1436, nouveau concours, le lauréat est Brunelleschi pour
la lanterne, et Léon Battista Alberti écrira « Quel architecte avant toi, Filippo [Brunelleschi] , a osé construire un ensemble de
pareille dimension, dressé vers le ciel, assez large pour pouvoir couvrir de son ombre tous les Toscans et exécuté sans l’aide de
cintres ni de charpente ? Ton habileté est si grande […] qu’elle paraît aussi incroyable aux contemporains qu’elle était ignorée
des anciens. »
_ XVIe siècle, C’est la Renaissance et la construction des château de la Loire:Chambord en 1519, Chenonceau en 1522,
Fontainebleau en 1527, Palais du Louvre en 1545, château d’Anet en 1548, Palais des Tuileries en 1562, Blois en 1515/1530,
Versailles en 1661, achèvement de Saint Pierre de Rome en 1656.
_ XVIIe siècle, style baroque.
_ XVIIIe, c’est l’architecture des lumières, les architectes comme Étienne Louis Bouillée ou Claude Nicolas Ledoux cherchent à
imprimer à l’architecture les mêmes lois physiques et morales que celles qui dominent la nature.
_ XIXe siècle, c’est le siècle des néo (néogrec, néo renaissance, néogothique), mais c’est aussi l’utilisation de l’acier pour
restaurer les monuments, Eugène Viollet le Duc (1814-1874), est architecte des monuments historique de France, il veut en
finir avec l’ornement, l’acier remplace la pierre, allégeant ainsi la structure porteuse. En Grande Bretagne, Augustus W. N.
Pugin (1812-1852) veut aussi rompre avec la vision pittoresque du XIXe.
Notons un autre architecte connu, Fernand Pouillon, qui construisit des logements : reconstruction de la ville de Toulon après
les bombardements, logements en Afrique, etc.
Un autre architecte français de renommée internationale, Jean Novel, lauréat d’un concours d’architectes pour des
constructions au Japon…
IV. 2ème ART, LA SCULPTURE :
_ C’est la création en 3 dimensions d’une idée, d’une forme, d’un concept, en utilisant des
matériaux ou parfois des médiums non traditionnels.
Depuis l’Antiquité, la sculpture est réaliste, Rodin rompt avec le réalisme figé en sculptant un 2eme
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pied pour symboliser le mouvement. Au XXe siècle, toutes les conventions sont atomisées. Parfois,
les matériaux sont surprenant, le beau cède le pas à la volonté d’étonner, les œuvres sont animées, et
la volonté de faire participer le spectateur se retrouve souvent dans l’esprit du créateur.
_ Auguste Rodin bouleverse les méthodes de travail en réalisant des assemblages pour réaliser une œuvre, plutôt qu’un
élément monobloc, il réalise aussi une dissociation entre l’entier du corps humain et le rendu du mouvement en réalisant 2
pieds pour une même représentation du mouvement figé à un moment différent, il inspirera les sculpteurs du XXe siècle.
_ Le mouvement Dada, contestataire, subversif, expérimente avec humour et provocation, Marcel Duchamp réalise l’œuvre
 »Roue de bicyclette » où il assemble une roue de bicyclette et un tabouret, pour résoudre de manière ironique la figuration
du mouvement et de la vitesse. Raoul Hausmann dans  »Tête mécanique » utilise du bois, du cuir, des métaux, du carton, de
la corne du caoutchouc, ruban etc. pour désenclaver le sculpture.
_ L’intégration d’objets réels dans l’espace de l’œuvre est une nouvelle révolution de l’art, dans  »Merzbau », Kurt
Schwitters transforme son espace vital par l’assemblage et collage d’objets qui débordent et semblent se débarrasser du
support, afin d’inclure l’art dans la vie. Le niçois Jean-Pierre Augier qui utilise de vieux outils recyclés et transformés pour
confectionner des sculptures métalliques. L’artiste Christina Tufino à Porto Rico, amasse des objets, des images, des
matériaux et informations pour les aménager dans une disposition particulière.
_ Marcel Duchamp créé l’art conceptuel, son intention est de sortir de l’art, mais en réalité, les ready-made et les objets
cinétiques apportent une dimension nouvelle à la sculpture moderne et à l’esthétisme.
_ Le  »Modulateur espace lumière » de László Moholy-Nagy en métal, plastique et bois et un moteur, qui permet au
spectateur de voir l’effet de la lumière dans l’espace sans voir forcément le modulateur lui-même ; c’est l’Op Art ou Optical
Art. Pour se moquer des productions qui donnent de l’importance au geste de l’artiste, Tinguely réalise la  »Meta-matic n°
1 » qui permet au public qui veut bien l’actionner de produire automatiquement et à la chaîne des œuvres abstraites sur des
papiers avec des feutres.
_ La définition de l’art minimal, suivant Donald Judd se résume ainsi : « le travail de l’artiste, c’est de placer une chose
après l’autre, » ; en effet, les objets sont produits industriellement, la couleur est incorporée dès la conception, ils se
distinguent des objets de la vie courante par une spécificité indéfinissable ; le spectateur ne contemple pas, il touche,
perçoit, tourne , contourne, à cause de l’œuvre ;
exemple  »clar-clara » de Richard Serra obligeant à contourner ce mur nommé sculpture importune ; autre exemple,
l’oeuvre de Carl André où les sculptures sont posées à terre comme des tapis ; autre exemple, les  »L Beams » de Morris
Robert, en contreplaqué peint, disposées et combinées suivant l’espace d’accueil par l’exposant à qui l’artiste a délégué une
partie du travail.
_ Fluxus serait l’art de rejeter l’art : dans  »Piano activities » les artistes (si on peut les qualifier ainsi) jouent un morceau
du compositeur Philipp Corner pendant 5 jours, mais ils démontent en même temps ce même piano en le sciant, le cassant,
l’arrachant, le clouant, puis finalement en le brûlant.
_  »L’arte povera » se propose d’extraire l’énergie brute des choses et des matières naturelles plutôt que les artifices du
langage de l’art : ils exposent un journal à terre, un tas de charbon, un drapeau au mur comme  »Arte povera in spazio » ,
Jannis Kounellis expose des chevaux vivants, après le socle supprimé, il n’expose plus la monture, mais son modèle vivant.
Ce mouvement est défini ainsi par Germano Celant : « La banalité est élevée au rang de l’art. L’insignifiant commence à
exister, il s’impose même, La présence physique, le comportement, tels qu’ils sont et qu’ils existent, sont artistiques ».
_ Le Land Art sort des galeries et utilise le paysage souvent en déplaçant simplement des éléments naturels, la photographie
fige cet art éphémère, par exemple  »Spiral Jetty » de Robert Smithson composé de boue, sel, rochers et d’eau, est réalisée au
bulldozer ; autre exemple, l’œuvre de Long Richard « An eleven Day Walk in the Mountains North of Kyoto: Along the way »,
où il dépose de la neige par tas alignés, marquant son passage dans un paysage neigeux et une route sombre en bitume.
_ Le Body Art, c’est la rupture avec l’image du corps socialisé, le corps est utilisé par l’artiste ; un exemple : en 1958, le
corps nu de femmes enduites de peinture bleu se transforment en pinceaux vivants et se posent sur des toiles blanches selon
Yves Klein.
_ 1961, Piero Manzoni oppose sa signature au bas du dos de ses modèles qu’il qualifie de « sculptures vivantes » .
_ 1971, Chris Burden demande à son assistante de lui tirer une balle de calibre 22 dans le bras pour rappeler la conquête
américaine, et pour dénoncer la violence des USA au Vietnam.
_ 1969, (pendant que d’autres marchent sur la lune) Michel Journiac subit une prise de sang, il fait cuire ce sang et l’offre
aux spectateurs. Ce besoin de communiquer sans le verbe, mais par l’émotion veut renouer avec 4 fondamentaux que l’art
traditionnel a oublié : naissance, jouissance, souffrance mort.
_ En 1991, un tournant important de la conception de l’art a lieu, nous y feront
référence plus tard dans l’exposé, en effet, lors de la biennale de Venise, le premier prix
de sculpture est décerné au couple Becker (Hilla et Bernhard), photographes, par le
jury qui cherche à affirmer l’obsolescence des étiquettes traditionnelles : ce qui unit les
œuvres se trouverait bien plus dans l’identité des problèmes abordés que dans une
communauté réelle des techniques utilisées. Les images des bâtiments industriels
abandonnés photographiés et présentés comme des sculptures est considéré comme une
œuvre sculpturale.
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_ USA, 1965, Art Minimal, le minimalisme est débarrassé de tout acte créatif de l’artiste, ce ne sont ni des tableaux, ni des
sculptures, ni des ready-mades, ce qui les distingue des objets de la vie courante est une  »certaine spécificité
indéfinissable ». L’art minimal s’appréhende corporellement, on ne le contemple pas, on le touche, on tourne autour, on
marche dessus, à la limite, est-ce le 2e
ou le 3e
art ? Ou est-ce de l’art tout simplement ?
Les artistes : Robert Morris, Carl Andre, Dan Flavin, Donald Judd.
_ USA, 1974, à New York, Beuys mène une action publique : l’artiste se fait transporter dans une civière de l’aéroport de
NY jusqu’à la galerie Manhattan (pour ne pas poser le pied à terre) et pendant plusieurs jours, il vit reclus (mais visible)
avec un coyote symbolisant le 1er être en terre d’Amérique, il qualifie cette action: coyote : « I like America and America
likes me », il est en finalité ce qui doit être vu, senti, touché…Qu’il résume par « l’élément le plus important pour celui qui
regarde mes objets, est ma thèse fondamentale : chaque homme est un artiste. C’est même là ma contribution à  »l’histoire
de l’art ».
_ A New York, Francis Picabia et Marcel Duchamp, Man Ray, Morton Schamberg travaillent sur les  »ready-mades » c’est à
dire des objets manufacturés qui sont éventuellement modifiés, et qui sont élevés au rang d’objet d’art par le seul choix de
l’artiste. Un rappel d’une anecdote : Un artiste avait utilisé une baignoire dans laquelle il avait créé un décor à la pâte
dentifrice comme ready-made. Une femme de ménage croyant bien faire, nettoie la baignoire de ce musée, le conservateur
du musée est catastrophé et l’artiste demande des dommages et intérêts pour son œuvre détériorée.
_ 1979, Richard Deacon participe à la naissance de la Nouvelle Sculpture Anglaise, jouant sur les pleins et les vides de
formes courbe, puis en 1999, il jouera sur la céramique et les couleurs.
_ USA, 1986, à New York, la galerie Sonnabend expose le Group Show, dont :
- Jeff Koons, l’artiste vivant dont les œuvres se vendent le plus cher au monde, parmi les 10 œuvres les plus connues, on
relève les scuptures : Balloon Dog, Puppy (Allemagne), Tulips (œuvre de 2 m de haut et 5 m de large), Rabbit (lapin en
acier inox), Mickael Jackson and Bubbles, etc.
_ Cristina Iglesias commence une carrière internationale par des sculptures monumentales.
_ France, 2000, Hervé di Rosa fonde le MIAM (Musée international d’Art modeste) à Sète où des artistes de la planète
exposent et où le questionnement sur les frontières de l’art contemporain sont posées. L’art noble est défini suivant H. di
Rosa par le mélange entre l’art noble et les objets du quotidien artisanaux, avec une relation émotionnelle. Son univers
narratif utilise les techniques diverses : peintures, sculptures, bandes dessinées, tapisseries, estampes, fresques, laqués,
argent repoussé, céramiques, dessins animés, images numériques, etc.
_ Venise, 1995, à la biennale, l’essayiste et académicien Jean Clair s’exprime sur  »Identité et altérité » où il se demande si
l’art contemporain est réellement de l’art, considérant l’art antique comme inégalable.
[On voit ici une convergence des opinions entre les nazies avec l'art dégénéré et ce membre de l'Académie française sur cette
conception étriquée de l'art].
_ Allemagne, 1995, à la manifestation Documenta à Cassel (qui est considéré comme un évènement majeur de l’art
contemporain) , Catherine David, auteure, essayiste, conservateur d’un musée d’art contemporain à Paris, s’exprime sur
 »l’insertion de l’art dans l’espace social ».
[Donc un point de vue carrément opposé à celui de Jean Clair.]
_ France, 2000, à la biennale de Lyon, le thème de l’expo est  »partage et exotisme », l’allocution d’ouverture rappelle les 8
préoccupations humaines majeures : « vêtir, habiter, manger, aimer, changer, combattre, souffrir, mourir » +
_ 2016, Pojtr Pawlenski, artiste russe, pour protester contre le régime totalitaire de Poutine, s’affiche sur la Place Rouge
tout nu avec une aiguille plantée dans un testicule ; il est évacué par la police ; il s’enroule nu dans du fil de fer barbelé, la
police le libère avec une pince coupe-boulons et l’évacue ; nouvelle apparition publique où il se coud la bouche pour
protester contre le manque de liberté d’expression. Les Services Secrets montent une accusation de viol d’une journaliste,
au procès, il est acquitté, la personne en question était consentante et sa femme aussi : ces mêmes Services Secrets utilisent
les images d’une caméra de surveillance où il aurait agressé sexuellement une personne, ces diffamations sont couramment
utilisées par les S. Secrets russes ; et la condamnation tombe : ou il est déporté au Goulag avec sa femme pendant 10 ans et
ses enfants placés, ou il s’exile hors de Russie. Il choisit l’exil, et finit par demander l’asile politique à Paris.
Complément hors exposé, histoire, évolution, tendances.
_ Dès l’Antiquité, les sculpteurs respectent des propositions du corps humain que l’on nomme les canons. Les œuvres exaltent
la beauté du corps au travers de personnages, mais elles figent pour la postérité des victoires militaires, ou bien des stèles
funéraires, ces œuvre sont réalisées en marbre, parfois en métaux nobles, ou en bronze pour les sculptures de masse
importante. Les civilisations Mayas, Cambodgiennes, chinoises, égyptiennes, utilisent le relief et bas relief pour relater la vie
des monarques, et des exploits guerriers.
_ En 210 av. JC, l’empereur Qin Shihuangdi meurt, il sera enseveli sur le mont Li à Xi’an, où 7000 statues de terre cuite
veillent sur le tumulus du défunt.
_ Les Celtes de la Gaule, comme bien d’autres peuples, réalisent des statuettes en bronze pour rendre hommage à leurs Dieux,
Tanaris équivalent au Jupiter romain, Sucellus armé d’un maillet et d’un pot ou d’une faucille, le père de la nation celtique
selon César dans la  »guerre des Gaules » , il est l’équivalent du Dieu romain Sylvain, Dieu des limites, des frontières et du
 »sauvage ».
_ La croix de Muiredach dans le comté de Lough en Irlande est décoré de reliefs schématisant une synthèse de l’art celtes et de
la tradition paléochrétienne.
_ Au VIe siècle, les chapiteaux et impostes s’ornent de représentations humaines schématisées, abandonnant l’art antique et
son canon pour se rapprocher de l’art byzantin, marquant un refus du réalisme.
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_ A compter de 1100, les frises en rinceau (représentant des végétaux s’enroulant successivement) laissent la place à une
ornementation iconographique, surtout autour de la porte d’entrée des églises et cathédrales, afin de marquer la transition
entre le monde extérieur et l’espace sacré, des scènes d’apocalypse et de jugement dernier pour marquer symboliquement la fin
glorieuse du temps humain (l’extérieur) et l’avènement éternel de l’ordre divin (l’intérieur de l’édifice, la maison de Dieu),
l’Ascension et la Pentecôte sont parfois abordés, c’est une période très pieuse, chaque ville veut avoir son église ou sa
cathédrale, c’est aussi la période des croisades, les invasions vikings ne sont plus qu’un mauvais souvenir.
_ 1200, c’est l’art gothique, 1300, l’art courtois est un retour à la précision de la réalité et une gracilité des formes, adieu
l’abstraction romane, à la fin du XIIIe , Paris jouit d’une hégémonie politique et artistique.
_ Au XVe siècle, l’abandon du style gothique marque le retour au langage plastique de l’Antiquité ; Donatello à Florence dont
l’épitaphe est élogieuse : Tout ce qu’avec une main experte beaucoup ont fait jadis pour la sculpture, Donato l’a fait de nos
jour à lui seul. » Ghiberti maîtrise les techniques du bronze, de la perspective, dans la réalisation de relief en bronze pour le
monument emblématique de Florence. _ En 1948, Michel-Ange reçoit la commande d’une piéta. La commande stipule qu’elle
doit être « la plus belle œuvre en marbre existant à ce jour » , il sculpte une vierge aux traits juvéniles, puis David, emblème
de Florence, le pape Jules II lui commande les fresques de la chapelle sixtine, 12 statues inachevées d’esclaves symbolisent
l’âme prisonnières du corps.
_ XVIe siècle, le maniérisme est une période de crise, la volonté de soumettre l’art au service de la gloire princière et la
conscience humaine en déséquilibre, l’intention d’échapper à l’imitation du réel, vouloir autonomiser l’art, développer une
pratique indépendante et virtuose, est un dénominateur commun à toute l’Europe.
_ XVIIe siècle, c’est l’apogée de la sculpture et des arts, pourtant, les famines, la peste, les guerres, révolutions, etc. ne
devraient pas être propice à cet art baroque qui représente le pouvoir comme enjeu essentiel, favorisant le mouvement et la
métamorphose, en laissant les contours dans le flou, signe des incertitudes du siècle.
_ XVIIIe siècle, retour des canons esthétiques de l’Antiquité, pour traduire la nature humaine, interprétée avec du marbre mais
parfois avec d’autres matériaux (plâtre, terre cuite, etc.).
_ XIXe siècle, la France et l’école des Beaux-Arts s’imposent du fait de la volonté de Napoléon 1er, mais le naturalisme
préférant les modèles vivants plutôt que la référence aux canons antiques. Les matériaux sont diversifiés : bronze, plâtre,
marbre, pierre, terre.
_ Le 4 juillet 1884 (fête nationale US), la statue de la Liberté est offerte par la France aux USA, réalisé par Auguste Bartholdi,
l’armature métallique est calculée par Gustave Eiffel, le soubassement est réalisé par les USA.
_ XXe siècle, les artistes s’insurgent et prennent pour modèle le  »primitif » non souillé par l’héritage classique : Brancusi,
Amadéo Modigliani, Marcel Janco utilisent ce style primitivisme, les matériaux sont variés, plâtre sur support métallique
pour Brancusi, roche tendre pour Modigliani, papier, carton et ficelle pour Janco.
_ L’influence cubiste se répand en Europe, par exemple l’œuvre de Henri Laurens  »le fumeur » réalisé en bois et tôles
polychromes.
_ Le futurisme se traduit par la recherche de l’expression du mouvement comme fil continue dans l’espace (cf. Umbesto
Boccioni).
_ Le Bauhaus (école d’art et d’architecture allemande) cherche une nouvelle conception de l’art, et enseigne au début un retour
au mouvement anglais  »Arts and Crafts » ; sous l’autorité de Johannes Itten ; Laszló Moholy-Nagy remplace Itten en 1923, et
réoriente vers le réel, c’est le début du design en fait, les matériaux tels que le fer, le cuir, le verre sont sensés répondre au
besoin de créer des œuvres qui répondent au besoin de consommation de masse (utopique en fait, vu le coût) , exemple :
 »Fauteuil » de Marcel Breuer, réalisé en acier chromé et tissu.
_ Les sculpteurs abandonnent certains principes du passé , la disparition du socle par exemple, pour mettre le spectateur au
même niveau que l’œuvre ; c’est le cas d’un morceau de métro installé dans le musée de Budapest, où le spectateur est invité à
entrer dans l’œuvre, ou encore au musée Max Ernst à Budapest, où l’on voit deux miroirs placé en vis à vis et où le spectateur
voit ces miroirs se refléter à l’infinie , ou encore dans ce musée, un store californien à lames métalliques avec un décor qui
change lorsque le spectateur fait tourner les lames avec la télécommande.
_ Les sculptures sont assemblées sans taille directe ni moulage, comme le fit Rodin, se sont des éléments assemblés par
soudages, ou des matériaux hétérogènes (cf. Picasso, Brancusi, Giacometti alberto, Julio González, Henry Moore. ),
_ Les régimes totalitaires mettent l’art au pas : en URSS, Vladimir Tatline réalise la  »maquette du Monument à la IIIe
Internationale » ; Arno Breker en supporter de la propagande nazi réalise des sculptures suivant les canons antiques ; l’art
dégénéré est opposé à l’art officiel ; des revues s’opposent au nazisme, telle que l’AIZ (journal de gauche illustré) ou le Rote
Front (Front Rouge), le Bauhaus voit ses artistes s’exiler au USA.
_ Le constructivisme tente l’intégration de la sculpture dans l’espace réel et sa possible interaction en métal, plastique et bois
sur celui-ci, répondant au souhait de Tatline : faire entrer des matériaux vrais dans l’espace vrai.
_ Au musée Max Ernst de Budapest, on peut voir dans une salle la projection cinématographique d’un pont alternant
circulation automobile et circulation piétonne, les prises de vues sont coupées dans un axe vertical, de sorte que l’alternance
décalée des vues créée une vision illogique, les voitures sur une moitié du pont deviennent des piétons sur l’autre moitié, le
pont étant transbordeur, une troisième vision nous donne l’illusion que les voitures ou les piétons disparaissent à la frontière
de cet axe pendant qu’un demi bateau passe sur la demi partie du pont levé.
_ Le  »disque blanc, disque noir » de Alexander Calder composé de bois, métal peint et tiges d’acier est un exemple d’art
cinématique, un moteur fait tourner les deux disques, générant un mouvement régulier.
_ Le  »Floor-Burger » de Claes Oldenburg, sculpture reproduisant un hamburger géant réalisé en tissus bourré de kapok et
vinyle, qui continue cette volonté de perméabilité entre le réel et l’irréel, l’utile et l’inutile, l’objet commun et l’irréalité de cette
œuvre par sa taille et ses matières non comestibles.
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_ Les poutres de bois empilées réalisées par le minimaliste Carl André ressemblent aux empilements du constructiviste
Rodtchenko en 1920.
_ Richard Serra, publie en 1967 une longue liste de verbes qui, selon l’auteur, sont synonymes de sculpter, parmi ceux-ci on
trouve  »suspendre »,  »effacer »,  »joindre ».
_ L’artiste n’est donc plus tenu de rester fidèle à une technique, un métier, c’est le propos qui détermine la forme de l’œuvre et
le moyen de représentation.
_ Photo-réalisme, un artiste John De Andrea pose l’interrogation froide du corps nu devant ses modèles ; et Duane Hanson
maquille un mannequin en résine, photo ou sculpture ?
_ Pour exprimer le super-réalisme de Robert Cothingham utilise des enseignes lumineuses.
_ La post-modernité est un terme qui a été utilisé comme  »bon à tout faire » dans l’art.
_ USA, 1986, à New York, la galerie Sonnabend expose le Group Show, dont :
- Peter Halley, œuvres d’art géométriques très colorées.
- Ashley Bickerton, portraits acryliques et plastiques collés, sculptures , compositions géométriques très colorées.
- Meyer Weisman,
_ Paris, 2016, 43e
édition du  »centre nerveux d’art contemporain » ( la FIAC), le 20 octobre, où sont exposées des peintures,
des sculptures, des photographies, et des œuvres sonores, de 186 galeristes, dont 133 étrangères et 42 nouveaux exposants de
27 pays, et un service de méditation assuré par les élèves de l’École du Louvre. Il présentent, analysent et commentent auprès
du public les œuvres exposées.
_ France, 2011, Jean Clair, après avoir publié en 1995  »Identità et altérità, figure del corpo », puis  »Paradis perdu, l’Europe
symboliste », puis en 2007  »Malaise dans les musées », il publie  »L’hiver de la culture », il écrit une critique sévère de l’art
contemporain, dénonçant ces œuvres  »kitch », le culte du culturel, s’interroge sur l’art du corps, citant Robert Gober qui utilise
de la cire d’abeille et des poils humains pour ses sculptures, ainsi que André Cerrano qui utilise du sang et du sperme, ensuite
Mark Quinn qui enduit son buste avec son sang congelé puis Wim Delvoye qui créé une machine ou sculpture ? Qui n’est rien
d’autre qu’une pompe à merde baptisée  »cloaca » puis enfin Mona Hatoum qui fait des vidéos d’endoscopies, et enfin il dénonce
les actions de Muels, Koons, Hirst.
V- 3ème ART, LES ARTS VISUELS, PEINTURE, DESSIN, GRAVURE, LITHOGRAPHIE :
_ C’est la représentation de formes visibles ou l’évocation de figures imaginaires par la couleur
pour la peinture et la lithographie, par le trait ou le frottis pour le dessin et la gravure.
L’art visuel reste figuratif jusqu’au 20e
siècle. Au 15e
siècle, Van Dick utilise la peinture avec huile
siccative. A partir de la fin du 19e
les techniques pour représenter le réel évoluent, en partie grâce à
l’invention du tube de peinture à l’huile. Dès la 1ère guerre mondiale, la logique du réel est boudée
par les surréalistes et le mouvement Dada. L’apparition de la photographie, de la télévision, du
cinéma, libèrent l’art visuel de l’obligation d’être le témoin de son temps.
_ La détrempe est une technique picturale dans laquelle les couleurs sont broyées puis délayées au moment de peindre avec
de la colle de peau ou de la gomme. Mais la peinture à l’eau est fragile, un vernis protège l’œuvre finie.
_ la peinture à tempera consiste à utiliser l’œuf, le blanc, le jaune, ou les deux, comme agglutinant des poudres colorées, le
diluant étant l’eau, ajouté parfois d’huile ou de cire mélangée avec la peinture, mais ça ne changeait rien au problème, la
peinture à tempéra reste fragile comme toutes les peintures à l’eau, et l’on appliquait un vernis résineux pour protéger
l’œuvre
_ la découverte de l’usage des huiles siccatives permettant la peinture à l’huile fut mise au point, après 2 siècles de
tâtonnement, par Jean Van Eyck en 1410, des peintures à l’huile sont réalisés entre 1320 et 1350 en Artois et en
Normandie, mais l’usage d’essences volatiles (essence de conifères appelée essence de térébenthine) comme diluant utilisé
par Van Eyck permet réellement un usage artistique fiable. Ce serait le secret de Van Eyck, bien qu’il soit contesté, ce serait
seulement l’emploi d’huile siccative (huile cuite), ou bien l’utilisation d’une émulsion huile-colle, ou encore l’usage d’un
médium d’huile polymérisée avec résine et colle, ou encore la dissolution d’ambre dans la peinture, ou enfin l’usage de
térébenthine de Venise (baume de mélèze) allongé d’essence d’aspic (fabriqué avec la lavande mâle), où est donc le secret
de Van Eyck dans tout ça ?
_ 1859, Alexandre Lefranc commercialise les 1er tubes de peinture avec fermeture étanche.
_ 1872, Claude Monet expose  »Impression soleil levant » qui donnera le nom du mouvement impressionniste.
_ Les impressionnistes délaissent l’étude psychologique, ils se réfèrent surtout au chromatisme et la matière pour saisir les
effets fugitifs de la lumière, du mouvement, de la sensation. Ils s’affranchissent du réalisme.
_ La guerre de 1914-1918 marque un vrai tournant dans la perception du rôle de la peinture, c’est à André Breton,
Salvator Dali et à d’autres qui s’insurgent et déclarent : « Puisque la logique a mené aux atrocités et à l’horreur de la
guerre, nous prenons le parti de créer des œuvres résolument illogiques, pour tourner le dos à cette logique si méprisable
qu’est la guerre et ses horreurs » , c’est le surréalisme.
_ L’expressionnisme, au départ comprend deux courants : l’association Die Brücke de 1905 à 1913, et le mouvement Der
Blaue Reiter de 1903 à 1930 ; les nazies qualifient leurs œuvres d’art dégénéré ; ils émigrent aux USA. Die Brücke révèle
une certaine violence, et Der Blaue Reiter libère l’art du principe d’imitation prôné depuis la Renaissance, ils s’expriment
sur le rôle de la couleur et sur ce qu’est l’art moderne.
_ Le cubisme, dès le début du XXe siècle est créé par Georges Braque et Pablo Picasso, c’est la dislocation des structures
par des vues différentes mais jamais fermées, figures anguleuses et déformées, gamme chromatique limité, simplification,
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géométrisation, solidification des objets, contraste des couleurs, créations autonomes de formes n’ayant pas de justification
autres que plastique.
_ Vassili Kandinsky ose en 1910 l’art abstrait, il s’oppose à ce que l’art soit asservi à une idéologie, tel que le productivisme
et le futurisme. Il publie donc un premier ouvrage : « Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier », pour se
démarquer de ces tendances. Vassili voit un lien entre la musique et la peinture, en 1912, il écrit : « La couleur est le
clavier, l’œil est le marteau. L’âme est le piano, avec ses nombreuses cordes. L’artiste est la main qui fait résolument vibrer
l’âme au moyen de telle ou telle touche. » . Kandinsky publie aussi en 1926 « Point et ligne par rapport à la surface » .
Wassily Kandinsky, en 1921, enseigne au Bauhaus, en 1933, il quitte l’Allemagne à cause des nazies.
_ USA, 1947, Jackson Pollock invente le dripping (couleur répandue par égouttements) ainsi que le pouring ( couleur
répandue par coulures) et enfin le all-over (couleur répandue de manière homogène et d’un bord à l’autre de la toile posée
au sol, rompant avec la classique opposition entre le fond et le motif.
_ France, 1955, OP’ART, ou Optical Art, l’art cinématique évoqué en sculpture a son équivalent dans le 3eme art, mais
l’Op’Art est  »rétinien », par l’interaction des couleurs, les effets discordants des lignes et des couleurs, Victor Vasarely sera
le plus connu.
_ Le Pop Art créé en Grande Bretagne se veut le reflet de la vie quotidienne, sans sentiment, sans sensibilité, rejetant la
subjectivité de ceux qui narrent ou commentent la réalité sociale, sans jugement de valeurs, ils se veulent le mirroir du
quotidien en toute neutralité.
_ 1963 à 1982, le street art ou art urbain, se développe. C’est un art qui utilise les lieux publics pour s’exposer, il utilise
plusieurs techniques : sur les arbres, l’habillage en patchwork de tricot se nomme le  »yarn bombing », sur les supports adoc,
ce sera le tape-art, utilisant le ruban adhésif, on retrouve aussi la mosaïque, la fresque, mais les techniques les plus
connues utilisent soit le pochoir, la bombe aérosol, le pinceau pour les graffiti, et le sticker.
USA, 1982, création du post-graffiti, en hommage au plus connu des graffeurs, Dondi White, les graffeurs considèrent que
le graffiti cesse avec la disparition de Dondi, et nomme le post Dondi, le post graffiti.
_ USA, 1965, création de l’Art Conceptuel, le conceptualisme consiste à ne prêter attention qu’à l’intention de l’artiste, de
son mental privé, en rejetant l’aspect décoratif de l’objet, donc l’œuvre n’est que le support nécessaire à une définition de
l’art, toujours nouvelle. Les artistes conceptuels se basant sur le ready-made et l’expressionnisme abstrait utilisent aussi
l’écriture et la photographie pour permettre de  »voir » leur pensée.
Les artistes sont : Joseph Kosuth, Douglas Huebler, et enfin On Kawara.
_ USA, 1987, New York, exposition personnelle de Barbara Kruger, elle utilise la photographie retravaillé avec collages,
décorticages, grattages et des massages typographiés, la plus connues de ces œuvres où est inscrit  »I shop therefor I am »
(J’achète donc je suis), ou encore  »You are not yourself » , c’est un clin d’œil à René Descartes qui affirmait  »Je pense,
donc je suis » et la chanteuse Olivia Ruiz en rajoute une couche en affirmant dans une chanson  »Je baise, donc je suis ».
_USA, 2016, New York, au MOMA, on remarque l’entrée de 176 émojis (Et je me pose la question :MOMA devient-il la
grotte de Lascaux de l’art contemporain?)…
_ 2016, Yahbo Monk se déclare l’artiste du réel, il créé l’association I wish U sun qui lutte contre la cécité. L’artiste déclare,
quand je vivais dans la rue, les gens ne me regardait pas dans les yeux ; une cécité volontaire ? Depuis qu’il expose dans les
galeries, l’artiste exprime cette lutte, ce refus de la cécité, tout comme la recherche de l’harmonie entre la lumière du soleil
qui réchauffe tout et l’ombre qui glace tout, c’est ce moment qu’il tente de capter avec sa caméra super 8 lors des couchers
de soleil ; mais c’est aussi son rapport avec les autres qui est exprimé par cette frontière entre la lumière et l’ombre. J’écris
comme je peins, les mots sont mes couleurs, affirme-t-il. C’est un art pictural utilisant un autre médium ?
Complément hors exposé, histoire, évolution, tendances.
_ L’art rupestre est un art à part entière.
_ Dans l’Antiquité, l’art visuel est domestique ou funéraire.
_ tout le Moyen-Âge est marqué par un art visuel au service d’une ferveur religieuse intense.
_ la Renaissance, est marquée par la peinture dite de témoignage, il faut représenter la réalité telle qu’elle est, afin de figer les
visages, les personnages, les paysages, les pensées qui préoccupent les habitants d’un lieu à une époque bien définie.
_ Les livres sont érigés en œuvres d’art par les enluminures dont ils sont affublés, et l’art roman est tout aussi pieux.
_ L’humanisme gothique apparaît au XIIIe siècle.
_ 1140, le vitrail est un art pictural avec scènes bibliques.
_ XIVe et XVe siècle, les enluminures, les tentures sont art de cour royale, les retables sont empreints de piété, Giotto, par ses
fresques et ses peintures à tempera sur bois s’impose comme le fondateur du gothique occidental,
_ Botticelli créé  »La naissance de Vénus » par la technique de la détrempe sur bois; ce tableau s’inspire de la doctrine du
neoplastonicisme qui exalte les idéaux du beau (la perfection du corps féminin) associé au bien (une nature harmonieuse).
-La perspective apparaît au XVe dans les fresques (Fra Angelico, Paolo Uccello), Masaccio et Piero della Francesca
modernisent la peinture ; puis les peintres florentins, font entrer la lumière ; puis c’est l’art transcendantal de Paolo Uccello et
Fra Angelico ; la Renaissance flamande est marquée par les frères Van Eyck, Jan et Hubert, qui inventent (ou perfectionnent?)
la peinture à l’huile.
_ Les  »primitifs » des Flandres inventent une représentation mimétique et riche en symboles, Botticelli s’impose en peintre néoplasticien,
et Léonard de Vinci comme humaniste (Vinci utilise une peinture moins épaisse que Van Eyck mais plus
transparente, rappelons que les peintres de cette époque doivent réaliser eux même les peintures en broyant les colorants, en
apprêtant eux même les huiles siccatives, et en faisant réaliser les essences, les apprêts de toiles marouflées sur bois, les
enduits préalables aux travaux de peinture sont également à réaliser par l’artiste); les foyers artistiques fleurissent : Sienne,
Urbino, Ferrare, Mantoue, Naples, Venise, l’Espagne.
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_ XVIe , De Raphaël (Raffaello Sanzio),Vasari disait : « La nature vaincue par la grâce. » , de Michel-Ange (Michelangelo
Buonarroti), son ami Vasari le nomme  »l’artiste divin » ; Léonard de Vinci influence Raphaël et Michel Ange ; Giorgio Vasari,
directeur des Beaux-arts est le premier historien de l’art
Les peintures du XVIe s’essaient aux portraits, à l’allégorie pour permettre d’atteindre la vérité humaine au moyen de la
narration religieuse ou mythologique. Les trois grands peintres inspirent la renaissance italienne vers la  »manière » révélant la
virtuosité, la capacité à imaginer la forme avec poésie, en s’affranchissant des systèmes et des techniques habituelles. Les
peintres flamands influencent l’art espagnol, Albrecht Dürer domine la renaissance allemande,Pieter Bruegel est le peintre
flamand le plus connu ; les vénitiens Giorgione et Titien utilisent la couleur pure dans leurs œuvres, les 3 frères Carrache
veulent élever la peinture au rang d’art libéral pour le différencier de l’artisanat, quant à Caravage, il refuse le maniérisme et
l’antique pour se tourner vers le naturisme, il visite la laideur et la trivialité, mais ce qui caractérise Caravage, c’est d’utiliser
la lumière rasante sur ses personnages, ce qui donne une certaine théâtralité et spiritualité profonde et sincère. Caravage,
Rubens, Rembrandt se lance dans la peinture de genre, se consacrant à dépeindre le quotidien plutôt que la grandiloquence de
la peinture d’Histoire.
_ XVIIe siècle, Francisco Pachero écrit dans  »L’Art de la peinture » en 1633 : « La peinture qui n’avait pour seule fin que de
ressembler à ce qu’elle imitait acquiert maintenant un nouvel et riche habitat ; outre la ressemblance, elle s’élève vers la fin
suprême, regardant vers la gloire éternelle et, en cherchant à éloigner les hommes du vice, elle les guide vers le vrai culte de
Dieu notre Seigneur » ; cela résume la peinture espagnole du XVIIe avec Diego Vélasquez entre autres. Pierre Paul Rubens,
usant de la couleur du Baroque devient le peintre des cours européennes. Les Hollandais se lancent dans le naturalisme, et
Rembrandt se caractérise par le clair-obscur. L’estampe évolue et passe de la taille-douce à l’eau-forte ou le gravage au burin
sur cuivre. Nicolas Poussin, de Paris à Rome, peint avec harmonie les différentes parties de ses tableaux, utilisant les
compositions classiques de Raphaël, les couleurs poétiques de Titien, et les décors antiques, ce plus éminent défenseur du
classicisme français veut élever la peinture au rang d’activité intellectuelle comme la poésie, et invite le spectateur à  »lire ses
tableaux ». Les peintres français du XVIIe siècle sont partagés entre le Baroque et le Classicisme. Simon Vouet forme les
peintres Charles le Brun, Pierre Mignard, et Eustache Le Sueur, et Philippe de Champaigne, est apprécié de l’église et de la
cour royale.
_ XVIIIe siècle, c’est la période des révolutions, les techniques du pastel, des aquarelles, et des sanguines mettent en relief le
dessin et les couleurs, en peinture c’est le rococo, les scènes galantes se révèlent, et Antoine Watteau est adulé pour ses
peintures empreintes de volupté. A Venise , les paysages de la ville portent le nom de  »vedute », les vues, d’où un courant
nommé le vedutisme qui se répand en Europe. En Angleterre, le romantisme des  »ruines et jardins » est perçu par l’irrégularité
végétale, comme les prémices d’une liberté des hommes. Les œuvres s’exposent dans les salons et la critique d’art prend
naissance sous la plume de Lafont de Saint-Yenne et Diderot en France. Jacques Louis David, s’inspirant de Poussin, revisite
l’histoire avec le modernisme des Lumières.
_ XIXe Francisco de Goya ouvre l’ère d’une modernité où la peinture conquiert son autonomie. En Angleterre, William Turner
et John Constable imprègnent la peinture d’une nouvelle relation avec la nature. Jean Auguste Dominique Ingres domine le
XIXe par sa peinture académiste, mais en même temps, il réalise un travail novateur par un graphisme épuré. Le romantisme
se répand en Europe, Charles Beaudelaire le décrit ainsi « le romantisme n’est ni précisément dans le choix des sujets, ni dans
la vérité exacte, mais dans la manière de le sentir. » . La peinture se dégage de sa fonction morale religieuse et politique pour
être autonome, et la couleur jusqu’alors subordonnée au dessin s’émancipe. L’école romantique française se trouve un chef :
Eugène Delacroix. L’orient fascine les artistes. Gustave Courbet veut donner une nouvelle place à la peinture, réaliste, sortant
de sa tour d’ivoire, l’école de Barbizon, près de Fontainebleau, prône de conserver l’émotion qui a suscité l’étude, on y
retrouve Rousseau, Millet, Corot, Courbet, Daubigny, Troyon, Diaz, Dupré, Descamps, Jacque, puis ensuite Sisley, Renoir,
Bazille et Monet.
Le réalisme s’impose en Europe, laissant l’idéalisation et le pittoresque du romantisme, mais il se scinde en deux tendances,
l’art sans sujet (sans message narratif) comme le font les peintres de Barbizon ; et l’art thématique qui subordonne la peinture
au discours de l’artiste. Tous sujets considérés autrefois comme vulgaires ou banals sont désormais représentés.
En réaction,en 1810 à Rome, des artistes allemands forment le mouvement nazaréen, ayant pour modèle Dürer, Raphaël et les
primitifs, pour conserver une base religieuse et nationaliste. Toujours en réaction au réalisme, en 1848 se créé les
préraphaëlistes qui cherchent dans le passé les inspirations pour les œuvres. Les réalistes : Gustave Courbet, Honoré
Daumier, Edouard Manet, en Allemagne, Adolf von Menzel, en Autriche, A. Romako, N. Jon Grigorescu pour la Roumanie,
dans l’Europe du Nord, C. Købbe et W. Eckersberg ; en Belgique Charles de Groux et Constantin Meunier ; aux USA Thomas
Eakins, Ilia L. Repine en Russie, et les florentins Silvestro Lega, Giuseppe Fattori, Telemaco Signorini qui pratiquent la
 »machia », la tache.
_ Les nazaréens : Franz Pforr, Friedrich Overbeck, Peter von Cornelius, Schnorr von Carosfeld, etc.
_ Les préraphaëlistes : William Hunt, John Everett, Millais, Dante Gabriel Rossetti, Aubrey d Beardsley, Edward Burne-Jones,
etc.
_ 1830, Eugène Delacroix peint  »la Liberté guidant le peuple » qui rappelle la Révolution de Paris du 27 au 29 juillet 1830,
renversant Charles X.
_ 1841, le peintre américain John Goffe Rand invente le 1er tube de peinture à l’huile en étain ou en plomb fermé par une
pince.
_ 1860, Monet et Renoir utilisant les tubes sortent des ateliers pour peindre sur place tel qu’ils ressente les impressions.
_ 1863, Edouard Manet expose  »le déjeuner sur l’herbe » qui fait scandale ; il rompt avec le réalisme, et se permet de
transgresser les conventions bourgeoises, il sera pris pour précurseur par les impressionnistes, même si lui le réfute.
Les impressionnistes : Paul Cézane, Edgar Degas, Eugéne Bourdin, Berthe Morisot, Camille Pissaro, Auguste Renoir, Alfred
Sisley, Claude Monet, puis Paul Gaugin, Odilon Redon, Georges Seurat, Paul Signac, Vincent van Gogh, Toulouse-Lautrec
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et Edouard Manet (malgré lui).
_ Les néo-impressionnistes, regroupent les pointillistes et les divisionnistes, c’est l’usage de touches chromatiques en forme de
virgule qui rythment les toiles ; la théorie des couleurs de Eugène Michel Chevreul, qui démontre que toute couleur projette
autour d’elle sa couleur complémentaire, est aussi utilisé.
Les artistes sont : Georges Seurat, Henri Cross, Paul Signac, Piet Mondrian (divisionniste), Charles Angrand, Albert DuboisPillet,
Lucien Pissaro, Camille Pissaro.
_ Van Gogh évoluera du réalisme au néo-impressionnisme, et à un romantisme simplifié.
_ Gauguin utilise un classicisme mélangé à de l’impressionnisme et aussi une influence de Cézane, utilisation aussi de l’art
primitif avec formes plates et couleurs violentes.
_ Degas veut capter le mouvement, la spontanéité par touches visibles, légères, pastels qui confondent lignes et couleurs.
_ Toulouse-Lautrec se démarque des impressionnistes par des couleurs plus expressives et l’importance de la ligne conservée,
l’influence des estampes japonaises est aussi présente.
_ L’affiche en tant qu’art appliqué se développe.
_ Nouvelle vision de l’art avec NABIS, influencé par les estampes japonaises et le symbolisme ; les artistes sont :
Paul Sérusier, Maurice Denis, Édouard Vuillard, Félix Vallotton.
_ L’art fantastique est un rejet du réel, avec une intention mystique, utilisant un code pictural classique, et le transposant dans
un monde imaginaire.
_ Le symbolisme, découlant du fantastique, est à la recherche d’un monde onirique, ces partisants : G. Moreau, Puvis de
Chavannes, Odilon Redon, Eugène Carrière (France), Felicien Rops, Fernand Khnopff, James Ensor (Belgique), Edward
Munch (Norvège), Arnold Böcklin, Ferdinand Holder (Suisse), William Blake (GB).
_  »L’art pompier » est le nom donné aux artistes acceptés par les salons d’exposition par un jury  »officiel » et des commandes
de l’État qui finissent au musée du Luxembourg, on l’appelle art pompier à cause de tout l’attirail de casques et de cuirasses
qui rappelle la tenue des pompiers. Les principaux artistes sont : Thomas Couture, Paul Baudry, Jules Alexandre Grün, Henri
Gervex, Léon Bonnat, William Bouguereau, Alexandre Cabanel, Carolus-Duran, Fernand Cormon, Edouard Detaille, JeanLéon
Gérôme, Jean-Paul Laurens, Ernest Meissonier.
_ Paul Cézanne prend de la distance avec l’impressionnisme, il abandonne le naturalisme pour affranchir la peinture de
l’imitation de la nature, il revisite les ressources plastiques des corps, il fond le paysage dans une forme d’abstraction
progressive, et les couleurs sont à l’honneur dans les natures mortes ; Cézanne est le précurseur de l’art moderne (Klee,
Picasso, Mondrian, Matisse, Malevitch)…
_ notons Pierre Deval, qualifié de peintre de la réalité poétique, à la fois intimiste, coloriste, orientaliste, n’a qu’une toile
exposée au musée de Toulon.
_ XXe siècle, naissance du fauvisme avec pour chef de file Matisse. La palette est définie par les sept couleurs de l’arc-en-ciel,
étalées pures en aplat, et mis en forme par des courbes. Seurat, lui, reste attaché à l’influence d’une couleur sur une autre.
Début en 1905 pour une courte période, avec les artistes suivants : Maurice de Vlaminck, Kees Van Dongen, André Derain,
Henri Matisse, etc.
Les artistes de Die Brücke sont Ernst Ludwid Kirchner, Emil Nolde, Otto Müller, Max Pechstein, Karl Schmidt-Rottluff.
Les artistes du  »Der Blaue Reiter » sont Wassily Kandisky, Franz Marc, August Macke, Paul Klee.
_ Henri Matisse s’éloigne de Cézanne et de Signac pour exploiter la couleur de façon expressive, pas de perspective mais un
jeu d’échelle, les corps sont déformés pour se plier aux exigences de la composition.
_ Le primitivisme, découle du colonialisme et de la découverte des arts non-européens, échappant à l’héritage classique. Les
œuvres primitives sont de Chikhaïl Larionov, Ernst, Ludwig Kirchner.
Se rallient au cubisme : Albert Gleizes, Robert Delaunay, Juan Gris, Fernand Léger, Jean Metzinger, André Lhote, Piet
Mondrian, Francis Picabia, Lyonel Feininger.
_ Le futurisme, né en 1909, avec Carlo Carrà et Umberto Boccioni qui affirment : l’immobilité n’est qu’une apparence, tout est
dynamique, vibrations, déplacements ; ils glorifient la destruction, la guerre, et Mussolini, puis en Russie, Vladimir Bourliouk,
bolchévik, comme les Italiens, ont un engouement pour la machine et le rejet de l’art passé.
_ Le rayonnisme russe, la couleur matérialise les rayons lumineux que renvoient les objets, cf. les œuvres Gontcharova et
Larionov.
_ Le constructivisme, vers 1920, propose  »les matériaux réels dans l’espace réel » et l’artiste n’est pas le décorateur de la vie
mais son organisateur. Les artiste sont Vladimir Tatline, El Lissitzky et Aleksandr Rodtchenko.
_ Les productivistes veulent créer un lien entre le constructivisme et l’industrie, par pure idéologie ; tel est le cas de
Rodtchenko. Malévitch adhère au productivisme, alors que Kandinsky prône la spiritualité dans l’art.
_ Le dadaïsme, en 1916, s’insurge contre la société et la culture qui ont permis la guerre. Ce groupe de Zurich comprend :
Tristan Tzara, Maurice Janco, Arthur Segal, Hans Arp, Hugo Ball, Richard Hülsenbeck, Hans Richter, Christian Schad,
Sophie Täuber, Otto Van Rees, Adya Van Rees.
_ Paul Klee quitte l’académisme et adhère au Blaue Reiter, essaie le cubisme avec Delaunay, puis enseigne au Bauhaus
jusqu’à ce que les nazies ferment ces  »ferments de l’art dégénéré ». Klee affirme « L’image poursuit un dialogue avec le réel »,
ou encore « l’art ne reproduit pas le visible, il le rend visible ».
_ Piet Mondrian oscille entre abstraction et néo-plasticisme, où il explore les dualités spiritualité-matière, vertical-horizontal,
forme-couleur, etc…Puis il adhère au STIJL.
_ Marcel Duchamp adhère au cubisme et oppose à l’art  »rétinien » un art  »aventure de l’esprit », puis le ready-made.
_ Les surréalistes prennent la suite du dadaïsme, ils veulent dépasser les apparences du réel pour accéder au domaine du
merveilleux en plongeant dans les tréfonds de la pensée humaine. Les artistes sont Max Ernst, Jörg Immendorff, Giorgio de
Chirico, Victor Brauner, René Magritte, André Masson, Robert Matta, Wifredo Lam, André Breton, Joan Miró, Joseph Cornell.
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_ USA, 1918-1940, Les artistes américains restent attachés au réalisme figuratif : le régionalisme (Thomas Benton, Grand
Wood, Edward Hopper) qui dépeignent l’Amérique rurale ou urbaine, le réalisme social (Ben Shahn, Stuart Davis) puis le
précisionnisme qui représente des paysages industriels ou urbains (Charles Sheeler, Charles Demuth, Georgia O’Keefe), et le
naturalisme mexicain (Orozco, Riviera, Siqueiros).
_ USA, 1940-1947, Les artistes réfugiés aux USA forment l’école de New York, on trouve des surréalistes et Paris a perdu son
titre de capitale des arts.
_ USA, 1952, Lancement de l’action painting qui insiste sur le geste du créateur « ce qui se passe sur la toile n’est pas une
image, mais une action », où le peintre exprime une tension intérieure, une pulsion dont la toile est le théâtre (cf. œuvre de
Pollock, Kooning, Franz Kline, R. Motherwell).
_ USA, 1940-1950, Le color fields (champs de couleur) est apparut vers les années 1940, il s’émancipe des conventions
européennes, le tableau ne représente que lui-même, sans attache à aucune réalité extérieure ni narrative, la juxtaposition des
couleurs construit la dramaturgie du tableau. La composition traditionnelle fond-figure est abandonné au profit du all-over.
Quelques artistes : Ad Reinhardt, Frank Stella, Mark Rothko, Barnett Newman, Still Pollock.
_ USA, Toutes ces tendances d’après guerre peuvent être regroupées sous le terme d’expressionnisme abstrait.
_ France, 1947, retour de la peinture figurative, avec le  »réalisme socialiste » de André Fougeron.
_ France, 1947, Paul Rebeyrolle et Edouard Pignon s’engagent dans un réalisme engagé.
_ France, 1947, le  »misérabilisme » est l’expressionnisme français à bout de souffle ; les artistes sont : Francis Gruber,
Bernard Lorjou, Bernard Buffet, André Marchand.
_ France, 1947, abstraction lyrique, des peintres tels que Hans Hartung, Pierre Soulages, Gérard Schneider, Jean-Michel
Atlan, Georges Mathieu, Bram Van Velde, Nicolas De Stael, qui constituent l’école française.
_ France, 1948, naissance du mouvement COBRA (de Copenhague, Bruxelles, Amsterdam, d’où sont originaires les artistes),
qui jusqu’en 1951, s’appuie sur le surréalisme historique et le matérialisme dialectique, avec engagement social et
révolutionnaire, ils recherchent  »des formes et des réalités communes aux sens de tous les hommes », c’est un art à la recherche
des origines de l’humanité et de l’enfance. Quelques artistes de COBRA : Karel Appel, Asger Jorn, Pierre Alechinsky,
Constant, Corneille, Jean-Michel Atlan Doucet, etc.
_ France, 1947, naissance de l’art brut, aussi nommé  »l’art des fou » par Jean Dubuffet qui le définit ainsi ! « Art brut,
production de toute espèce – dessins, peintures, broderies, figurines modelées ou sculptées, etc. – présentant un caractère
spontané et fortement inventif, aussi peu que possible débitrice de l’art coutumier ou des poncifs culturels, et ayant pour
auteurs des personnes obscures, étrangères aux milieux artistiques professionnels.
_ France, entre deux guerres, l’art naïf, regroupe les  »Maîtres populaires de la réalité », comme Henri Rousseau, André
Bauchant, Camille Bombois, Adolf Dietrich, Jean Eve, Dominique Peyronnet, René Rimbert, Séraphine de Seulis, Maurice
Utrillo, Louis Vivin, etc.
_ Grande Bretagne, 1955, début du POP ART, c’est un art populaire qui emprunte une imagerie de BD, ou des collages, mais
qui est à la fois élitiste en se jouant des codes et des modèles historiques de l’art. Les artistes sont : Richard Hamilton, James
Rosenquist, Andy Warhol, Ray Johnson, Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Roy Lichtenstein, Mel Ramos, Tom Wesselman,
Robert Indiana, Ed Ruscha, David Hockney, Peter Blake, Richard Smith, Peter Philipps, Allen Jones, R. B. Kitaj, Claes
Oldenburg, Jim Dine, George Segal, Escobar Marisol, etc.
_ 1959, Allan Kaprov créé le Happening, c’est une conviction fondamentale que l’art peut être introduit dans la vie
quotidienne, c’est une réaction à l’expressionnisme abstraite.
_ 1961, le groupe FLUXUS se créé, ce groupe veut supprimer les frontières entre l’art et la vie, tout est art, et s’expérimente, se
vit. FLUXUX touche toute forme d’art, théâtre, musique, art visuel ; les artistes sont : Yoko Ono, Georges Brecht, etc.
_ France, 1964, nouveau réalisme avec la figuration narrative, qui utilise l’imagerie du cinéma, de la BD, des magasines, de
la pub, tout en réhabilitant le récit, et en prenant une distance vis à vis des icônes. Les artistes sont : G. Fromager, G. Ailland,
E. Arroyo, B. Rancillac, A. Recalcati, A. Segui, Alain Monory, Peter Klasen, P. Stämpfli, Erró, Jan Voss, H. Télémaque, L.
Cremonini, V. Adami.
USA, 1965, création de l’hyperréalisme et du superrealism : après le Pop Art, l’hyperréalisme utilise la photographie qui
agrandie, sert de canevas, à la peinture à l’huile. Les artistes sont Malcom Morley, Chuck Close, Richard Estes.
_ USA, 1965, c’est le photo-réalisme, les photos ne portent pas de jugement sur la société américaine mais révèlent les fiches
industrielles et urbaines où la civilisation semble s’être retirée ; Les artistes sont : Robert Bechtle, Thomas Blackwell, Ralph
Going.
_ 1966, manifestations du BMPT (Buren, Mosset, Parmentier, Toroni), ce groupe dissous en 1967 réalise 4 manifestations. Ce
groupe refuse de communiquer le moindre message ou la moindre émotion, mais réalise une répétition de motifs choisis qui
sont pour :
- Daniel Buren, des rayures verticales colorées,
- Olivier Mosset, des cercles,
- Michel Parmentier, des bandes horizontales peintes à la bombe,
- Niele Toroni, traces de pinceaux à intervalles réguliers.
Pour la petite histoire :
- manifestation N°1, on participe au Salon de la jeune peinture, le 3 janvier 1967, au Palais Chaillot,
- manifestation N°2, à 18 heures , le même jour, on retire les œuvre avec un départ ostentatoire,
_ USA, 1966, début du Post-minimalisme, avec l’exposition  »Eccentric Abstraction » les œuvres sont divers (sculptures, art
visuel) qui à partir de l’esthétique du minimalisme, utilise des objets du quotidien réalisés à partir de matériaux simples, et qui
prennent une dimension formaliste esthétique  »pure ». Artistes : Vito Acconci, Robert Morris, Bruce Nauman, R. Tuttle, Tom
Friedman, Eva Hesse, Joel Shapiro, etc.
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_ 1967, l’Arte Povero (l’esthétique pauvre) est créé à Gêne en Italie, il concerne surtout le 2e
art, mais le 3e
art n’y est pas
exclus, par exemple l’œuvre de Giuseppe Penore  »J’ai empoigné un arbre », et Germano Celant définira l’Arte Povero par « La
banalité est élevée au rang de l’art. L’insignifiant commence à exister, il s’impose même. La présence physique, le
comportement, tels qu’ils sont et qu’ils existent, sont artistiques. ».
_ 1967, création de l’ARC (Animation, Recherche, Confrontation) qui est un département d’art contemporain regroupant les
œuvres de 1945 à nos jours, quelque soit le style, à l’intérieur du musée d’art moderne de la ville de Paris ; ce musée
comprenant aussi de l’art moderne, dont les œuvres couvrent la période 1850 à 1945.
_ 1969, le groupe Supports/Surfaces expose, il se veut avant-gardiste, travaux proche de Arte Povero et de BMPT, avec une
démarche soixante-huitarde, le public trouve le débat trop violent et trop obscur ; le milieu d’art estime leurs postulats trop
picturaux et totalement dépassés, car le reste du monde artistique a lancé le débat sur la fin de l’art et la mort de la peinture.
Daniel Dezeuze écrira en 1991 « Dans Supports/Surfaces, il n’y avait pas de sacralisation des œuvres. Un postulat était posé :
une pièce égale une autre pièce égale une autre pièce. » . Bref, c’est de l’anti-art le plus radical ! Ou bien, comment faire
semblant de faire de l’art, sans réellement en faire !
_ Paris, 1974, 1ère FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain) au Grand Palais, en octobre, un des lieux
incontournables pour l’amateur ou le professionnel de l’art contemporain.
_ France, 1979, Pierre Soulages débute ses œuvres  »outre noir » ou  »noir-lumière » ; certaines sont exposées au Centre
Pompidou.
_ Italie, 1982, naissance du  »Trans-avant-gardes », c’est un souffle de révolte contre les mythes des souvenirs, des formes, des
couleurs et le diktat de l’intellect, ce n’est plus un discours conceptuel, c’est l’usage désinvolte de la peinture, où les mythes
anciens et modernes sont interprétés selon la fantaisie et l’expérience existentielle de l’artiste. Les artistes sont : Sandro Chia,
Francisco Clemente, Enzo Cuchi, Nicola de Murcia, Mimmo Paladino, George Condo, Gérard Garouste, Anselm Kiefer.
USA, 1982, création du bad-painting, c’est une tendance de l’art de la rue, en réaction avec l’art conceptuel et à l’art minimal,
il emprunte son idéologie aux courants de pensées marginaux : punk, rock, afro-américain, hispano-américain. Les artistes
sont : J. M. Basquiat, Jonathan Borosky, Arnulf Rainer, Julian Schnabel, Keith Haring.
_ 1984, MOMA (Museum of modern art) à New York expose le primitivisme.
_ France, 1989, expositions au centre Georges Pompidou et Grande Halle de la Vilette, elles permettent de faire connaître
l’université de la création, les différentes formes d’art contemporain, et les arts non-occidentaux, permettant un dialogue
interculturel, y participaient 101 artistes.
Grande Bretagne, 1993, Damien Hirst, chef de file du groupe  »Young British Artists » avec des peintres monochromes ponctués
de papillons naturalisés ; précédemment, il avait exposé des objets de la vie réelle, ou des animaux coupés en morceaux et
plongés dans des aquarium remplis de formol, à l’exposition  »In and out of love » qui a été critiquée à cause de l’utilisation de
9000 papillons vivants puis morts dans deux salles d’exposition.
_ France, 1979, Hervé di Rosa fonde le mouvement de la Figuration libre, en 1981 ; il a réalisé 200 expositions personnelles
sur trois continents entre 1978 et 2014 et publié 150 livres et publications sur l’art.
Parmi les peintres contemporains citons : Robert Combas (FR), Frances Stark (USA), Bethany Collins (USA), Deborah Kass
(USA), Noah Davis (USA),
VI. 4e ART, LES ARTS DE LA SC È NE, LE TH ÉÂ TRE, LE MIME, LE CIRQUE :
VI.1. Le théâtre:
Il se différencie de moins en moins avec les autres disciplines, mime, cirque, danse, de sorte que l’on
parle de  »spectacle du vivant », ou d’art pluridisciplinaire.
_ On compte plusieurs genres : la farce, la comédie, la tragédie, la pantomime, le drame
romantique, le drame bourgeois, la tragédie lyrique, le vaudeville, le mélodrame, les mystères
médiévaux, le théâtre de marionnette, le théâtre forum, le théâtre d’improvisation, le théâtre de
plein-air, le théâtre de rue, le théâtre expérimental, le théâtre-danse, le théâtre installation
performance, le théâtre de l’absurde, le conte, la revue, le web-théâtre, le théâtre témoignage de
drames économiques (Lip) ou d’horreur de génocides.
_ Les genres se subdivisent en trois approches différentes :
- La comédie, qui se propose de corriger les vices humains en les divertissants ; Molière
disait « On veut bien être méchant, mais on ne veut pas être ridicule ».
- La tragédie, qui se propose de corriger les passion en montrant les dégâts qu’elles
causent (la mort reçue, la mort donnée, ou infligée à soi-même)
- Les dramaturgies, où le spectateur se purifie des passions par procuration en éprouvant de
la pitié ou de la terreur.
Complément hors exposé, histoire, évolution, tendances.
- le théâtre antique : Euripide, Sophocle, Sénèque.
- le théâtre baroque : John Ford, Shakespeare, Corneille, etc.
- le théâtre classique : Corneille, Robert Garnier, Molière, Racine, Jean de Mairet, Jean de Rotrou.
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- le théâtre du XVIIIe : Mariveau, Beaumarchais, Goldoni.
- le théâtre romantique : Alexandre Dumas, Victor Hugo, Alfred Musset, Alfred de Vigny, Edmond Rostand, Nicolas Gogol,
Alexandre Pouchkine, F. V. Schiller, J.W. von Goethe, lord Bryron.
- les vaudevilles : G. Feydeau, G. Courteline, Victorien Sardou, etc.
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- le théâtre contemporain : Paul Claudel, Jean Cocteau, Jean Anouilh, Arrabel, Samuel Beckett, Brecht, Albert Camus, Copi,
Garcia Lorca, Jean Giraudoux, Sacha Guitry, Eugène Ionesco, Jean-Paul Sartre, Heiner Müller, G .B. Shaw, A.
Tchékhov, M. Tremblay, Oscar Wilde, Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar.
_ Parmi les métiers du théâtre, on trouve :
le régisseur, le comédien, le metteur en scène, l’auteur, le scénographe, l’éclairagiste ou concepteur lumière, le costumier,
l’ingénieur du son,
_ Quelques acteurs célèbres : Sacha Guitry, Gérard Philippe, Robert Hirsch, Shakespeare, Sarah Bernhardt, Louis Jouvet,
Gérard Depardieu, etc.
VI.2. Le mime :
Est aussi appelé pantomime, il recourt au geste sans parole, parfois accompagné de musique, le
mime ne peut être censuré car il n’utilise que l’interprétation.
Complément hors exposé ; quelques écrits sur le mime :
- J. G. Noverre, sur l’art de la pantomime dans  »lettre sur la danse » en 1760.
- Diderot dans  »le neveu de Rameau ».
- Isidore Isou dans  »fondements sur la transformation intégrale du théâtre ».
_ Une école du mime avec Decroux, Lecoq, Marcel Marceau.
_ Quelques mimes célèbres : Debureau G. B. et Charles, créateur de Pierrot, puis repris par Rouffe, Séverin Caffera, Charlie
Chaplin, les Ducroux puis J.L. Barrault, Marcel Marceau, Jacques Lecoq, Michel Courtemanche, etc.
VI.3. le cirque:
Le cirque a évolué dans le temps, il s’est aussi démocratisé, l’habileté est la clé de voûte du cirque,
mais l’humour y est présent dans le cirque contemporain.
_ en 1902, le cirque Sarrasani organise ses installations par des caravanes, écuries, ménageries, tente, chapiteaux.
_ 1919, les frères Knie créé un chapiteau au dessus de l’arène autrefois à ciel ouvert.
_ 1961, l’association radio + cirque avec le label  »piste aux étoiles » regroupe Grüss, Jeannet, Pinder.
Complément hors exposé :
_ Le cirque répond à plusieurs définitions :
_ Le cirque antique : des gladiateurs s’affrontent jusqu’à la mort, on y voit aussi des sacrifices avec des fauves.
_ Le cirque à l’ancienne :sous la IIIe République, le cirque est surtout équestre, les aristocrates s’y reconnaissent, le peuple est
attiré par les troupes ambulantes, les structures sont sédentaires.
_ Le cirque traditionnel : il succède au cirque équestre, par le cirque-ménagerie dès le XIXe.
_ entre deux guerres, les cirques français se dotent de ménageries avec dompteurs et dresseurs (Court, Amar, Bouglione,
Spessardy).
_ 1970, les cirques français sont:Amar, Bouglione, Sampion, Pinder, Rancy, Jean Richard, Zavatta et Grüss, puis les faillites
des cirques Amar, Jean Richard, Zavatta et Rancy entre 1973 et 1991, qui marque la fin du cirque traditionnel français.
_ Nouveau cirque :
Le cirque se démocratise, par ouverture aux école du cirque, le spectacle est théâtralisé, adoptant des costumes et les
musiques emprunté au Cirque du Soleil Québécois, mais en conservant des exercices de dressage, et en y mêlant des touches
sportives et artistiques.
_ cirque contemporain :
C’est un cirque de création, les spectacles empruntent à la performance plutôt qu’au sensationnel, et à la danse contemporaine
en ce qui concerne le spectaculaire.
_ les spécialités représentées sont résumées par :
- Monsieur Loyal,
- comédies des clowns,
- équilibristes : funambules, monocycle, chaises…
- acrobaties : équestres, mâts, roue, pyramides…
- contorsions,
- prestidigitation [qui est classé dans le 10e
art]
- ventriloques, fakirs,
- jongleries : balles, bâtons, lassos, lancers de couteaux…
- numéros aériens : trapèzes, homme-canon, cordes, cerceaux…
- dressage : chevaux, chiens, fauves, singes, éléphants, otaries…
_ Manifestations :
Janvier dans les étoiles, cirque contemporain, à la Seyne sur mer depuis 2000.
nota : l’humour est classé dans le 10e
art mais les clowns sont dans ce 4e
art.
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VII .5e ART, LA DANSE :
_ C’est une suite de mouvements du corps exécutés parfois en rythme, accompagné souvent de
musique. La danse est soit une représentation donc un spectacle, soit un investissement personnel
des participants (religion, folklore, divertissement).
_ La danse est symbolique en Asie, ou dans les rituels africains ; ainsi que par exemple, pour les Amérindiens, les danse
Katchina des Pueblos.
- au Moyen-Age, l’église désapprouve la danse,
- la valse et la polka sont d’origine paysanne,
_ Le patinage artistique est à mi-chemin entre le sport et la danse, après la perméabilité entre l’industrie et l’art au travers
du design, on voit ici la perméabilité entre sport et l’art.
Complément hors exposé,
_ La danse n’est pas porteuse de signification particulière dans les ballets ou le folklore, mais reste toutefois liée à des
émotions, des idées, des histoires, c’est une manière de s’exprimer en utilisant le corps plutôt que la parole, elle sert aussi à
mettre en relief des phrasés musicaux.
_ Deux catégories de danse existent :
_ Les danses de participation ; qui ont une connotation rituelle (initiation, honorer les ancêtres), religieuse (honorer un Dieu),
folklorique (mémoire culturelle) ou de divertissement pour les danses de société, dite danse de salon, (qui servent à favoriser
les rencontres amoureuses).
_ Les danses de représentation, réalisées en général par des professionnels et présentées dans des lieux de spectacle, cour
royales, temples, etc…Ces danses peuvent être acrobatiques (aborigènes, cour des pharaons, Afrique, Grecs, Romains…)
_ La danse a besoin d’espace, de temps, d’énergie, d’un poids du corps adapté, ainsi qu’un mental suffisant pour s’imposer une
discipline d’entraînement du corps pour la gestuelle, et de coordination pour le groupe.
_ Historique :
- Citons Petipa Marius (1822, 1910) danseur et chorégraphe français, un des créateurs de l’école russe de ballet.
- en 1900 c’est le cake-walk, et les rythmes latinos (tango, rumba, chacha, afro-américain),
- en 1920 c’est le charleston,
- 1924, naissance de Roland Petit, danseur et chorégraphe français de renommée internationale.
- en 1950 c’est le rock and roll, le bip-bop,
- en 1960 le twist marque un tournant à la danse de salon, les partenaires n’ont pas de contact physique contrairement aux
danses pratiquées antérieurement,
- 1980, le break-danse apparaît sur musique hip-hop ou musique électro,
- XXe siècle, les comédies musicales ont du succès,
- XXe , claquettes et danses de Fred Astaire et Ginger Rogers,
- au Japon, le No apparut vers 1400 ap . JC, ballet symbolique au rythme très lent,
- Japon, le Kabuki, dès le XVIIe siècle, assemble danse, musique, théâtre.
- Chine, danses acrobatiques, en 1950, la Révolution Culturelle produit des comédies musicales comme  »la fille aux cheveux
blancs »,
- danses d’Afrique avec des masques, pour marquer le passage rituel,
VIII. 6e ART, LA MUSIQUE :
_ C’est l’art de combiner sons et silences, avec rythmes et combinaisons de fréquences, La musique
est produite par des instruments, la voix, le corps. Elle est forme d’expression individuelle ou
collective, ou symbole d’une communauté (hymne national, tradition, folklore, militaire, religion)
_ Claude Debussy affirme « La musique commence là où la parole est impuissante à exprimer ».
_ La musique se déploie selon 3 dimensions : le rythme, la mélodie, la polyphonie (ou harmonie),
_ les instruments sont à cordes, à vent, à percussion, électroniques, et la voix.
_ Dans un interview, en 2017, Colin Roche affirme que le compositeur n’est pas reconnu comme un métier, aussi, un
compositeur est-il hors système, l’harmonie n’est pas forcément la larme à l’œil et une composition mielleuse, l’harmonie,
c’est de la sueur, du sang, de l’effort, etc.
Complément hors exposé,
_ vous connaissez les signes musicaux : la portée, les notes, les altérations, les gammes, l’arpège, tons, demi-tons, mesures, les
silences, la syncope (temps faible puis temps fort), le contretemps (temps faible puis silence), les mouvements (largo,
lento…presto).
_ histoire :
- Après la Grèce antique et Rome, et les chants chrétiens, il y a la musique sacrée, les troubadours,
- au XVIe naît l’opéra,
- au XIXe c’est la musique romantique, Beethoven, Chopin, Verdi, Liszt, …Puis Wagner, Gustave Mahler,
- puis la musique moderne : Stravinsky, Béla Bartók, Maurice Ravel,
- XXe siècle, musique contemporaine :
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– Pierre Boulez, organisateur des concerts du  »Domaine musical » en 1954, directeur de l’IRCAM de 1974 à 1991, il pratique
le sérialisme intégral,
– John Cage (1912, 1992), avec un  »piano préparé » où les objets ont été insérés entre les cordes, il devient le pionnier de la
musique aléatoire,
– Karlheinz Stockhausen (1928, 2007), compositeur allemand, il pratique avec l’électronique la musique aléatoire et
expérimentale,
- 1960, c’est la musique minimaliste avec :
- Steve Reich, né en 1936 aux USA, auteur de musique répétitive,
- Philippe Glass, né en 1937 aux USA, auteur de musique répétitive,
- John Adams,né en 1947 aux USA, compositeur, auteur de  »Nixon in China » en 1987,
- l’école spectacle de Gérard Grisey, Tristan Murail,
- le courant post moderne : Arvo Pärt, Henryk Górecki,
_ les musiques viennent de tous continents, pays, régions,
_ les divers styles : blues, jazz, rock, soul music, pop, funk, rap, métal, fusion, negro spirituals, gospel, le ragtime, le bip bop,
le Free jazz (avec des slaps, growl, suraigus, sons de bruitistes, etc.), liste non exhaustive…
IX. LE 7e
ART, LE CIN É MA ET SES APPARENTÉS :
_ C’est la narration par l’action combinée de l’image en mouvement et du son d’une fiction ou de
faits réels, utilisant un scénario. Le cinéma au début muet et en noir et blanc, évolue, il devient un
art en 1902.
Complément hors exposé, historique :
pour la technique :
- Après quelques inventions, les frères Lumière projettent le 28.12. 1895 au Grand café de Paris, des prises de vues de
l’arroseur arrosé, repas de bébé, sortie de l’usine des frères Lumière à Lyon,
- 1912, synchronisation film / son, N&B,
- 1922, 1928, 1930, 1945, divers techniques pour obtenir du cinéma couleur,
- 1960, la télévision fait concurrence au cinéma,
- 2001, transmission numérique d’un film, la fin de la pellicule se profile,
- les caméras se perfectionnent, réalisation de prises de vues à 360° (cf. Futuroscope de Poitiers),
pour l’art cinématographique :
- Méliès invente l’art cinématographique en 1902 avec  »voyage dans la lune »,
- Max Linder et Charles Chaplin font du cinéma burlesque,
- Louis Feuillade réalise pour Gaumont : Fantômas et les Vampires, c’est le réalisme poétique,
- 1927, Antonin Artaud dit que « faire servir le cinéma à raconter des histoires, une action extérieure, c’est se priver du
meilleur de ses ressources, aller à l’encontre de son but le plus profond »,
_ Autres usages du cinéma :
- en Russie, des constructivistes comme Dziga Vertov utilisent le cinéma comme médium industriel et dynamique,
- le montage sert de modèle pour l’écrivain Alfred Döblin qui utilise le cinéma pour bâtir son roman  »Berlin Alexanderplatz » ,
- comme en Russie, en France, le mouvement Dada et le surréalisme veulent utiliser le cinéma en médium ; puis pour monter
 »l’invisible »,
- les expressionnistes allemands utilisent l’image, les expressions du visage, pour exprimer les désordres intérieurs, et la
plasticité de l’image est renforcée par l’importance des décors et l’usage d’effets lumineux,
_ Sujets traités :
Comme en littérature, le cinéma traitera les épisodes historiques, bibliques, de far-west, exploration, puis science fiction,
histoires romantiques ou érotiques, mélodrames, drames, thrillers, bibliographiques d’artistes, de romanciers, de peintres,
sculpteurs, puis les dessins animés et tout le monde imaginaire de la littérature pour enfants,
nota : zeitgeist (l’esprit du temps) est un site consacré au cinéma, mais aussi le site de débat d’idées,
X. 8 e ART, LES ARTS M É DIATIQUES (PHOTO, RADIO, T É L ÉVISION):
X.1. la photographie :
_ C’est la fixation sur un support en 2 dimensions d’une image du réel.
La photographie apparaît au 19e
siècle, par des prises de vue et les retouches, la photo s’éloigne du
réel, mais cet éloignement reste limité.
La photographie dépossède la peinture de son monopole depuis la Renaissance, par le  »dessin photogène » (photogenic
drawing) qui est défini comme  »le processus par lequel des objets naturels se délinent (trace les contours) eux mêmes sans
le secours du crayon de l’artiste » ; donc où la photo n’est plus un outil seulement, mais une œuvre aboutie en elle même.
On utilise alors la photo pour mettre en lumière certains traits psychologiques (Nadar, avec le portrait de Beaudelaire), ou
bien la photo sert à capter le mouvement, préoccupation des peintres et photographes dès 1880.
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- en 1913, les frères Bragaglia, empreints du mouvement futuriste, superposent des clichés pour montrer l’essence du
mouvement plutôt que la réalité physique dans l’œuvre intitulée  »le violoncelliste », ce qui vaut leur exclusion du
mouvement futuriste, Boccioni rejetant la photo, et les autres futuristes reprochent au processus photographique de figer
un instant, une immobilité, c’est-à-dire ce mouvement est considéré comme une superposition de scènes figées.
- 1920, le regard change de modalité, les valeurs esthétiques de la nature demeurent, mais l’aspect illusionniste (cadrage,
retouche), cède le pas au réalisme, le médium photographique défini la représentation naturaliste du monde et aussi le
langage, le système de signes, en bouleversant l’ordre de vision (plongée, contre plongée, photomontages dadaïstes,
cadrage, copie négative, photogramme).
_ 1928, Umbo réalise une photographie où la perspective est renversé à 90°, ce qui bouscule le rapport de l’homme à la
terre.
_ 1929, Franz Roh, dans  »Mécanisme et expression. Les caractères essentiels et la valeur de la photographie », écrivait : «
La photographie n’est pas une simple copie de la nature, mais une transposition par voie mécanique de toutes les valeurs
lumineuses, même des profondeurs et des structures des formes dans l’espace. Cependant la valeur de la photographie a
pour base la valeur esthétique de la nature elle-même. ».
_ 1933, André Kertèsz photographie le reflet d’un personnage dans un miroir
déformant.
_ 1933, l’AIZ est un organe de presse anti-nazie, John Heartfield y publie des photomontages et George Grosz des
caricatures ; où les images sont associées à des phrases choc.
_ Les régimes totalitaires s’entendent mal avec les avant-gardes : Goebbels affirmait : « Quand j’entends le mot culture, je
sors mon revolver ».
Les futuristes admirateurs de Mussolini seront rejetés par ce dernier qui se vantait ne jamais être entré dans un musée.
_ 1970, alors que le Pop Art utilise la peinture pour transposer la photographie sur la toile, le photo réalisme utilise la
peinture pour faire des photographies ; la différence, c’est que le Pop Art intègre plusieurs détails photographiques de
photos dans la même toile, alors que le photo réalisme essaie de coller à la réalité et aux détails qu’en donne la photo en
employant un moyen autre que les procédés photographiques (cf. les œuvres de Gerhard Richter, Richard Estes).
_ 1970, époque post-moderniste, la photographie est redéfinie en son statut
(cf. Jeff Wall, Cindy Sherman, Thomas Truth, Andres Serrano, Hiroshi Sugimoto). Ils définissent un nouveau rôle à l’image
(cf. Nobuyoshi Araki, Chris Marker, Christian Boltanski). C’est la mythologie individuelle où l’artiste raconte sa vie à travers
ses réalisations, qui correspond à des interrogations que l’artiste pose à la société, qu’il ne faut pas confondre avec un moi
narcissique.
Complément hors exposé, historique :
- En 1826, Nicéphore Niepce réussit à fixer durablement une image sur une plaque de cuivre argenté recouverte de bitume de
Judée, qu’il nomme ((image héliographique », son associé Daguerre perfectionne la durabilité en 1829 avec le
 »daguerréotype »,
Les inventions se succèdent pour perfectionner les procédés : Arago , W.H. Fox Talbot, Hippolite Bayard, Abel Niepce, L.D.
Blanquard-Evrard, F. Scott, Archer, R. Maddox, Georges Eastman,
- Dès sa naissance, le statut de la photographie est controversé : le peintre Paul Delaroche parle de  »dessin photographique »
tout comme Delacroix en 1850.
Les peintres utilisent la photographie pour leurs esquisses et travaux préparatoires.
- L’avant garde russe utilise le photomontage, la colle et les ciseaux sont les armes de la Révolution est proclamé dans la revue
de Maïakovski, LEF(Front Gauche de l’Art), et en 1923, Aleksandr Rodtchenko réalise ainsi la jaquette pour le poème  »Pro
ETO » de Vladimir Maïakovski.
- 1930, Marcel Duchamp utilise une photographie de la Joconde sur laquelle il dessine une moustache, il baptise ce montage
L.H.O.O.Q. =˃ no comment !
- Le pictorialisme apparu dès 1880, cherche à imiter la peinture impressionniste par des prises de vues de sujets pittoresques,
et la retouche du négatif ou du tirage (H. Emeron GB).
- 1902, USA, le pictorialisme est réorienté vers la spécificité du médium photographique, nommé  »straight photography
(photographie directe), par Alfred Stieglitz et Edward Hastmann.
- 1917, la  »photographie pure » s’oppose au naturalisme et au constructivisme (cf. Stand, Ansel, Adams, Edward Weston).
_ 1953, USA, Rauschenberg reproduit avec la sérigraphie des photos sur des toiles.
_ 1990, USA, Cindy Sherman utilise la photo pour reproduire soit des références picturales connues du public, soit pour se
mettre en scène de façon de moins en moins évidente.
_ Joseph Beuys, Giuseppe Penone, utilisent la photo, l’un dans le cadre du Pop Art, le second avec Arte Povero, puis dans le
 »Land Art » pour Walter de Maria et Richard Long en 1992.
X.2 ; La radio :
La radio apparaît en fin du 19e
siècle. On peut donc dire que raconter des histoires, réciter des
poèmes, par l’intermédiaire des ondes radio, est de l’art qui utilise un autre support, un
intermédiaire entre le conteur et l’auditeur.
_ 1904, une antenne est posée sur la Tour Eiffel, ce qui sauve celle-ci de la destruction, car les intellectuels la trouvent
hideuse et les autorités avaient prévu sa démolition en 1909.
_ en 1938, Orson Welles diffuse une émission intitulée  »La guerre des Mondes ».
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_ Les contenus ont été classés par leur prestation, patrimoine mondial immatériel,
_ On se souvient qu’en 1991, le 1er prix de sculpture a été décerné à 2 Photographes, c’est le sujet traité et non le support
qui importe, donc, utiliser la radio pour transmettre un opéra, une pièce de théâtre, narrer des contes, chanter, parler
d’architecture, de sculpture ou de tout autre art, c’est faire de l’art.
Complément hors exposé, historique :
_ 1894, le jeune Guglielmo Marconi invente dans le grenier de ses parents la TSF (transmission sans fil) en utilisant les
inventions de Popov (l’antenne), de Rudolff Herte, de Nicolas Tesla, d’Edouard Branly.
_ 1909, pour Noël, la première émission a lieu, mais au programme ce sont des thèmes religieux.
_ de 1920 à 1930, les émissions grand public se répandent dans le monde. Les programmes sont des concerts, des feuilletons
radiophoniques.
_ Après guerre, les radios se miniaturisent, mais ça ne change rien sur le fond. En 1981, ce sont les radios libres qui se
créent, mais le rapport avec l’art (la narration) n’a guère évolué, si ce n’est qu’elle se fait le défenseur d’une approche de l’art
sans cesse en évolution depuis le XIXe siècle.
[On peut dire que depuis la fin du XIXe, l'évolution de l'art a été radicale]
X.3. La télévision :
_ La biennale de Venise a ouvert une nouvelle voie en séparant l’art de son support traditionnel, on peut faire un art quel
qu’il soit avec la télévision. Les séries télévisées sont considérées appartenir au 7e
art si elles ont un scénario et une mise en
scène identique au cinéma.
Complément hors exposé, historique :
C’est en 1926 que la 1ère diffusion publique d’images télévisées est réalisée par l’écossais John Baird.
_ 1967, apparition de la télévision couleur.
_ 1974, éclatement de l’ORTF en 3 chaînes.
_ 1984, canal plus est créé.
_ 1986, la cinq émet jusqu’en 1992.
_ 1987, lancement de M6, jazz 6 est une émission artistique, TF1 privatisée.
_ 1992, naissance d’Arte, chaîne européenne (franco-allemande) dédiée à la culture.
_ 2005, lancement de la TNT avec 14 chaînes gratuites.
XI. 9 e ART, LA BANDE DESSIN É E :
_ La Bande Dessiné est le plus littéraire des arts plastiques, elle est issue de la complicité entre le
désir de raconter et l’art de dessiner. La BD se caractérise par des images séquentielles dans des
cases, exprimant ainsi une narration, les cases sont parfois complétées par du texte, ainsi que des
bulles (phylactères) remplies de textes, onomatopées, symboles graphiques, exprimant des émotions.
Dans les BD sans texte, l’image est considéré comme le texte non écrit.
La BD créée en fin du 19e
siècle par des trips, voit son essor au 20e
siècle; et en 1970 les BD pour
adultes apparaissent.
_ XIXe siècle, des journaux quotidiens publient des bandes appelées  »trips » (petite histoire ou gag raconté en quelques
cases), ce serait le début de la bande dessinée pour certains.
Ce terme de Bande Dessinée en France est désigné par le terme de  »Manga » au Japon, de  »comics » au USA, et de
 »Fumetti » en Italie.
_ 1960, la BD marque un tournant, la censure de l’église catho Belge cesse, on rompt avec les codes de l’ancienne
génération pour les publication Franco-Belges, rupture esthétique avec Bilal qui ne met pratiquement plus de case,
nouvelles couleurs plus flashy (couleurs à effet brutal), et les BD deviennent polyvalentes, elles abordent toutes sortes de
sujets, y compris les messages politiques.
_ 1970, c’est l’apparition de BD pour adultes : Barbarella (Forest), Hypocrite (Forest), le génie des Alpages (F’murr), Adèle
Blanc-Sec (Tardi), Rahan (Charet et Lécureux), Corto Maltese (Pratt), Papyrus (Lucien de Gieter), Sammy (Bark et Raoul
Cauvin), Yoko Tsuno (Roger Leloup), Thoral (Van Hamme Rosinsky), Jonathan (Cosey) ; puis plus tard : Fluide Glacial,
Charlie Hebdo, l’Écho des Savanes, Circus, les Bidochons, etc.
_ 1980, arrivée des Mangas, dessinés par Akira, les héros sont Goldorak, Albator, Dragon Ball…
_ 1980, succès des auteurs européens : Bilal, Manara, Shuiten…et des séries (XIII, Titeuf, les 7 vies de l’Épervier, la Quête de
l’Oiseau du temps)…
_ 1990, succès de  »l’Heroic Fantasy » de Lanfeust de Troy.
Complément hors exposé, historique :
_ 1833, en Suisse, Rodolphe Töpffer créé l’histoire de Mr Jabot, ce serait l’ancêtre de la BD.
_ 1837, Töpffer créé  »L’histoire de Monsieur Crépin », et en 1839  »les amours de Monsieur Vieux Bois ».
_ 1895, Richard Felton Outcault dessine les trips de  » At the circus with Hogan’s Alley » pour le New York Wold, journal (de
Joseph Pulitzer) , ces trips seraient l’ancêtre des comics.
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_ 1896, USA, le personnage de Yellow Kid (inspiré de Hogan’s Alley) écrit par R. F. Outcault, publié dans le NY Journal (de
Randolphe Hearst), c’est la guerre entre les deux journaux car les retombées économiques de  »comics » sont perçues par les 2
businessmen.
_ 1897, USA, R. Dirks créé  »The Katzenjammers Kids » qui sera édité en France sous le titre de  »Pim Pam Poum ».
_ 1897, France,  »Le petit français illustré » publie  »la famille Fenouillard », créé par George Coulomb.
_ 1902, R. Outcault dessine Buster Brown pour NY Journal de R. Hearst.
_ XIXe la presse grand public publie les BD des héros Ally Sloper (GB) ainsi que Max und Moritz (Allemagne) dessiné par W.
Busch.
_ 1905, publication dans  »la semaine de Suzette » des histoires de la servante bretonne Annaïck Labornez, née à Clocher-lèsBécasses,
d’où son surnom de Bécassine.
_ 1905, Winsor Mc Cay dessine un chef d’œuvre  »Little Nemo in Slumberland ».
_ 1908, Tristan Bernard invente l’expression  »les Pieds Nickelés » pour surnommer Croquignol, Ribouldingue et Filochard,
trois réfractaires au travail. C’est publié dans  »l’Épatant ».
_ 1910 à 1925, G. Mc Manus créé  »Bringing up Father » (la famille Illico), et H. Gray créé  »Little orphan Annie ».
_ 1914, W. Mc Cay créé l’ancêtre du dessin animé en collant des papiers superposés décomposant le mouvement avec  »Gertie
the dinosaur ».
_ 1924, France, le Petit Illustré publie  »Bibi Fricotin » de Louis Forton.
_ 1925, France, le  »Dimanche Illustré » publie  »Zig et Puce » de Saint-Ogan, les bulles sont alors systématiquement employées.
_ 1929, naissance de Popeye, Tarzan, les détectives Buck Rogers, Dick Tracy, le magicien Mandrake, la science-fiction avec
Flash Gordon.
_ 1930, USA, Mickey Mouse entre dans la BD, et apparaît en France en 1934.
_ 1930, Georges Rémi (Hergé) créé  »Quick et Flupke » ; l’abbé Wallez, directeur du journal le XXe siècle demande à Hergé de
réaliser des histoires en s’inspirant d’un livre anticommuniste, puis il lui demande de vanter les mérites des missionnaires en
Afrique, d’où Tintin au Gabon.
_ 1934, Betty Boop apparaît dans la BD pour remonter le moral des soldats.
_ 1934, les  »Famous funnies » sont publiées en kiosques, sur l’idée de l’homme d’affaire Max Gaines.
_ 1936, apparaîssent Phantom, le voleur justicier, et Prince Valliant.
_ 1938, publication de Superman, Batman, Captain Marvel, Wonder Woman.
_ 1938, lancement de Spirou avec  »Gaston, Luky Luke, etc. ,Franquin créé Marsupilani, et Gaston Lagaffe, Jijé créé Blondine
et Cirage avec Hubinon, ce dernier créé Buck Danny, Peyo créé les Schtroumpfs, et Johann et Pirlouit ; Maurice Tilleux créé
Gil Jourdan ; les scénaristes Jean-Michel Charlier et René Goscinny créé Pilote.
_ 1938, la Belgique créé et vend des BD à succès : Spirou, Lucky Luke, Black et Mortimer…Tintin. Pour Hergé (et aussi
Franquin), ce n’est pas le dessin qui prime, mais le mouvement, Hergé fait en sorte que chaque fin de page clos une énigme,
pour repartir la page suivante sur autre chose.
_ Après guerre, USA, séries satiriques avec Snoopy puis Spiderman, et enfin  »les 4 fantastiques » ; en Italie, Hugo Pratt créé
Corto Maltese.
_ 1946, le  »journal de Tintin » est publié par Hergé et R. Leblanc, on y retrouve les histoires de  »Blake et Mortimer » (E.P.
Jacobs),  »Achille Talon » (Greg),  »Michel Vaillant » (J. Graton),  »Ric Hochet » (Tibet),  »Boule et Bill » (Dupa).
_ 1959, le  »journal Pilote » est relancé par Uderzo, Goscinny et Charlier, on y retrouve  »Tanguy et Laverdure » (Charlier,
Uderzo),  »Barbe Rouge » (Charlier, Hubinon),  »Grand Duduche » (Cabu),  »Blueberry » (Charlier et J. Giraud),  »Achille Talon »
(Greg), …Iznogoud (Tabary) et enfin  »les aventures d’Astérix le Gaulois » (Goscinny et Uderzo).
XII. 10 e ART, L’A RT MULTIMÉDIA :
XII.1.l’art numérique :
Les techniques informatiques permettent de poser la question de la place du spectateur, dès lors que
celui-ci peut intervenir sur l’œuvre, s’extraire de la contemplation pour agir et s’investir, mais aussi
parfois de disposer des œuvres à domicile. L’art numérique emploie le langage numérique, on parle
de  »réalité virtuelle » ;  »d’art audiovisuel » ;  »d’art génératif » ;  »de réalité augmentée » ;  »d’art
interactif » .
Complément hors exposé, historique :
_ 1850, R. Wagner écrit  »l’œuvre d’art du futur » où il imagine fondre les différents arts en utilisant l’opéra comme médium.
_ 1913, Luigi Russolo publie dans Lacerba, l’art des bruits, manifeste futuriste, et l’article  »notation enharmonique pour les
intonarumori futuristes », où il introduit un nouveau type de notation musicale, encore d’actualité, qu’utilisent les compositeurs
de musique électronique.
_ 1919, Léon Thérémin, Russe, invente le synthétiseur audio, où il produit des sons à partir de l’électricité.
_ 1950, USA, Ben Laposky créé des images électroniques sur ordinateur à partir d’oscilloscopes.
_ 1955, France, Nicolas Schöffer créé une sculpture de 50 m de haut, la Tour Spatiodynamique et Cybernétique, avec structure
métallique, capteurs, un cerveau électronique, et des enceintes, plaques colorées et dispositifs rotatifs.
_ 1960, début de l’utilisation de l’art vidéo : Nam June Paik, qui créé un humanoïde avec des écrans de télévision.
_ 1971, Harold Cohen créé Aaron, art génératif.
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_ 1974, Dan Graham créé l’interactivité ; des caméras placées dans 2 pièces différentes retransmettent sur les écrans, avec
un décalage de 8 secondes, ce qui se passe dans l’autre pièce.
_ 1986, David Rokeby créé  »Very Nervous System » qui utilise le mouvement du corps pour créer un son numérique.
_ 1989, Jeffrey Shaw créé  »Legible City » où le spectateur peut enfourcher une bicyclette fixe et en pédalant déroule une ville
virtuelle, avec des phrases qui défilent aussi.
_ 1990, Gary Hill créé une installation vidéo sonore avec des paroles hachées, et un corps qui apparaît par morceaux sur les
16 écrans, le son est à peine audible.
_ Christian Lavigne créé une sculpture numérique en 3 dimensions.
_ Richards Rozans créé un visage 3D à partir de briques Tetris.
1.A. l’art audiovisuel :
Regroupe le diaporama, le cinéma expérimental, l’art vidéo, le vidéo mapping, le vidéo jockey, etc.
_ le diaporama : consiste à faire défiler des images avec un vidéoprojecteur, Chris Marker est un vidéaste
qui a créé en 1966 le diaporama  »Si j’avais quatre dromadaires ».
_ l’art vidéo, en mars 1963, Nam June Paik créé des distorsions sur tube cathodique avec un gros aimant,
c’est le début de l’art vidéo,
_ le mapping vidéo, consiste à projeter de la lumière ou des vidéos sur des volumes, pour recréer des
images de grande taille, sur des structures en reliefs comme des monuments, châteaux, immeubles, ou en
projetant à 360°, par exemple le  »Square Cube » réalisé en 2007 par l’équipe Exyzt (1024 Architecture)
pour les concerts électro d’Étienne de Crécy.
_ le vidéo jockey : consiste à réaliser une animation visuelle en temps réel en fonction de la musique, le
duo DJ-VJ est souvent de mise pour créer cet art.
_ le Net-Art regroupe l’art créé sur Internet, les scanners et photos d’œuvres ne font pas partie du NetArt.
Pour être du Net-Art, le public doit avoir participé à l’élaboration de l’œuvre, le public est donc coauteur
de l’œuvre, pour exemple, Olivier Auber créé en 1984  »Le Générateur » , et Vuk Cosic utilise des
référents visuels pour réaliser des œuvres d’art.
1.B. l’art génératif : c’est une création artistique où un programme informatique génère aléatoirement les
éléments, en ayant  »battu les cartes ».
Le diaporama présente des photos dans un ordre chaque fois différent en fonction des algorithmes.
1.C. La réalité augmentée : est possible grâce à un système informatique qui superpose vision 2D et 3D,
ou bien d’incruster des images virtuelles dans une image réelle, ou de brouiller notre perception (vue,
ouïe, toucher).
1.D. L’art interactif : réagit au public ou à l’environnement. Le public participe à l’œuvre via un
programme qui prend en compte avec des capteurs, la température, le mouvement, la proximité, les
phénomènes météorologiques, etc. Ce qui initie, par le public, l’environnement et la machine, une œuvre
d’art unique ; cf.  »Aperture façade installation » de Gunnar Green et Frederic Eyl ; ou bien le  »VTOL »,
 »Post code » qui transforme un code-barre d’un produit en œuvre d’art, en carte postale…Ou bien encore
LUST de Lab et Pieke, les lampes réagissent au trafic du réseau Twitter.
1.E. L’impression 3D : Une œuvre est créée en 3D par la CAO est envoyé vers une imprimante 3D.
1.F. L’iPad-Painting : c’est  »the Art Mobile » ; ou iPad-Drawing, ou iPad-Painting, tout comme les
impressionnistes sont sortis de leur atelier grâce à l’invention des tubes de peinture, les artistes
numériques sortent, sans être bloqués par leurs ordinateurs.
1.G. Le living-art : utilise le jeu vidéo, cf.  »Fantôme(s) » de Vincent Léry, la vidéo agit comme un miroir,
mais l’ordinateur se prend  »un temps de réflexion » , il renvoie alors soit l’image perçue réellement, soit
l’image d’une autre personne venue précédemment, soit l’image superposée avec d’autres images.
_ Chris Marker, créé une installation vidéo  »Quand le siècle a pris forme » puis en 1997, avec le CD-ROM
 »Immemory » une interaction entre l’ordinateur et l’exploration d’une des 7 zones (cinéma, voyage, guerre,
photo, poésie, musée, mémoire).
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XII.2 . le jeu de rôle :
Le jeu de rôle est un jeu coopératif, où les joueurs interprètent les personnages principaux de
l’aventure, dans le cadre d’un scénario que le meneur de jeu a mis en place. Les joueurs décrivent
les actions de leur(s) personnage(s), le meneur de jeu décrit les effets découlant de ces actions, et
interprète les personnages secondaires, le meneur doit aussi arbitrer la partie en fonction des règles.
Ainsi, autour d’une table, les joueurs décrivent les actions détaillées de leurs personnages, le
meneur de jeu veille à ce que la fiction respecte l’univers virtuel du jeu ; il n’y a ni gagnant, ni
perdant.
_ Notons l’existence d’une FFJdR (Fédération Française de Jeu de Rôle).
_ Ce jeu n’a-t-il pas proche de l’art de la scène ?
XII.3. le jeu vidéo :
L’évolution technique permet aussi l’évolution des jeux qui sont de plus en plus une  »réalité virtuelle ».
L’aventure commence en 1889, par la création de la société Nitendo par Fusàjori Yamanchi, qui est
le fabricant de cartes à jouer, fournisseur de la famille impériale. Puis en 1951, la société SEGA se
créé, ensuite, en 1958, Willy Higinbotham créé un jeu vidéo sur un ordinateur couplé à un
oscilloscope  »le tennis for two », 1972, Ralf Baer conçoit une console de salon, l’Odyssey vendue par Magnavox, il
fallait déposer un calque sur l’écran du téléviseur ; 1981, c’est le jeu d’arcade créé par Miyamoto, Donkey Kong, avec le
héro Jumpman qui sera rebaptisé Mario ; 2000, sortie de Gamecube, Xbox, PS2, 2001, Sega abandonne les consoles pour
se concentrer sur les jeux, développés sur PS2, Xbox, Gamecube…Apparition du jeu GTA III sur console PS2,
and the beat goes on dit la chanson.
A noter : Les musées commencent à acquérir des consoles vidéo, les 1ère apparues, très rares, on
verra un jour, après les pierres taillées et les armures, les consoles vidéo ?
Notons l’ouverture de Pixel Museum dédié aux jeux vidéo.
Complément hors exposé, historique :
La technique:
_ 1962, Russel Graetz, Wiitanen créent Space War.
_ 1967, Ralf Baer créé sur télévision et console 2 jeux, tennis et jeu de voitures, breveté en 1968.
_ 1971, création de Galaxy Game, puis Computer Game dans une borne futuriste,
_ 1972, ATARI est créée par Nolan Bushnell et Ted Dabney, et la borne Pong d’Arcade est programmée par Al Alcorn =>
succès.
_ 1973, Konami est créé, spécialisée dans les jeux d’arcade.
_ 1974, Nintendo sort un jeu d’arcade basé sur un pistolet optique : le Wild Gunmam.
_ 1975, Taïto sort Gunfight géré par microprocesseur.
_ 1976, la sté Caleco lance Telstar, une console Pong à circuits intégrés, et la sté Fairchild lance Channel F, et les Steves
(Jobs et Wosniak) créé Breakout, un jeu de casse-brique.
_ 1977, Atari, acheté par Warner créé la console Atari Pong C100 ; puis Atari Vidéo Computer System, avec 2 manettes de
jeu, elle est renommée Atari 2600.
_ Nintendo / Mitsubishi sortent Color TV Game 6.
_ 1978, Taïto sort Space invaders, ce jeu sauvegarde le score.
_ 1979, première console portable Microvision.
_ 1980, création de Intellivision (Mattel), de Ball (Nintendo), de Pac Man (Namco), Defender (William).
_ 1982, sortie des consoles Advision (Emerson Radio), puis de CBS Colecovision (Coleco), puis de VCS5200 (Atari), Vectrex
(VCE), Pitfall (Activision), la borne Tron (Midway),
_ 1983, lancement de la console Famicom (Nintendo), NES aux USA.
_ 1984, sortie de la 7800 (Atari), de Mark III (Sega),
_ 1987, NEC lance la console PC-Engine (TurboGraf16 au USA),
_ 1988, console Megadrive lancé par Sega (Genesis au USA),
_ 1989, invention de la Gameboy par Nintendo, et Atari lance Lynx,
_ 1990, lancement de GX 4000 (Amstrad), la Neo Geo (SNK), Turbo GT (Nec),
_ 1991, sortie de Sonic,
_ 1992, sortie de Sega CD ; Nintendo lache Sony pour le projet de console CD  »SuperNES Playstation » ,
_ 1993, concept 3DO lancé par Trip Hawkins,
_ 1994, Sega sort 32X puis Saturn, Sony lance Playstation, NEC sort PC-FX,
_ 1998, Sega sort la Dreamcast à 128 bits, arrivée de Pokémon sur Game Boy Color,
_ 1999, sortie de Playstation 2, de Game Boy Advance,
_ 2002, apparition du jeu  »Metal Gear Solid 2, sur PS2,
_ 2004, Sony lance la PSP console portable, Nintendo lance la Nintendo DS, avalanche de jeux : GTA san Andréas, Halo 2,
Gran Turismo 4, Metal Gear Solid 3, sur console128 bits et Far Cry, Doom 3, Half Life 2 sur PC,
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_ 2005, 3 nouvelles consoles, Xbox 360, Playstation 3, Nintendo Revolution,
_ 2006, Nintendo lance la Nintendo Wii qui séduit tout public.
_2009, Microsoft et Nintendo dotent les consoles de caméras qui détectent les mouvements et reconnaissent la voix.
_ 2010 / 2011, sortie de Playstation Move, Kinect, PS Vita, Wii U, cette dernière a intégré une tablette tactile en guise de
manette,
_ 2014, sortie de PS4, Xbox One, 2DS, New 3DS,
Les jeux :
_ 1987, les jeux de rôles comme  »Donjons & Dragons » et  »Dungeon Master » apparaîssent.
_ 1987, une révolution dans le jeu vidéo apparaît en bouleversant les codes du jeu avec la création de  »SimCity » par Will
Wright, où l’on doit créer et gérer une famille, voire une ville.
_ 1990 à 1995, les jeux portent sur le combat (Street Fighter2), la stratégie (Dune 2), l’horreur (Alone in the Dark), le jeu de
tirs subjectif (Doom, Wolfenstein), le  »point and click » (Myst, Monkey Island), le jeu de rôles (Final Fantasy 6, Secret of
Mana).
_ 1995, les jeux 3D arrivent, avec des jeux catastrophe comme Final Fantasy 7, Resident Evil, Tomb Raider, Wipeout, puis
Grant Theft Auto III, Silent Hill 2, et enfin Call of Duty, où le joueur est un soldat avec un fusil à lunette.
_ 2007, sur les portables, après  »snake », arrive  »Angry Bird » vendu à plus de 350 000 000 de téléchargement. Apparaissent
aussi via internet  »Farmville » et  »Mafia Wars ».
_ 10 novembre 2011, au Grand Palais à Paris, une exposition  »Game Story » est consacrée au jeu vidéo, considéré comme art
numérique.
_ les jeux en vogue actuellement sont  »Dofus »,  »la bataille pour la terre du milieu », inspiré de l’histoire  »le seigneur des
anneaux » ; Age of Mythology…Idem à Age of Empires.
_ Dofus est un jeu de rôle en ligne, multijoueurs, il faut retrouver des œufs de Dragons.
_ La Bataille de la terre du Milieu, il faut empêcher de laisser l’anneau entre les mains de forces maléfiques et de leurs alliés.
_ Age of Empires : on construit des villes, des armées, des jardins, des terres sont conquises et on se bat contre l’ennemi, on
fait des alliances avec d’autres empires, on battit sa flotte pour aller conquérir des terres nouvelles…
XII.4. Le modélisme :
_ Le modélisme est une branche du maquettisme, activité de loisir, qui consiste à fabriquer, puis à piloter des modèles
réduits, avec une échelle de réduction pas forcément définie.
_ Le modélisme – maquettisme regroupe les engins pilotés à distance, les avions, les voitures, les bateaux, les hélicoptères,
les trains. Son origine se situe vers les années 1920, et la radiocommande vers les années 1950.
_ Le modélisme désigne aussi les créateurs stylistes ou les designers textile. Pour les stylistes et designers de mode
vestimentaire, je ne suis pas certain qu’il ait été intégré au 10e
art, mais avouez que c’est frustrant, aussi, j’en parle comme
si c’était le cas.
Complément hors exposé :
_ Pour les trains, avant 1920, l’échelle I (un) correspond au 1/32e (rare), puis l’échelle O (zéro) soit 1/43,5e, puis HO (Half
Nul en allemand) soit 1/87e, la plus courante au monde, puis la N qui correspond à 1/160e presque aussi courante que la HO,
avec un écartement des rails de 9 mm (neuf, nine, neun) maintenant l’échelle Z, soit 1/220e lancé par Märklin en 1972, très
répandue aux USA, moins en France, mais qui devrait progresser vu la taille de plus en plus petite des logements, vu le prix au
m² toujours plus élevé.
_ Pour suivre une formation de styliste, il faut de la créativité, un sens artistique et des aptitudes techniques et informatiques.
_ le styliste doit proposer des dessins et choisir les matières dans une  »tissuthèque » réunissant des milliers d’échantillons ;
ensuite, le modèle choisi est exécuté sur ordinateur, puis concrétisé par un patron pour être fabriqué par l’industrie de
l’habillement pour les vêtements et sous-vêtements, par l’industrie de la chaussure ou de la chapellerie, sans oublier les
vêtements pour bébés ou pour le sport.
XII.5. le maquettisme :
_ Les maquettes permettent de visualiser l’ouvrage prévu avant leur réalisation et d’aider les
décideurs à investir dans le modèle réel.
_ Les Architectes utilisent volontiers la maquette pour décider les promoteurs immobilier à se
lancer dans la réalisation du projet, avec l’ordinateur maintenant, la maquette est virtuelle, des
logiciels permettent de choisir les matériaux (verre, brique, béton, tissus, etc.) afin de choisir les
matériaux, dans des vues 3D de l’intérieur ou de l’extérieur des bâtiments, ou bien encore les
ensembles de bâtiments lorsque le projet concerne un quartier, voire une ville nouvelle, avec une
vue 3D topographique évidemment.
_ En 1435, Filippo Brunelleschi est chargé de fortifier le village de Vicopisano, il défend son projet
devant 2 capitaines avec une maquette en bois qu’il a fait réaliser.
_ Pour les ouvrages hydrauliques, et les concours d’architecture, le modèle réduit reproduit la
réalité existante, tel que plage, port, digue, vallée fluviale, barrage, pont, bâtiment, lotissement,
tour, quartier, ville (cf. l’opéra de Sydney réalisé par un architecte danois).
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La maquette de ce qui est projetée peut être insérée dans la maquette de l’existant, ou faire l’objet
d’une deuxième maquette.
_ Les maquettes ont toujours eut une place dans les musées, qu’ils soient ou non thématiques.
Complément hors exposé :
_ Les maquettes couvrent tous les domaines :
châteaux, bâtiments historiques, ouvrages hydrauliques, bateaux, sous-marins, ponts, avions, hélicoptères, missiles, fusées,
chars, voitures, camions, engins de lutte contre l’incendie, grues, trains et ensembles ferroviaires, matériel agricole, engins
militaire, figurines de soldats, la ferme et ses animaux, les êtres imaginaires mi-homme, mi-engin, de véhicules terrestres,
maritimes ou aériens de tout genre.
_ Les maquettes sont réalisées en bois, métal, matières plastiques, plomb, étain, etc.
XII.6. la calligraphie :
_ C’est l’art de bien former et d’orner les caractères d’écriture manuscrite, c’est  »la belle écriture ».
_ Elle comprend aussi bien l’alphabet latin, grec, arabe, gothique, cyrillique, et les idéogrammes
chinois, japonnais, coréens ; mais les hiéroglyphes égyptiens et les glyphes mayas ressemblent plus à
des dessins, et seraient plus à classer dans le graphismes ? La question reste posée, en sachant qu’il
s’agit de caractères liés au langage, et les glyphes représentant des syllabes ou des mots ne changent
rien au débat. Personnellement, je pense que ces dessins sont codifiés, ils se dessinent toujours de la
même manière pour les hiéroglyphes égyptiens, et sont donc concernés par la calligraphie, pour les
mayas, la combinaison des idées principales et les idées complémentaires, suffixes, préfixes, ne se
trouvent pas toujours dans la même position, et la graphie varie d’une écriture à l’autre, dans ces
cas, comment parler de calligraphie ? Les graphistes ont créé des alphabets de toutes sortes, pour
les besoins de l’affiche et de la publicité, la limite entre le graphisme et la calligraphie est-il le fait
que la calligraphie est réalisée manuellement, artistiquement aussi, et le graphisme peut être réalisé
par la typographie ?
Complément hors exposé :
_ La calligraphie se développe en Europe dans les monastères, non seulement dans les enluminures, réalisées à la plume d’oie
ou au roseau, vers le XIIIe, XIVe jusqu’au XVIIe siècle.
_ La calligraphie est en vogue en Italie au XVIIe et Hollande avec Jan Van de Velde.
_ La calligraphie est aussi en vogue en France avec Nicolas Jarry qui réalise le chef-d’œuvre  »la guirlande de Julie » pour le
marquis de Montausier en 1634, qui le destinait à Julie d’Angennes.
_ En monde islamique, elle illustre le Coran ou d’autres textes au XIIIe siècle,
_ En Chine, c’est une discipline spirituelle dès la fin de la dynastie des Hans, ses adeptes sont les Wangs (IVe au VIIIe siècle)
et d’autres jusqu’au XVIe siècle. Les peintres comme Zao Wou Ki s’en inspirent,
_ au Japon, le style Kõetsu et Sõtatsu se développent,
_ la technique de la calligraphie utilise des feutres pour une épaisseur de traits comprise entre 0,2 et 5 mm d’épaisseur, des
stylos à encre pour des traits de 0,25 à 2,7 mm, des plumes pour des traits de 0,5 à 15 mm, des pinceaux pour toutes
épaisseurs de traits, et aussi des pinceaux-feutres.
_ les encres liquides en flacon ou l’encre en bâtonnet à réaliser soit même comme le faisaient les écoliers avant la 2e
guerre
mondiale, encre N&B ou couleurs,
XII.7. le graphisme :
_ Certains affirment que les peintures rupestres seraient le début du graphisme ?
_ Mais de 700 av. JC jusqu’au XIXe siècle, le graphisme tourne autour de la lettre (phénicienne,
romaine, carolingienne, gothique, Renaissance, italienne),
_ au XIXe, les arts plastiques sont initialisés par l’inspiration ; et les arts appliqués par une
commande,
_ XXe siècle, la publicité, l’affiche demande l’intervention d’un graphiste, qui doit clarifier le
message de communication politique ou commercial et le met en page graphiquement,
_ Le graphisme est donc présent partout, affiches publicitaires, étiquettes de produits, maquettes
publicitaires, réalisation de page de garde de livres, de revues, pub dans les revues etc.
Complément hors exposé :
_ 1960 à 1970, les affichistes se rendent célèbres grâce à la publicité ; citons Savignac, Villemot, Jacno, Cassandre (JeanMarie
Mouron né à Kharkov en 1901).
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_ Des graphistes sont comme artistes : Grapus et Roman Cieslewicz pour l’affiche politique, Jean Widmer pour l’identité
visuelle,
_ le graphisme utilise les dessins, les photos, les caractères typographiques, la couleur, et désormais les logiciels
professionnels : Photoshop, Illustrator, InDesign.
XII.8. le tatouage :
_ A l’origine, le tatouage marquait l’appartenance à un peuple, il disparaît au fil des siècles.
_ Au XVIIIe il réapparaît sur la peau des marins qui fréquentent le Pacifique, sinon, il est l’apanage
des marginaux,
_ 1891, USA, NY, Samuel O’Reilly invente la machine à tatouer électrique,
_ 1960 à 1970, le tatouage se répand en Europe chez les Punks, Rochers, Bikers, etc.
_ 1990, le tatouage est en vogue dans tous les milieux,
_ les boutiques de tatouage sont au nombre de 15 en 1980, elles passent à80 en 2000, les conditions
d’hygiène sont encadrées par le Code de la santé publique, les Tatoués sont de véritables œuvres
d’art ambulantes,
Et un Normand disait en caressant sa dulcinée polynésienne : Tout ce qui est tatoué est à moué (tout
ce qui est à toi est à moi),
XII.9. la prestidigitation :
_ Le premier tour de magie est appelé  »jeu des gobelets » où l’on fait apparaître ou disparaître des
noix de muscade ou des petites balles sous 3 gobelets, pratiqué en Égypte Antique,
_ Grand tournant de la magie, Jean-Eugène Robert- Hourdin décide d’abandonner la traditionnelle
tenue de  »sorcier » pour le costume  »habillé », c’est un regard neuf sur l’illusionnisme.
_ Au XXe siècle, les médias diffusent des tours de magie et leur secret sont de plus en plus à
préserver !
_ Certaines personnes se seraient servis de l’illusionnisme pour faire croire à des pouvoirs
paranormaux pour servir les intérêts de sectes,
Complément hors exposé :
_ Les différentes techniques utilisent : les cartes, les objets personnels tels que stylos, allumettes, billets, pièces, élastiques,
etc., tours utilisant les mathématiques, objets truqués, le mentalisme pour lire les pensées, deviner ou faire en sorte que le sujet
pense ce que l’on veut qu’il doive penser, les grands tours réalisés sur scène, usant de matèriels lourds, encombrants,
sophistiqués, les méga-illusions impliquant une diffusion télévisuelle.
_ Quelques magiciens célèbres : Robert-Hourdin (1805, 1871), Harry Hourdini (1874, 1926), Dai Vernon (1894, 1992), David
Copperfield (1956, …), Chris Angel (1967, …), Gérard Majax, Bernard Bilis, Sylvain Mirouf, Kamel le magicien, David Blake
(street magie),
_ Quelques tours célèbres : le jeu des gobelets, le tour de Bonneteau (2 cartes rouges, 1 carte noire, où est-elle?), la femme
coupée en deux, la corde coupée racommodée, le journal déchiré reconstitué, les anneaux chinois (enclavement et
désenclavement des anneaux en métal),
XII.10. l’origami :
_ C’est l’art de plier le papier pour constituer des objets, des animaux, des figurines, etc.,
_ le papier a été inventé au IIe siècle av. JC, mais on pense l’origami inventé au Japon au VIe siècle,
_ au départ, l’origami servait à l’emballage de médicaments et d’aromate, mais aussi pour les rites
religieux pratiqués par les moines shintoïstes, on trouve encore dans les temples des serpentins en
papiers pliés (O. Sheda et Gohei),
_ 1845, dans le Kan-No-Mado, encyclopédie écrite manuellement, deux tomes sont consacrés au
pliage,
_ périodes Edo ,1867) et Taisho (1912, 1926), l’art du pliage se généralise sous le nom d’origami (du
japonais ORU = plier, et de KAMI = papier), avec 150 modèles, enseigné aux enfants et dans les
collèges de jeunes filles au XIXe siècle.
_ à la Renaissance, c’est le pliage des nappes et serviettes qui est répandu, notamment à la cour de
Henri IV.
_ 1955, jardin de Cagnes sur mer, 300 pliages du japonais Akira Yoshizawa sont exposés,
_ 1955, musée municipal d’Amsterdam, exposition d’origami,
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Complément hors exposé :
_ vers l’an mille, des modèles traditionnels apparaissent : papillons, grues, grenouilles, crabes, etc.
_ l’emballage codifié en papiers pliés et cordons de couleurs (noshi) se développe à l’époque Muromachi (1392, 1572),
_ 1797, publication de Senbaruzu-Origata (l’art de plier des grues attachées les unes aux autres, de 2 à 100),
_ 1882, l’enseignement se sert aussi du pliage papier pour faciliter l’apprentissage des mathématiques, géométrie, etc.,
_ 1897, Savineau, instituteur, publie  »pliage et découpage du papier, pour les travaux manuels »,
_ 1897, Friedrich Fröbel utilise l’ouvrage de Savineau dans les jardins d’enfants, et la docteresse Maria Montessori prône le
pliage pour éveiller les facultés créatrices des enfants,
_ 1930, dans le Bauhaus (école d’art) Laslo Majoly-Nagy inclut des cours de pliages,
_ de nombreuses associations dédiées à l’origami existent dans le monde, en 1978, Jean-Claude Carreia créé le MFPP
(Mouvement français des plieurs de papier),
XII.11. l’humour :
_ Pour Paul Reboux, l’humour consiste à traiter à la légère des choses graves et gravement des choses légères,
_ Baumarchais écrivait « Je me presse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer »,
_ c’est donc le comique, l’ironie, le trait d’esprit, le burlesque avec humour noir, le pince-sans-rire, l’humour d’observation,
l’absurde,
_ quelques citations sur le sujet :
- Bertrand Cèbe « L’humour est comme le café:le meilleur très noir »,
- Dominique Noguez « Humour, c’est amour ; ironie, c’est mépris »,
- Serge Uzzan « L’humour, c’est l’adrénaline des optimistes »,
- Sigmud Freud « L’humour ne se résigne pas, il défie »,
- Muriel Robin « L’humour est une arme qui peut être dangereuse »,
Complément hors exposé :
_ Quelques humoristes :
- Raymond Devos, et ses jeux de mots divins,
- Pierre Dac, (homme la cinquantaine et des poussières cherche femme de ménage pour vie commune, etc. ),
- Boby Lapointe, et ses chansons :
Le tube de toilette  » pour faire un tub de toilette, en chantant cet air bête, avec des jeux de mots laids, il faut pondre des
couplets… »
Ta Katie t’a quitté  »ce soir au bar, de la gare, Igor hagard est noir, il n’arrête guer’ de boir’ , car sa Katia, sa jolie Katia vient
de la quitter, sa Katie l’a quitté, il a fait chou blanc, ce grand duc, avec ses trucs, ses astuces, ses ruses de Russe blanc, sa
tactique était toc, dit Igor qui s’endort, ivre mort au comptoir, du bar, un Russe blanc qu’est noir, quel bizarre hazard se
marr’nt, les fêtards paillards du bar, car encore Igor y dort…
L’ami Zantrop  »…il dit fuyons ces boîtes de laids qu’ont dansé… »
Mon père et ses verres  »Mon père est marinier, dans cette péniche, ma mère dit la paix niche, dans ce mari niais, ma mère est
habile, mais ma bile est amère, car mon père et ses verres, ont les pieds fragiles, avez-voue jamais vu, hein ?, Monter cristaux,
et Baccara sur un bateau, quand père me dit « Va Lise », sors le cristal, qui est dans la valise… »,
- Fernand Raynaud, Alphonse Allais, Pierre Desproges, Guy Bedos, Gad el Malet, Anne Roumanoff, les Chevaliers du Fiel,
Palmade, Robin, Foresti, Mesner (humoriste utilisant l’hypnose), etc.
XII.12. aménagement de parcs et jardins :
historique :
_ dès le début du 3e
millénaire, av. JC, le roi d’Uruk, Gilgamash, est fier des vergers et jardins dans les palais et temples de
la cité,
_ 2000 av. JC, jardins publics en Assyrie,
_ 600 av. JC, les célèbres jardins de Babylone de Nabuchodonosor sont considérés comme une des 7 merveilles du monde,
(aucun vestige retrouvé vers Babylone, mais une archéologue britannique pense avoir retrouvé des vestiges plus au Nord,
avec aqueduc acheminant l’eau vers Babylone).
Complément hors exposé :
_ IVe av. JC, jardins en Grèce, 2600 av. JC, jardins en Égypte,
_ 546 av. JC, Perse, les  »paradis » sont des jardins clos, construits sur le modèle du jardin du roi Cyrus à Pasargades, jardins
d’agrément divisé en 4 parties, autour de canaux en forme de croix, ce modèle sera repris en Asie, Afrique, Sud de l’Europe,
_ Rome, 1er av. JC, les jardins d’agrément sont sophistiqués,
le savoir-faire :
_ il donne lieu à des traités : Olivier de Serres (1539, 1619), Antoine-Joseph Dézallier d’Agenville (1680, 1765), Jacques
Androuet du Cerceau (1576, ..), André le Notre, Humphrey Repton, Denis et Eugène Bühler, Henri et Achille Duchêne, André
et Paul Vera,
les exemples :
_ A la Renaissance, le parc paysager du château-promenade des parfums de Chamerolles à Chilleurs-au-bois (Loiret), les
jardins du prieuré Notre-Dame d’Orsau à Maisonnais (Cher), les jardins de Vaux-le-Vicomte à Maincy (Seine et Marne),
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le domaine de Versailles (Yvelines), le parc de Marly à Marly-le-Roi (Yvelines),
_ les jardins Arts and Craft en Angleterre,
_ Période Arts Décoratifs avec le jardin du square Jean Goujon avec ses arbres en béton réalisé pour l’expo des Arts
Décoratifs et Industriels de 1925, et le jardin cubiste de la Villa de Noailles à Hyères les Palmiers (Var), réalisé par Gabriel
Guévrékian en 1926, puis les jardins de Chenonceau à Bléré (37), jardin à Saint-Gabriel-Brécy (14), jardin du Luxembourg à
Paris, le parc du château d’Anet (28), parc de Méréville (91), parc d’Ermenonville (60), parc à Gétigné (44), parc oriental de
Maulévrier (49)…le jardin de Claude Monet à Giverny (27), jardin de Menton (06), les jardins botaniques de Padoue (Italie),
Montpellier (34), Cracovie (Pologne), Kew (Angleterre), Madrid, Nantes, Oxford, Paris, Pise, Saint-Jean-Cap Ferrat (06)…
Jardin de Het Loo aux Pays Bas.
l’avenir :
Les parcs et jardins publics jouent un rôle dans les villes, de rapprochement du public avec la nature, lieux anti-stress, ré
oxygénation, détente, havre de paix pour les oiseaux et les insectes, lieux de rencontre éventuellement, lieux ludiques parfois
avec des aires de jeux pour les plus jeunes, bassins donnant la possibilité au modélisme naval, rencontres commerciales et
artisanales, promenades digestives, entraînement sportif, etc.
_ Certains jardins jouent le rôle de préservation des espèces végétales en voie de disparition, à l’air libre pour les espèces
endémiques et sous serres pour les espèces exotiques.
XII.13. la parfumerie :
histoire :
_ Dans l’Antiquité, les essences aromatiques sont brûlées en l’honneur des divinités, en latin  »per
fumum » (par la fumée) qui donnera le nom parfum, les parfums chez les Grecs sont mélangés avec
l’huile, il permet de se rapprocher des Dieux qui sont parfaits comme le parfum.
_ Au Moyen-Age, découverte de l’alcool éthylique, Marco Polo permet la découverte d’épices et
fragrances nouvelles,
_ A la Renaissance, les parfums sont forts et capiteux, ambre, musc, jasmin, tubéreuses, et nouvelles
fragrances des Indes et d’Amérique.
_ A l’Époque classique, la distribution des parfums jusqu’alors assuré par les apothicaires et les
droguistes est désormais assurée par la corporation des gantiers parfumeurs, Colbert élève la
parfumerie au rang d’art,
_ Le siècle des Lumières voit des senteurs plus délicates, Grasse devient le centre de fabrication des
parfums, l’eau de Cologne est créée,
_ 19e
siècle, la chimie et les découvertes scientifiques bouleverse les métiers de la parfumerie, qui se
défini peu à peu comme un art. Les molécules de synthèse reproduisent des senteurs rares, les
procédés de conservation se diversifient, le vaporisateur est inventé en 1870 par Brillart-Savarin.
La production en série des flacons en verre démocratise le parfum, les maisons célèbres
apparaissent : Houbigant, Piver, Guerlain.
description :
Un parfum se révèle en 3 notes olfactives :
- 1, la note de tête, qui se révèle aussitôt après pulvérisation, et jusqu’à 30 minutes, voire 1h,
- 2, la note de cœur qui demeure entre 2 et 3 heures,
- 3, la note de fond qui persiste jusqu’à 5 ou 6 heures,
familles olfactives :
Elles sont au nombre de sept, les senteurs sont :
- 1, orientales, ambrées, boisées, fleurs et fruits exotiques, c’est un mélange de chaleur et de
sensualité, pour hommes, femmes ou mixte,
- 2, hespéridées, obtenues à partir d’agrumes, donne la fraîcheur, la légèreté, pour eau de Cologne,
- 3, boisées, issues de bois tel que le patchouli, le cèdre, le santal, le vétivier, qui donne des accords
masculins chauds et secs et élégants, associés souvent à des notes aromatiques,
- 4, florales, à partir de fleurs, souvent associés aux notes boisées ou florales-vertes, très présentes
en parfums féminins,
- 5, chyprées, construites sur des accords de bergamote et de fleurs (rose, jasmin…) avec un fond
boisé, ce qui donne une richesse de notes associées à des notes fruitées ou florales,
- 6, fougères, sont construites sur une alliance de lavande, notes aromatiques, géranium, vétivier,
coumarine, mousse de chênes, et servent aux eaux de toilettes masculines,
- 7, cuivrées, rappellent l’odeur du cuir tanné, très typées, ces parfums sont portés par les hommes
ou les femmes,
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Complément hors exposé :
_ Belle-Epoque, en 1920 Coco Chanel créé Chanel N° 5, en 1921 Guerlain créé Shalimar, en 1947 c’est Christian Dior qui
créé Miss Dior et en 1948 c’est Nina Rici qui lance l’Air du Temps.
_ 1960, création de Habit Rouge de Guerlain,
_ 1966, Dior créé Eau Sauvage,
_ 1970, les parfums pour hommes sont dissociés des après-rasage,
_ 1980, les parfums de femmes ont une fragrance puissante et les parfums d’hommes sont plus capiteux,
_ 1990, retour à un monde plus doux, les parfums d’enfance (vanille, caramel, lait) et des essences naturelles, fraîcheurs
aériennes, aquatiques, végétales, marquent le retour à l’essentiel,
_ 2000 à 2013, plusieurs tendances successives marquent cette décennie, d’abord sensuel et à plaisir
immédiat, un retour à l’émotion et à l’authenticité avec des touches florales ou fruités. Un changement des codes olfactifs est
marqué par des parfums masculins aux notes orientales, florales et fragrances mixtes. Les parfums féminins fruités ou fleuris
s’élargissent aux notes boisées. Les marques se diversifient pour mieux répondre aux attentes des clients.
Les matières premières :
Les fleurs, les fruits, les bois, les plantes, les herbes, les essences animales de synthèse (musc, civette, castoréum, hyraceum,
etc.),
nota : Versailles accueille l’ISIPCA (Institut Supérieur International du Parfum et de la Cosmétique et de l’Aromatique
Alimentaire), ainsi que l’Osmothèque (siège du Conservatoire mondial du parfum),
XII.14. l’art culinaire, l’art de la table, la gastronomie :
_ l’art culinaire, c’est l’art d’apprêter les mets,
_ l’art de la table, c’est l’art de disposer tout ce qui est nécessaire pour prendre un repas en dressant
la table de façon élégante,
_ la gastronomie, c’est l’art de bien manger de la bonne chère,
_ on trouve la cuisine familiale, la cuisine collective et la cuisine industrielle ; cette dernière est-elle
un art ? On est en droit de se poser la question. Mais on se souvient des  »ready-mades » en art
visuel…Servir un plat industriel serait considéré ainsi ? De même, la cuisine collective peut se
subdiviser entre la cuisine collective traditionnelle, les self-services, et enfin les fast-foods. Même
remarque sur les deux derniers avec les ready-mades,
_ rappelez-vous la biennale de Venise avec le 1er prix de sculpture, on peut pratiquer les arts
culinaires, de la table et gastronomiques en se servant de la télévision ;
_ rappelons aussi qu’il existe des guides gastronomiques (Gault et Millau, Michelin, Petitrenaud, Champérard, etc.), à
utiliser si l’on est pas atteint d’agueusie !
Complément hors exposé :
c’est ce qui se fait avec les émissions comme :
- Top chef sur M6,
- le Meilleur Pâtissier sur M6,
- le magasine Midi en France sur FR3, ou la cuisine régionale tient une bonne place,
- un Dîner presque parfait sur W9,
- les carnets de Julie tous les samedis sur FR3 à 16h15,
- les escapades de Petitrenaud sur France 5 à 12h00 les dimanches,
- sur M6, l’émission Ramsay’s Kitchen Nightmares (Cauchemar en cuisine), animé par Ramsay Gordon,
- M6 les mercredis soir, parfois, on trouve Philippe Etchebest qui reprend l’esprit de l’émission de Ramsay, on y voit qu’un
restaurant ne peut pas fonctionner sans un travail de communication permanent entre le patron, la patronne, le chef de
cuisine et les aides-cuisiniers, le chef de salle et les serveurs, le personnel de salle et celui de la cuisine, ce qui permet
d’obtenir l’harmonie de l’équipe, mais la restauration reste une passion autant qu’un métier, qui est très prenant, mais qui
permet à certain de devenir des virtuoses de l’art culinaire,
XIII. compléments :
Je propose les oubliés de l’art, liste non exhaustive,
Parmi nos cinq sens, vérifions les oubliés :
- pour la vue, la musique n’est pas exclue car le spectacle d’un orchestre avec ses instruments qui sont si
bien astiqués et les tenues de soirée des musiciens, n’est-ce pas un spectacle ? La radio peut être exclue.
Pour le parfum, la beauté du flacon compte aussi.
- le feu d’artifice ne suscite-t-il pas les nouveaux domaines explorés par l’art, délaissant la position
contemplative et élitiste pour solliciter l’étonnement, l’émotion et la démocratisation par l’implication du
spectateur ?
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- pour l’ouïe, les 3 premiers arts en sont exclus, ainsi que la photo, et le 10e
art sauf l’art numérique, le jeu
de rôle, le jeu vidéo où la musique est présente, l’humour et la prestidigitation sont inclus.
- pourquoi ne pas rajouter les conteurs, qui ont été ajoutés à la liste du patrimoine mondial immatériel de
l’humanité ?
- pour l’odorat, la parfumerie est concernée évidemment, ainsi que l’art culinaire, la gastronomie, les
jardins avec ses fleurs odorantes, et des tentatives pour associer le 7e
art avec des odeurs ont été réalisées.
- pour le goût, seul le 10e
art avec la gastronomie et l’art culinaire sont concernés, bien que les échecs des
artistes incompris laissent un goût amer !
- pour le toucher, l’architecture, la sculpture, la danse de salon ou initiatique, la BD qui se feuillette, la
gastronomie si l’on mange avec les doigts (1/3 de la population mondiale environ), l’origami, le
modélisme, le maquettisme et la prestidigitation lorsque l’on est autorisé à toucher, sont les seuls
domaines concernés.
- le massage ne serait-il pas un art, où le spectateur participe passivement en recevant les bienfaits, parfois
avec des huiles essentielles très odorantes ? On a déjà abordé la perméabilité de l’art avec l’industrie
(design), avec le sport (rock acrobatique), ….
- aux 5 sens, ajoutons désormais l’aspect ludique, récréatif, avec la sculpture où l’on pénètre dans l’œuvre,
du 4e
art au 10e
art sauf la photo, le maquettisme, et le tatouage qui imposent de rester spectateur, tout
comme les 1er et 3e
arts. Certains parcs ont créé des labyrinthes afin d’ajouter cette note ludique à l’art. Un
jeu consiste aussi à deviner de quel parfum il s’agit, parmi des échantillons anonymes, idem avec les vins,
la nourriture.
XIV. En conclusion :
L’art qui avait pour mission à son origine d’être:
- le témoin de son temps par le réalisme pour les 2e
et 3e
arts (sculptures, peintures, dessins,etc.)
- de susciter l’émerveillement par le beau pour tous les arts
- de divertir pour le 4e
, 5e
et 6e
art (Art de la scène, danse, musique),
- de refléter l’identité d’une civilisation pour les 10 arts mais avant tout pour le 6 premiers,
- les arts semblent abandonner la sublimation du beau pour se contenter de nous étonner ou de conquérir
l’aspect ludique des activités humaines,
- l’évolution des technologies a bouleversé les frontières de la pensée, l’art n’a pas été épargné,
- la frustration d’art élitiste a poussé certain à vouloir happer le spectateur en le faisant participer à
l’œuvre, c’est surtout le cas en sculpture, où l’on est au milieu de l’œuvre, mais surtout pour le 10e
art, où
l’on est pas seulement spectateur, mais aussi acteur, mais alors, l’art aurait-il pour ambition de transformer
tout spectateur en acteur ? Mais dans le 10e
art, on est plus souvent consommateur que créateur, dont les
limites de l’art se définissent par l’action (mais Jean-Paul Sartre n’a-t-il pas dit dans sa théorie sur
l’existentialisme que l’humain se détermine par ses actions ?).
- depuis la fin du XIXe , le 3e
art, puis les autres ensuite, se sont libérés pratiquement de toute contrainte,
et on en vient à se demander si l’art n’a pas franchi des limites qu’il ne fallait pas franchir ? Mais on peut
aussi rétorquer que le public n’est pas obligé d’aller dans les musées, aussi, si ça ne plaît pas à certains, ils
peuvent toujours s’abstenir d’y aller, et puis, l’essence même de l’art n’est-il pas la liberté ? Partout où l’on
a essayé d’asservir l’art, ce fut un échec : l’art nommé dégénéré par les nazies a reçu plus de visiteurs que
l’art officiel, le salon des indépendants reflétant l’art moderne a eu plus de succès que les salons officiels
surnommés art pompier, le futurisme asservi au fascisme, le productivisme asservi au communisme, ont
été très vite boudés par le public, et enfin, la Révolution culturelle en Chine qui a mené au début d’une
guerre civile a été interrompue par le PC chinois en condamnant à mort la femme de Mao Zedong afin de
mettre un terme à ces dérives destructrices de la société.
Citons enfin Georges Pompidou qui lors de l’inauguration du Centre d’Arts qui porte son nom, déclara
 »l’art contemporain doit discuter, s’insurger, protester » ; d’autres disent  »l’art doit susciter la curiosité », ou
aussi  »l’art est une escroquerie, mais aussi un mirage ».
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XV. Bibliographie et notices :
Complément hors exposé :
_ une notice de l’artiste Asier Mendizabal exposé au Centro de Arte Reina Sofia, sculpture.
_ une notice de l’artiste Dorit Margreiter exposé au Centro de Arte Reina Sofia, architecture.
_ une notice de l’expo : a Hard Merciless light, the Worker Photography Movement, 1926-1939, au musée
Reina Sofia, photographie.
_ une notice de l’artiste Roberto Jacoby exposé au musée Reina Sofia, œuvres à medium photographiques et
cinématographiques.
_ notice de Jacques Poli exposé au centre d’art Villa Tamaris, peintures.
_ notice de Jan Voss exposé à l’Hôtel des art de Toulon, sculptures, peintures, origami.
_ notice de Jérôme Dupin exposé à l’Hôtel des arts de Toulon, peinture abstraite.
_ notice des artistes exposés à l’Hôtel des arts de Toulon de 1999 à 2009.
_ notice de Sean Scully, Gotthard Graubner, Lawrence Carroll exposés à l’Hôtel des arts de Toulon,
peintures et sculptures.
_ notice de Alain Clément exposé à l’Hôtel des arts de Toulon, peintures et sculptures abstraites.
_ notice de Giorgio Morandi exposé à l’Hôtel des arts de Toulon, peinture figurative et abstraction du réel
par la composition.
_ notice du musée de Toulon, hommage à Pierre Deval.
_ notice de Ninoska, exposée à la galerie Alcala, Madrid, peintures figuratives très colorées.
_ Histoire visuelle de l’Art, de Claude Frontisi, édition Larousse,
_ L’Expressionnisme, de Waldemar George, éditions Aimery Somogy, Gründ Paris,
_ Kandinsky, de Hajo Düchting, édition Taschen,
_ La collection clefs de lecture, Ediciones de La Central, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia,
_ Les Grands Peintres et leur Technique, par Waldemar Januszczak, Bibliothèque de l’Image.
_ La technique de la peinture à l’huile, par Xavier de Langlais, édition Flammarion.
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Haiti Yves Lequerec

Haiti

Yves Le Quérec
Préambule

La République d’Haiti partage avec la république Dominicaine l’Ile d’Hispaniola nommée un temps St Domingue, découverte par Christophe Colomb.
Cette ile fait partie des Grandes Antilles, qui se composent de Cuba, de la Jamaique, de Porto-Rico, des iles Caimans, et de l’ile d’Hispaniola.
Haiti occupe le 1/3 occidental d’Hispaniola (27.750 km2) et compte 5300000 habitants, soit l’équivalent de 4 ou 5 départements français
France:549.000 km2 66 millions d’habitants.
Le drame de cette ile des Caraibes vient, d’une part de sa situation géographique au point de convergence de plaques tectoniques d’ou la fréquence des séismes (dont celui catastrophique de 2010), mais aussi , d’une suicidaire faute écologique permanente, a savoir la déforestation systématique, qui , cumulée à la fréqence des cyclones locaux, entraine alternativement sécheresse et inondations diluviennes accélérant l’érosion et la stérilisation des sols.
Enfin l’instabilité politique est quasi permanente dans cette partie francophone de l’ile, situation propre à tous les pays pauvres.

Un peu d’Histoire
L ‘ile d’Hispaniola est découverte par Christophe Colomb, sujet des souverains d’espagne.
Il débarque en 1492 près du mole St Nicolas sur la côte occidentale de l’ile.
Rapidement , la couronne de France jette son dévolu sur Hispaniola;
en 1665, et bien qu’ officiellement le pays appartienne aux espagnols, la France y envoie un gouverneur Bertrand d’Orgeron. Louis XIV accorde aux colons le droit d’importer des esclaves africains.
au départ , l’ile était occupée par des Indiens, Arawaks, Caraibes et Taînos qui sont systématiquement massacrés ou réduits en esclavage. La soif de l’or s’empare des colons, mais la partie ouest de l’ile est rapidement désertée car elle en est dépourvue.des Français vont profiter de l’aubaine: aventuriers au long cours, corsaires,flibustiers, vont s’attaquer et piller les galions espagnols.
Ils placent leur butin sur l’ile de la Tortue sur la côte nord d’Haiti
ils font également de l’élevage et fument la viande d’ou leur nom de boucaniers , le boucan étant le nom du gril qu ‘ils utilisaient.
Puis installation de colons venant de la Martinique et de l a Guadeloupe.
Colbertrapidement reprend les choses en main et organise des plantations d’indigo, de café, et de canne a sucre;il met en place une importation massive d’esclaves noirs d’Afrique.certains d’entre eux s’enfuent dans les « mornes » comme les « Nègres Marrons ».Il ya également des « Affranchis »issus souvent d’unions illégitimes entre colons et esclaves.
en 1697, par le traité de Ryswick l’Espagne cède a la France la partie occidentale de l’ile de St Domingue.
Toujours est il qu’en 1790 St Domingue est la colonie française la plus riche de toute l’Amérique grace au tabac, à l’indigo,et a la canne a sucre.
Révolution Francaise et Independance( 1804)
L’Assemblée constituante décide d’accorder aux gens de couleur libres les mêmes droits civiques que tous les citoyens.
Les esclaves en profitent pour se révolter et à l’occasion de la cérémonie clandestine de Bois Caiman (aout 1791) 50.000 d’entre eux pillent et massacrent les colons blancs.Colons et Affranchis s’unissent alors pour mater la rébellion.
Mais la décapitation du roi de France et la proclamation de la République favorisent l’abolition de l’esclavage.
Toussaint Louverture, ancien esclave noir, général de brigade, proclame l’Indépendance d’Haiti et crée la première République Noire Indépendante de l’Histoire.Il se fait proclamer gouverneur à vie en 1799;
Bonaparte ne l’entend pas ainsi, décide de chatier l’impudent et envoie une expédition dirigée par son beau frère le général Leclerc.
Toussaint Louverture est défait, capturé, et déporté au Fort de Joux dans le Jura ou il meurt en 1803.
Bonaparte rétablit aussitôt l’esclavage, mais les troupes françaises décimées par le paludisme et la mort de Leclerc remplacé par Rochambeau, ne peuvent s’opposer à la révolte des troupes noires.
Dessalines, lieutenant de Toussaint Louverture parachéve la victoire de son chef en remportant la bataille de Vertières (1803).
Quelques jours plus tard , ses soldats le proclament gouverneur général à vie non pas de St Domingue mais d’Haiti nom donné a cette partie de l’ile par les indiens Tainos
Haiti est ainsi le premier pays au monde issu d’une révolte d’esclaves
Vont s’ensuivre 111 ans d’instabilite
Premier empereur d’Haiti, Jean Jacques Dessalines fait exécuter les 10.000 blancs restés sur l’ile après l’indépendance.Il est assassiné en 1806.
Haiti va alors ëtre divisé avec au sud la République du mulâtre Alexandre Petion fils d’un colon blanc et d’une mulatresse et au nord le royaume du roi noir Henri Christophe qui s’autoproclame roi à vie

en 1822, Jean Pierre Boyer succède après le suicide du roi Christophe à Petion mort en 1818.Il envahit la partie espagnole de l’ile et gouverne Hispaniola durant 25 ans.
Pour mener à bien la mission de reconnaissance de l’indépendance d’Haiti initiée par Petion, il entame des négociations avec Charles X en 1825.
Le roi de France accepte le marché contre le paiement de 150 millions de francs or. A ce prix , il est obligé de restaurer l’impöt si bien qu’en 1843 Boyer est contraint à l’exil.
Il s’ensuit une série de coups d’etat qui mènent successivement au pouvoir Faustin Souloque, le général Fabre Geffrard, Lysins Salomon, Pierre Nord Alexis.
en 1844, est proclamée l’indépendance de la République Dominicaine avec pour capitale St Domingue.
Toute cette période et le début du XXème siècle seront marqués par une opposition permanente entre noirs et mulätres qui pèseront longtemps sur les rel:ations sociales et la vie politique.
Cette instabilité permanente conduit les Américains à envahir et occuper Haiti de 1915 à 1934: ils y créent une force de gendarmerie, assénissent le pays et ses finances , créent des routes, mais ils sont honnis par la population.
Retour des Bourgeoisies(1934-1956)
Bourgeoisies noires et mulätres se disputent le pouvoir sans parvenir à stabiliser et à faire progresser le pays.
Trente ans de Duvalierisme.( 1957- 1986)
François Duvalier, médecin d’origine martiniquaise, prône la victoire de la paysannerie noire contre la bourgeoisie mulätresse des villes.
Il exige très rapidement qu on le laisse légiférer par décrets.
Pour as seoir son autorité, celui qui se fait appeler « Papa Doc » s’inspire de l’italie fasciste et de ses « chemises noires ».Il crée une milice « les volontaires de la Sécurité nationale » plus connus sous le nom de  » Tontons Macoutes »
10.000hommes. la terreur s’institutionnalise grace aux tontons macoutes et aux prêtres Vaudou, Duvalier s’impose à l’ensemble du pays
Le Vaudou en Haiti désigne l’ensemble des dieux et des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance;Il trouve son origine dans l’ancien royaume du Dahomey en Afrique occidentale, s’exporte ensuite en Amérique et dans la Caraïbe à l’époque de l’esclavage noir africain, se développant surtout dans la clandestinité.Aujourd’ui, le Vaudou réunit 50 millions d’adeptes dans le monde.Le Vaudou va progressivement se fondre avec le culte des saints dans la religion catholique.Dieu existe dans cette pratique et porte en créole le nom de « Bondyé » ou « Mawu ». »Papa legba , ouvri bayé pou moin  »
La cérémonie du Bois Caiman ou furent tués 10.000 colons blancs est considérée en Haiti comme l’acte fondateur de la Révolution et de la guerre d’indépendance.
François Duvalier dit « Papa Doc »qui détint le pouvoir de 1957 à 1971 utilise les frayeurs populaires qu’inspire le Vaudou pour accroitre son emprise sur le peuple.Il portait souvent des lunettes de soleil et parlait avec un fort accent nasal associé au « Iwa » vaudou.Il s’inspirait aussi du « Baron samedi » le personnage le plus effrayant du vaudou. A la mort de J.F.Kennedy, papa Doc déclara que l’assassinat du Président américain était la conséquence d’un sort qu’il lui avait jeté;Il soutenait aussi la théorie raciste pronégritude destinée a flatter la majorité afro haitienne noire au dépens des mulàtres.
en aout , septembre et octobre1964, des centaines de mulâtres , femmes , vieillards et enfants furent torturés et abattus au cours de massacres connus sous le nom de »Vëpres Jérémiennes »entrainant ll’exil de toute une partie de cette population au Canada et à New York.
L’eglise catholique en 1961 s’oppose à la réelection de Duvalier.Celui ci expulse les représentants du Vatican, ce qui lui vaut d’être excommunié, puis , trois ans plus tard, Papa Doc expulse tous les Jésuites de l’ile.en 1964, il se fait élire Président à vie et se fait officialiser « Prëtre Vaudou ».
En 1971, à sa mort, son fils Jean Claude Duvalier, surnommé « Bébé Doc »
lui succède, à peine agé de 19 ans.
Bébé Doc manifeste au début quelques signes de bonne volonté
: rapprochement avec les Etats-Unis et la République Dominicaine,assouplissement de la censure sur la presse,libération des prisonniers politiques. Il reste malgré tout un dictateur
Des 1970 , la presse est de nouveau muselée;En 1978, une épidémie de peste porcine et la progression alarmante du Sida accélèrent la chute du tyran.en 1983, le Pape Jean Paul II requiert une meilleure répartition des richesses en Haiti.En 1985, éclatent les premières révoltes à Gonaive, au Cap Haitien qui conduisent à l’exil en France de Jean Claude Duvalier en 1986.Le mausolée de Papa Doc est vandalisé et les restes de l’ancien Président sont piétinés;des centaines de « tontons macoutes « sont retrouvés morts.
En 2013, Jean Claude Duvalier revient de son exil pour porter secours au peuple Haitien,Le tribunal de Port au Prince ne l’entend pas ainsi place Bébé doc en résidence surveillée avant son procès.Jean Claude Duvalier succombe alors à une crise cardiaque
Jean Bertrand Aristide et ses Chimères
Le départ de Bébé doc en 1986 fait renaitre tous les démons de l’instabilité politique en Haiti:
Le général Namphy(1987)
Lesly Manigot (1988) occupent successivement le pouvoir
le général Avril (1990)
avant qu ‘un raz de marée victorieux (1990) ne porte à la tête du pays un prêtre défroqué, personnage charismatique, le père salésien Jean Bertand Aristide qui ne reste que quelques mois au pouvoir a la suite d’un nouveau coup d’etat fomenté par le général Cedrasen 1991
Un embargo est décrété par l’ONU , qui va entrainer le départ et l’exil au Panama de ce dictateur en 1994.
1994 marque donc le retour d’Aristide au pouvoir.il adoube rapidement son premier ministre René Préval qui va assurer de 1996 à 2001 la présidence de la République Haitienne.
en 2001, Aristide reprend les rènes et organise sa propre milice les « Chimères ».Haiti devient la plaque tournante du trafic de drogue et de corps:vente d’organes et de cadavres aux facultés de médecine.
Un nouveau coup d’etat contraint Aristide à démissionner en 2004.
C’est alors qu en 2005, face à la décomposition du pays, les américains et le conseil de sécurité de l’ONU créent la MINUSTAH: Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haiti.
En 2006, René Préval est de nouveau président de la République, puis réélu en 2008.
En 2010, survient le séisme de force 7 sur l’échelle de Richter, qui va entrainer 300.000 morts et autant de sans abri, avec , a Port au Prince, l’effondrement partiel du palais présidentiel.Il s’ensuit une épidémie de Choléra , transmise par les soldats Pakistanais des forces de l’ONU
En 2012, élection de Michel Martelly, chanteur surnommé :Sweet Micky a la présidence de la République;
En 2015, sous la pression de la MINUSTAH, un accord est conclu avec le Président François Hollande pour un contrat d’aide et d’assistance alimentaire à Haiti;
Fin 2015, il ya 163 candidats à la présidence de la République Haitienne.
En 2016 Jovenel Moise assure pour l’instant la présidence de la Répulique d Haiti;L’ouragan « Matthew »entraine à nouveau des dégats catastrophiques sur l’Ile.

Constitution de la République d’Haiti
Elle est quasi intégralement copiée sur celle de la France
-Le pouvoir exécutif est confié au Président de la République et à son premier ministre.celui-ci ne peut pas ëtre révoqué par le président mais par les chambres, après un vôte de censure;
- Le pouvoir législatif est assuré par l’Assemblée Nationale et la Chambre des députés ainsi que par le Sénat;
- Le pouvoir judiciaire comporte : – la Cour de cassation: cour d’appel et tribunal de première instance
– la cour constitutionnelle.
Le territoire est divisé en – départements, arrondissements, communes.

L’Economie
est en grande partie sous perfusion de l’aide internationale et des transferts d’argent de la diaspora haitienne New Yorkaise et Canadienne;
Localement elle fait toutefois appel à la culture du mais, du riz, mais surtout de l’indigo et de la canne à sucre source de rhum
La pêche n’a jamais été un secteur très productif.Pourtant, les côtes haitiennes regorgent de crevettes, de langoustes et de lambis;
Le secteur secondaire et tertiaire
L’industrie: 20% du Pib: gisements de bauxite.les mines d’or et de cuivre ne sont pas exploitées , faute d’argent
Le textile: confection de produits manufacturés; vêtements exportés vers les Etats-Unis
Le Tourisme, comparé à celui florissant de la République Dominicaine , se porte très mal du fait de l’absence de toute infrastructure hotelière , surtout depuis le séisme de 2010;les plages de sable fin de Jacmel et des Cayes sont pourtant féeriques…
L’implantation d’entreprises étrangères pourrait amorcer un renouveau de l’économie haitienne: Nestlé, Cointreau, Grand Marnier, Lucke and tobacco y opèrent déja
Religion
Catholique et protestante , matinées de Vaudou
Langue
Le Français à Port au Prince, mais surtout le Créole dans les campagnes, beaucoup moins francisé
Protection Sociale
Seuls 5% des haitiens ont réeellement accès à la Caisse d’Assistance sociale
Quant au chomage il se situe autour de 30% avec un afflux massif de population vers Port au Prince
Culture
Les classes aisées et l’élite haitienne restent très attachées à la francophonie.Le 12 décembre 2013, l’écrivain haitien Dany Laferrière a été élu à l’Académie Française: » L’art presque perdu de ne rien faire », « comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » illustrent notamment ses écrits.
La peinture souvent naive des artistes haitiens reste particulièrement appréciée par certains connaisseurs de l’art contemporain
Conclusion
Magré une constitution politique rationnelle, après la dictature des Duvalier la « perle des Antilles »fait l’expérience d’une démocratie renaissante et tente de s’organiser et de se reconstruire après le cataclysmique séisme du 12 janvier 2010.
Toutefois, atermoiements, immaturuté, corruption permanente,pauvreté et laxisme , font que cet etat reste quelque peu une « République bananière » sous perfusion des Nations Unies et sous tutelle des Etats-Unis d’Amérique

peut-on réformer la France? Robert Aroche

Peut-on réformer la France ?

Je veux montrer dans cet article que notre pays se situe dans un processus de réformes qui traverse l’essentiel des pays démocratiques et développés d’Occident. En cela, il ne diffère pas des autres. Par contre, nous affichons une particularité que l’on est en droit de regretter : Alors que presque tous l’ont terminé, nous trainons les pieds et nous assistons à une opposition entre nos dirigeants et la majeure partie de la population, opposition large, bruyante et profonde de la population au point de faire défiler dans les rues des milliers de personnes crispées dans le refus. Ce face à face s’explique tout simplement par le rejet des réformes proposées par nos gouvernants, aussi bien de droite que de gauche, qui, eux, considèrent qu’il s’agit là de la seule façon stopper le déclin économique dont la France est victime depuis une bonne trentaine d’années.
Le temps nous manque pour reprendre à partir du dix-neuvième siècle. La période la plus contestataire de notre histoire. Nous commencerons en 45, car à la fin de la guerre, il s’est produit dans tous nos pays occidentaux une volonté nouvelle de gouvernement plus soucieux du bonheur de l’ensemble des individus que, simplement, de fournir les biens régaliens. Et dans tous ces pays, un régime nouveau s’est installé. Certes, des différences ont été créés par des mentalités voisines, mais cela s’est fait partout et en même temps. Les politologues le nomment la social-démocratie.
En Amérique, le New-Deal avait déjà préparé les esprits à l’interventionnisme d’état. En Europe la social-démocratie doit, d’abord, se débarrasser du Marxisme. En effet, un des partis à l’origine de ce mouvement, le parti socialiste, (dans toute l’Europe, je le redis) offrait un discours à la fois révolutionnaire, mettant en cause le capitalisme et en même temps, voulant faire bénéficier les classes populaires de plus d’égalité. Et donc soit de participer à des gouvernements soit de militer dans les parlements. Le plus bel exemple de ce virage nous vient de l’Allemagne, qui en 1959, au cours du congrès de Bad Godesberg, renia officiellement le collectivisme venu de l’est. Le SPD se déclare parti du peuple allemand. Il recommande plusieurs compromis. D’abord un rôle de l’état important mais une économie libérale. Politique keynésienne de dépense publique assez distributive mais sans nuire à l’intérêt général, c’est-à-dire, à la croissance. Ce modèle social-démocrate se développe essentiellement en Europe du nord (pays scandinaves, Allemagne de l’Ouest, Autriche et, dans une moindre mesure, pays du Benelux et Grande-Bretagne). Cela se fait et domine en plein consensus entre les années 50 et celles de 70. En Europe du sud, c’est plus difficile vu le poids beaucoup plus lourd du parti communiste. En France il a représenté, un moment, 30% du corps électoral. Par ses attaques incessantes sur les partis plus à droite que lui, il a réussi à névroser le parti resté socialiste, et qui n’a pas encore, 65 ans après, réussi à choisir entre collectivisme et libéralisme. On peut, d’ailleurs, penser que la droite française n’a pas vraiment fait mieux car elle n’a jamais eu le courage de se déclarer vraiment libérale, bousculée non par les communistes mais par les socialistes qui encaissaient, eux, les hurlements communistes. L’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Grèce sont restés socialistes mais participant à des degrés divers à la gestion de l’état.
Le mot compromis est le meilleur pour décrire ce type de régime. D’abords les luttes de classe, toujours présentes, font l’objet de régulation lors de négociations régulières comprenant syndicats ouvriers puissants, patrons et états. Les syndicats, dans la social-démocratie sont inclus de façon importante et constante dans le jeu économique. Ils font partie intégrale des institutions. Les salariés font preuve de modération dans leurs réclamations et évitent la grève. Ils acceptent la répartition des recettes décidée par le patronat. Ce dernier participe à l’état social sur les fonds des entreprises. L’état garantit les droits des salariés et poursuit une politique dite keynésienne de dépenses sociales élevées très protectrices, de déficit budgétaire propre à promouvoir une politique de la demande et apte à stimuler la consommation qui va, elle-même stimuler la production. Ces sociétés sont très redistributives, assez égalitaires. Le niveau de vie s’améliore. Le libéralisme n’est pas contesté. La paix sociale règne. Le modèle social-démocrate européen est fait pour accorder la prospérité, donc le bien public, à l’intérêt particulier, celui du monde ouvrier assez bien protégé.
La France entre globalement dans ce schéma, à part que les principaux syndicats sont restés très marqués par l’esprit révolutionnaire. Et L’état a tout fait, en 45, pour les inclure encore plus dans le fonctionnement socio-économique. Les gouvernants ont purement et simplement, adopté, par voie de décrets, le programme du centre national de la résistance, élaboré pendant la guerre par la hiérarchie communiste. Un état-providence très complet fut monté puis complété tout au long de ces décennies. Et là, toujours pour institutionnaliser les syndicats et pour les calmer, on leur accorda la gestion de toutes les caisses, maladie, invalidité, vieillesse, retraite, chômage. Cette décision se révèlera, plus tard, lourde de conséquences. Quant au statut des fonctionnaires, c’est le programme communiste qui l’a écrit. On n’a, à nos jours, pratiquement pas pu en changer grand-chose. La France se distingue donc des autres par le rôle exceptionnel accordé aux syndicats mais aussi par leur agressivité très supérieure à celle des pays européens.
Mais l’âge d’or de la social-démocratie va bientôt subir des attaques. Une vague néolibérale s’insinue dans l’esprit des économistes et de certains philosophes dont un certain Hayek car une crise sévère s’abat sur tous les pays occidentaux. Concurrents nouveaux, crise pétrolière, le PIB stagne, le chômage grimpe. Les pays dits socialo-communistes nous offrent un modèle en voie de faillite. Ils n’offrent plus une alternative crédible au capitalisme. Le totalitarisme est l’horizon obligatoire de ces régimes. . Les hommes politiques commencent donc à s’intéresser au néo-libéralisme dont le théoricien est l’économiste Milton Friedmann. Reagan est le premier à appliquer leurs idées. L’Angleterre par Mm. Thatcher décide de le suivre. En Europe continentale, le processus est plus lent. Les politiques hésitent. Ils ont fini par comprendre que des réformes libérales devenaient nécessaires mais leur conscience les tourmente. On se pose des questions : Va-t-on vers le libéralisme tout court ou vers un social-libéralisme ? C’est l’ère des conflits qui débute.
La transition vers moins d’état-providence est facilitée par le changement de composition des partis nommés soit socio-démocrates soit socialistes. Les ouvriers les quittent peu à peu pour ceux plus populistes ou plus à gauche. Vers les années 80, dans toute l’Europe ils ne représentent qu’en partie la classe ouvrière. Par contre les intellectuels, une bourgeoisie, des cadres aiment ses idées. Les dirigeants de ces partis se recrutent dorénavant chez des gens plus compétents. Vers les années 80, le virage mental est pris : les dirigeants pensent tous, sauf une part minoritaire de la gauche dure qu’il faut y aller. Ils renoncent à l’idéologie classique d’interventionnisme d’état, de nationalisations, taxation, redistribution. Ils vont vers des programmes plus inter classiques, et atténuent l’égalitarisme qui s’imposait auparavant. On pense, dorénavant, l’élite mais pas encore les peuples, que les difficultés économiques ont leurs sources dans l’importance de l’état-providence. Il faciliterait la baisse de compétitivité des entreprises ainsi que le chômage.
Dans ces partis, tout le monde ne change pas à la même vitesse. Ils restent unis mais trois tendances se dessinent. L’axe classique fait de la justice sociale et de l’emploi. Le deuxième se préoccupe de valeurs sociétales et individuelles. Un troisième axe, toujours sans rompre avec le parti, prend des allures franchement néo-libérales. Cet axe-là modère son langage libéral mais se dit réaliste. Elle mélange un néo-libéralisme modéré à un socialisme modéré.
. Cela se passe assez bien dans les pays du nord. Il existe, certes des discussions, dans les partis et dans les parlements mais ils finissent par tomber d’accord sans trop de casse sociale sur la ligne social-libérale.
Mais, il est des pays ou c’est moins facile. Avant de parler du virage néo-libéral français, je vais donner deux exemples chez nos voisins : l’Allemagne et l’Angleterre.
L’arrivée de Margareth Thatcher à la tête de parti conservateur a été facilitée par sa volonté affichée de fermeté et de libéraliser le pays. Car depuis les années 70, aussi bien les travaillistes que les conservateurs avaient tenté ce travail en promulguant des lois anti syndicales. Mais ils ont tous les deux été battus et ont fait marche arrière piteusement.
L’Angleterre était appelée l’homme malade de l’Europe. Le secteur public employait 30% de la population active. Les revenus du capital payaient 98 % sur sa tranche marginale élevée. Les revenus subissaient 83% de prélèvements sur leur marge haute. Un Chômage en hausse permanente, une désindustrialisation continue, une inflation énorme. En 76 l’état doit demander un prêt au FMI comme le Gabon ou l’Ouganda. Qui plus est, les syndicats refusent la modération salariale proposée par le gouvernement. Il se produisit donc une telle série de grèves que l’on les a appelée : l’hiver du mécontentement. Ce fut la grève de trop.
La dame de fer mit en place une politique de type libéral en faisant mourir tout ce qui n’était pas rentable. La plupart des mines se trouvaient dans ce cas. Sa politique monétariste de taux d’escompte élevé conduisit à une livre forte. Elle réussit en cela à modérer l’inflation et réduisit très fortement l’emploi d’état. Mais, pour montrer la violence du conflit entre elle et les syndicats, il faut évoquer la grève de mineurs de 1984-1985. Ce fut une véritable guerre civile. D’un côté le parti conservateur qui désirait vaincre pour la première fois et une fois pour toute, ce monument de pouvoir et de brutalité que recelait le syndicalisme anglais. Certains affirmèrent que Thatcher les a poussés à l’extrémisme en leur opposant le sien. Mais d’autres soulignent qu’aucune réforme n’avait pu éclore faute d’avoir auparavant brisé les syndicats. La police, habillée comme à la guerre, prend les piquets de grève d’assaut. Elle occupe les houillères. On a compté 20000 blessés, 11000 personnes arrêtées. 6 mineurs mourront sur les piquets de grève. Sur les chantiers clandestins 3 adolescents perdront la vie. Cette histoire est unique dans le monde. Sa durée et sa violence sont devenues le symbole d’une guerre menée entre le libéralisme et le syndicalisme, terminée par l’écrasement du syndicalisme anglais d’avant. Le transport aérien, la sidérurgie, l’automobile, les chantiers navals, tout le monde du travail se mobilise contre l’ordre d’état. De son côté, la force publique, les juges, la presse répondent sur le même ton. L’opinion publique se divise en deux avis très opposés. Les clivages atteignent la même profondeur que dans l’affaire Dreyfus en France. Et Thatcher gagne la partie de justesse. L’Angleterre peut passer au libéralisme. Il ne s’agit pas, ici, de social libéralisme mais de libéralisme, tout court. Les résultats mirent l’Angleterre sur la voie du redressement. Il a pourtant fallu que Tony Blair poursuive son travail. …Ce pays connait maintenant une prospérité qui suscite la jalousie des pays du continent. Cependant, les plaies ouvertes pendant le conflit saignent encore.
Autre cas de figure : L’Allemagne. Absolument rien ne s’est produit de la même façon. Gérard Schroeder n’a eu ni à faire la guerre aux syndicats ni à se battre contre l’opinion publique. Il a simplement profité pour promulguer ses réformes que le consensus populaire, syndical, politique et des organisations consultatives se cristallise de façon plus qu’étonnante pour nous français. Il a dû, simplement, menacer les syndicats de changer leur statut s’ils lui faisaient des obstacles. Aussi, il a mis le paquet entier. Monsieur plus s’est mis de son côté.
Les réformes s’imposaient en effet, en Allemagne aussi. Entre 2000 et 2005 la croissance restait amorphe, inférieure aux chiffres des autres pays équivalents. Le pays voyait son chômage grossir inexorablement, son marché du travail résistait à toute flexibilité, les salaires augmentaient plus vite que la productivité. Les allocations chômage trop larges, trop longues et trop faciles ne poussaient pas les gens à trouver autre chose. Les prélèvements fiscaux sont restés parmi les plus élevés d’Europe à cause d’un état-providence trop cher.
Schroeder bouscula pratiquement tout. Il reconfigura le service de gestion du chômage. Il redéfinit, en plus dur, la notion d’emploi acceptable, l’acceptabilité du salaire, l’acceptabilité de la mobilité, l’acceptabilité de l’emploi pour l’assistance chômage, sanctions en cas de refus quelconque, développement des emplois à salaire modéré, réduction des indemnités chômage, durcissement des conditions d’indemnisation, licenciement plus rapide. D’autres mesures telles que l’encouragement à créer sa mimi-entreprise complèteront cet éventail de mesures. On le voit, les remèdes à la crise ressemblaient beaucoup à ceux de Thatcher. Puisque les causes étaient les mêmes. Mais l’Allemagne a su faire des réformes très dures sans, pour autant quitter le social-libéralisme. Ce pays n’a pas basculé dans le libéralisme tout-court. Actuellement, c’est Mm. Merkel qui bénéficie de la gloire de diriger une nation en parfaite santé économique, sociale et politique.
Et maintenant :Quelle méthode ? Pourquoi Schroeder a-t-il réussi à faire ce qu’il voulait sans guerre civile ? Voyons l’ensemble de l’environnement humain. D’abord les compétents en économie, c’est-à-dire, essentiellement le conseil des sages, puis les syndicats, puis l’opinion publique, puis les milieux politiques.
Le conseil des sages, fait la leçon à Schroeder dans son rapport annuel 2002-2003. Il rappelle : rigidités du marché du travail dues à la règlementation, poids des prélèvements. Et il recommande : baisse des prélèvements, modération salariale et abaissement du seuil des salaires minimum implicites de référence. Et il ajoute : le retour au plein emploi implique des sacrifices en termes de redistribution et d’Etat-Providence.
Les syndicats : En Allemagne, le droit de grève est très restrictif. Il n’est autorisé que pour signer une convention collective. Les grèves de solidarité ne sont permises que dans certains cas. Pendant toute la durée d’application d’une convention collective, pas de grève. Pas de grève, non plus, pour les fonctionnaires. La violence est inconnue chez eux. Les manifestations de rue très rares. Chez eux, la grève ne vient qu’après échec des négociations. Les syndicats allemands sont tellement impliqués dans la gestion des affaires économiques qu’ils gardent toujours à l’esprit que l’entreprise est leur bien autant que celui des actionnaires. Il ne leur viendrait pas à l’esprit de saboter cet outil pour assoir leur pouvoir. Ils savent accepter des baisses d’avantage quand la survie de l’entreprise est en jeu.
L’opinion publique. Le marasme économique avait déjà fait prendre conscience qu’il fallait des réformes structurelles. La société se résignait à la banale constatation que l’Allemagne n’était pas victime de la mondialisation, mais de son propre modèle économico-social.
Les milieux politiques : La politique allemande est toujours issue de la poursuite d’un équilibre entre les intérêts différents. Les politiques menées sont toujours en accord avec les forces du marché d’un côté et avec une poussée sociale compatible, de l’autre. Ils appellent cela le libéralisme organisé : l’ordo-libéralisme.
Gerhart Schroeder, comme Margareth Thatcher a réussi à mettre son pays en conformité avec l’ordre socio-économique mondial. Les deux pays, ainsi modernisés sont capables de supporter la concurrence internationale avec succès. … Pourquoi pas nous ?
Nous sommes les seuls, ou peut-être avec quelques rares autres, parmi les démocraties développées à rester en arrière et à hésiter à entrer dans le marché mondial. Mais, contrairement, à ce que l’on peut penser devant les immenses manifestations de rue, devant les hurlements des partis de gauche et devant les menaces syndicales face à la légitimité gouvernementale, nous avons fait quelques pas vers l’usure du modèle social-démocrate dorénavant trop décalé par rapport à nos voisins. C’est cela que je vais raconter maintenant.
Pendant les trente glorieuses tout était suspendu aux décisions de l’état : Le financement, les relations de travail, la formation. Après le mitterrandisme, l’état possédait treize des vingt plus grosses sociétés et presque tout le crédit. A son plus haut niveau, le public représentait 10% de l’économie. Les flux financiers ne sortaient pas des canaux tracés par l’état. Contrôle sur le capital. Taux d’intérêts administrés ou subventionnés. Plafonnement des crédits ou autorisation. Etc. L’état employeur imposait ses normes au secteur privé par contagion. Le smic devenait l’instrument pour réguler les salaires. Enfin, la procédure d’extension faisait passer un accord avec un syndicat aux autres entreprises. Les effets furent de dissocier l’évolution des salaires des capacités négociatrices des partenaires sociaux.
Tout l’arsenal des régimes socialistes maintenait l’économie française sous un dirigisme presque soviétique. Heureusement, tout cela s’est écroulé à partir des années 80, grâce à la conversion des dirigeants socialistes au marché en 81. En effet, Chirac en 74-76 et Mauroy en 80-81, s’étaient rendu compte que le keynésianisme n’apportait plus rien dans ce monde en voie d’ouverture à la concurrence. Entre Chirac, Fabius, Jospin, Balladur, la partie purement économico-financière a été totalement libéralisée, complètement libre de l’état. Et cela s’est fait sans hurlements car passé inaperçu.
Mais, le reste ? Le poids massif des impôts sur la consommation. Le poids intolérable, pour les entreprises, des cotisations sociales pour sauvegarder l’état-providence, la poursuite d’une volonté d’empêcher les perdants de la mondialisation d’en supporter les conséquences. La masse asphyxiante de la fonction publique. On le voit, les problèmes français ressemblent beaucoup à ceux des Anglais et des Allemands avant leur sursaut salvateur. Peut-être même en pire puisque la situation s’aggrave avec le temps.
Pour comprendre comment est financé l’état-providence, il faut en montrer les deux sources possibles. Le système français est Bismarckien. C’est-à-dire payé par des cotisations. Les salariés paient pour avoir des avantages et les patrons les aident en y participant. Le système anglais est béveridgien, c’est-à-dire, payé uniquement par les impôts. Et comme ce sont les gouvernants qui décident, dans ce cas, l’état est totalement maitre des dépenses. Le problème des systèmes bismarckiens est d’introduire, en plus des difficultés purement politiques, un partenaire nouveau, qui bénéficie d’encore plus de légitimité que l’état, puisque c’est à lui qu’incombe la gestion des caisses du système inventé entre45 et 70 : les syndicats. Ils se sentent d’autant plus forts que ce sont les cotisations de leurs adhérents qui participent au règlement financier des avantages qu’ils obtiennent ainsi. Une deuxième circonstance leur permet de hausser le ton, c’est leur statut qui leur donne le droit, par la loi, d’exister indépendamment des adhérents. Un accord conclu par un syndicat fait force de loi pour tout le secteur concerné. Une troisième occurrence les met en valeur, auprès du monde salarié. Il s’agit de l’idée que leur rôle est de les défendre et non pas de gérer. Il s’agit là d’une idée fausse car si, en 45, on a confié aux syndicats ce travail, c’est parce qu’on pensait qu’ils canaliseraient les flux du mécontentement populaires. La vérité se trouve plutôt à penser qu’ils défendent ainsi leur statut plus que l’intérêt des adhérents. Il faut savoir que le paritarisme gère des sommes supérieures au budget de l’état.
Ceci dit, quelles ont été les tentatives des gouvernants pour tenter de remédier à la situation ? Car la population demande des résultats à l’état mais rien aux syndicats. Ils n’ont pas de résultats économiques à défendre, eux. Il existe bien des élections syndicales et les arguments s’appuient plus sur des refus que sur des propositions concrètes. Pendant la crise de 70, les recettes tombent brutalement car les cotisations diminuent. De plus, les retraites passent de 65 à 60 ans. Les dirigeants de droite comme ceux du parti socialistes finissent par comprendre et par intégrer dans leur action, la fin du keynésianisme, c’est-à-dire au recours à la dépense. Les dirigeants toujours des deux partis de gouvernement sont persuadés que la protection sociale ne protège plus l’économie mais devient un handicap. Mais ces convictions ne dépassent pas le cercle purement politique. Et le système ne se réforme pas puisque les syndicats sont animés de convictions contraires. Pour aller contre leurs volontés il fallait lutter contre les deux bastions du syndicalisme français, les deux contre-pouvoirs syndicaux : premièrement le paritarisme qui imposait au gouvernement une négociation préalable avec leurs chefs et deuxièmement, leur statut officiel du monopole de la représentation ouvrière. La société française a toujours suivi les consignes syndicales car, à ses yeux, ils sont du côté du peuple. A partir des années 90, les dirigeants trouvent enfin un argument qu’on puisse avancer dans les discussions sans passer pour un ultra-libéral : C’est le traité de Maastricht qui nous oblige aux réformes. Nous, nous aimerions bien vous faire plaisir, mais ce n’est pas possible parce que l’on a signé. Mais les transformations qui se font restent partielles, sans plan, et incrémentales. Ce mot, dont j’ignorais la signification, désigne un processus qui n’avance que par petites secousses successives. Les petites timides réformes françaises n’ont rien à voir avec les changements massifs qu’ont subi nos deux voisins. Et les comptes restent toujours déséquilibrés.
Or, il n’y a que deux façons d’équilibrer les comptes: soit on baisse le niveau des prestations, soit on augmente les dépenses. Le problème vient du choix qui a toujours été fait : les deux camps ont toujours choisi d’augmenter les cotisations sociales à cause du rejet des syndicats de toute réduction des prestations. Ils ont montré clairement qu’ils peuvent, en un claquement de doigt, faire descendre des millions de gens dans la rue. Et, en France, l’élite a peur de la rue. Et la rue le sait. Et elle en profite largement. Les dépenses sociales ont donc régulièrement, augmenté. On arrive alors très péniblement à quelques restrictions sur les prestations contributives après des négociations ou l’état accepte de faire payer par l’impôt un certain nombre de cotisations non contributives. Les syndicats préférant se garder pour eux seuls le domaine des droits contributifs (C.A.D. payées par des cotisations salariales).
La persistance d’un secteur contributif réservé à ceux qui possèdent déjà un statut met sur le côté un grand nombre d’exclus. Il faut bien leur venir en aide à ceux-là. Et c’est donc l’obligation de créer de nouvelles aides sociales dans leur direction. Elles ne seront payées que par l’impôt : Une bonne dizaine de minima sociaux, du chômage de longue durée, du handicap). Le RMI, en devient l’outil principal. Au début il ne touchait que quelques milliers de personnes, mais maintenant il en couvre plusieurs millions. Pour la CMU, c’est pareil. Ces charges supplémentaires alourdissent encore plus la crise au lieu de la soulager. Premièrement, les impôts s’ajoutent aux cotisations, faisant ainsi grimper les prélèvements. Et on est obligé de créer un nouvel impôt : La CSC qui débute sur un tôt qui ne fait pas peur mais qui augmente au point de compter, aujourd’hui autant que l’impôt sur le revenu. Le deuxième inconvénient se situe dans l’énorme classe d’inactifs, entièrement prise en charge par la collectivité et qui finissent par se contenter de cela. De plus, pour diminuer le nombre de chômeurs, l’état prend à sa charge le règlement des cotisations sociales des embauchés peu payés. On comprend alors que l’on a touché la limite de tolérance à l’impôt du pays. La France est écrasée par les prélèvements. Les investissements se tarissent. Le chômage grimpe. Les électeurs votent pour les populistes extrêmes.
Deux nouvelles stratégies sont alors essayées : au lieu de laisser une foule de gens hors travail, on tente de les faire entrer dans le marché de l’emploi : la retraite est retardée. Les préretraites moins avantageuses. On oblige les chômeurs à chercher du travail. Deuxièmement, on manœuvre pour prendre aux syndicats, la gestion de certains organismes paritaires. C’est réussi pour la sécurité sociale : En 1996 un amendement constitutionnel oblige le parlement à se prononcer tous les ans sur le financement de cet organisme.
On le voit, le travail se révèle confus, incohérent et sans tactique décidée. Mais surtout, le plus inquiétant pour l’avenir c’est la persistance de l’hypocrisie de nos politiciens. Jamais, aucun d’eux, n’a eu le courage de dire à haute voix ce qu’il pensait vraiment. Ils ont essayé d’aller vers un peu moins d’état providence sans jamais le dire. Au contraire, en tapant, dans leurs discours, comme des brutes, sur ce qu’ils appellent l’ultra-libéralisme, ils n’ont fait que consolider l’hostilité des foules contre leur politique, se faisant ainsi renverser à chaque élection législative et permettant aux partis populo-extrémistes de gagner régulièrement du terrain, dans l’opinion.
Deuxièmement : les syndicats. Leur position dans ce pays est très largement institutionnalisée grâce à tout le réseau paritaire dont ils possèdent la charge depuis très longtemps. Ce système les pousse à préférer des actions fortes nationales épisodiques pour attirer l’intervention des gouvernants qui finissaient toujours par céder. Ce sont les grandes grèves bien connues de la vie politique française. Cette tactique les éloigne de la vie syndicale des entreprises au profit des coups de force politiques. Ce sont, actuellement, les contre-pouvoirs les plus puissants de nos institutions.
L’opinion publique voit dans les syndicats, les défenseurs de l’état-providence. Une des plus puissantes coalitions de défense des acquis sociaux est représentée par eux. Ils défendent à la fois, les intérêts des salariés et les leurs entant qu’acteurs du système. (Bruno Pallier).
Une troisième réflexion pour être plus complet. : C’est la constatation que le système de protection sociale français n’est plus bismarckien mais dual. Un secteur payé par des cotisations, aux mains des grandes confédérations, et un secteur non contributif payé les impôts et géré par l’état En ce sens, on se rapproche légèrement des systèmes plus libéraux. L’état a, quand même un peu gagné en liberté. C’est bien mais insuffisant.
Quatrièmement, le système actuel n’est pas pérenne. Il n’accordera pas à nos enfants les mêmes avantages que ceux dont nous avons bénéficié. Ce qui annonce encore d’autres péripéties. Mais rend les réformes encore plus indispensables.
Cinquièmement. La société française est la plus antilibérale du monde. Il existe chez nous une frange qui reconnait la nécessité du changement et de rejoindre dans notre législation les autres pays européens : ceux qui ont choisi le social-libéralisme. Mais le fossé qui sépare les adeptes du changement de ceux qui veulent conserver les acquis, est abyssal. Je doute fort qu’une évolution spontanée puisse un jour rapprocher ces deux pensées. Le clivage est trop profond. La raison de ce clivage est, évidemment à trouver dans l’histoire. La révolution française a immédiatement dressé le peuple contre les élites dirigeantes. Et les soulèvements de rue semblent naturels chez nous. D’autant plus que l’hostilité de classe produite par le marxisme s’est ajoutée à la haine envers l’élite. L’antilibéralisme n’en est que la manifestation.
Alors, que faire ? Schroeder a réussi grâce à un peuple conscient et responsable. Leur recherche du compromis social tranche avec la psychologie des foules françaises. Le français n’accepte pas le rapprochement des idées des deux partis de gouvernements. Les français aiment, avant tout l’extrémisme. Pour se faire élire en France il faut se montrer ultra droitier ou ultra gauchiste.
Thatcher a réussi par la légitimité qu’elle a pu obtenir du peuple, lassé par les grèves à répétition. Nos dirigeants n’ont ni le peuple allemand, ni l’autorité thatchérienne puisqu’ils n’ont jamais osé dire publiquement ce qu’ils pensaient. Mais ils ne peuvent pas continuer indéfiniment à faire du judo avec les syndicats. Pour cela un grand débat est absolument nécessaire. Il faut mettre le sujet sur la place publique pour qu’enfin les opinions tiennent compte de la raison plutôt que du rêve et de la passion. Le peuple français, c’est lui la véritable victime de la situation économique. Il faut lui montrer qu’on le trompe avec des idées généreuses. Toutes les nations d’Europe du nord qui ont vraiment discuté du sujet au grand jour, ont fini par trouver un équilibre entre libéralisme et protection sociale.
Pour réussir à aller sur ce terrain, un leader courageux, doit être désigné par les français. Un homme sincère, capable de parler droit, qui entrainerait l’opinion derrière lui et qui sait qu’il ne ferait qu’un seul mandat. Cet homme-là, il existe. Il y en a même, peut être plusieurs dans chacun des partis de gouvernement. Mais le parti socialiste est un étouffoir à vérité. Ses électeurs n’en veulent pas. Ils préfèrent rêver. C’est donc à droite qu’il faudra le trouver.
Il nous manque le peuple. Il nous manque l’élite. Mais il manque aussi autre chose : Le conseil des sages allemand. Moi je crois dans une instance de sages qui saurait dire la vérité de façon ferme, claire, courageuse, à l’instar du conseil constitutionnel qui a réussi ces derniers temps à étendre son influence sur le monde politique. Il existe bien un conseil économique et social. Il faut tout simplement le supprimer. Il est formé de plus de 350 personnes alors que le conseil des sages allemand n’en comprend que cinq. Il faut arrêter de commander des rapports que l’on enterre rapidement et les remplacer par cet instrument qui nous fait défaut. Cinq économistes, pas plus, désignés sur une longue période qui devrait faire un rapport tous les 6 mois. Ce rapport passerait par toutes les instances de la république puis par la presse en entier et finirait par imprégner les mentalités.
Enfin, j’ajoute à ce vœu, une réflexion personnelle. Ce qui est en jeu, actuellement en France, c’est bien plus que la réussite ou non d’un plan de sauvetage socio-économique du pays. C’est bien plus grave. Car le modèle politique français est menacé. Tous les pays démocratiques occidentaux, ont choisi le système dit de la démocratie représentative. Dans ce régime, un équilibre entre volonté populaire et bien public est de mise. Nos dirigeants, quoi qu’on en dise, ont étés élus parce qu’ils nous semblaient posséder des qualités supérieures à nous même. En tout cas, même s’ils ne les manifestent pas, leur position les oblige, au moins à essayer. La volonté du peuple est souveraine, on ne reviendra pas là-dessus. Mais elle ne voit que le présent immédiat. Elle est sujette à caprices. Elle ne sait pas résister aux belles paroles. Alors, une élite est nécessaire pour faire de la volonté populaire un bien public. La démocratie directe, le gouvernement par le peuple n’a, elle, jamais produit que des désastres. Certains agitateurs politiques font des propositions pour, disent-ils, plus de démocratie. En fait, c’est le pouvoir aux soviets qu’ils recherchent. Des démagogues qui flatteraient le peuple, en lui promettant le bonheur immédiat et finiraient immanquablement dans des guerres civiles. L’incapacité des élites d’imposer, en France, leurs vues au peuple n’est que le résultat du travail de sape de certains politiciens, pour arriver à une démocratie directe déguisée. A faire en sorte que les grèves générales, les manifestations monstres, empêchent les responsables politiques de travailler dans le calme et la sincérité. Certes, notre constitution est bâtarde. On peut la réformer mais plonger la France dans un régime ou les mouvements d’opinion feraient la loi, serait l’exposer à l’ignorance, au totalitarisme, et à la ruine économique.
Pour éviter cela, je souhaite que la France réussisse enfin sa transformation et qu’elle trouve enfin l’homme qui saura l’entrainer vers le réel plutôt que vers le rêve.

l’hypocrisie Albert Hadida

Le voile de l’hypocrisie
Par Albert Hadida

Maman, maman, le Monsieur a une canne blanche, c’est un aveugle.
Non mon petit, on dit que c’est un non-voyant.
Maman, maman, j’ai parlé au voisin, il ne m’a pas répondu, il doit être sourd.
Non mon petit, on dit que c’est un mal-entendant.
Maman, maman, il paraît que le concierge est mort.
Non mon petit, on dit qu’il est parti, qu’il a disparu ou qu’il nous a quittés.

L’hypocrisie désigne le caractère, le vice d’une personne qui dissimule sa véritable personnalité et qui consiste à affecter des opinions, des vertus ou des sentiments qui ne sont pas les siens.
Cela forme une sorte d’immense voile jeté depuis la tête jusques aux pieds du sujet, voile masquant à autrui la véritable personne sous lequel elle se cache.

1. Historique

L’hypocrisie mérite quelques mots d’histoire. En voici quelques uns :
De son temps, Jésus déjà haranguait les Pharisiens qu’il traitait d’avares, d’orgueilleux et de lâches.

Plus près de nous, citons le personnage de Tartuffe qui est un hypocrite doublé d’un imposteur.
Citons aussi La Rochefoucauld pour qui l’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu.
Quelque part dans les Maximes, l’auteur parle de ces femmes endeuillées se prétendant inconsolables.
Ailleurs, le même La Rochefoucauld prétend que nous nous pleurons nous-mêmes sous prétexte de pleurer un être cher.
Et l’auteur de conclure superbement : On pleure afin de passer pour un tendre, on pleure pour être plaint, on pleure pour être pleuré, on pleure enfin pour éviter la honte de ne pleurer pas. »

N’allons pas oublier dans cette affaire Machiavel, sorte d’étalon universel, champion toutes catégories de l’hypocrisie. Ecoutons le.

Selon lui, l’intérêt du prince est de satisfaire le Apeuple qui ne demande qu’à vivre sous la loi si on lui garantit ses biens et son honneur.

C’est ainsi que le prince doit éviter à tout prix le mépris et la haine de ses sujets. Il ajoute : « si le peuple le hait, le prince doit se méfier de tout et de tout le monde.

Mais il y a plus. Il est nécessaire pour un prince d’être l’ami du peuple tout en évitant sa colère.
Dès lors, pris entre le piège des circonstances et la nécessité de plaire, le prince se voit réduit à l’hypocrisie. Au demeurant, il n’est pas nécessaire pour un prince de posséder toutes les qualités, mais il est tout à fait nécessaire de paraître les détenir, faute de quoi il finira par succomber.

Ainsi parlait Machiavel. Qu’en est-il aujourd’hui ?

2. Etat actuel des choses

A. L’HYPOCRISIE DANS LA VIE PRIVEE

L’on peut distinguer ce qui se passe chez deux êtres unis dans une relation amoureuse et ce qui se passe au sein d’une famille.

1. Relation amoureuse
Entre deux êtres, un véritable amour profond et durable est fondé sur la passion, mais également sur l’estime et la franchise.

Mais il peut aussi en être tout autrement. La littérature fourmille d’exemples célèbres, comme Les Liaisons dangereuses ou bien encore Le rouge et le noir où Julien Sorel, se garde bien de déclarer
sa flamme à la belle Mathilde.

2. Au sein d’une famille
Au sein de la famille, la relation mensongère parentale a des effets divers.
Il est des cas heureux, comme celui de cette fée du logis qui, dans un joli film, faisait croire à ses enfants que « cette semaine encore, elle n’aurait pas besoin d’aller à la banque » alors que de compte en banque, il n’y avait point…

A l’inverse, il est des aspects moins heureux. Ce sont par exemple les secrets de famille relatifs à une naissance illégitime, une adoption, un adultère, un suicide.

Tout autre est l’hypocrisie de l’enfant qui, ayant appris à mentir, mentira toute sa vie.

Mais ce dont l’enfant raffole, c’est  » l’autorisation de proférer des injures sous couvert de plaisanterie « .
Mais Maman, c’était pour rire. Tiens tiens, petit hypocrite.

3. Le mensonge à soi même

Le mensonge à soi même n’est autre que signe de lâcheté.
Mais que dit La Rochefoucauld :

« Il ne faut pas s’offenser de ce que les autres nous cachent la vérité, puisque nous nous la cachons si souvent à nous-mêmes. »

Dès lors, quittons l’intimité de cette vie privée pour aborder le grand monde à l’atmosphère tout autre.

B. L’HYPOCRISIE DANS LA VIE PUBLIQUE

Les exemples d’hypocrisie dans la vie publique sont innombrables. Nous allons en citer quelques-uns en passant en revue un peu tous les ministères d’un gouvernement.
1. Le travail
L’emploi
Les demandes d’emploi pullulent, et pourtant, bien des patrons ont du mal à embaucher.

Les retraites
Selon Laurent Wauquiez, les préretraites sont censées abaisser le nombre de chômeurs, améliorer la pyramide des âges, et éviter les licenciements.

2. L’hypocrisie socioculturelle

Les inégalités
Il y a deux grands types d’inégalités : les inégalités de revenus et les inégalités d’éducation.

Les sans papiers
Ils payent des impôts, cotisent à la sécurité sociale, leurs enfants vont à l’école. Et pourtant, l’expulsion les menace.
Les banlieues
Face à la violence des banlieues, le gouvernement a promis l’égalité des chances. Des paroles restées lettre morte.

Que disait Lénine ?

« Avant de changer les structures, il faut changer les mentalités ».

4. La diplomatie et la politique étrangère

L’on sait depuis toujours que tout bon diplomate se doit de dissimuler ses intentions. J’aime à dire que lorsqu’une nouvelle est officiellement démentie, cela ne fait que prouver sa véracité.
L’arme nucléaire
L’Irak
L’invasion de l’Irak fut entreprise par G. W. Bush pour éliminer les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Or, d’armes lourdes, point.
Aux dernières News, Obama adopterait une politique similaire en faisant du mensonge sa règle de conduite.
L’Iran
Ce pays est cerné de toutes parts de puissances nucléaires.
Certes, Téhéran a signé un document. Pur chiffon de papier peut-être.

L’Organisation des Nations unies

Colosse aux pieds d’argile, l’ONU est un énorme machin sans réel pouvoir même pas humanitaire.

L’Union Européenne

Du point de vue de l’UE, il est deux sortes de pays :

- Ceux qui sans être ennemis ne sont pas pour l’union. Exemple : la Suisse ou la Norvège.
- Ceux qui sont pour l’union. Parmi ces derniers, il est deux sous-groupes : ceux qui prennent l’Europe en bloc et ceux qui déjeunent à la carte. Exemple : la Suède ou le Royaume Uni qui rejettent l’euro.
Parmi ceux qui prennent l’Europe en bloc, il est encore deux sous sous groupes : ceux qui sont pour et ceux qui font semblant de l’être. Parmi ces derniers : tous les autres. C’est-à-dire tous.
- Citons à ce propos la question des Migrants où l’on voit presque tous les pays de l’Union Européenne se décharger du fardeau sur leurs voisins. C’est sans doute là que l’hypocrisie atteint son summum.

5. Information Communication

Vous voulez être élu : soyez hypocrite
En politique, il faut d’abord être élu, ensuite tenir ses promesses, si possible.

Les sondages pervers ou perfides

Ils sont légion. On établit même des sondages sur les sondages. Là, c’est le fin du fin.

Alors, ces sondages intéressent-ils l’opinion ? Il faut croire que oui puisque ces derniers sont commandés par des médias et d’ailleurs présentés comme des informations. Ces résultats influent sur l’opinion qui est elle-même influencée par ses propres réponses.

Quant à la fiabilité des sondages, les faits ont prouvé qu’elle est discutable. En 1969, de Gaulle est prédit réélu au premier tour, il est mis en ballottage. La même année, Alain Poher est favori et Pompidou est élu. En 1974, Chaban-Delmas part favori et Giscard d’Estaing est élu. En 1981, Giscard d’Estaing est favori et Mitterrand est élu. En 1988, Barre est favori et Mitterrand est élu. En 1995, Balladur est favori et Chirac est élu. Enfin en 2002 on annonce le duel Chirac Jospin. On a droit à Chirac Le Pen.

6. La finance

A l’époque heureuse de l’inflation, ne jurait-on pas la veille d’une dévaluation que celle-ci n’aurait pas lieu ?
Aujourd’hui, la finance internationale n’est-elle pas truffée de quelques scandales bancaires de très haut vol, si j’ose dire ?
Que penser du tout dernier scandale qui dépasse hautement toutes les moyennes saisonnières connues en la matière ?

7. L’environnement

Nous prendrons un seul exemple : les OGM. Certains politiques ont fait voter une loi en faveur des cultures OGM, mais ils les bannissent à l’école.

Si les cultures de maïs et de soja OGM sont interdites, leurs importations ne le sont pas.
Que dire des oranges Thompson, superbes OGM, sans dommage sur les marchés français depuis plus d’un demi-siècle.

A hypocrite, hypocrite et demi, notamment les grands groupes agro-alimentaires favorables à l’introduction d’OGM dans l’alimentation à condition que cette notion ne soit pas étiquetée.

8. La santé

Problèmes divers

Martin Hirsch écrivait non sans humour que pour la santé, la franchise, c’est de l’hypocrisie.
Par ailleurs, Claude Even ne prétend-il pas que plus de la moitié des spécialités devraient être retirées du marché parce qu’inutiles ou dangereuses.
Et que penser du flou enrobant les génériques ou le tristement célèbre Médiator ainsi que tous les organismes de contrôle trop souvent défaillants ?

Le problème de l’IVG

La loi Simone Veil date de 1975. Aujourd’hui encore, tout est bon pour empêcher son application.

Rôle du médecin lors de la fin de vie du patient

Le médecin peut être confronté à ce genre de situation dans trois circonstances : un coma dépassé, un Alzheimer ou un cancer avancés.
Trois aspects méritent d’être considérés : les soins palliatifs, la phase terminale et l’euthanasie.

Les soins palliatifs

Les soins palliatifs se définissent d’eux-mêmes : ils soulagent sans guérir. L’essentiel est le recours aux antalgiques que je me refuse de nommer des anti-douleur.
Pourquoi alors ne pas parler d’anti-tumeur pour des antimitotiques, d’anti-chaleur pour des antipyrétiques, d’anti-rougeur pour des anti-inflammatoires ?
Mais laissons cela et revenons aux antalgiques car l’expérience montre que le niveau optimal de sédation est loin d’être toujours atteint.

Rappelons à ce propos qu’Axel Kahn affirmait bien avant la loi Leonetti que tout médecin qui ne soulage pas le souffrant par tous les moyens est un salaud.
D’autant que la loi du 9 juin 1999 l’y autorise au risque même d’abréger les jours du patient. Seulement voilà, au pays de Montesquieu, on fait voter des lois sans toujours les appliquer.

Avant d’aborder le stade terminal, j’ajouterai que les médecins feraient mieux de garder leur hypocrisie en réserve afin de masquer, le moment venu, la vérité aux cancéreux, ce qui ne pourrait que leur faire du bien.
Au lieu de cela, on leur demande de supporter l’insupportable, tout en demandant le secours de cellules psychologiques qui n’auraient même pas lieu d’être.
Et j’en arrive au stade terminal.
Stade terminal

Si le patient est en réanimation, le médecin peut être conduit à prendre des décisions un peu particulières. Il s’agit de la mort médicalement assistée. 

L’interruption thérapeutique dans les services de réanimation est l’une des causes les plus fréquentes de décès.

Mais le risque persiste de réduire le malade à un être purement physique. Ce serait oublier l’identité du patient et sa dignité intrinsèque au sens métaphysique et non pas social du terme.
C’est dire qu’aucune déchéance ne saurait nous rendre indigne.
Mais,
Quand un être humain n’est plus personne, quand il n’a plus rien, ni raison, ni sentiment, ni sensation, ni conscience, quand il est totalement décérébré, quand il n’est plus qu’un végétal désensibilisé, un authentique déchet, la plus grande charité nous commande de le rendre à son destin de la façon la plus humaine qui soit.
Quand par obstination déraisonnable, on fait preuve d’acharnement thérapeutique devant un patient, ce n’est pas sa vie que l’on prolonge, c’est sa mort.

Rappelons le propos du philosophe américain Hugo Tristram Engelhardt :
Il nous faut accepter pour des raisons morales, ce que nous dénonçons pour des raisons morales.
La société d’aujourd’hui ne peut plus laisser les médecins assumer seuls cette question sans une reconnaissance partagée.
C’est pourquoi, c’est moi qui parle, je pense que le silence institutionnel est une vaste hypocrisie.
En tout état de cause, la responsabilité médicale conduit à prendre des décisions qui peuvent engager la vie du patient. Ce privilège n’est accordé par la société à aucune autre profession.
De ce point de vue, la collégialité est une condition impérative dans le processus décisionnel.

Nous voilà donc parvenu au terme de cet exposé à la question douloureuse de l‘euthanasie qui est une double hypocrisie.

Euthanasie, la double hypocrisie

En effet, celle-ci est non seulement juridique ou législative, mais également médicale.
Certes, la loi Leonetti a été votée en 2005. Elle demeure d’une grande hypocrisie. L’affaire du jeune Hervé Piéra qui a mis six jours à mourir dans d’atroces souffrances l’a prouvé.
Les affaires Vincent Humbert ou Vincent Lambert en sont d’autres exemples.

C’est pourquoi euthanasie rime avec hypocrisie.

Le droit à l’euthanasie est le droit d’une personne à décider de quitter sa propre vie alors qu’elle la juge insupportable. Eh bien, ce droit est refusé encore aujourd’hui en France.

Or, tous les médecins hospitaliers le savent, l’euthanasie est pratiquée quotidiennement dans les hôpitaux français.
Pourquoi cette même euthanasie ne serait-elle pas dès lors mise en application si elle est explicitement réclamée par la personne elle-même ?

L’euthanasie, même dans ce cas, est considérée comme un meurtre.
Pourquoi ? Parce que la mort elle-même est un sujet tabou et qu’elle est encore regardée comme un échec médical, alors que c’est l’inéluctable fin de toute vie.
L’euthanasie est l’interruption de la vie d’une personne à sa propre demande. Ce droit de mourir relève non seulement de la médecine mais aussi de l’éthique.

C’est pour cette raison qu’il faut une loi. Une loi qui donne un cadre juridique à l’IVV, l’interruption volontaire de vie.
Eh bien, que l’on se rassure, c’est désormais chose faite.
Je pense que le moment est venu de retracer les étapes et les rebondissements de cette affaire, ce qui ressemble étrangement à un roman feuilleton.
Et le mieux est de commencer par le commencement.

1ère étape : La loi 99-477 du 9 juin 1999

Tout commence avec elle. Celle-ci stipule que tout malade dont l’état le requiert a le droit d’accéder à des soins palliatifs et à un accompagnement permettant d’assurer à la personne une fin de vie dans la dignité.

2ème étape : La loi Leonetti 2005-370 du 22 avril 2005

Tous ces droits ont été réaffirmés par la loi Leonetti du 22 avril 2005 contenant trois grands aspects, à savoir : le droit aux soins palliatifs, le droit de lutte contre la douleur et le refus de l’acharnement thérapeutique.

3ème étape : La loi Leonetti du 17 mars 2015 :

Destinée à confirmer et renforcer la loi précédente en précisant les conditions requises pour la sédation.

Déposée à l’Assemblée nationale par MM. Alain Claeys et Jean Leonetti le 21 janvier 2015, la proposition de loi fut adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 17 mars 2015 et rejetée en première lecture au Sénat le 23 juin 2015.
En deuxième lecture, elle fut adoptée avec modifications par l’Assemblée nationale le 6 octobre 2015 et, avec modifications, par le Sénat le 29 octobre 2015.
On crut la partie gagnée. Le texte, porté par les députés Alain Claeys et Jean Leonetti n’autorise ni euthanasie ni suicide assisté, mais instaure un droit à une sédation « profonde et continue » provoquant une altération de la conscience pouvant aller jusqu’au décès pour les malades en phase terminale ».
Mais qu’est-ce donc que cela sinon une euthanasie ? C’est même la définition étymologique de Francis Bacon lui-même c’est-à-dire une bonne mort du grec euthanasia et qui date de 1605.

En résumé, bien que le terme « euthanasie » ne figure pas dans la proposition de loi de 2015, le contenu de la dite loi demeure sans équivoque pour qui sait lire.
En fait, comme il est fréquent, la dite loi fut ignorée jusqu’à la 4ème étape, l’année suivante avec la loi Leonetti 2016-87 du 27 janvier 2016.

Il fallut donc s’armer de patience jusqu’au 27 janvier 2016, et même jusqu’au 17 mars pour que cette fameuse loi fût définitivement adoptée, son texte étant un véritable copier-coller du texte précédent, lui-même inspiré des lois de 2005 et de 1999.

Que de temps perdu sommes nous tenté de dire.

Mais, quelle que soit la version considérée, il n’est toujours pas question d’euthanasie.

______

représentation (art. complété) Michel Thomas

La représentation politique en France : origine, étapes ,situation actuelle
de la démocratie représentative .

Bibliographie :
-Pierre Rosanvallon : – Le peuple introuvable Gallimard 1998
– La démocratie inachevée. Gallimard 2000
-J M Donegani et Marc Sadoun -La démocratie imparfaite Folio 1994
-Bernard Manin -Principes du gouvernement représentatif Flammarion 2012
Cynthia Fleury -Les pathologies de la démocratie livre de poche 2007
-La fin du courage livre de poche 2011
Perrineau pascal -L’état politique de la France et la crise de intervention à
La représentation politique Sciences Po 4/02/ 2004

Bernard fournier et Min Reuchamps de l’université de Liège Politique et sociétés
Représentation et participation politique vol 27 2008
Pierre Winock Claude Bartelone Rapport parlementaire 3100 septembre 2015
Fohlen Claude Les noirs aux Etats Unis Que sais- je ? PUF 1972
Duhamel Alain les pathologies politiques françaises. Plon sept 2016

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9/08 /2016« quand l’obésité des lois ralentit leurs décrets » Hélène Bekmezian
27/09 Vers un racisme (vraiment) français ? Gérard Noiriel

Article des Echos Olivier Tosseri
13-14/ 05 :2016 L’Italie à l’heure du grand toilettage institutionnel ( correspondant en Italie)

La représentation politique (en France ) : principes ,histoire évolution et
Problèmatique actuelle de la démocratie représentative
Introduction :
« Représentation et participation politique sont au cœur de la vie démocratique » a)
Ces deux notions ont été appliquées plusieurs fois à travers l’histoire sous des formes
différentes mais c’est à la fin du 18e siècle et durant les deux siècles suivants que
s’élabore et s’étend géographiquement le modèle de démocratie libérale
représentative qui prévaut actuellement dans le monde occidental . Après deux
siécles d’évolutions diverses , en particulier par l’arrivée et l’extension du suffrage
universel et après avoir surmonté plusieurs crises ce modèle bien établi et banal est
mis à l’épreuve depuis une trentaine d’années par une évolution du monde
environnant . En ce début du XXIe siècle on parle d’une crise de la représentation qui
se manifeste dans plusieurs pays.
Ce phénomène général interroge penseurs et politiques et suscite de multiples
Questions .Une philosophe française a parlé des « Pathologies de la démocratie » b)
Le titre parle de lui- même. Ce type de régime a plusieurs maux .Sont- ils passagers
ou durables ? Dans ce dernier cas quel avenir se dessine pour les démocraties
représentatives , sinon quelles solutions ou évolutions peut- on envisager ?
Même s’il est fait plusieurs fois références à des exemples étrangers nous aborderons
Essentiellement la problématique française.
Nous l’aborderons sous 3 Angles :
-La démocratie représentative, une création progressive durant deux siècles et demi
-Les trois types de démocratie représentative, selon Bernard Manin.
- La « crise actuelle » symptômes , formes et origines ? les propositions
- du rapport Winock , un remède ?
I) naissance et développement de la représentation démocratique.
Ce type de régime politique nait à la fin du 18e siècle il est issu de trois révolutions
modernes : l’ anglaise , l’ américaine et la française. Durant deux siècles ce modèle
va évoluer parfois à travers des crises et se généraliser . 4 principes fondateurs c)
– des gouvernements désignés par élection à intervalles réguliers
– ces gouvernements gardent une certaine indépendance dans leur décision par
Rapport à la volonté des électeurs (pas de mandat impératif)
-liberté d’expression des gouvernés non contrôlée par gouvernants
-les décisions politiques sont soumises à l’épreuve de la discussion.
En fait c’est une construction longue faite de conquêtes et d’avancées variables
Dans le temps et les formes selon les pays.
1) l’élection de représentants , la modalité retenue pour représenter le peuple :
Les révolutionnaires américains et français sont confrontés à un problème nouveau
Comment concrétiser ce concept théorique de peuple qui est une abstraction et
devient un principe ? Le mot reste très flou avec une connotation parfois péjorative.
«Nom collectif difficile à définir parce qu’on s’en forme des idées différentes dans les
Divers lieux , les divers temps et selon la nature des gouvernements » a)
En France on doit passer d’une société de 3 corps (noblesse, clergé, tiers état
socialement déterminés) à une société d’individus. Aux USA créer une représentation à
tous les niveaux (local, état , fédéral) Le choix de l’élection pour désigner des
représentants s’impose . Le tirage au sort n’est pas envisagé malgré un avis plutôt
favorable répandu dans l’esprit des lumières . En effet l’opinion dominante est :
« le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie le suffrage par choix est de celle
de l’aristocratie » b) en plus J J Rousseau considère que désigner des représentants
c’est trahir la volonté populaire , il penche pour le gouvernement direct du peuple.
Ce principe du tirage au sort n’a été maintenu que pour le choix des jurés d’assises en
France .c)
Pourquoi ce choix. ? différentes raisons
-Gvt direct du peuple difficile dans grand pays : oui , mais pas forcément au niveau local.
-Idéologie ancrée depuis longtemps : toute autorité légitime dérive du consentement
de ceux sur qui elle est exercée. Débat en 1647 au sein des troupes de Cromwell cf
- « L’ homme le plus misérable d’Angleterre n’est aucunement lié …par un
- Gouvernement sous lequel il n’a pas expressément accepté de se placer » d)
Déclaration de droits américains en 1776.
- « …tous les hommes sont créés égaux, ils sont dotés par leur créateur de certains
- droits inaliénables la liberté, la vie et la poursuite du bonheur. Les gouvernements
- sont institués parmi les hommes pour garantir ces droits et ils tirent leurs justes
- pouvoirs du consentement des gouvernés »
Redécouverte d’un principe romain repris depuis le 12e siècle par divers rois
« Quod omnes tangit , ab omnibus tractari et approbari debet » d)
En 1295 Edouard 1e convoquant le parlement , en 1302 Philippe le Bel les états
Généraux et Frédéric II les villes italiennes pour désigner des Nuntii , puis les papes
Honorius et Innocent III.
Concl : la mise en place d’institutions représentatives du peuple ou de la nation
S’imposa.
2) élire c’est choisir. Concrètement comment faire émerger la souveraineté du
peuple ou de la nation ? les rédacteurs des institutions ont 2 facteurs sur lesquels agir
– le nombre des citoyens appelés à désigner des représentants
– la qualité des élus : quelles doivent être leur capacités individuelles
ou leur représentativité sociale ? quelle autorité auront les gouvernements mis en
place ? les réponses seront différentes dans les pays selon leur histoire et le poids
des circonstances .
a) Aux USA il faut créer une république à partir d’une rupture avec monarchie anglaise
. Le pays neuf immense est à construire avec une aspiration forte à la liberté
individuelle , locale et au « self governement » . Les constituants vont débattre
fortement entre fédéralistes et antifédéralistes pour finalement mettre
en place le régime où l’unité de la nation est affirmée (par pouvoir fédéral ) en
maintenant une décentralisation forte.(état) Avec deux systèmes électoraux
une conception plus aristocratique a) -au niveau fédéral : électeurs fédéraux choisis état
par état (caucus) sont envoyés à Washington pour élire le président .(un seul rôle)
-.conception démocratique au niveau local.
(El directe) .Les critères définissant le droit de vote étant de la compétence des états :Les
électeurs sont propriétaires blancs. Aucune profession religieuse ne sera exigée (Art 6 de
La constitution de 1787) en 1825 le Maryland étend le droit de vote aux juifs, en 1856
La Caroline du nord est le dernier état à supprimer l’obligation de propriété.
b) En France durant la révolution le débat est marqué par le « spectre de l’aristocratie » b)
Il y a une radicalisation des positions qui sera accentuée par les circonstances. Après les
mois «euphoriques »(déclaration de Droits de l’homme, abolition de privilèges…)Il faut
mettre en place des institutions. Les constituants , issus de la bourgeoisie veulent
protéger leurs intérêts , faisant preuve d’un réalisme très éloigné des principes théoriques.
Les droits civils ne furent pas accordés à tous. C)
Droits politiques ( Loi du 22/12/1789)Le droit de vote est réservé à certains citoyens.
3 types de citoyens : + discrimination religieuse
types Conditions économiques déterminantes Rôle électoral Effectifs
passifs Pas de droit de vote car pas propriétaire 3M +ou-
actifs Contri. directe =1.5 livre (3 j de travail) Assemblée primaire
Elisent municipalités et électeurs + de 4M
Electeurs 1/100 actifs contri =10j de travail (1.5 à 3livres) Assemblées électorales (dpt) élisent
Députés, juges, adm départ 50.000
Députés Une propriété+contri.52 livres Gouverner
Le peuple souverain se limite à une catégorie sociale, les propriétaires. Les gouvernants
une minorité riche. Ce projet provoqua de violentes réactions au sein de l’assemblée
(abbé Grégoire, Robespierre) et dans l’opinion : les journalistes (Marat d) Camille
Desmoulin ,Loustalot .appellent à résister contre le décret au « marc d’argent »
L’ intervention armée du peuple parisien en août 1792 crée une nouvelle forme de
gouvernement direct (commune de Paris) en même temps qu’une assemblée est élue au
S U septembre 1792. (la Convention 1792-1795). Durant cette période la gouvernance
de la France prit des formes particulière : menace d’invasion, centralisation forte autour du e)
comité de salut public, débats féroces entre tendances politiques opposées ( ex : girondins
contre jacobins ) et au sein de clubs ( ex Cordeliers ) et de sociétés populaires avec
phénomène nouveau ,- intervention directe du peuple(massacres de septembre)
.pressions de groupes en armes de « sans culottes »menées par des gens du peuple.
.Les montagnards trouvent en Rousseau leur référent et s’orientent vers l’instauration
d’une « république sociale »Tout en essayant de canaliser l’agitation populaire.et ses
excés.a) Cette période culmine avec la terreur qui déboucha sur la réaction thermidorienne
et le retour à un mode de gouvernance très proche des principes de la première phase
de la révolution .La constitution de l’an trois, rétablit un droit de suffrage moins restreint.
Tout français âgé de 21 ans domicilié et payant une contribution quelconque est
Citoyen actif mais pour être électeur il faut plus de 25 ans et être propriétaire d’un bien
Rapportant un revenu de + de 200j de travail. « un pays gouverné par les propriétaires
Est dans l’ordre social , celui où les non propriétaires gouvernent est dans l’état de
nature ») « nous devons être gouvernés par les meilleurs. Les meilleurs sont les plus
instruits et les plus intéressés au maintien des lois » b)
Ce régime dut faire face aux oppositions multiples parfois violentes des royalistes,
des disciples des Montagnards ex « conspiration des égaux » de Babeuf ) Il fit
appel à Bonaparte pour rétablir l’ordre et la stabilité. C’est la première apparition
d’un « Césarisme » en France .Un peuple unifié face à un chef excluant toute autre
forme de légitimité. Il maintient le S U mais le vide de son sens .Les électeurs proposent
et le pouvoir choisit. Il a recours au plébiscite.
Conclusion :
La révolution a échoué à mettre en place une forme institutionnelle de démocratie
représentative . Mais elle va laisser un héritage idéologique qui va alimenter un débat
politique entre partisans et opposants des différents types de gouvernance. Durant le
½ siècle suivant l’évolution française vers la démocratie fut parfois violente. Les Courants
Politiques issus de a révolution vont continuer à se combattre. Ce sont :
a) « le libéralisme doctrinaire » C) veut continuer l’œuvre thermidorienne d’organiser le
retour à l’ordre .Théoricien : Guizot .La démocratie doit se cantonner à l’ordre civil et
dans les mœurs , pas en politique .Période de la restauration (1815 1830)et de la monarchie
de Juillet (1830 -1848 ) avec un régime censitaire .Une élite représente le peuple.
b) une culture politique de l’insurrection : incarnée sous la terreur par Hebert et d’autres.
Considérée comme condition nécessaire de l’émancipation des hommes .La dictature
Révolutionnaire est une valeur politique cardinale. Incarnation au 19e siècle entre autre
Blanqui , Raspail . Nombreux coups de main et émeutes armées , révolution s de
1830, 1848 et 1870. Elle réapparaitra entre 1892 et 1912 avec attentats anarchistes. c)
c) l’absolutisation et la généralisation du suffrage .principe défendu par les républicains .
considéré comme le nouvel élan pour établir la république. Victor Considérant ,Ledru
Rollin voient dans le suffrage universel la solution .Il est instauré en 1848( seconde
république) Il est masculin . La France est le premier pays à l’instituer.
d) « le césarisme » ou bonapartisme aura une résurgence en 1851 . le nouveau règne de
l’élection au S.U direct permettra l’arrivée au pouvoir de Louis Napoléon Bonaparte
président de la république puis empereur après le coup d’état .Il pratique le plébiscite
et la candidature officielle. Cet épisode laissera une trace profonde .La méfiance des
républicains envers l’élection au SU du président , argument toujours utilisé jusqu’au
référendum de 1962. a)
Ce n’est qu’en 1877 après l’échec de la restauration royaliste que la république
s’installe définitivement. Elle n’accordera le Droit de vote aux femmes qu’ en 1944. b)
3 ) la démocratie représentative se généralise en Europe et Etats- unis au 19e siècle et
Début du 20e siècle :
a) le Royaume Uni .considéré comme le berceau du parlementarisme va passer d’un
système aristocratique et très inégalitaire au suffrage universel masculin et féminin
adopté en 1918.
Rappel ;2 chambres – Chambre des Lords composée de nobles héréditaires ,de prélats
anglicans et membres désignés par le roi.
- – Parlement (communes) composé de députés élus locaux est
- l’organe essentiel (vote les lois et le budget) et détermine le 1er ministre.
Le système électoral présente de nombreuses inégalités et archaïsmes.
– vote censitaire dans comtés ou votent les propriétaires et bourgs où systèmes
Très différents
– découpage des zones datant du moyen âge. Les nouvelles villes industrielles sont
Sous représentées et certains bourgs abandonnés ont toujours des élus. L’aristocratie
Rurale domine.
-vote à haute voix influence très forte des notables r.
-exclusion religieuses /seules les églises établies peuvent participer à la vie politique.c)
Ces inégalités sont à l’origine d’aspirations et de revendications profondes.
Le Royaume va connaitre des mouvements parfois violents (agitation ouvrière,
révolte irlandaise …)
Trois grandes réformes électorales ;
– 1832 « Great reform act » arrivée au pouvoir des Whigs ; suppression des « bourgs
Pourris et de poche » et attribution des sièges aux villes. Le nb d’électeurs passe de
440.000 à 800.000.extension du suffrage à la bourgeoisie.
-1867 :Disraeli conservateur modifie les règles pour obtenir le droit de vote. d)
Apparition en milieu urbain de la « middle class »
-1884-85 Gladstone conservateur élu 1er ministre poursuit la réforme : la redistribution
des sièges de députés réduit la surreprésentation du sud agricole et profite aux ouvriers
L’extension du suffrage s’accompagne de plusieurs mesures . e)
1838 de la propriété pour être aux communes
1872 « secret Ballot « » Instaure le vote secret par l’isoloir.
1911 -création d’une indemnité parlementaire e accès des ouvriers
- – réduction considérable du rôle politique de la chambre des Lords.
Conclusion : une évolution lente et sans révolution .Une » modernisation » qui va
faire naître deux formations politiques :Whigs (libéraux) et Tory(conservateurs) qui
vont développer leurs programmes spécifiques et opposés (questions sociales).
b) USA :l’ extension du suffrage se fait dans la douleur et est inégale selon les états.
1790 « Naturalization act » nationalité offerte aux seuls « free white persons »
Mais conquête et création de nouveaux états apportent des évolutions différentes .
1818 Illinois : hommes >21ans habitants depuis un an
1822 New york. Même chose mais pour les noirs nécessité d’habiter depuis 3 ans
La question raciale noire provoqua la guerre de Sécession 1861-1865
1869 (26/ 02) 15é amendement « le droit de vote des citoyens des USA ne sera dénié ou
Limité par les USA et aucun état pour des raisons de race couleur ou de condition
antérieure de servitude ») ratifié par tous les états en 1870 (3 02).
Paradoxalement la situation des noirs va s’aggraver à la fin du 19e siècle (1890 -1914)
– 7 états du sud vont multiplier les obstacles à l’inscription des noirs Sur listes électorales
( être propriétaire, savoir lire la constitution , écrire , clause du grand père en Louisiane a)
Le retrait de la franchise été tardif. Les noirs ont exercé leur droit de vote
jusque vers 1890 puis « désaffranchissement » Mississipi 1890 Caroline du sud1895
1898 la clause du grand père en Louisiane fit baisser les électeurs de 130 000 à 5000.
ou à l’égalité des droits. Cassée par cour suprême en 1915.
-mise en place de la ségrégation. Légale « Lois Jim Crow » aboutissent à une séparation
(interdiction du mariage mixte, séparation dans les lieux publics, interdiction d’utilisation des
mêmes cimetières etc..)Cette séparation fut validée par le cour suprême (Arrêt « Plessy )
contre Ferguson » b) reconnait le principe « séparé mais égal ».la séparation est légale
pourvu que chaque communauté ait les mêmes commodités.
C’est pourquoi il fallut attendre les année 1950 après les 2 guerres mondiales pour
Voir renaître le mouvement de droits civiques de Martin Luther King.
1965 Voting Right act signé par Lyndon Jonhson – interdit toute pratique électorale
Discriminatoire .-Toute modification électorale doit avoir l’accord fédéral
-Le ministère de la justice reçoit compétence pour superviser les juridictions à problème
Et répondre aux demandes individuelles. Il y a donc transfert de compétences au niveau
fédéral
.Le cas des amérindiens .Ils ne sont pas citoyens américains.
-1887 Dawes Général Allotment act : nationalité accordée à ceux qui abandonne leur
Affiliation tribale.
-1890 à ceux qui en font la demande.
-1924 :indian Citizen Act : tous le amérindiens sont citoyens mais chaque état conserve ses
Prérogatives en matière de droit de vote . Conséquence , beaucoup seront privés du droit
de vote jusqu’en 1948.
Le vote de femmes : 1869 Le Wyoming est le premier état à l’accorder ;
1919 :19e amendement accorde le droit de vote Ratifié par les états en 1920.
Conclusion : En résumé après la 1ere guerre mondiale la représentation politique par le
SU est devenue une référence dans tous les états européens occidentaux et les états
d’Amérique du nord . Même si elle n’est encore qu’imparfaitement appliquée.(France)
. Elle apparait comme un aboutissement voire un idéal à réaliser .
« La croyance est que le gouvernement démocratique était devenu démocratie. »
Or ce système va continuer à évoluer jusqu’à nos jours et avec des formes qui
Permettent de distinguer 3 modèles successifs selon Bernard Manin dans le cas Français. a)
II Le parlementarisme ,la démocratie des partis ,la démocratie du public :
4 critères permanents retenus. Le représentant, la marge d’indépendance des
Gouvernements la liberté de l’opinion publique , l’épreuve de la discussion.
1) le passage du parlementarisme à la démocratie des partis. Le premier est un
régime où le député est un notable votant en fonction de sa seule conviction personnelle
Absence de discipline de groupe. L’ opinion publique se manifeste à l’extérieur du parlement
par associations , groupes de pression (catholiques, mouvements divers…)
Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette évolution à la fin du 19e
– ce modèle atteint ses propres limites internes en termes de représentation sociale.
– il doit s’adapter à de nouveaux besoins d’expression de la société liés aux
transformations du rôle des états , de l’économie et de la société et des évènements.
a) –le Suffrage Universel face à la représentation de monde ouvrier et de la diversité sociale
-l’élection par sa nature présente un double visage . b ) Cf
- principe de liberté de choix et d’égalité de voix : c’est pour cela qu’elle a été retenue
comme procédure pour désigner les gouvernements mais ces électeurs ne peuvent choisir
que des individus possédant- un trait distinctif , (notoriété, richesse, nom….)
– jugés favorablement ( choix subjectif en fonction de personnes ,
ou d’intérêt personnel ou selon circonstances…. )
-fournissant un critère de sélection politique.(classe politique,
choix idéologiques…Opportunité )
Donc des gens considérés comme supérieurs à leurs électeurs.(Côté aristocratique)
Ce sont les électeurs qui définissent leurs critères selon leur perception socialo culturelle
du moment. Dans une première étape, les élus sont des notables , (beaucoup d’avocats ,
Entre 1875 et 1920 25%des députés français) Certaines catégories sociales se sentent
exclues de la représentation nationale. En 1864 3 ouvriers imprimeurs lancent « le manifeste
des soixante » 2 arguments
-l’égalité devant le loi ne règle pas la question ouvrière.
-le SU ne suffit pas à assurer l’émancipation politique : un vote spécifique ouvrier est
proposé. La question d’une représentation directe prolétarienne au parlement sera à
l’ordre du jour des congrès ouvriers durant plusieurs décennies .
Cet évènement traduit bien la difficulté de la représentation sociétale par le SU.
Les candidatures ouvrières rencontrent l’opposition des (républicains et libéraux) car
contraire à la politique révolutionnaire d’unité du peuple cf J J Rousseau a)
b) la naissance des partis et le passage à une démocratie de groupes organisés
Petit à petit les individus électeurs vont se retrouver dans des structures où ils
peuvent s’identifier et se regrouper .L’usage du SU érode lentement les références
Individuelles précèdentes .
& le contexte : vers 1890 en France . Chute de jules Ferry , l’idéal républicain semble
en bout de course, Boulangisme regroupe les « dégoûtés » b),retour des idées
réactionnaires (ligue des patriotes) c), incertitude sur la forme du Gouvernement
(Ligue pour la révision constitutionnelle des radicaux) Il y a un débat politique intense
. Le vote républicain se conforte après l’affaire Dreyfus mais les républicains se divisent
Entre opportunistes et radicaux)
Certains intellectuels (Ferneuil , Durkheim ) vont souhaiter prendre en compte les intérêts
De groupe et pas seulement les individus. C’est une nouvelle approche politique
qui n’est pas propre à la France. 2 aspects
& Le principe d’une représentation à la proportionnelle est avancé. En 1883 le directeur
De Sciences Po met en place une société pour l’étude et la représentation
proportionnelle. En 1901 Yves Guyot fonde la ligue pour la » proportionnelle » elle
apparait comme un moyen de pacification sociale en représentant les minorités.
Ce sujet sera débattu jusqu’au vote de la loi de 1919 qui l’établira en France.
- D’autres pays européens menacés dans leur unité linguistique seront les premiers
à adopter cette représentation (Belgique, Suisse, Italie)
&L’apparition d’une démocratie des groupes organisés. les partis et les syndicats.
Parti :Le mot avait un sens négatif au 19e(ex parti de l’ordre) ,c’était un clan ,une faction d) ).
.Cette attitude Reste un phénomène récurrent en France.( cf De Gaulle ) en parlant
De la 4e république « le régime des partis »
La naissance d’un parti de classe : après plusieurs congrès ouvriers où seuls les ouvriers
Sont retenus pour les représenter un tournant se fit en faveur d’un élargissement
Dans le choix des représentants après l’échec de 1898.(6 Ouvriers guesdistes élus)
car le syndicat CGT reste hostile au parti. Le parti socialiste comportera moins d’ouvriers
mais l’affirmation doctrinale restera forte. La création du parti communiste en 1921
accentuera ce glissement vers la caractéristique ouvrière de ce dernier. (en 1928 le PCF
comprend 2/3 d’ouvriers)
L’apparition des partis de masse va avoir des conséquences à long terme.
-une modification des catégories sociales des représentants : on passera « de l’avocat
au camarade » c)
- L’importance accrue des programmes . Election de 1870 candidature avec qualités
personnelles ,en 1882 Profession de foi donc doctrine. les débats politiques suivent
Et les citoyens choisissent .
- Une modification du rôle des élus
1910 reconnaissance du rôle des groupes parlementaires dans le fonctionnement de
l’assemblée ( inscription comme porte- parole d’un parti a)
La répétition des débats et des élections entre partis va entrainer une formulation
d’ identités politiques stables.
Au royaume uni et en Allemagne le développement de parti représentant le monde
ouvrier va pacifier la lutte des classes . (parti social démocrate) .Aux Usa plus pragmatiques
le parti est une organisation de la diversité d’opinion .Le marxisme posera de façon la plus
radicale la prise en charge sociétale ce qui n’exclura pas les débats ni les conflits internes.
Le développement du syndicalisme joue un rôle particulier en France car il se veut
Indépendant du politique et refuse même parfois sa représentation. Il est différent (unité
autour d’une communauté d’intérêts, organisation autour de la production, égalité formelle
entres ses membres…) En 1884 le syndicat est légalisé .de nouvelles procédures se mettent
en place par la négociation.-ex : – 1902 Convention collectives
-1917 procèdure d’arbitrage et conciliation (Albert Thomas)
-1936 accords de Matignon délégués du personnel
Petit à petit de nouvelles formes de représentation plus catégorielles s’installent dans
Le paysage politique français. Cette évolution se retrouve dans d’autres pays.
c)-les formes nouvelles de représentation se développent suivant l’évolution
des rapports entre l’état et la société -« un état devenant consultatif » b)-
& ) Prise en compte du monde économique : instauration en 1891du conseil supérieur du
travail ( 50 mb ) (ouvriers 12, Patrons 15, parlementaires 13) Ce conseil sera suivi
d’autres (78 au total) dans nombreux domaines (beaux- arts, instruction publique,
, assistance publique…etc.)
L’évolution vers une « démocratie économique » c) s’est poursuivie jusqu’à nos jours .
Après la guerre 14 -18 instauration du conseil national économique devenu après la
seconde guerre le conseil économique et social sous la 4e et 5e république. C’est la
3e chambre de la république .En 1969 De Gaulle a proposé la fusion entre Cons.Eco et Soc
et Sénat .le refus par référendum entrainera son départ.
&)L’apparition d’outils statistiques ; en 1860 un saint simonien Michel Chevallier fonde
La société stastistique de Paris ; La 3 e république va dès lors donner un essor à celles-ci et
aux enquêtes sociales. L’apparition des sondages- puis leur développement permettent
une mesure de l’opinion publique et des évolutions sociales. C)
Le rôle de de l’état s’étend ( 1936 1eres nationalisation) son administration est de plus
en plus informée et fait appel à des experts . Après la seconde guerre mondiale
la mise en place du plan et de sa direction vont confirmer ce rôle de gestion de la société.
& Le poids de l’opinion publique croît et s’affirme .Les débats politiques et sociaux
deviennent publics avec la presse puis les médias .La diffusion de l’information modifie
la représentation politique.
– La démocratie des partis en résumé crée une nouvelle élite : celle des appareils de partis a)
– Entraîne une stabilité des comportements électoraux car vote devient affirmation d’une
« Identité de classe. » d’ appartenance et d’ identification .Le Vote=acte de confiance.
-Les partis reflétant les tendances de l’opinion il y a moins de discordances entre
l’opinion publique et l’expression électorale car décisions prises à l’extérieur (dans partis).
-Apparition d’autres institutions de concertation.(syndicats, organisations diverses..) d’où
Démocratie du compromis car négociations préalables à la prise de décision.
On est arrivé à une phase de « démocratie d’équilibre » b) France 1900 à 1970 environ.
2) le glissement de la démocratie des partis à celle du public. (fin du XXe siècle après 1970)
a)l’élection des gouvernants subit une évolution remarquable: c)
Jusqu’alors déterminé par leur catégorie sociale d’où une certaine stabilité, le vote
varie désormais d’une élection à l’autre. Différentes raisons à cette variabilité.
-vote de plus en plus pour une personne et moins pour un parti ou un programme ;
La personnalisation du pouvoir fait que le fonctionnement interne des partis
et leur rôle changent. Ils se mobilisent pour un leader.( d’où vient ce
phénomène ?
- Les techniques de communication sélectionnent un autre type de leader :l’expert
En communication.
- Les programmes précis ne sont plus adaptés pour apporter des réponses à un
monde environnant , Imprévisible et très large où nouvelles questions se posent
(par exemple : les problèmes environnementaux, l’écologie …)
- L’image offre une version simplifiée et schématique mais commode. Elle joue
- un grand rôle et s’impose. La communication prend le pas sur le fond.
b) l’offre électorale joue un rôle : le vote varie en fonction -du niveau de l’élection
( ex :importance de l’élection présidentielle en France où abstentions sont faibles)
– des termes du choix offert
. D’où le rôle des sondages et des tâtonnements en fonction de l’état de l’opinion
publique. C’est L’homme politique qui prend l’initiative de proposer le principe
des clivages. Cette offre politique construite en fonction du marché s’adapte à
l’auditoire , tentation de surenchère. Le parler vrai n’est pas la pratique actuelle. d)
c) la marge d’indépendance des gouvernements augmente paradoxalement. Elus sur
des images schématiques et simplifiée donc avec un contenu flou, ils ont une marge
de manœuvre plus grande.Mais elle peut entraîner la déception rapide de l’électorat a) .a)
d) l’opinion publique -est plus informée et de façon plus objective. Les médias plus
indépendants donnent aux citoyens la même masse d’informations identiques .
Les clivages se font sur les faits et moins sur les préférences partisanes. Ce qui
peut entrainer un découplage entre vote et opinion publique. Un des rôles
des partis à savoir ,apporter l’information , disparait.
-s’exprime en permanence . Les moyens traditionnels (pétitions, manifestations…)
demeurent mais sont amplififiés par les médias .Les Sondages se sont multipliés
dans tous les Domaines (consommation, sujets d’actualité.. ) et informent en temps
réel. Il y a une accélération du temps donc augmentation des réactions à chaud
et parfois nécessité de faire le plein avec le vide ( phénomène du buzz) .
Enfin les nouveaux champs d’expression sont apparus (réseaux sociaux, internet,)
Les opinions diverses circulent librement et les discussions politiques ont quitté
l’enceinte exclusive du Parlement .Des organisations spontanées se mettent en
place en dehors des partis . actions écologiques (Podemos en Espagne) « Le règne
de l’information a soumis la démocratie à une accélération sans précédent »b)
Conclusion : la démocratie du public en résumé par rapport à démocratie des partis
- Une nouvelle élite et déclin relatif de l’ancienne .
- Ex concrètement en France : -1978 ouvriers 6% des députés , en 2015 1%
- 4e répu.1ere législ.(1946- 58) ,nb d’ouvriers 133, d’agriculteurs 136 , avocats142
- En 2007 bac+2 =76% dont 55%issu du secteur public .
- Les citoyens s’identifient moins aux gouvernements . Cette démocratie s’est
étendue, certes , mais s’est-elle approfondie ? Ce modèle Est- il en crise ou en
phase de transformation ? certains auteurs osent le mot crise.
III la démocratie représentative subit depuis environ deux décennies une crise de la
représentation et une crise de la participation. ? b)
Depuis quelques années le système de représentation politique fait l’objet
de nombreuses études et interrogations en France
Phénomène passager ou durable ? solutions possibles ou envisagées ?
1) les symptômes d’une crise de la représentation : selon Perrineau en 2004
Une baisse de la participation électorale est constatée dans la plupart de pays
où le vote n’est pas obligatoire.
& – une croissance des votes blancs et nuls. Les abstentions obtiennent des records
Jamais atteints dans toutes les élections depuis les année 1990.. b)
Présidentielles (élection la plus mobilisante. 2002 28.4% législative 35.6% 44.6 en 2012
.
Ce phénomène n’est pas que Français EX Italie pour les référendums. a)
&une dégradation de l’image de la classe politique et des organisations politiques
-chute de l’engagement politique et syndical : juin 2002 2%de population dans partis, 8% dans syndicats :
en 2015 12%seulement des Français font confiance aux partis b)
Depuis 2007 le PS et les Républicains auraient perdu 50 %d’effectif.
a) -sentiment de coupure entre représentants et représentés : 64%pensent qu’ils
se préoccupent peu des gens « comme nous » (Sofres 2002)
b)-sentiment de corruption de la classe politique : 59% pour méfiance vis-à-vis de la politique avancée dans 53% des items associés à la politique (Sofres 2002)
. c)-par moment : crise de confiance dans la démocratie espace politique pour courants politiques hostiles à la démocratie pluraliste.(partis populistes)
d) éclatement du vote : -apparition de partis protestataires : (LO, CPNT, FN)
les partis type gouvernementaux –(PC ?PS ?RPR ?UDF)=46.3%des suffrages exprimés à la présidentielle de 2002 et 32% des inscrits.
Ces signes multiples d’une crise de la représentation ne sont pas nouveaux mais ce qui change c’est la durée , plus de 20ans.Comment expliquer ?
2) les causes sont profondes d’origines multiples : politiques, économiques sociales et culturelles.
a) au plan politique les référents séculaires de gauche et droite sont dépassés selon
une majorité de français pour les enjeux actuels.(même si une majorité se sent toujours d’un côté ou de l’autre.) Evolution accentuée par
& – rapprochement des programmes économiques et sociaux des deux gauches liés au 15ans de présidence de Mitterand puis cohabitation .C’est en 1978 que le parti Socialiste devance le PC aux législatives pour la 1ere fois.
La succession d’alternances politiques c) avec périodes de cohabitation a brouillé la donne politique. L’alternative politique, économique et sociale parait
moins évidente.
& -chute du communisme réel donc de ses références idéologiques et disparition de la bi- polarité internationale.
&Un vieillissement des structures politiques par rapport à de nouvelles attentes ;
– Les partis se sont professionnalisés dans les années 1980 .la crise économique a engendré une demande de compétences, d’où recrutement dans vivier des
hauts fonctionnaires. Moule de formation homogène (ex ENA)
accaparement des postes par des professionnels. d) ce
phénomène a été dénoncé par une députée PS du Sud ouest
– Elles sont partisanes et verticales de type militaire .Or .Nouvelles générations sont portées vers des organisations peu hiérarchiques, participatives , ponctuelles et porteuses d’un militantisme moral ex : Act UP, SOS racisme, organisations humanitaires. Nuits debout actuellement.
– Elles sont peu représentatives d’une nouvelle diversité sociale .Elles ont du mal à
Intégrer les nouvelles générations ( Jeunes éduqués, femmes actives ) plus diverses
activités tertiaires et non plus industrielles et les minorités. a)
« Elles sont restées très bourgeoises et petites bourgeoises. « Pascal Perrineau »
«forme de désenchantement » le politique ne fait plus rêver.
b) une crise économique et sociale multiforme qui appauvrit et fait craindre
pour l’avenir.
&- La bipolarité sociale caractéristique de la société industrielle a fait place au
développement d’une classe moyenne salariée plus diversifiée. b)Il y a une
forme d’érosion du vote de classe .Ouvriers à droite ou extrême droite et cadres
à gauche .Le chômage pousse une partie des ouvriers vers l’extrême droite.
&- la mondialisation et la crise économique ont réduit les marges de manoeuvre
des Gouvernants. Ils sont de plus en plus des accompagnants de processus qui leur
échappent . (Europe, G8, G 20 ) avec décisions au -dessus du pays d’où sentiment
d’impuissance et inquiétude devant l’avenir et mise en cause des gouvernants.
& une paupérisation visible. – chômage 1er tri 2015 10.3% popu ;
– nb de SDF +44% entre 2007 et 2012
Après les 30 glorieuses ,la confiance dans l’avenir et la foi dans le progrès chutent.
&-la société a évolué vers) une individualisation de plus en plus dominante qui entraine
une atomisation sociale. Les liens sociaux n’ont pas disparu mais ont été transformés.
Certaines institutions traditionnelles ont été délégitimées (ex :famille, mariage,
entreprises ) le lien social est affaibli. « Les intarissables moi /du charisme à l’incivilité » c)
Les pionniers de la démocratie avaient senti le danger :
« le principe d’émancipation personnelle finit par se transformer
en égocentrisme ravageur »Tocqueville avait bien vu qu’un des enjeux des
démocraties adultes serait de préserver la sensibilité civique .Le Paradoxe pour
les démocraties modernes est le suivant : œuvrer au développement personnel des
individus sans qu’ils deviennent pour autant incivils »
Le glissement de la citoyenneté à la revendication identitaire. La citoyenneté a
été longtemps la libre affirmation de son identité, mais l’individualisme a poussé à
l’épanouissement personnel parfois jusqu’à l’hédonisme.(satisfaire son plaisir =seul but
« ce qui compte dans la démocratie adulte c’est l’égalitarisme par le revendication de
La différence et de l’identitaire et non l’égalitarisme par effort de similitude et de
citoyenneté » d) Cette évolution va entrainer un changement de perspective des
Démocraties ; la majorité était le concept majeur dans les démocraties naissantes
Dans les démocraties actuelles (adulte a)ou , du public b) ) les minorités ne subissent plus.
Et au nom du droit à la différence contournent l’égalité des droits .il y a selon certains
Auteurs « tyrannie des minorités » a). Un exemple l’opposition bretonne à l’écotaxe.
(moyens violents ).Actions écologistes contre décisions des élus ( Sivens,aéroport deNantes
c) nouvelles références culturelles
– la crise des idéologies en particulier le réfèrent marxiste ; dès 1974 effet Soljenitsine
Puis 15 ans après chute de l’URSS. En France effondrement du PCF qui abandonne
certaines références (la rénovation ). a) d’où apparition à gauche de partis trotskystes
reprenant le discours révolutionnaire ( LO, ligue comm. révolutionnaire)
Glissement d’une partie de l’électorat ouvrier au FN.
-Une hausse du niveau culturel moyen d’un public informé qui a plus d’exigences vis à
Des dirigeants. Les citoyens sont plus exigeants et pas forcément pacifiés par la fin des
Conflits idéologiques.
- Le rapprochement des mondes lointains différents par les médias ne favorise
Pas forcément le rapprochement mais provoque des peurs et tendance au repli
Sur son monde (pays, nation, langue , religion.) le rapprochement géographique
Par le numérique ne favorise ni la communication ni la compréhension.
Conclusion
Ce malaise dans fonctionnement de la démocratie touche d’autres pays.
Est-ce l’émergence d’un nouveau type de démocratie ? Il y a un paradoxe souligné
Par une équipe de chercheurs anglais b)Les valeurs de la démocratie progressent à
L’échelle de la planète mais la confiance décline dans les institutions où on la pratique
. Il y a un Hiatus entre idéal démocratique et une réalité marquée par certaine forme de
cynisme , de désenchantement et de distance critique. Remèdes possibles oui ? non ?
3) La situation particulière de la France : « refaire la France » est le titre
d’un rapport rédigé par un historien Michel Winock spécialiste de
l’histoire politique française en collaboration avec Claude Bartelone président de la
chambre et plusieurs personnalités (élus, experts…).c) Postulat « notre régime politique
peut- être dit démocratique mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement » .
la 5e répu est ébranlée par les éléments cités précédemment .Les institutions politiques
sont vieilles et inadaptées. Il propose d’agir dans sur 3 domaines par des modification
institutionnelles pour rétablir la relation entre citoyens et dirigeants
. – l’excès de pouvoir du président de la république
– le défaut de représentativité des instances dirigeantes
– les carences de la démocratie représentative.
a)Excès de pouvoir du président. De gaulle a voulu un régime fort après la 4erépublique
dominée par le jeu des partis et dans une période de guerre. La pratique a accentué
la dérive vers pouvoir accru du psdt. Cf De Gaulle c). Le gvt est responsable devant
l’assemblée mais premier ministre plusieurs fois renvoyé par le seul psdt qui lui n’est pas
responsable. Seul représentant de la France au conseil Européen il ne rend pas compte.
quelques exemples – 2005 non au référendum sur constitution euro. Chirac reste au
pouvoir, son successeur fait voter les règles par le parlement déni de démocratie.
Il y a une quasi- irresponsabilité du président.
- D’où proposition : de rééquilibrage
& Psdt : 1 mandat de 7 ans non renouvelable avec Maintien d’un domaine réservé.
(aff .étrangères ,armée )
- investiture nécessaire du gouvernement par Assemblée .
- Organisation d’un débat à l’assemblé avec le Psdt avant chaque conseil européen.
& renforcer le rôle du parlement
– calendrier électoral (législative avant présidentielle)
-Diminution du nb d’élus (limité à 400 dép et 100 ou 200 sénat.) fusion sénat –
conseil éco et social , diminution du rôle législatif du sénat et modification du scrutin.
– Développer le renouvellement des élus – imposer le Non cumul des mandats
dans le temps (3maxi) a)
-introduire une dose de scrutin proportionnel à l’assemblée nationale.
(actuellement Scrutin majoritaire à 2 tours) b)
– Améliorer le fonctionnement du parlement : freiner la frénésie législative c)
b) restaurer le lien entre citoyens et représentants ;
-introduire le référendum d’initiative populaire (seuil moins de 10% de population )
- faut il établir le vote obligatoire ? (sondage HARRIS avril 2015 56% Pour 67 %SI vote
Blanc ) simplifier les inscription sur les listes électorales.
- Développer de nouvelles formes de participation : la démocratie participative
- . La participation directe a gagné en Légitimité (manifestation , pétitions, marches
- citoyennes…)Le bénévolat s’est développé de Façon considérable entre 2010et 2013
- +14% =20.9millions d)
- Il faut ouvrir les institutions (conseils de quartier, loi du 27/02/2002, conseils citoyens
- faire des référendums locaux :
Bref ce ne sont pas les idées qui manquent dans ce rapport qui n’est le premier sur ce
sujet mais c’est la première fois qu’il est initié par le parlement. Quel sera son devenir ?
il montre qu’au niveau des élus il y a prise de conscience des dysfonctionnements .
Conclusion : la représentation du peuple et de ses composantes a été une longue
Conquête et une construction continue , toujours en évolution . Celle de la France s’est
caractérisée par une succession de 3 républiques (3e 1870 1940 4e 1946 1958 5e depuis 58)
et 15 régimes depuis1789.plus que tout autre pays .C’est « L’inconstance française » e)
Chacun a pratiqué les principes de la représentation mais avec des formes d’organisation
nouvelles essayant de pallier les défauts ressentis auparavant .Face à la situation actuelle
la France saura- t- elle faire faire évoluer souplement son système politique à l’anglo
Saxonne ce qu’elle n’a jamais su faire. Déjà certains proposent une 6 e république.
(Jean Luc Mélenchon). La question est posée .Confrontée à une évolution similaire,
L’Italie de son côté a commencé. Matteo Renzi a fait adopter par les chambres plusieurs
mesures modifiant le fonctionnement des institutions politiques qui seront soumises
à un Référendum en octobre 2016.f) La question est ouverte. En France quelle place
dans le débat politique actuel ?
– 6/10 le pdt de la république fait l’éloge de la solidité des institutions.
-la plupart des candidats à la primaire de droite promettent des consultations populaires
Pour réformer le pays.
A suivre… !

Loi Leonetti Eliane Regouffre

Pourquoi la loi Léonetti est elle

Importante à connaître ?

La loi Léonetti intéresse les soins palliatifs, soins qui ont pour objectif d’aider à mieux vivre la fin de vie.
Or, la fin de vie concerne tout le monde, vous et moi dés notre naissance, nous sommes mortels.
En Europe, surtout dans les pays latins, la mort est un sujet tabou alors que c’est l’inéluctable fin de toute vie.

Les soins palliatifs, définition et genèse de la loi Léonetti

Les soins palliatifs sont des soins actifs et continus, évolutifs, coordonnés et pratiqués en équipe pluridisciplinaire, en institution ou à domicile. Ils visent à :
• Soulager la douleur
• Apaiser les souffrances psychiques
• Sauvegarder la dignité de la personne
• Soutenir son entourage

J’aimerais vous donner une brève historique des SP.
Cette notion d’aide est apparue au milieu du 19ème siècle. En France, une dénommée Jeanne Garnier, veuve, ayant perdu ses deux enfants, dans une douleur extrême, décide après avoir beaucoup prié Dieu, de donner le reste de sa vie à accompagner les malheureux qui ont souffert et que la vie a broyé.
Elle réunit autour d’elle des veuves chrétiennes qui travaillent avec elle et fonde en 1842 à Lyon les « Dames du Calvaire ».C’est une œuvre de bienfaisance confessionnelle.

Un siècle plus tard, dans les années 1960, à Londres une infirmière, Cicely Sounders s’indigne des conditions dans lesquelles des patients terminent leur vie et entame à 34 ans des études de médecine. Elle fonde en 1967, à l’hôpital st Christopher le premier service de SP. Elle est à l’origine du « mouvement des hospices », mouvement depuis se développant au Canada et dans les pays anglo-saxons.

En France, en 1975, le P. Patrick Verspieren, part se former à St christopher.Il prend officiellement position en faveur du soulagement de la douleur et émet à son retour » que le traitement d’une douleur intolérable et réfractaire est possible en dehors d’une euthanasie »

Dès le début des années 80, Maurice Abiven, spécialiste en médecine interne s’intéresse à « l’accompagnement » des malades en fin de vie et s’inspire de ce qui se fait en Angleterre avec quelques rares médecins sensibilisés à la question pour tenter de mobiliser l’opinion et les pouvoirs publics français. Il crée en 1987 avec l’aide de l’ASP-fondatrice la 1ere unité française de SP à l’hôpital international de la cité universitaire à Paris.

A cette époque est apparu le SIDA (Atlanta 1981). En 84, déjà 300 malades en France sont répertoriés. A la fin des années 80, début 90, les hôpitaux se transforment en mouroir. C’est dans ce contexte en 92 que s’ouvre à Gardanne un établissement de SP, association 1901, reconnue d’utilité publique. Elle se définit ainsi : lieu pour accompagner et prendre des personnes aux pathologies graves quelque soit leur pathologie et leur origine.

En 91, réforme hospitalière créant un nouveau droit d’accès aux SP dans les hôpitaux.

En 98, plan d’action de Bernard Kouchner en quatre points :
-augmentation des USP
-création des équipes mobiles de SP
-congés d’accompagnement pour les proches
-nécessité de former des accompagnants bénévoles

En 99, loi garantissant la mise en place de réseaux de SP et d’accompagnants bénévoles pour participer en équipe, au confort psychologique et social du malade et de son entourage.

La loi du 4 Mars 2002, consacre le droit des malades à décider d’eux mêmes par un consentement libre et éclairé du patient aux traitements qui lui sont proposés.

Aujourd’hui, l’association les « dames du calvaire » existe toujours ; elle gère de vrais établissements médicalisés de SP dans plusieurs villes en France mais aussi à Bruxelles et New-York. A Paris, l’établissement le plus célèbre, ouvert en 1996, s’appelle « Jeanne Garnier » Leur éthique est d’accueillir chacun sans distinction d’origine et quelque soit leur conviction philosophique ou religieuse. Il s’agit de prendre soin de chaque personne comme si elle était unique et respectée pour elle même.
Cela reste souvent des organismes privés et la loi Léonetti est de promouvoir et de développer des USP publiques.

Comme le SIDA, l’affaire Vincent Humbert a eu des conséquences sur le développement des SP. En 2000, un jeune pompier de 19 ans après un accident de voiture se retrouve tétraplégique, muet et aveugle, mais il arrive par un langage codé à envoyer au président de la république un message « je vous demande le droit de mourir » droit refusé en 2003.
Sa mère l’aide à mourir, arrêtée, non lieu, très entourée à l’époque, est abandonnée aujourd’hui. Cette affaire est pour le Président Chirac l’occasion de demander au Dr Léonetti, cardiologue de travailler sur ce problème.
La loi Léonetti sur la fin de vie sort le 23 Avril 2005(548 pours, 0 contre, 3 abstentions).

Cette loi s’appuie sur cinq principes fondamentaux :

1. Bénéficier des soins palliatifs
2. Exercer son droit à recevoir des soins visant à soulager la douleur.
3. Ne pas avoir à subir un acharnement thérapeutique appelé aujourd’hui obstination déraisonnable
4. Recourir aux directives anticipées (révocables à tous moments)
5. Nommer une personne de confiance.

Plus récemment, c’est l’affaire Vincent Lambert avec cette famille qui se déchire. Accidenté en 2008, les uns pour l’arrêt des traitements, les autres pour maintenir une vie devenue végétative.

En 2012,le Président de la République, François Hollande poussé par sa gauche qui veut la légalisation de l’euthanasie, demande au professeur Sicard, médecin et président du comité national d’éthique, une étude sur ce qui se passe réellement.

Le rapport Sicard dénonce l’accès insuffisant aux SP. Il préconise avec beaucoup d’insistance l’intégration aux études de médecine d’un certificat d’algologie, permettant une réelle compétence en SP dans toute pratique clinique. En effet il critique très vivement les soignants marqués par une culture du tout curatif et leur surdité à la détresse psychique.
Sicard estime que les pratiques peuvent évoluer en appliquant réellement la loi Léonetti dans son esprit.
Par ailleurs, il préconise le développement de la sédation profonde et envisage sans le préconiser, dans certains cas, le suicide assisté. Par contre il s’oppose à l’euthanasie et à ses dérives.
Ce qui donnera en Février 2016 la nouvelle loi Léonetti-Claeys (votée par 436 pour, 34 contre et 83abstentions).

Peu de changements majeurs mais il est noté que cette loi est faite pour les gens condamnés, ceux qui vont mourir et non pour ceux qui veulent mourir.
Cette nouvelle loi vient renforcer les droits des patients en fin de vie en donnant un caractère incontournable aux directives anticipées et instaure la sédation profonde et continue dans des conditions très strictes.

Une question se pose :
Pourquoi les militants du droit à mourir(ADMD) s’opposent ils si fortement à la loi Claeys/ Léonetti ?
Et bien par ce que la loi est mal connue, mal appliquée, ignorée parfois de certains soignants. Fin 2015, seulement 2,5% des malades avaient fait une déclaration anticipée. Si Vincent Lambert en avait fait une, les décisions auraient été plus simples. Actuellement, on rentre dans un débat philosophique entre les « proeuthanasie » et les « provie ». L’euthanasie active reste un geste radical qui franchit la barrière d’un interdit « tu ne tueras point », la vie reste sacrée et les médecins ont été formés pour soigner. Pour les pro euthanasie, cela correspond aussi à une évolution culturelle et correspond à la hantise des Français de basculer dans une situation de fin de vie insupportable, de souffrir ou de voir souffrir leurs proches. La peur de la déchéance physique a supplanté la peur de mourir, pourtant aucune déchéance ne saurait nous rendre indigne.

L’objectif des SP, n’est pas de guérir mais de préserver la qualité de vie du patient et de leur famille face aux symptômes et conséquences d’une maladie grave et potentiellement mortelle.

On distingue dans les SP, trois phases :
• Phase initiale
L’autonomie du patient est présente, cette phase peut durer plusieurs années. Mitterrand a gouverné un certain temps dans cette situation.
• Phase dite terminale
C’est la phase la plus complexe en terme de décisions et d’anticipation. Nécessité de décisions collégiales. Dure entre 1 et 3 mois.
• Phase agonique
Quelques jours, moins d’une semaine.
Mort certaine et implacable, avec sédation si nécessaire.
La sédation est définie comme la recherche par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu’à une perte de conscience, dans le but de faire disparaître la perception d’une situation vécue comme insupportable par le patient, alors que tous les moyens disponibles et adaptés ont pu lui être proposés sans permettre d’obtenir le soulagement escompté. A ce titre la possibilité d’une précipitation du décès par un effet secondaire est possible mais c’est toujours une précipitation de quelques heures ou au plus de quelques jours.

L’obstination déraisonnable

Elle existe lorsque les traitements n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, sous réserve de la prise en compte de la volonté du patient et selon la procédure. La nutrition et l’hydratation sont considérées comme des traitements. Tout patient peut s’opposer à un traitement mais le soignant peut y déroger en cas d’urgence vitale et lorsque cela apparaît manifestement inapproprié.
Une question se pose : A quel moment, y a t’il acharnement ?
D’où l’importance de décisions collégiales et de directives anticipées par le patient.

Les directives anticipées. Décret d’application paru au journal officiel le 5 août 2016(texte 49)

Deux changements par rapport à la situation précédente : les déclarations anticipées ont une valeur contraignantes auprès de l’équipe médicale et des proches. Elles s’imposent à tous. Elles n’ont plus à être renouvelées tous les trois ans mais elles sont révisables et révocables à tous moments. Avant, elles n’avaient qu’une valeur consultative.

Deux décrets :
Le premier concerne les soignants pour définir les structures collégiales sur
• L’arrêt et la limitation des traitements
• Le recours à la sédation profonde
Le deuxième sur les directives anticipées
• Rédaction
• Révision
• Révocation
• Conservation

La personne de confiance

Tout patient peut désigner une personne de confiance qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant qui sera consultée au cas où le patient serait hors d’état d’exprimer sa volonté.
Cette désignation est faite par écrit. Elle est révocable à tout moment et doit être jointe aux directives anticipées.

A cela s’ajoute la publication d’un plan national par l’Etat,portant sur les années 2015/2018 pour le développement des soins palliatifs avec quatre axes principaux :
• Axe 1 Informer le patient, lui permettre d’être au centre des décisions qui le concernent.
• Axe 2 former les professionnels, soutenir la recherche et diffuser les connaissances sur les soins palliatifs.
• Axe 3 Développer les prises en charge en proximité. Favoriser les SP à domicile y compris pour les résidents en établissement sociaux et médicaux sociaux.
• Axe 4 Garantir l’accès aux SP pour tous en réduisant les inégalités d’accès.

En conclusion

Il n’y a que quarante ans, qu’en France, on se préoccupe officiellement de la fin de vie.
Ici et là, des hommes, des femmes, confrontés à la souffrance physique et psychique se sont efforcés de rendre notre société plus humaine, plus solidaire, plus protectrice autrement qu’en supprimant purement et simplement ceux qui en font la demande ou ceux pour lesquels la médecine curative ne peut plus rien.
Souhaitons que le cheminement pour le développement des SP, ne fasse que progresser et nous permettre d’être moins angoissés
par l’aboutissement de toute vie.

Les contre pouvoirs Albert Hadida

Les contre pouvoirs
Par Albert Hadida

Le contre-pouvoir est un pouvoir qui s’organise face à une autorité. Ce peut être une force politique, économique ou sociale et dont le rôle est de restreindre l’exercice du pouvoir.
L’expérience montre que tout pouvoir peut être source d’un abus de pouvoir lequel doit être contrôlé par des contre pouvoirs dont il existe deux grandes sortes :
• les contre pouvoirs d’ordre populaire
• les contre pouvoirs d’ordre étatique

1ère partie : les contre pouvoirs d’ordre populaire

I. Les médias

1. Rappel historique
Tout commence par cette satanée liberté de la presse qui permet à l’opinion publique de s’exprimer.

Selon Alexis de Tocqueville l’opinion publique en démocratie est, de facto, le premier pouvoir.
C’est dire que c’est le premier contre pouvoir.

Voyons ce qu’il en est aujourd’hui.

Je n’ajouterai pas foi aux idées de Pierre Bourdieu selon qui l’opinion publique n’existe pas. Elle existe bel et bien, même si on la trouve insaisissable, incohérente, versatile ou amnésique.

Alors, qu’en est-il au juste ?

Il faut admettre que le gouvernement des individus ne passe pas seulement par l’usage de la force ou le respect des lois ; il repose sur l’acceptation des dirigeants par le peuple.
Ce qui n’est pas contradictoire avec la théorie de Machiavel pour qui le prince doit s’efforcer d’afficher les vertus que l’on attend de lui.

Aujourd’hui, tout a changé avec l’apparition des sondages destinés à suivre l’évolution de l’opinion publique.

2. Les usages actuels de l’opinion publique

a) Elle est préfabriquée par les sondeurs

En France, la pratique des sondages d’opinion va se généraliser en 1962, date de l’élection du Président de la République au suffrage universel. Dès lors, chacun croira savoir ce que veut l’opinion publique, compte tenu de l’idée qu’il s’en fait.
Les sondeurs affirment que l’opinion publique est ce que mesurent leurs enquêtes d’opinion
Et de fait, les instituts de sondages sont parvenus à imposer leur définition de l’opinion publique qui se présente à la fois comme plus démocratique et plus scientifique.
Cela dit, en matière de politique, il est deux types de sondages : le sondage d’opinion et le sondage électoral.
Le sondage d’opinion permet de prendre le pouls de la population.
Le sondage électoral, lui, concerne les intentions de vote, faisant souvent figure de prédiction.
Les données fournies par ces enquêtes sont à la fois spectaculaires, car divinatoires et scientifiquement peu discutables, l’élection se chargeant de confirmer.

b) Valeur réelle d’un sondage
Aujourd’hui, l’opinion publique des sondeurs mobilise une armée d’enquêteurs recueillant des réponses baptisées opinions. Ils les additionnent et nomment opinion publique la distribution majoritaire des réponses ainsi obtenues.

c) L’opinion publique, nouvel enjeu
En résumé, la pratique des sondages d’opinion a profondément modifié le jeu politique : les hommes politiques doivent maintenant compter avec cette nouvelle notion qui est censée dire ce que veut et pense le peuple.

Il ne nous reste plus à présent qu’à décrire le pouvoir des médias ce quatrième pouvoir, sans oublier les dangers qu’il recèle en son sein.

3. Le 4eme pouvoir
L’expression quatrième pouvoir désigne la presse et les nouveaux médias. C’est d’ailleurs très tôt que la presse s’est imposée comme un nouveau pouvoir remettant en cause le modèle arrêté par Montesquieu.

a) La Presse : un quatrième pouvoir

Contrairement aux trois autres pouvoirs, à savoir, exécutif, législatif et judiciaire, la presse n’est pas une institution. Et pourtant, elle figure dans la constitution française elle aussi. Elle apparaît notamment dans l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qui dit : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »
Toutes ces informations incitent à poser la question : les journalistes sont-ils tout puissants ?

La réponse est oui. Comme le prouve le scandale du Watergate où les journalistes du Washington Post ont provoqué la démission du président Nixon.
L’on peut citer aussi le cas de Beate Klarsfeld qui par sa conduite provocatrice a contraint le chancellier Kiessinger à la démission.

b) La Presse : un contre-pouvoir obligé

Contre les abus de pouvoirs, les médias ont été fort longtemps un recours des citoyens. Exemple : l’affaire Dreyfus.

Dès lors, une question se pose :
Les médias peuvent-ils représenter un danger pour la démocratie ? La réponse est oui comme le prouvent les exemples suivants :

4. Le danger des Médias

Aujourd’hui, l’on assiste à de drôles de compétitions :
C’est la course au vedettariat. C’est aussi la course aux infos à scandale menacées d’être de fausses nouvelles.
Mais il y a plus. La TV et aujourd’hui Internet sont autant de propagandes destinées à convertir les foules. D’ailleurs, il y a bien pis avec les réseaux sociaux qui s’en sont mêlés et ne sont pas étrangers à la propagande du terrorisme.
Laissez-moi vous dire que cet aspect des choses ne laisse pas d’inquiéter.

II. L’opposition

On désigne par opposition les partis politiques ou les mouvements n’appartenant pas à la majorité. Dans les démocraties, l’opposition détient plusieurs fonctions.
Tout d’abord, l’opposition constitue un contre-pouvoir : elle permet d’éviter les abus de la majorité. En France, l’opposition dispose pour cela de différents moyens : les questions posées au gouvernement par le Parlement, la motion de censure déposée par l’Assemblée nationale ainsi que la saisine du Conseil constitutionnel.

Ensuite, l’opposition représente aussi la possibilité d’une alternance politique, participant ainsi à l’existence du pluralisme.

III. Les associations

Une association est le rapprochement de plusieurs personnes physiques ou morales.

En voici quelques exemples : Association à but non lucratif, Association syndicale, Association foncière, Association loi de 1901. Elles se comptent en France par milliers. Leur pouvoir n’est pas nul.

IV. Les syndicats
Un syndicat est un groupement de personnes physiques ou morales pour la défense ou la gestion d’intérêts communs tels que la liberté syndicale ou le droit de grève.

Historique
Les organisations ouvrières et les corporations de métier sont interdites en pleine Révolution par la Loi Le Chapelier promulguée en 1791. Les syndicats ouvriers ne seront légalisés qu’après la Loi Waldeck-Rousseau en 1884. Aujourd’hui, la création de syndicats de salariés en France est réglementée par le Code du travail, bible fleuve de 3700 pages où patrons et salariés perdent leur latin.

V. Les organisations non gouvernementales

Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d’intérêt public, qui ne relève ni de l’État, ni d’institutions internationales.
Une ONG se définit par :
• le but non lucratif de son action ;
• l’indépendance financière ;
• l’indépendance politique ;
• la notion d’intérêt public.

Les différentes ONG et leurs domaines d’intervention
Ces associations concernent les Droits de l’Homme tels que la lutte contre la faim avec Amnesty International, la protection des enfants avec Fondation Terre des hommes, la protection de la nature avec Greenpeace.
Les ONG ont différents domaines d’intervention, le domaine humanitaire étant dominant, ce dernier comprenant entre autres les ONG caritatives telles que Médecins du monde, ou bien le CICR, Comité International de la Croix Rouge, ou encore Médecins sans frontières, Enfance sans frontières, Douleur sans frontières, Aviation sans frontières. J’ai envie d’y adjoindre Schengen, c’est-à-dire Frontières sans frontières.
VI. L’altermondialisme

L’altermondialisme met en avant des valeurs comme la démocratie, la justice économique et sociale, la protection de l’environnement et les droits de l’homme. En théorie, on ne peut qu’approuver.
Pour mettre leurs idées en pratique, les altermondialistes proposent certaines réformes qui sont de taille.

• Annuler la dette des pays du Sud.
• Promouvoir le commerce équitable.
• Exclure des négociations de l’OMC certains domaines tels que l’éducation, la santé ou la culture.
Au total, la théorie est alléchante, la pratique l’est moins. Ex. : les OGM.
Pour clore cette première partie, nous dirons quelques mots de certains contre pouvoirs un peu spéciaux que j’ai rassemblés sous le terme de marginaux.

VII. Les contre pouvoirs marginaux

A. LES CONTRE POUVOIRS LEGAUX

Citons d’abord les contre pouvoirs des comsomateurs qui bien qu’individuels pourraient être plus efficients.
L’on peut en rapprocher l’abstention électorale, adversaire redouté de bien des candidats.
Mentionnons également le droit de manifester cher à bien des citoyens ainsi que le droit de grève considéré comme sacré et qui représente une arme formidable dans la lutte des classes.
Assimilé à ce droit de grève, citons le droit de retrait pour un salarié se sentant en insécurité, les enseignants en étant un exemple.

B. LES CONTRE POUVOIRS ILLEGAUX

A la limite du sujet puisque interdits par la loi par définition, certains demeurent pacifiques comme la fraude fiscale dont le plus bel exemple est l’évasion fiscale, pacifique certes, mais ô combien efficace.
Dans un tout autre ordre d’idées, mais non moins illégales, l’on pourrait citer certaines manifestations recourant à la violence et à la force lors de mutineries, rebellions ou insurrectiosns qui méritent d’être nommées par leur nom.
Faut-il rappeler à ce propos le mot fameux du Duc de Liancourt venu informer Louis XVI de la prise de la Bastille ; Celui-ci réplique : « Mais alors, c’est une révolte « . Et le Duc de répondre : « Non Sire, c’est une révolution ! »
2ème partie : les contre pouvoirs d’ordre étatique

I. Le Conseil d’État

Le Conseil d’État est une institution publique française créée en 1799 par Napoléon Bonaparte sur l’héritage d’anciennes institutions ayant porté ce nom sous la Monarchie. Il siège au Palais-Royal à Paris depuis 1875 et y exerce deus sortes de fonctions.

Son premier rôle est celui de conseiller le gouvernement pour les projets de lois.
Son second rôle est celui de la plus haute des juridictions de l’ordre administratif.
Il n’empêche que le Conseil d’État est soumis au Tribunal des conflits en cas de désaccord entre les diverses juridictions.

1. Historique

Sous l’Ancien régime, il existait un Conseil du Roi qui se nomma un jour Conseil d’État.
Sous la Révolution, les fonctions judiciaires demeureront séparées des fonctions administratives.
Mais c’est sous le Consulat qu’est mise en place une véritable justice administrative, si bien que durant toute la période révolutionnaire, l’administration était seule juge de ses propres actes. Très commode, ne trouvez-vous pas ?
2. Refondation sous le Consulat

Le Conseil d’État sous sa forme actuelle est institué par la Constitution du Consulat de 1799.
Sous la direction des consuls, un Conseil d’État est chargé de rédiger les projets de lois et les règlements d’administration publique, ainsi que de résoudre un éventuel contentieux administratif.
Ce sont des membres du Conseil d’État qui défendent les projets du gouvernement devant le Parlement. Face à la justice, ils bénéficient de la même immunité que les parlementaires.
3. Évolutions ultérieures

De la Restauration jusqu’à nos jours, le rôle du CE a pu se modifier peu ou prou.
Voici quelques faits saillants de son activité :
a) Durant le règne de l’Etat Français

Sous Vichy, le Conseil a été un instrument de la politique répressive du régime vis-à-vis des juifs et des communistes. Faisant manifestement du zèle, le Conseil d’État a pu instaurer une présomption de judéité, que la loi du 2 juin 1941 n’avait point exigé.
b) Durant la 4ème République

À partir de 1945, les conseillers d’État seront pour la plupart issus de l’École nationale d’administration, l’ENA nouvellement fondée.
c) Sous la Cinquième République
(1) Fonction administrative

Le Conseil d’État peut rendre trois sortes d’avis :
• Avis simple sans obligation aucune.
• Avis obligatoire. Le gouvernement est obligé de solliciter l’avis sans être obligé de le suivre.
• Avis conforme. Le gouvernement est obligé de solliciter l’avis et de le suivre.
(2) Fonction juridictionnelle

Le Conseil d’État est l’échelon suprême de la juridiction administrative, qui juge les recours dirigés contre les autorités publiques.
(3) Conflits entre les deux fonctions

Le Conseil peut être amené à examiner, en tant qu’organe juridictionnel, la conformité à la loi d’un décret pris en Conseil d’État.
Pour certains, ce cumul de fonctions peut faire douter de l’impartialité du juge. Mais la tradition d’indépendance et les règles internes sont un gage d’impartialité. La preuve en est la règle du déport faisant qu’un membre du Conseil d’État ne peut participer à un jugement examinant la légalité d’une décision s’il a contribué à un avis concernant cette même décision.
L’on ne peut qu’approuver de telles dispositions.
II. La Cour des comptes

La Cour des comptes a pour mission de s’assurer du bon emploi de l’argent public. Juridiction indépendante, la Cour des comptes se situe à équidistance du Parlement et du Gouvernement, qu’elle assiste l’un et l’autre. Au demeurant, la Cour rend publics tous ses travaux.
Elle est tenue de contrôler :
- la conformité aux règles en vigueur ;
- la proportionnalité entre moyens et résultats ;
- la correspondance entre ces derniers et les objectifs poursuivis.

Cela dit, loin de la routine, la Cour des comptes peut manquer d’efficacité, ce qui ne l’empêche pas de rendre publiques quelques affaires croustillantes.

III. La Haute Cour

En France, le Parlement réuni en Haute Cour représente la juridiction chargée de prononcer la destitution du Président de la République.
1. Historique

a) La période révolutionnaire
(1) Constitution de 1791
Celle-ci dispose qu’une haute cour nationale, formée des membres du Tribunal de cassation et de hauts-jurés, sera informée des délits des ministres et agents principaux du pouvoir exécutif, ainsi que des crimes qui menaceront la sûreté de l’État.
(2) Constitution de 1795
La Haute Cour de justice instituée par la Constitution de l’an III (1795) n’a siégé qu’une fois, à Vendôme, pour juger Gracchus Babeuf et ses complices de la Conjuration des Égaux, ce qui leur valut la peine capitale.
b) La période napoléonienne

Il m’a semblé que cette dernière méritait que l’on s’y attarde un instant.
La Constitution de l’an XII (1804) institue la Haute Cour impériale qui est compétente pour :

1) Des délits personnels commis par des membres de la famille impériale, par des titulaires des grandes dignités de l’empire, ainsi que par des ministres, de grands officiers, des sénateurs ou des conseillers d’État ;
2) Des crimes, attentats et complots contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État, la personne de l’empereur et celle de l’héritier présomptif de l’Empire ;
3) Des délits de responsabilité d’office commis par les ministres et les conseillers d’État chargés spécialement d’administration publique ;
4) Des prévarications et abus de pouvoir, commis, soit par des capitaines généraux des colonies, des préfets coloniaux et des commandants des établissements français hors du continent, soit par des administrateurs généraux employés extraordinairement, soit par des généraux de terre ou de mer ; sans préjudice, à l’égard de ceux-ci, des poursuites de la juridiction militaire, dans les cas déterminés par les lois ;
5) Des faits de désobéissance des généraux de terre ou de mer qui contreviennent à leurs instructions ;
6) Des concussions et dilapidations dont les préfets de l’intérieur se rendent coupables dans l’exercice de leurs fonctions ;
7) Des forfaitures ou prises à partie qui peuvent être encourues par une cour d’appel, ou par une cour de justice criminelle, ou par des membres de la Cour de cassation ;
8) Des dénonciations pour cause de détention arbitraire et de violation de la liberté de la presse. Sic.
Tout ce qui précède prouve qu’à l’époque impériale, rien n’était oublié dès qu’il était question de sureté de l’Etat, l’Empereur de l’époque ne laissant dans l’ombre aucun détail.
2. Périodes plus récentes

a) 3ème République

Sous l’empire de la Constitution de la IIIe République, le Sénat peut se constituer en Cour de justice.
b) Sous le régime de Vichy

L’État français décréta la suppression de cette compétence du Sénat, et la Haute Cour de justice fut transformée en Cour suprême de justice laquelle devait siéger à Riom où eut lieu le célèbre procès de Léon Blum et Édouard Daladier.
c) Gouvernement provisoire de la République

Le 18 novembre 1944, le Général de Gaulle recréa par ordonnance la Haute Cour de justice qui reçut pour mission de juger le chef de l’État, le chef du gouvernement et tous les hauts fonctionnaires.
d) Ve République

La Haute Cour de justice (1958-2007) a pour rôle de juger le Président de la République ainsi que les membres du Gouvernement en cas de « haute trahison ». Le Président ne peut être mis en accusation que par les deux assemblées.

La Cour de justice de la République (CJR) est une juridiction française compétente pour juger les infractions commises par les membres du Gouvernement pendant l’exercice de leurs fonctions. Elle a été créée en 1993 à la suite de l’affaire du sang contaminé.
Nous venons de voir que la Constitution confiait à une Haute Cour de justice le soin de juger le président de la République et les membres du gouvernement.

En 2007, une révision constitutionnelle prévoit que :
« Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs, situation manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour. » Celle-ci est présidée par le président de l’Assemblée nationale.
IV. Le Conseil économique, social et environnemental régional

Le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER), est l’une des deux assemblées régionales qui existe dans chaque région française.
Il n’y a pas un, mais des CESER, autant que de régions.
C’est l’une des institutions les plus décriées en France, pour ce que l’on pourrait appeler le rapport qualité-prix quelque peu décevant.
V. Le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel est une institution française créée par la Constitution de la Cinquième République du 4 octobre 1958. Il veille à la régularité des élections nationales et des référendums. Il se prononce sur la conformité des lois à la Constitution.
A. FONCTIONS

Le Conseil constitutionnel est un organe sans précédent dans l’histoire constitutionnelle française, étant le premier en date à pouvoir faire échec au Parlement.
B. MODES DE FONCTIONNEMENT

1. Composition

Le Conseil constitutionnel est composé de neuf membres nommés par le Président de la République et les présidents des chambres parlementaires. En sont membres de droit les anciens Présidents de la République.
2. Le veto Parlementaire

À la suite de la Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, les désignations des membres du Conseil constitutionnel peuvent faire l’objet d’un veto des commissions compétentes en la matière.
3. Procédure

La procédure est non seulement écrite et contradictoire, mais elle est totalement secrète.
a) Fonctionnement par saisine
Pour vérifier la constitutionnalité d’une loi ou d’un traité, le Conseil constitutionnel doit être saisi dans des délais précis.
b) Impartialité
Celle-ci intéresse les juges, ce qui s’impose, ces derniers étant nommés par les plus hautes autorités de l’Etat.

L’impartialité s’adresse aussi au rapporteur.
La loi prévoit qu’un membre du Conseil constitutionnel présente un rapport au Conseil sur son activité. Le rapporteur ayant la responsabilité de l’instruction, son avis est prépondérant. Il se doit donc d’être impartial.
Afin d’observer une neutralité dans les débats, les membres du Conseil constitutionnel sont tenus à une prestation de serment, excepté les membres de droit.
Au demeurant, une simple mise en congé du Conseil constitutionnel annule le dit serment. Ce fut le cas, le seul à ce jour, de Simone Veil à l’occasion du traité de la Constitution Europe.
4. Sécurité juridique

a) Autorité du Conseil
Elle s’impose à tous les pouvoirs, demeurant au dessus des lois. A lui d’éviter la tentation de l’abus de pouvoir !
b) Procédure
Celle-ci obéit à une loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, loi a posteriori sur la question prioritaire de constitutionnalité.
c) Gouvernement des juges

Le principe même d’une juridiction constitutionnelle est qu’elle puisse censurer le travail du pouvoir législatif en invoquant une contradiction par rapport à la Constitution. CQFD.
En conclusion de ce paragraphe, disons que le Président actuel envisage une réforme visant à donner aux membres un visage plus juridique et moins politique.
VI. La Cour européenne des droits de l’homme

La CEDH qui n’a d’européenne que le nom est une juridiction internationale instituée en 1959 par le Conseil de l’Europe auquel adhèrent aujourd’hui 47 nations ; il n’est donc européen qu’à demi. Sa mission est d’assurer le respect des engagements des États signataires de la convention des droits de l’homme.
La Convention garantit notamment :
• le droit à la vie,
• le droit à un procès équitable,
• le droit au respect de la vie privée et familiale,
• la liberté d’expression, de pensée, de conscience et de religion,
• le droit au respect de ses biens.
Elle interdit notamment :
• la peine de mort,
• la détention arbitraire et illégale,
• les discriminations dans la jouissance des droits et libertés,
• la torture et les peines ou traitements inhumains ou dégradants,
• l’esclavage et le travail forcé.
La compétence de la Cour s’étend à toutes les questions concernant la Convention. La Cour peut être saisie d’une requête par un État ou « par toute personne physique, toute organisation non gouvernementale ou tout groupe de particuliers qui s’estime victime d’une violation » de ses droits ou libertés, garantis par la Convention.
La CEDH fonctionne en permanence et siège à Strasbourg depuis le 1er novembre 1998.
Aujourd’hui, la CEDH est devenue un contre-pouvoir pour les requérants particuliers, comme pour les juges.

capitalisme contemporain. Georges Abern

Capitalisme dans le 21ième siècle

Introduction
La répartition des richesses est une des questions les plus vives dans notre société d’aujourd’hui. Alors il n’est pas étonnant qu’en 2013, quand Thomas Piketty, un économiste Français, a publié un livre sur ce sujet, qu’il a eu un grand succès. De quoi s’agit-il ? Piketty a fait une analyse de l’évolution du capital dans le monde et la répartition des richesses à l’intérieur d’un pays, c’est-à-dire la distribution de la richesse nationale parmi les citoyens. Comme il constate, le monde a changé. Dans les années soixante, les personnes riches étaient représentés par les millionnaires. Maintenant, nous sommes 50 années plus tard, pour être considéré comme un riche, il faut être milliardaire. Un milliard, c’est mille fois un million. Les capitaux se sont multipliés par 1000 en 50 ans. Est-ce que il y a des limites ? Où seront-nous à la fin du 21ième siècle ?

Pour les rémunérations du travail Piketty signale la même tendance. À l’époque on était bien payé avec un salaire égal à 10 ou 20 fois le SMIC. Maintenant on n’a pas honte de gagner 100 ou 200 fois le SMIC. Nous perdons nos repères, nous vivons dans un monde plus capitaliste que jamais.

Piketty et son équipe ont fait une profonde analyse. Pendant une dizaine d’années ils ont fait la recherche dans les données sur les revenus et les capitaux. Son travail était tellement original et complet qu’un journaliste a même écrit qu’il mérite le prix Nobel. Quoi que en soit, le sujet est tellement intéressant et d’actualité que je l’ai choisi pour mon exposé pendant cette soirée. Je me suis basé sur son livre en évitant les aspects techniques.

Piketty a eu des illustres prédécesseurs. Le premier était Ricardo, économiste Anglais, qui a publié un livre sur l’économie politique en 1817. L’Angleterre était encore un pays rural avec une population croissante. La terre cultivable avait une surface limitée. Il constate un problème. Si la population augmente et la terre cultivable n’augmente pas, la terre par rapport les habitants viendra de plus en plus rare. Par conséquence, c’est la loi de l’offre et la demande, les prix des terres et les rentes foncières vont augmenter. Les propriétaires des terres viendront de plus en plus riches et la population s’appauvrit. Une situation destructive pour l’ordre social.

Un demi-siècle plus tard, en 1867, c’est le tour à Marx pour publier ses théories. À cette époque l’essentielle de l’économie s’est déplacée de l’agriculture vers l’industrie. Les salaires, déjà misérables, n’avaient pas de tendance de monter. D’autre part les industriels font des grands profits. Les capitaux se cumulent. Les industriels comme les grande propriétaires terriens encaissent chaque année des revenus considérables, beaucoup plus qu’ils pouvaient dépenser. Le montant non dépensé s’ajoute à leur capital. Par conséquence une augmentation de leur capital. Une augmentation qui ne s’arrête jamais, plus le capital est grand, plus de revenus pour amplifier le capital. Une courbe progressive. Le capital va croitre à l’infinie.

Cela nous mène à la catastrophe. Soit les capitalistes vont se battre entre eux ; ils ont trop de capital, le rendement baisse, ils vont s’entre-déchirer pour obtenir les meilleures opportunités pour investir. Soit les travailleurs, de plus en plus pauvres, s’unissent et commencent à se révolter. Selon Marx un équilibre socio-économique, qui était stable, n’était pas possible.

Maintenant, nous sommes un siècle et demi après Marx. L’apocalypse ne s’est pas produite. Mais on voit un capitalisme en plein essor. Des inégalités sans précèdent. Est-ce que on va finalement vers la catastrophe ? Quelle politique socio-économique faut-il mener ? Piketty a cherché de trouver la réponse.

Voici, la structure de mon exposé :
L’évolution du capital et son revenu
Les inégalités
Retour vers une société plus égale

Evolution du capital et le revenu
Le capital est défini comme l’ensemble des actifs qui peuvent être possédés et peuvent être échangés sur le marché. Le capital comprend l’immobilier (bureaux, maisons), les actifs professionnels (usines, équipement, outils) et les actifs financiers (actions, titres de rentes, brevets). Il y a le capital privé, les actifs tenu par les résidents et le capital public, les actifs en possession de l’état. Il faut prendre la valeur nette du capital, c’est-à-dire déduire les dettes, par exemple la valeur d’une maison moins le prêt hypothécaire ou la valeur des biens publics moins la dette publique.

Au lieu du capital, Piketty parle souvent du patrimoine. Pour mon exposé, comme dans le livre, les 2 mots sont des synonymes.

Pour un pays il y a le concept du capital national. C’est tout simplement le total de la valeur de tous les actifs de tous les résidents d’un état y inclus les actifs de l’état lui-même. C’est le capital privé plus le capital public. Dans les pays occidentaux la valeur du capital public est autour de zéro. La valeur des actifs de l’état est annulée par la dette publique. Par conséquence la richesse nationale dans nos pays est tenue par le privé.

Le capital génère des revenus. On peut penser à des rentes foncières pour les terres agricultures, les loyers pour les maisons, les intérêts pour les prêts et les dividendes pour les actionnaires. Ce revenu est la récompense pour le propriétaire de mettre un actif à la disposition d’une autre personne. Là, il y a une caractéristique du capitalisme, il suffit d’être propriétaire pour encaisser des revenus sans faire aucun effort. Ceci, en contraste avec l’autre forme de revenu, le revenu du travail, le récompense pour l’effort de travailler.

Le revenu du capital pose 2 problèmes. Un problème moral. Est-ce que on a le droit moral de s’enrichir sans rien faire. Surtout quand on a hérité le capital qui est le cas pour la majorité des détenteurs du capital. Selon Piketty, en 2010, autour du 60%-70% du capital national vient de l’héritage. Et ses revenus sont considérables, autour du 20% du revenu national.

L’autre problème est de l’ordre économique. Selon Piketty, dans le long terme, le rendement du capital est de 4% et 5%. Avec ce rendement, la valeur du capital double tous les 15-20 ans. Le capital s’accumule de plus en plus vite. On finit avec une société avec quelques rentiers super riches et une masse de travailleurs tout démunie. Une situation catastrophique comme prévue par Marx.

Dans les 150 années après Marx, le capitalisme a connu quelques crises sévères mais pourtant pas d’apocalypse. Dans l’annexe 1, le dessus de la page, je montre l’évolution du capital en France et aux Etats-Unis. Prenez l’évolution en France. Au début, entre 1870 et 1910, le capital correspond avec 7 fois (700%) le revenu national. Ensuite le capital chute à cause de la 1ière guerre mondiale, la grande dépression et la 2ième guerre mondiale à un niveau de 3 fois le revenu national. Ensuite une croissance qui s’accélère un peu après 1990 vers 6 fois le revenu national maintenant. Par comparaison, dans le même graphique, j’ai montré l’évolution du capital aux Etats-Unis. L’évolution est plus stable à l’exception d’une rupture en 1930, la grande dépression.

Comment expliquer cette évolution. Selon la théorie du capitalisme, le capital doit s’accumuler. Mais il y a heureusement une force qui va dans l’autre sens. C’est la croissance. En Europe après la guerre nous avons connu une croissance exceptionnelle. Le revenu national a monté aussi vite que le capital. Le rapport capital/revenu national est resté au même niveau jusqu’aux années 1980-1990.
Les Etats-Unis ont connu également une croissance économique et démographique très forte. Le rapport capital/ revenu national est resté fixé autour de 500%. Mais, maintenant, avec les prévisions pour les années à venir avec un ralentissement de la croissance, l’accumulation du capital va s’accélérer et selon Piketty on peut venir à des niveaux historiquement hauts comme au début du 20ième siècle.

L’évolution du capital se reflète dans ses revenus. Voir annexe 1 en dessous de la page: le partage entre le revenu du capital et le revenu du travail en France. Selon ce graphique, en 1870, 40 % du revenu national était revenu du capital et 60% revenu du travail. La situation est devenue plus juste à notre époque avec une rémunération autour de 30% pour les détenteurs du capital et 70% pour les travailleurs. De ce point de vu il n’y a pas de problème. Mais il y a un autre problème d’actualité. C’est la répartition de la richesse.

Inégalités
Pour mesurer l’inégalité, Piketty a classé la population en 3 classes selon leur richesse.
En haut de l’échelle la classe riche, le 10% de la population avec les plus grandes richesses. Ensuite la classe moyenne, les 40% de la population entre la classe le plus riche et la classe le plus pauvre et pour terminer la classe pauvre, le 50% des gens le plus pauvres. Pour mesurer la inégalité il va mesurer combien chaque classe appartient du total. Exemple d’une égalité parfaite, la classe riche (10%) détient 10% des revenus, la classe moyenne (40%) détient 40% des revenus et la classe pauvres (50%) jouit de 50% des revenus. Egalité parfaite, tout le monde a le même revenu. Exemple d’inégalité modérée, la classe riche (10%) tient 20%, la classe moyenne (40%) tient 40% et la classe pauvre (50%) tient 40%. Exemple d’une inégalité extrême, une société où la classe riche (10%) tient 85% des revenus, la classe moyenne (40%) tient 10% et la classe pauvre (50%) doit se contenter avec 5%.

Inégalité du revenu du travail
Regardons maintenant la distribution des revenus du travail en Europe et aux Etats-Unis. Voir annexe 2. En haut un tableau avec les 3 classes et leur part dans le revenu salariale. Selon ce tableau, en Europe, la classe la plus riche (10% de la population) gagne 25% de tous les revenus du travail. La classe moyenne (40%) gagne 45% de la masse salariale et pour les 50% les plus pauvres reste que 30% de la masse salariale. Pour mieux illustrer les inégalités, on peut supposer que le salaire moyen en Europe sera 2000 Euros par mois. Dans ce cas les individus dans la classe le plus riche gagne 5000 Euro par mois, la classe moyenne 2250 par mois et les plus pauvres doivent se contenter avec 1200 Euros. Ça ressemble un peu la répartition dans notre société actuelle, pas une égalité parfaite mais pas trop injuste. Aux Etats-Unis l’inégalité des salaires est plus élevée. Voir tableau. La distribution avec un salaire moyen de 2000 dollars, donne 7000 Dollars aux plus riches, 2000 Dollars à la classe moyenne et il reste 1000 Dollars pour les plus pauvres.

Dessous le tableau se trouve un graphique représentant l’évolution d’inégalité des salaires en France comme aux Etats-Unis. Il parait que l’inégalité n’a pas beaucoup changé depuis le début du 20ième siècle. Pour la France la part de la classe supérieure dans le revenu oscille autour de 25%, pour les Etats-Unis la part est un peu plus élevée. On voit les effets des guerres et plus récemment la tendance vers le haut. Cette tendance est peut-être la conséquence du changement du climat économique-politique dans les années 1980 avec l’accent sur l’économie du marché et la dérégulation. Depuis cette époque, dans les pays Anglo-Saxon mais aussi en Europe, les salaires des patrons des entreprises et les hauts cadres ont monté en flèche. Surtout dans le monde de la finance. Egalement une hausse pour les indemnités pour les stars dans le monde du cinéma et du sport. Piketty n’a pas d’explication économique pour ce phénomène. Il constate une plus grande tolérance vers des rémunérations excessives et une oligarchie des plus riches qui défendent bien leur intérêt.

Les dirigeants des entreprises préfèrent une autre une explication. C’est la supposition que les résultats d’une entreprise sont le mérite de ses dirigeants. Alors un bon résultat mérite une bonne rémunération. Hélas, une étude aux Etats-Unis a montré que les résultats sont surtout influencés par des facteurs externes et pas tellement par les interventions des dirigeants. Les chercheurs parlent de rémunération par chance, comme une hausse de la conjoncture. Chance ou pas de chance, on peut constater dans le monde de l’entreprise que la tendance vers des salaires excessifs et donc vers plus d’inégalité est évidente.

Inégalité de la propriété du capital
Voir annexe 3. Dans le tableau sont représenté les 3 classes (10% les plus riches, 40% classe moyenne, 50% les plus pauvres) et leur part dans le capital national. Dans la première colonne les chiffres de l’Europe et à coté les chiffres des Etats-Unis. On peut constater que l’inégalité est très forte en Europe et encore plus forte aux Etats-Unis. En Europe 60% du patrimoine est dans les mains des 10% le plus riches, aux Etats-Unis même 70%. Et pour les 50% les plus pauvres, il ne reste que 5% du patrimoine national.

Pour mieux illustrer la répartition de la richesse, j’ai calculé la richesse par classe sur la base d’un patrimoine de 200.000 Euro par personne en moyen. Ce chiffre correspond grosso modo avec le patrimoine moyen actuel. Voilà le résultat : en Europe 1,2 Million pour les 10% le plus riche, 175.000 pour la classe moyenne et 20.000 pour les plus pauvres. Les riches ont 6 fois plus que le capital moyen, la classe moyenne a un capital qui correspond plus ou moins avec la moyenne du capital national et pour les plus pauvres, 50% de la population, ne reste presque rien. Mais c’est surtout l’évolution de cette inégalité qui nous intéresse. Cette évolution est montrée dans le graphique en dessous annexe 3 et représente le part des plus riches dans le patrimoine national. Le graphique s’étend sur la période 1810 jusqu’à 2010.

Il y d’abord la croissance entre 1810 et 1910 de la part des riches dans le patrimoine national. C’est l’évolution normale dans une société capitaliste. À part de circonstances exceptionnelles, le capital s’accumule et se concentre dans les mains des super riches. Comme nous avons vu, un rendement, qui se trouve entre 4% et 5% va faire doubler le capital tous les 15 ou 20 ans. L’écart parmi les propriétaires se creuse. Après 15 à 20 ans, le milliardaire possède 2 milliards, le millionnaire 2 millions et l’homme pauvre n’a toujours rien. Voilà explication pour l’écart grandissante.

Comme on voit dans le graphique, en 1910, la tendance se retourne et la part des riches dans la richesse nationale commence à diminuer. La rupture est due à des circonstances anormales. En gros, ce sont les facteurs suivants qui ont contribué à cette baisse ;

• Destruction du capital à cause des guerres et la grande dépression;
• Perte des actifs dans l’étranger, obligations Russes, décolonisation ;
• La consommation, les riches ont maintenu leur mode de vie malgré une manque de revenus ;
• La politique économique entre 1945 et 1948, inflation, nationalisation, taxation des profits de guerre ;
• La politique économique entre 1948 et 1970, taxation du capital, taxation des hautes revenus, droits de succession ;
• La croissance économique très forte et la naissance d’une nouvelle classe des riches avec un patrimoine moyen.

Après 1980, il y a de nouveau une tendance vers le haut pour la concentration du capital. Il y a moins de croissance de l’économie pour contrebalancer le processus de accumulation du capital. La politique économique est devenue plus libérale avec diminution des impôts pour les hauts revenus et abaissement des droits de succession. Avec la mondialisation, la compétition entre les états pour attirer les capitaux est devenue plus forte. Les paradis fiscaux proposent des facilités pour éviter la taxation. La fiscalité pour les hauts revenus est devenue dégressive. Dégressif, ça veut dire que les plus riches paient relativement moins d’impôt que la classe moyenne grâce à ce qu’on appelle optimalisation de la fiscalité.

En plus ce sont les propriétaires des grands capitaux, qui réalisent le meilleur rendement sur leurs investissements. Le citoyen lambda est déjà content avec un rendement de 3% à 4% sur son patrimoine. Pour les milliardaires c’est différent. Ils ont employé des spécialistes pour gérer leur fortune. Ils investissent dans les entreprises prometteuses, ils font des placements ultra sophistiqués et ils évitent les impôts en profitant des dérogations dans les paradis fiscaux. Piketty donne des exemples du rendement réalisé par les fonds de donation des universités aux Etats-Unis. En tête Harvard University. Avec un capital autour de 30 milliards de dollars ils ont obtenu un rendement de 10,2 % par an sur le période 1980-2010. Incroyable !!! Mais aussi les universités moins connus, avec des fonds de quelques centaines de millions de dollars, ont un rendement considérable. Avec 6,2%, ils sont bien au-dessus le rendement moyen.

Piketty donne un autre exemple de l’évolution de la fortune des milliardaires. Il a pris les chiffres du magazine Forbes qui publie chaque année depuis 1987 une liste des milliardaires sur notre planète. En 1987, il y avait 140 milliardaires, en 2013 il y avait 1400, 10 fois plus de milliardaires en 16 ans. Leur fortune montait encore plus vite. Presque 20 fois, passant de moins de 300 milliards en 1987 jusqu’à 5400 milliards en 2013. Une évolution explosive et si elle continu, Piketty a calculé qu’au bout de 30 ans, les milliardaires possèdent 60% du patrimoine de la planète. L’apocalypse de Marx, est-ce qu’il s’annonce pour le 21ième siècle ?

Retour vers une société plus égale

Trop de capitale tue le capital
Depuis les années 1980, le monde est devenu plus capitaliste et moins juste. Mais je pense que le modèle d’une accumulation du capital à l’infini est purement théorique. Il y a un automatisme qui freine la croissance du capital, un frein économique. S’il y a trop de capital le rendement va diminuer, l’accumulation ralenti. On voit cette tendance dans la société actuelle ou les taux d’intérêts pour des emprunts sont arrivés à un niveau historiquement bas. On voit aussi des bulles immobilières et boursières qui éclatent. Selon Piketty, trop de capital tue le capital, le rendement baisse à zéro, le capital ne s’accroît plus.

Opinion publique
Les inégalités parmi les citoyens, l’écart entre les super riches et le reste de la population va donner des tensions. L’opinion publique viendra moins tolérante pour la richesse extrême. Et les super riches qui cherchent une reconnaissance sociale, n’ont plus d’intérêt d’augmenter leur capital. Ils vont investir dans le social, acheter un club de foot mais peut-être aussi une musée, une université ou un hôpital. Ou soutenir le tiers monde comme Bill Gates. On peut s’attendre à une renaissance de la conscience publique vers plus de solidarité comme on a connu après la 2ième guerre mondiale en Europe et surtout aux Etats-Unis. L’opinion publique qui va se manifester comme contre-pouvoir versus un capitalisme excessif.

Droits de succession
L’homme n’a pas la vie éternelle. Quand il meurt à l’âge de 80 ans, ses enfants ont un âge autour de 50 ans. Ils vont hériter. 30 Ans plus tard, c’est le tour aux enfants de mourir. Les petits enfants vont hériter. Ça veut dire que tous les 30 ans, il y a une transmission du patrimoine d’une génération à l’autre. Alors avec des droits de succession assez élevés, l’état peut réduire considérablement l’héritage. C’est un instrument par excellence pour diminuer l’accumulation du capital.
Mais à quel titre et à quel niveau, l’état peut lever des impôts sur un héritage? Les bénéficiaires d’un héritage reçoivent un capital sans aucun effort de leur part. Alors l’état à tout à fait raison de prendre un partie de l’héritage. Mais pourquoi pas 100% de l’héritage au-dessus un certaine plafond, par exemple 1 million. Les Etats-Unis, dans les années 1940-1980 ont connu une telle tarification avec un tarif supérieur autour de 80%. La justification: éviter que les Etats-Unis viennent un état de rentiers comme la veille Europe, les Etats-Unis voulaient rester un état de pionniers.

Mais une tarification de 80% à 100% comporte aussi des inconvénients. Tout d’abord, l’état ne respecte pas le droit de propriété. Les propriétaires ont le droit de disposer de leur patrimoine et de le donner à leurs enfants, même quand ces enfants ne le méritent pas dans les yeux de l’état. Ensuite, un tarif extrême conduit à un comportement économiquement irrationnel. Si on ne peut plus disposer de son patrimoine, pourquoi pas le gaspiller ? Ou un comportement frauduleux pour évader l’imposition. En tout cas l’Etats-Unis ont abandonné ce système et appliquent comme les pays en Europe un tarif maximal autour de 40%.

Taxation des revenus
Taxation des revenus mène à plus d’égalité, surtout avec une taxation progressive. Là aussi les Etats-Unis ont donné l’exemple. Dans les années 1940-1980 ils ont appliqué un tarif supérieur de plus de 90%. On l’appelle un tarif confiscatoire. Au-dessus un certain plafond, presque tout le revenu est pour l’état. Ainsi les Etats-Unis ont respecté la liberté individuelle de négocier un très haut salaire et en même temps la tarification est tellement décourageant que tout un chacun renonce d’un tel salaire. L’objectif était atteint, éviter les rémunérations excessives. En plus, l’imposition touchait aussi aux revenus du capital comme les dividendes et les intérêts. Ces revenus sont considérés comme non-gagnés, c’est-à-dire pas le résultat du travail. Ce n’était donc pas grave si l’état s’approprie de ces revenus.

Dans les années 1980 avec l’arrivée de Ronald Reagan et la vague de dérégulation et libéralisme, les tarifs confiscatoire sont abandonnés et remplacés par un tarif maximal autour de 35%. Avec la conséquence que, aujourd’hui, les Etats-Unis sont venu le champion pour les rémunérations excessives.

En Europe, on constate une même évolution que aux Etats-Unis, mais moins extrême. Après la guerre, on a appliqué des tarifs jusqu’aux 70%. Après les années 1980 une réduction vers 50% pour les tarifs supérieurs. Mais en fait, les tarifs pour les hauts revenus sont plus bas. Evasion fiscale, émigration vers le Luxembourg ou la Suisse. Dans le monde d’aujourd’hui, il est difficile pour un état d’imposer lourdement ces citoyens. Les capitaux et parfois les citoyens eux-mêmes vont prendre la fuite. Voilà, pourquoi la proposition de François Hollande, de taxer les revenus extrêmes avec un tarif de 70% a échouée.

Résumé
Le monde vient de plus en plus capitaliste, plus inégalitaire. Pour éviter l’apocalypse, il y a des remèdes mais leur effectivité est limitée:
Un frein économique, le rendement baisse vers zéro ;
Un contre-pouvoir dans l’opinion publique ;
Une imposition élevée des héritages ;
Une taxation confiscatoire des revenus excessifs.

George Abeln
La Garde Freinet, avril 2016